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politique

Débat sur l’identité nationale

14 Décembre 2009, 14:49pm

Publié par Daniel JUNKER

                                                                       RÉPUBLIQUE FRANÇAISE - LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ
le 8 décembre 2009

 

François Asensi, à l’Assemblée nationale

« Le véritable mal français n’est pas l’immigration, c’est l'affaiblissement de notre modèle républicain ».

 

Débat sur l’identité nationale, le 8 décembre 2009

 

« Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, mes chers collègues,

Permettez-moi un mot sur les conditions de ce débat sur l' « identité nationale ». Des conditions iniques qui ne sont pas digne du rôle de notre Assemblée.

Le courant communiste, malgré son rôle dans la construction de notre Nation, ne dispose dans cet hémicycle que de dix minutes pour aborder un sujet aussi grave.

« Aucune personne, aucun courant de pensée, ne détient le monopole de la Nation. »

Je suis choqué que les formations de cet hémicycle ne soient pas traitées également.

Un certain 21 février 1944, les murs de notre capitale se couvraient d'une grande affiche rouge annonçant l’exécution des 23 membres du groupe Manouchian, ces résistants communistes, juifs, d’origine arménienne, polonaise, espagnole, qui avaient fui les totalitarismes pour venir défendre dans notre pays les valeurs républicaines, contre Vichy, contre les nazis.

Comment ne pas se rappeler de cette affiche, inspirée de la xénophobie de la droite nationaliste, qui présentait ces étrangers comme l'Anti-France?

Ces étrangers font désormais partie du Panthéon de notre mémoire nationale.

Mais de cet épisode, les prochaines générations ne sauront peut-être rien, puisque vous semblez décider à supprimer l'enseignement de l'Histoire dans certaines classes de Terminale, à ce moment si important dans la formation d'un adulte citoyen.

Aujourd'hui, des amalgames abjects se développent entre français d'origine immigrée, étrangers, délinquants, dans les circulaires ministérielles. Les reprises des slogans du Front National par des représentants de l'Etat heurtent, je le crois, tous les républicains.

« Vous ouvrez une boîte de Pandore dont nul ne connait l'issue, et je sais que beaucoup de députés, y compris à droite, partagent notre inquiétude. »

A chaque période de crise économique, des gouvernements, singulièrement de droite, ont élevé un rideau de fumée en désignant de prétendus ennemis de la France.

Ces boucs émissaires ont eu pour nom Dreyfus, ils ont eu le visage de ces étrangers internés par la République à la veille de la Seconde guerre mondiale, sous la pression des fascismes de droite.

L'Histoire semble bel et bien bégayer, et pour masquer une politique économique et sociale en échec, pour débaucher un électorat ultra, le Président de la République sème la division dans le peuple français.

Son concept d’ « identité nationale » est un concept scientifiquement inexistant, mais politiquement dangereux. L'intrusion de l'Etat dans la définition de la Nation, institutionnalisée à travers la création d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, est un fait grave.

« Avec les chercheurs et intellectuels, je demande solennellement la suppression du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, car on ne peut présenter l'immigration comme une menace pour la France. »

Et comment accepter une telle atteinte aux principes de la République? Le Gouvernement privatise l'Etat, nos préfectures, pour les mettre au service de la campagne de l'UMP. La neutralité des préfets, chargés de conduire des débats selon une circulaire biaisée et offensante, est profondément bafouée.

Pour autant, la Nation n'est aucunement tabou pour les députés communistes et républicains.

Pour nous, la Nation est une construction permanente, une volonté des citoyens de participer à un projet progressiste et émancipateur. La Nation est une Histoire, mais bien plus encore un avenir commun.

Notre Nation n'est pas la Nation sclérosée du Président Sarkozy, qui reconnaît comme origine immuable la chrétienté et l'Ancien Régime.

Notre Nation, c'est la Nation de l'abbé Sieyès, qui en 1789 accordait la citoyenneté à tous les français, quel que soit leur statut social.

Notre Nation, c’est la Déclaration des droits de l’homme, qui faisait de la contribution à l'impôt un élément essentiel de la citoyenneté française.

C’est la Constitution de l'An II qui accordait des droits civiques identiques aux étrangers résidant en France. Au nom de quoi limiterait-on aujourd'hui les droits civiques de ces citoyens étrangers résidant en France, alors que de riches Français s’excluent volontairement de la solidarité nationale par l’évasion de leurs revenus dans les paradis fiscaux ?

Notre Nation, c’est celle de la laïcité, remise en cause par le discours de Latran.

Notre Nation, c'est celle du Conseil National de la Résistance et de son pacte social. Or, du démantèlement du droit du travail à la privatisation des services publics, la politique de votre Gouvernement renie cette République sociale, véritable ADN de la France.

« Notre Nation, c'est enfin une communauté politique ouverte sur les autres nations, dans une relation de coopération et de dialogue. »

Comme le rappelait Jaurès, cet internationalisme là ne nous éloigne pas de la Nation. Il nous en rapproche, à l'inverse d'un capitalisme mondialisé qui met les peuples en concurrence, attise hier les guerres coloniales, aujourd'hui les guerres économiques et impériales.

Je ne cesse de m’étonner d'une contradiction : les initiateurs du débat sur l’identité, les défenseurs des symboles de la Nation, sont ceux là même qui fragilisent le rôle des États, en promouvant la liberté absolue de circulation des capitaux.

