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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

politique de la ville

Stade de 82000 places à Sevran : un projet funeste et inapproprié

1 Octobre 2011, 13:10pm

Publié par PCF Villepinte

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Sur leBlog de Nelly Roland Iriberry

4 Juillet 2011, 09:44am

Publié par PCF Villepinte

Fontaine-Mallet-effidis-025.jpgUn sondage CSA commandé par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine(ANRU)  il y a trois semaines a révélé que 83 % des habitants se disaient satisfaits d'habiter dans un quartier concerné par la rénovation urbaine, et 56 % trouvaient que la vie s'y était améliorée au cours des dernières années.

 

A Villepinte nous avons fait un usage volontariste des programmes de rénovation urbaine, particulièrement  pour le quartier de la Fontaine Mallet. Dans le cadre de la convention signée avec l'ANRU le 23 septembre 2008, mon équipe municipale s'est notamment engagée à réaliser un équipement de proximité à vocation sociale dans ce périmètre. Ce sera chose faite prochainement. Le dernier conseil municipal avant l'été a examiné un programme de construction d'un complexe qui comprendra :
- Une antenne jeunesse de 300 m2 qui intègrera le Centre de Loisir Ouvert et le point Animation de Quartier, avec un accueil adapté pour le public jeune
- Un pôle d'activités sociales et culturelles regroupant des salles polyvalentes à disposition des associations qui remplacera l'actuelle Maison des projets que nous avons ouverte en avril 2009 - et qui accueille aujourd'hui les associations du quartier, le service Jeunesse, le Centre social André Malraux, l'association d'aide aux démarches administratives ADESI et l'association 100F'1 -
- Un pôle de services publics.

 

Le programme, qui représente un investissement de 1,6 millions d'euros pour la ville, devrait déboucher sur un début des chantiers pour septembre 2013. C'est une nouvelle action forte de notre ville en direction de la jeunesse, du monde associatif, mais aussi de ceux de nos concitoyens en difficulté économique et sociale.

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ASSEMBLEE NATIONALE Séance des questions d’actualité Mardi 28 juin 2011

28 Juin 2011, 15:27pm

Publié par PCF Villepinte

 

asensi François ASENSI, Député de Seine-Saint-Denis (GDR-Front de gauche) :

 

  Monsieur le ministre de l’Intérieur,

 

Hier encore, une opération de police a eu lieu à Sevran contre le trafic de drogue. Cette ville subit la crise urbaine et sociale et, comme d’autres, l'impitoyable sélection des territoires. Aucun renoncement n’est possible dans la lutte contre les réseaux mafieux. Les Sevranais ont le droit absolu de vivre en sécurité.

 

Monsieur le ministre, pouvez-vous me confirmer que les forces de police resteront en permanence dans ce secteur, jusqu’à ce que les trafiquants soient mis hors d’état de nuire ?

Ces violences n’autorisent pas les surenchères.  Sevran n’est ni une zone de non-droit, ni un terrain d’opérations militaires.  Sevran n’est pas une ville à part. C’est une ville à part entière, dynamique, créative, solidaire. Ses habitants en ont assez des caricatures. Comment la ville se relèvera d’une telle stigmatisation?

 

Les Sevranais n’ont pas besoin de l’armée, mais avant tout d’emplois pour les 40% de jeunes au chômage. Leur urgence : de meilleurs salaires et plus de justice sociale!

 

Monsieur Guéant, vous avez évoqué une « reconquête » de Sevran incluant un volet social. Fort bien, mais parlons nous de la même chose ? Cette semaine, je vous remettrai un mémorandum proposant des mesures d’urgence pour Sevran.

Parmi mes exigences :

-          l'arrêt des fermetures de classe et des réductions d'effectifs enseignants

-          le lancement de la deuxième phase de rénovation urbaine

-          le maintien des postes menacés au Pôle emploi

-          un plan de prévention des addictions et d'aide à l'installation de médecins et  pédopsychiatre

-          la refonte totale d'une fiscalité locale injuste, pour alléger les impôts des Sevranais.

Les Sevranais attendent plus que des mots : des actes forts pour mettre fin aux discriminations territoriales. »

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Sécuritaire. Repères

23 Juin 2011, 08:56am

Publié par PCF Villepinte

 

 

LE CHIFFRE 69% securite

C’est la proportion de Français qui juge inefficace l’action du gouvernement en matière de sécurité intérieure, lors d’un sondage CSA mené en août 2010. La proportion montait à 78 % en ce qui concerne les violences urbaines.

« Tant qu’il n’y aura pas d’évolution de la loi, on ne pourra gérer cette situation. Il faut des forces d’interposition, des casques bleus, comme ceux qu’on envoie à l’étranger pour empêcher les belligérants de s’entre-tuer. » STÉPHANE GATIGNON, MAIRE (EELV) DE SEVRAN.

LE LIVRE

PORTRAITS DE JEUNES TURBULENTS

Grâce à une enquête ethnographique et à la mobilisation d’une « sociologie des turbulences », l’auteur éclaire la production et la régulation des phénomènes de violences dans une « cité ghetto ». Il analyse l’expérience sociale d’habitants qui font peur, notamment des jeunes considérés comme des « fi gures de désordre ».

Les Internés du ghetto, ethnographie des confrontations violentes dans une cité impopulaire, de Manuel Boucher, Éditions l’Harmattan, 2011. 420 pages, 38 euros.

LE MOT

POLICE DE