Ceux là même qui soutiennent une construction européenne coupée du peuple. Ceux là même qui abaissent les solidarités nationales en défendant la directive Bolkestein. Ces élites capitalistes apatrides, dignes héritières des réfugiés de Coblence, mettent en doute le patriotisme des classes populaires alors qu’elles n’hésitent jamais à défendre leurs privilèges depuis les fourgons de l’étranger.

Enfin, comment accepter que le Gouvernement français caricature et stigmatise à ce point l'immigration? Notre Nation est un creuset de cultures, une terre ancienne d'immigrés. Près d’un quart des jeunes français a un grand parent né à l’étranger, ne l'oublions pas.

Elu dans un département, la Seine-Saint-Denis, berceau depuis longtemps de métissages au gré des migrations économiques, je ne peux accepter le procès de la différence que votre Gouvernement instruit.

« Non, l'immigration n'est pas un danger. Elle est une richesse, pour peu que l'on sache lui donner une juste place. »

La France, sa croissance, son modèle social, se sont construits sur les efforts et les sacrifices de ces populations qui nous ont rejoint.

La stigmatisation de l’immigration est un reniement absolu de l'intégration républicaine. En confortant les préjugés, vous condamnez certains français à devenir d’éternels étrangers dans leur propre pays. Vous condamnez ces français de deuxième génération à subir, comme leurs parents, des discriminations ethniques qui font honte à notre République.

Avec difficulté parfois, la France a su par le passé offrir sa générosité à plusieurs générations d'immigrés.

Je constate avec beaucoup de tristesse que votre politique discriminante ferme désormais la porte à la génération des enfants d'immigrés maghrébins et africains, terriblement absents de notre Hémicycle.

Je constate également que la tradition humaniste française est bafouée à l'heure des charters pour l’Afghanistan.

Ces réfugiés ou immigrés sans papiers ont vécu le déchirement de quitter leur pays, leur famille, font le sacrifice d’occuper des emplois pénibles, en deçà de leurs compétences, pour assurer un avenir à leurs enfants en France.

Quelle épreuve supplémentaire comptez-vous leur imposer, alors que leur régularisation est un droit fondamental ?

La France patrie des droits de l’homme voit chaque jour ses lumières décliner. Le Conseil de l’Europe vient de dénoncer, je cite, « la vision étriquée de l’identité », défendue par le Gouvernement français, qui n'accorde aucune place à la diversité des cultures.

La tribune du Président Sarkozy, dans le Monde, ressuscite l'idée d'assimilation de funeste mémoire. Le juste refus du communautarisme ne saurait faire table rase de leurs cultures d'origine.

« Finalement, le véritable mal français n’est pas l’immigration, c’est l'affaiblissement de notre modèle républicain. »

Affaiblissement du à la crise du capitalisme, mais aussi à un passé colonial qui a durablement figé une image de la France opposée à la culture africaine.

Une image réaffirmée récemment par le Président de la République dans le terrible discours de Dakar.

Rien n’est pire que ces murs d’incompréhension et de discriminations qui existent au cœur de notre République, où les jeunes diplômés d’origine d’immigrée subissent un chômage quatre fois plus important que les non immigrés. Où l'ensemble de la société souffre d'inégalités si criantes que le vivre ensemble est brisé.

Certains à droite, au nom de leur chef, font le choix de maintenir ces murs de défiance et d'injustice, les députés communistes et républicains sont au contraire déterminés à les faire tomber. »

 

François ASENSI

Député de Sevran, Tremblay et Villepinte

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identité nationale

11 Décembre 2009, 12:25pm

Publié par Daniel JUNKER

Courrier de F. Asensi au Préfet concernant le "débat sur l'identité nationale" :

"je ne partage aucunement l'amalgame douteux entre immigration et « identité nationale » qui préside à l'organisation du débat national."


10 décembre 2009

D’autre part, notre modèle d’intégration républicain qui a façonné l’image d’une France cosmopolite est aujourd’hui renvoyé à ses interrogations. Les immigrations les plus récentes, notamment d’origines africaines, ont le sentiment d’une promesse d’égalité républicaine vide de toute substance devant l’ampleur des discriminations et des dominations. Cet échec affecte profondément notre société.

Pour autant, je ne partage aucunement l’amalgame douteux entre immigration et « identité nationale » qui préside à l’organisation du débat national. Je me refuse à voir les personnes qui ont fait le choix de rejoindre notre pays comme une menace contre une identité française figée à jamais.

Notre département, la Seine-Saint-Denis, s’est construit et enrichi au fil de ces migrations. La diversité des cultures et des origines est aujourd’hui un des visages d’un département en mouvement.

Enfin, ma haute considération pour l’Etat républicain et la neutralité des institutions m’interdit de prendre part à son dévoiement au profit de ce qui me semble être une opération partidaire. L’Etat incarne l’intérêt général et l’indispensable égalité entre les citoyens et les territoires dont vous êtes un acteur dévoué et sincère. Je ne crois pas souhaitable que l’Etat s’immisce dans le cœur de chaque citoyen pour y figer une identité uniforme.

Sous ces motifs vous comprendrez, je l’espère, que je ne puisse honorer votre invitation.

Dans l’esprit de dialogue républicain qui nous anime, je me permets cependant de vous faire parvenir mon intervention à l’Assemblée nationale à ce sujet, dans laquelle vous trouverez mon propos développé.

Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, à l’expression de ma haute considération.

 »

François ASENSI Député de Seine-Saint-Denis Maire de Tremblay-en-France

« Monsieur le Préfet,

Dans le cadre du débat sur l’ « identité nationale » lancé par le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, vous m’avez convié à une réunion locale ce jeudi 10 décembre en Préfecture de Bobigny.

Je suis au regret de décliner cette invitation, car je ne peux souscrire aux présupposés et à la forme de ce débat national.

Nous vivons une période de mondialisation des échanges sans précédent, dont nous constatons chaque jour les effets en Seine-Saint-Denis. Assurément, l’exacerbation de la compétition économique bouleverse les nations, fragilise les solidarités. De nouvelles réponses sont à apporter pour que notre communauté politique maintienne sa cohésion sociale et soit porteuse d’émancipation. Vous connaissez mon engagement à ce sujet.

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REGIONALES 2010

11 Décembre 2009, 09:51am

Publié par Daniel JUNKER

POUR UN RASSEMBLEMENT OUVERT, DE TRANSFORMATION SOCIALE ET POUR FAIRE DU NEUF A GAUCHE.
régionales

 
Dans notre région comme dans tout le pays, parce que notre vie devient de plus en plus difficile, des mesures radicales de transformations politiques sociales, économique et environnementales sont urgentes.

Pour les élections régionales des 14 et 21 mars 2010, en Ile de France, les communistes ont décidé, afin de s’opposer radicalement à la droiteet au libéralisme, de s'inscrire dans un projet unitaire avec les forces de la gauche de transformation sociale regroupées dans le Front de Gauche.

Les communistes de Villepinte font des propositions en ce sens,  énoncées au verso de ce tract. Nous souhaitons en discuter avec tous ceux qui attendent du neuf à gauche, sans exclusive. La Gauche doit être à la hauteur de l'enjeu décisif des régionales. Les régions dirigées majoritairement par le parti socialiste depuis 2004 (20 conseils régionaux sur 22) auraient pu constituer une vraie force politique pour lutter contre les inégalités sociales  et territoriales et la mise en concurrence  des individus et des  territoires. Ces engagements n'ont pas été tenus. 

Le parti socialiste demeure englué dans le social libéralisme, et dans ses querelles internes.

Europe Ecologie entretient le flou dans ses engagements sur le terrain de l’emploi, de la solidarité, de la lutte pour une autre société. Ses dirigeants sont favorables au traité de Lisbonne qui prend le contre-pied du NON massif au référendum de 2005 sur la constitution européenne, et renforce la main mise du libéralisme sur la société.

Le NPA en s’isolant entend capitaliser seul la protestation  et refuse ainsi de travailler à la reconstruction de la gauche.

Le Front de Gauche (parti communiste, parti de gauche, gauche unitaire) est un rassemblement ouvert à toutes celles et tous ceux qui veulent en finir avec les politiques libérales et agir pour la justice sociale sur des valeurs communes d’égalité, de solidarité, de liberté.  Le Front de Gauche, c’est bien plus qu’un groupement d’organisations, c’est un projet en construction, une démarche, un processus, un rassemblement ouvert à tous : Citoyens, militants associatifs, syndicalistes, militants socialistes, écologistes, … Vous aussi, vous y avez votre  place.

 

Nous vous donnons un premier rendez-vous :
MARDI 15 DECEMBRE A partir de 19h

Salle des Tilleuls, centre administratif,
16-30 avenue Paul Vaillant  Couturier

Débat public de construction de la démarche 
du Front de Gauche à Villepinte, suivi d’un apéritif

 

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Clocher ou minaret ? Non : laïcité !

11 Décembre 2009, 09:20am

Publié par Daniel JUNKER

Après un référendum suisse organisé à l’initiative de la droite populiste sur le minaret des mosquées, qui relève de l’architecture cultuelle, avec 57% pour le oui à l’interdiction, le débat rebondit, sachant que la Suisse compte quatre minarets pour un pays de 8 millions d’habitants (dont 200 000 à 250 000 musulmans), d’une superficie de 41 285 km2.

Dans notre pays la question du minaret pour la mosquée ou du clocher pour l’église ne se pose pas et ne peut pas se poser pour la simple raison que les règles légales dans l’Etat laïque ne sont pas déterminées par la vocation religieuse ou non d’un bâtiment quelqu’il soit.

Les règles d’urbanisme qui déterminent en particulier la hauteur maximale des immeubles s’appliquent à tous, que leur destination soit religieuse ou non. Quand la hauteur maximale dans un quartier est de 12 mètres, elle s’applique dans tous les cas de figure, y compris quand il s’agit de construire un minaret ou un clocher. Poser spécifiquement la question des minarets relève de l’ignorance ou de la provocation.

Notre Etat laïque, depuis 1905, a séparé l’institutionnel du religieux. Il n’y a pas lieu de réviser ou de toiletter notre législation, il y a tout simplement à l’appliquer.

S’interroger sur les minarets particulièrement, c’est violer l’esprit et la lettre de notre législation, c’est essayer de creuser de nouvelles lignes artificielles de fracture dans notre société.

Il y a des lignes de fracture, des vraies. Ce sont celles qui partagent les privilégiés de leurs victimes. Ce sont celles qu’on veut cacher en inventant de nouvelles confrontations qui mettent en cause les fondements de notre Etat républicain.

En France, Etat républicain et laïque, la laïcité est un pilier de notre République qui respecte toutes les croyances de manière égale mais qui n’en reconnait aucune. De ce fait, l’Etat n’intervient pas dans la religion du citoyen, pas plus que la religion n’intervient dans le fonctionnement de l’Etat. (Article 1 de la loi de 1905 : "Elle [la République] garantit le libre exercice des cultes).

La remise en cause par le Président de la République de la laïcité à travers ses discours du Latran et de Ryad, en totale contradiction avec les principes laïques de la République dont il est le garant, vise à faire avancer son projet néoconservateur de choc des civilisations.

Dans un contexte économique, politique et social très difficile au niveau national et mondial, cette politique libérale consiste à faire de notre monde une marchandise ou la spéculation est maitresse de tout et à diviser les peuples en les opposant par la peur de l’autre.

A quelques mois des élections régionales, importantes pour notre pays, le président de la République continue à inscrire le « débat » sur l’identité nationale dans un climat qu’il souhaite lourd de sous-entendus : l’immigration clandestine, le voile intégral, les minarets, le communautarisme ou la menace de « dénaturation » du mode de vie européen, tous les amalgames et tous les dérapages sont bons pour récupérer le fonds de commerce de l’extrême droite. Le risque est grand que ces dérives menacent la cohésion de la Nation.


par Jean-Pierre Brard

jp brardLe débat suisse sur le minaret rebondit en France

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Tapes en touche

30 Novembre 2009, 12:31pm

Publié par Daniel JUNKER


SINE HEBDO met en image les fantasmes de 82% des français.



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Identité nationale

30 Novembre 2009, 12:24pm

Publié par Daniel JUNKER


Le combat idéologique engagé par 
Nicolas Sarkozy autour de l’identité nationale ne peut être réduit à une simple manœuvre électorale contre la gauche ou politicienne vis-à-vis du Front national.

Au-delà de la conjoncture actuelle, il y a la volonté chez lui de donner de l’ampleur à l’objectif qu’il s’était fixé dès sa prise de pouvoir au sein de l’UMP : rassembler toutes les sensibilités de la droite française autour d’un projet qui refondrait, dans les conditions nouvelles de la mondialisation capitaliste, son efficacité sociale, idéologi­que et politique.

Ce projet que l’on nommera, faute de mieux, libéral-populiste, a l’ambition de sembler sur la longue durée une majorité de notre peuple, particulièrement ses caté­gories populaires, autour des valeurs his­toriquement les plus conservatrices de la droite nationale, en prenant la précaution de les teinter de modernité et d’obtenir la caution de personnalités prétendument de gauche : la fascination pour la réussite individuelle, la valorisation inégalitaire du mérite au sein d’une concurrence définie comme naturelle, l’amour de la famille, de la terre et de la patrie, la passion du patrimoine, de l’argent et de la propriété, les attaques contre la laïcité prônant le retour du religieux comme mode de régu­lation sociale et comme référent symboli­que, la légitimation de l’autorité dans tou­tes les sphères de la société, l’appel à la génétique pour définir les déviances socia­les, sont autant de thèmes travaillés à lon­gueur de discours et dont on aurait tort de sous-estimer l’impact par ces temps où la crise pousse à la perte et à la recomposi­tion des repères.

Face à une aggravation brutale des effets sociaux de la crise du capitalisme mondia­lisé qu’ils savent inéluctable, les tenants du système sont aujourd’hui convaincus que la poursuite de cette domination passe par la reconquête d’une hégémonie cultu­relle et idéologique qui tente de refonder les termes d’un nouveau pacte national et social. Réduire la campagne sur l’identité nationale à un simple électoralisme, c’est s’interdire de voir l’ampleur de l’offensive idéologique, ses contenus comme son ambition : accompagner et permettre l’ac­tuelle déréglementation sociale générali­sée et l’attaque frontale contre la démocra­tie à tous les échelons.

L’identité nationale est un concept dange­reux parce qu’il renvoie à une vision figée, linéaire, consensuelle de la nation française. Il n’y a pas d’identité collective homogène, mais des traits identitaires, des formes d’appartenance et de référence symboliques à une histoire elle-même complexe et par certains aspects contra­dictoire. Pour s’en tenir à la seule dimen­sion politique de ces représentations, celles-ci se sont construites en France depuis la Révolution française autour des combats émancipateurs symboliquement définis par la devise républicaine, liberté, égalité, fraternité, actualisées à chaque étape d’une histoire contradictoire qui a opposé les acteurs de la Commune, du Front populaire, de la Résistance, de la solidarité internationale, de Mai 68 à une droite majoritairement belliciste et colo­nialiste, pétainiste et collaborationniste, anticommuniste et antisociale.

C’est dans ce contexte que s’est également construit notre rapport à l’immigration, à laquelle le patronat français a largement fait appel pour des raisons purement éco­nomiques et démographiques. Là aussi, le mouvement ouvrier, particulièrement au siècle dernier, a opposé à cette logique le droit du sol, le syndicalisme unique, l’uni­versalité de ses valeurs et une intégration politique. Certes, ce modèle était culturel­lement assimilationniste et sa crise ren­voie non seulement à la mutation radicale des modes de production, mais aussi à une aspiration des migrants d’aujourd’hui à faire vivre la diversité culturelle dont ils sont porteurs, parfois même de la pire des manières, le communautarisme. À nous de leur proposer d’inventer ensemble, contre la politique d’exclusion Sarkozy-Besson, un nouveau modèle fondé tout à la fois sur la libre circulation des individus, sur l’égalité des droits, sur le refus de toute discrimination, le respect de l’altérité culturelle tout en favorisant l’échange, le métissage et les combats communs.

 

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Mur de Berlin, donnez votre avis.

11 Novembre 2009, 21:19pm

Publié par Daniel JUNKER

9 novembre 1989, le mur de Berlin s’effondre. C’est l’échec définitif d’une expérience d’alternative au capitalisme, qui aura finalement tourné le dos à l’espoir soulevé au début du XXe siècle. Le monde entier tourne une page et entre dans une nouvelle époque. Les partisans du capitalisme proclament la fin de l’histoire. Vingt ans après, le bilan de l’hégémonie capitaliste sur le monde est là : le système est entré dans une crise globale et planétaire. Les communistes français poursuivent leur combat pour un avenir de liberté et d’égalité. L’histoire n’est pas finie.

Le XXIe siècle peut-il être celui de l’invention d’une société post-capitaliste, une société d’émancipation humaine et durable ? C’est le défi des nouvelles générations.



Ce 9 novembre se sont rassemblées autour de Marie George Buffet, Pierre Laurent et Francis Wurtz une centaine de personnes pour une rencontre intitulée « 20 ans après, les défis d’un autre monde » au siège du PCF, place du Colonel-Fabien.

La secrétaire nationale a présidé cette rencontre, au cours de laquelle Francis Wurtz a présenté onze témoignages de personnalités, dont un entretien vidéo de Gregor Gysi, président du groupe Die Linke au Bundestag. Les contributions écrites de Mirek Prokes (République tchèque), Hans Modrow (Allemagne), Judith Morva (Hongrie), Horst Schmitthenner (Allemagne), Jean-Pierre Dubois (France), Gaspar M. Tamas (Hongrie), Riccardo Petrella (Italie), Susan George (France), Jiri Malek (République tchèque), et Nina Sankari (Pologne), ont été lues et commentées par Francis Wurtz. Le responsable de la coordination nationale du PCF Pierre Laurent a clôturé cette rencontre par son allocution.

Trois forum pour prolonger ces débats

Nous ouvrons trois espaces forum sur le site pour prolonger ces débats :

- Quelle est, à vos yeux, la signification historique de la chute du Mur de Berlin ?
- 
Quelle évaluation faites-vous des transformations intervenues depuis lors dans les pays d’Europe centrale et orientale ? Et plus généralement ?
- 
Et maintenant ? Quels types de changements reste-t-il, selon vous, à promouvoir ?

N’hésitez pas à y participer.

 

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Débat sur l’identité nationale

2 Novembre 2009, 16:51pm

Publié par Daniel JUNKER

Groupe GDR : Assemblée Nationale

 Une volonté politique malsaine et purement calculatrice

lundi 2 novembre 2009



 

Dans un communiqué "les député-e-s communistes, républicains, du parti de gauche dénoncent la volonté d’organiser une opération politicienne dite « grand débat sur l’identité nationale » lancée par le ministre de l’immigration, Eric Besson, et le gouvernement. Une volonté politique malsaine et purement calculatrice.

A quelques mois des élections régionales, empêtré dans la discussion du budget et accumulant les scandales politiques, le gouvernement renoue avec l’exploitation populiste du sentiment identitaire, l’un des thèmes de prédilection de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

L’amalgame entre la question de l’immigration et celle de l’identité nationale part d’un présupposé idéologique issu de la tradition politique de l’extrême droite et contraire aux valeurs de la République.

Le gouvernement fait donc preuve à la fois d’irresponsabilité et de cynisme.

En effet, cette initiative « désespérée » est une manœuvre politique grossière destinée à conforter une partie de son électorat, à chasser sur les terres de l’extrême droite et à prendre la main sur l’agenda pour masquer ses échecs.

Dans un contexte de crise économique profonde, de chômage de masse, de difficultés quotidiennes croissantes pour la majorité de la population, et de creusement indécent des inégalités conforté par un système fiscal injuste, ce genre de débat aux relents xénophobes sur « ce qu’est être français aujourd’hui » nous ramène à une époque que l’on croyait révolue.

Aussi irresponsable et cynique soit-elle, l’initiative gouvernementale s’inscrit pleinement dans sa vision étriquée et inhumaine de la politique d’immigration. Une politique purement répressive et liberticide qui se résume à des quotas d’expulsions et qui entraîne des dérives inquiétantes : arrestations arbitraires devant les écoles, interpellations au faciès, augmentation de la durée de détention dans les centres de rétention, ou encore renvoi forcé de réfugiés dans un pays en guerre.

Les député-e-s communistes, républicains, du parti de gauche dénoncent solennellement et sans réserve l’organisation d’un tel débat nauséabond. Ils demandent au Président de la République et au Premier ministre l’annulation immédiate de cette initiative."

 

 

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Le Conseil national du PCF adopte l’offre politique national pour les régionales 2010

25 Octobre 2009, 18:57pm

Publié par Daniel JUNKER

 

Les élections régionales de mars 2010, qui se dérouleront à mi-chemin du quinquennat de Nicolas Sarkozy, revêtiront un enjeu très important.

Elles vont décider des orientations politiques dans les régions, un échelon territorial dont l’importance n’a cessé de grandir, et elles constitueront la dernière occasion donnée à l’ensemble des électrices et des électeurs de s’exprimer sur la politique conduite dans le pays avant 2012.

Elles se préparent dans une situation politique en pleine évolution, dans un contexte d’urgences sociales, politiques, environnementales, démocratiques grandissantes. Des urgences auxquelles il devient chaque jour plus pressant d’apporter des réponses.

La crise capitaliste s’aggrave lourdement depuis un an. Chômage, à caractère massif pour les jeunes, fermetures d’usines, plans de licenciements, inégalités et pauvreté, remise en cause des droits des femmes, détresse au travail, atteintes aux libertés, mal vie dans les quartiers, crise agricole et alimentaire, alertes écologiques… tous les clignotants sont au rouge.

Loin de combattre la crise, la politique de Nicolas Sarkozy et de sa majorité UMP, étale son indécence, en se révélant aux yeux d’un nombre grandissant de Françaises et de Français pour ce qu’elle est : une politique injuste et égoïste au service de la seule classe dominante, des privilèges de l’argent, et des logiques de rentabilité.

Cette politique développe d’énormes contradictions. Des fonds publics considérables sont mobilisés au profit des actionnaires, des banques et des grands groupes sans aucune contre-partie pour l’emploi, les salaires et les qualifications. Cet argent nourrit la relance de la spéculation sans que soient traitées les causes de la crise. Cela prépare une récession plus grave encore.

Cette politique est maintenant régulièrement et massivement contestée, comme on le voit avec les luttes multiples qui se développent dans tous les secteurs de la société, comme on l’a vu avec la formidable mobilisation citoyenne contre le projet de privatisation de La Poste. Mais la droite s’obstine à imposer coûte que coûte ses décisions et cherche même à en accélérer le rythme. Nicolas Sarkozy s’enfonce pour cela dans un exercice de plus en plus autoritaire de son pouvoir présidentiel. C’est un véritable bras de fer qui est engagé entre ce pouvoir et une partie grandissante de notre peuple qui exprime le besoin de politiques qui répondent réellement à leurs attentes.

Face à cette situation, la combativité sociale ne faiblit pas. Mais grandit aussi le besoin d’une alternative politique. Une attente et une disponibilité nouvelles mûrissent dans le pays pour travailler aux constructions qui permettraient à cette alternative politique de voir le jour.

Rien n’est joué. Car, face à la droite, la confusion règne à gauche sur le projet qui devrait être opposé à cette politique et sur la nature des rassemblements, des constructions politiques, des alliances qui lui permettraient de devenir majoritaire. Alors que les attentes, les forces disponibles existent pour construire une issue réellement à gauche, le risque est grand qu’elles se dispersent, se divisent, s’égarent dans des opérations de recomposition qui ne cessent d’être lancées pour obscurcir toute perspective réelle de réponse à la crise capitaliste. Alliances au centre, primaires ouvertes, coupure irrémédiable de la gauche en deux, instrumentalisation de la question écologique à des fins de recomposition... les fausses pistes ne manquent pas, au plan national comme dans les régions, pour conduire les forces de gauche dans de nouvelles impasses, vers de nouvelles défaites, leur faire accepter de nouveaux renoncements.

Les forces de gauche peuvent se retrouver côte à côte dans des luttes contre la politique sarkozyste, mais à ce jour ne se rassemblent pas sur un projet. Le PS parle de rassemblement à gauche mais n’opère pas de clarification forte sur son projet et entretient le flou sur des alliances de second tour avec le Modem. Les Verts parlent eux aussi de rassemblement à gauche mais les listes Europe Écologie poursuivent la construction de rassemblements hétéroclites aux contours et aux objectifs politiques très ambigus. Le NPA quant à lui persiste à refuser la nécessité de travailler à des majorités de gauche.

Il n’est pas possible d’en rester là. Il est urgent de relever le défi d’une issue politique à la crise actuelle, de sortir de cette confusion, de faire émerger à gauche un nouvel espoir, de s’attaquer sans attendre à construire cette alternative politique majoritaire de gauche qui permettra de répondre à la crise et aux urgences populaires en s’attaquant aux logiques capitalistes. C’est le moment, et c’est possible.

Nous avons entamé ce travail et cette démarche en faisant le choix à notre congrès de la constitution de fronts. Nous avons concrétisé cette démarche avec le Front de gauche à l’élection européenne, en proposant sur la base d’un projet clair un rassemblement sans exclusive à toutes celles et ceux qui se reconnaissaient dans ce projet. Ce n’était qu’un début mais cela a créé une dynamique. Nous voulons amplifier cette démarche, aller beaucoup plus loin, en portant haut et fort son ambition majoritaire.

Les élections régionales sont une occasion d’avancer dans cette voie. Tout doit être fait pour que puisse s’exprimer dans ce scrutin de la manière la plus forte et la plus claire possibles le besoin d’orientations politiques et de majorités régionales résolument ancrées à gauche. C’est nécessaire pour le pays et pour les régions.

D’ailleurs, l’UMP n’aborde pas ces élections comme des élections intermédiaires. Elle veut tous les pouvoirs et ne supporte pas que la gauche dirige vingt régions sur vingt deux. Elle entend faire de la reconquête des pouvoirs régionaux en mars 2010 un tremplin pour relancer l’adhésion à son projet politique et le remodelage de la société qu’elle a engagée. Son projet s’inscrit d’ailleurs dans les politiques européennes qui poussent à la mise en concurrence des territoires, des métropoles jusqu’aux régions, en les soumettant toujours plus aux exigences des marchés.

Voilà pourquoi les élections régionales auront dans ce contexte un triple enjeu :

le premier enjeu sera celui des orientations politiques adoptées. Soit les régions deviennent des relais, des amplificateurs de la politique de la droite et de Nicolas Sarkozy, ou accompagnent cette politique sans réellement la combattre ; et la crise, les inégalités seront encore aggravées. Soit elles deviennent des pôles de résistance à cette politique, des pôles d’initiatives, de luttes et de propositions pour promouvoir d’autres logiques solidaires, citoyennes, écologiques ; et elles peuvent contribuer à faire reculer la crise, à rendre la vie meilleure à des millions de nos concitoyennes et concitoyens, à faire émerger des choix politiques alternatifs aux logiques capitalistes et aux modèles productivistes.

Nous voulons des projets régionaux qui portent partout une cohérence nationale forte à partir de plusieurs grands axes de propositions :

la défense et la promotion des services publics, nationaux et locaux, notamment en matière d’éducation, d’enseignement supérieur, de recherche et de culture ; de sécurisation de l’emploi et de la formation ; de protection de l’environnement ; de transports, d’énergie, de santé et de logement... Une politique de lutte contre toutes les discriminations et pour l’égalité des femmes et des hommes.

La promotion de nouveaux critères d’utilisation de l’argent, avec notamment la création de fonds publics régionaux que pourraient saisir les salariés et les citoyens, impulsant, en lien avec le système bancaire, la sélectivité des crédits pour favoriser l’emploi, la formation, la recherche, le respect de l’environnement ; et de nouveaux pouvoirs donnés aux salariés dans les régions et les entreprises pour décider et contrôler l’utilisation des fonds distribués. Une réforme globale de la fiscalité et des financements est également indispensable.

La relance de politiques industrielles, agricoles et urbaines, qui permettent en tous domaines, de répondre aux exigences d’un nouveau type de croissance, d’un nouveau type de développement socialement solidaire et écologiquement durable. La conquête de nouveaux pouvoirs pour les salariés et leurs organisations, pour les citoyens, dans les entreprises comme dans les territoires, avec notamment de nouveaux droits d’intervention et des processus de démocratie participative généralisés.

Le second enjeu est un énorme enjeu démocratique.

La concentration et la confiscation des pouvoirs, portées en germes par la présidentialisation du régime, atteignent avec la présidence de Nicolas Sarkozy un niveau caricatural. Elles s’accompagnent d’une attaque en règle contre les libertés et les droits démocratiques. Mais cela ne suffit pas. La droite veut maintenant engager une réforme des collectivités locales qui est une attaque frontale contre la démocratie locale à tous les échelons, communale, départementale et régionale : sont programmés à terme la disparition des communes et des départements, le transfert massif de service public au privé, et l’impossibilité pour les élus de répondre aux aspirations de leurs populations, avec la limitation des compétences des collectivités et la suppression de la Taxe professionnelle. La création des conseillers territoriaux, cumulant mandat départemental et régional, la constitution de grandes métropoles, un mode de scrutin anti-démocratique seraient autant de facteurs de reprise en main par un Etat au service des grands groupes, d’éloignement des élus des citoyens et de recul grave du pluralisme politique.

La campagne des élections régionales doivent permettre de révéler ces projets largement ignorés, de construire une large riposte, de revendiquer que les assemblées locales et les citoyens soient consultés sur un tel bouleversement territorial. Elle doit porter une conception offensive de la démocratisation de l’Etat, des pouvoirs régionaux, du rôle des élus, et des services publics nationaux et locaux ; faire preuve d’audace en matière de droits des citoyens et des salariés à intervenir dans les entreprises et les territoires ; faire prévaloir des logiques de coopération entre les collectivités contre les logiques de mise en concurrence.

le troisième enjeu est celui de l’alternative politique à gauche. Les régions se doteront-elles de projets régionaux et de majorités clairement engagées à gauche, à la hauteur des nouveaux défis imposés par la crise et la politique agressive de la droite ? Ou seront-elles le théâtre de recompositions qui desserviraient tout le camp progressiste et surtout l’intérêt des régions et de leurs populations ?

Les majorités de gauche sortantes ont des bilans contrastés, mais ont permis dans un grand nombre de régions de réelles avancées pour le quotidien de milliers de femmes et d’hommes. Le travail des élus communistes dans ces régions en s’appuyant sur les populations, a démontré qu’il était possible d’obtenir des infléchissements des politiques régionales, de faire prévaloir des projets d’utilité publique. Ces élus constituent de solides points d’appui pour construire avec les populations les réponses de gauche qu’elles attendent.

Dans le mandat à venir, face à la crise et aux politiques gouvernementales de la droite, il faudra relever de tout autres défis. La gauche doit construire, avec les citoyen-ne-s, en s’appuyant sur la mobilisation et la créativité sociales, des projets à la hauteur. Ce n’est donc pas le moment de baisser la garde à gauche. Les urgences sociales et écologiques sont pressantes, et la gauche gagnera si elle va à ces élections avec des projets ambitieux, novateurs et courageux. La gauche mobilisera si elle va au devant des électeurs avec un projet clair et combatif, qui favorise l’intervention populaire pour faire face aux urgences sociales. Elle ira au contraire à l’échec si elle mise sur des calculs politiciens qui la conduisent à composer avec les idées libérales au moment où celles-ci font la preuve de leur faillite.

Pour ces élections, il y a donc un enjeu pour savoir où se trouvera, dans les programmes comme dans les alliances, le centre de gravité des majorités alternatives à la droite. Nous le voulons pour notre part clairement à gauche, car c’est la condition de politiques réellement efficaces face à la crise capitaliste, et donc la condition de victoires à gauche construites sur la mobilisation populaire. Cela comptera aussi pour les échéances politiques futures.

C’est avec l’ambition à nos yeux incontournable de relever ces défis que le Parti communiste lance un appel à toutes les forces, à toutes les femmes et les hommes de gauche représentatifs des courants politiques progressistes, comme du mouvement syndical, social, associatif, issus de la ruralité comme des grandes zones urbaines et de leurs quartiers populaires, à travailler ensemble pour que puisse s’exprimer dans ces élections de la manière la plus forte et la plus claire possibles la volonté de politiques et de majorités régionales résolument engagées à gauche.

Partout où les conditions peuvent en être créées, où les forces disponibles existent, le Parti communiste propose que ce travail commun débouche, autour d’ objectifs et de projets clairs, sur la constitution de listes de Front de gauche de large rassemblement au 1er tour, qui, à partir mais très au delà des trois forces qui se sont rassemblées à l’élection européenne (Parti communiste, Parti de gauche, Gauche unitaire), permettraient de réunir toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette démarche.

Ces listes pourraient s’ouvrir à des forces nouvelles, et faire une large place à toutes les femmes et les hommes, citoyens, militants du mouvement social, élus locaux, qui dans leur diversité partagent l’urgence de cette démarche de clarté et de rassemblement. Cette unité, cette diversité, cette large démarche de rassemblement, tout en assurant la juste représentation des partis qui l’initient et en s’appuyant sur leurs acquis électoraux, devront s’exprimer dans la composition des listes, jusque dans le choix des têtes de liste régionales et départementales.

Ces listes, en ouvrant un autre choix à gauche que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie, visent à lever une dynamique de rassemblement et de victoire à gauche sur des choix clairs. Faut-il concevoir ces listes en opposition au reste de la gauche ? Non, au contraire, comme nous le proposons, il faut faire de ce front un levier pour faire bouger le curseur à gauche.

Pour réussir, les objectifs que pourraient se fixer ces listes doivent être clairs :

Construire de la manière la plus ouverte et la plus participative possibles les projets régionaux clairement ancrés à gauche que devront porter ces listes, et créer autour de ces projets les conditions du rassemblement le plus large.

Tout faire pour empêcher la droite de reconquérir les régions, et créer partout les conditions de majorités régionales de gauche, avec l’objectif de porter dans ces majorités des projets de transformation sociale réelle, et si les conditions en sont créées de travailler à leur mise en œuvre, jusque dans les exécutifs régionaux.

Cela supposera de travailler sans ambiguïté au lendemain du premier tour à la fusion des listes de gauche et écologistes, donc à l’exclusion du Modem, dans le respect de l’influence de chacune de ces listes.

Tout faire pour élire dans ces majorités de gauche le maximum d’élus à même de porter ces objectifs avec détermination durant tout le mandat, notamment en élisant le maximum de conseillers régionaux communistes.

Si elle est construite dans la clarté et dans l’ouverture la plus large, cette démarche peut aller à la rencontre des attentes de millions de nos concitoyennes et concitoyens. Mais ce sera une rude bataille. Elle doit être engagée sans tarder.

Le conseil national appelle les communistes à prendre leurs décisions région par région en pleine connaissance de cette offre, en appréciant les possibilités de la conduire dans chacune de leurs régions, en prenant les décisions les plus utiles pour faire avancer les objectifs qu’elle énonce.

Au delà du débat des communistes qui doit se mener dans le respect de toutes les options exprimées, et des décisions qu’ils ont à prendre en pleine souveraineté, le Conseil national les appellent à faire connaître cette offre très largement dans la population, à prendre tous les contacts nécessaires avec celles et ceux qui peuvent s’y reconnaître.

Nous voulons mener une campagne offensive et constructive, qui refuse d’alimenter les logiques de division, qui soit axée sur un projet et des propositions de rassemblement, qui porte la perspective de constituer des majorités de gauche sur le contenu le plus transformateur possible.

Engageons sans tarder et avec confiance, toutes et tous ensemble, dans l’unité des communistes, une très grande campagne des élections régionales !

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L’offre a été adoptée par le Conseil national du PCF le 25 octobre par 126 voix pour, 22 contre et 9 abstentions

tiré du site du pcf

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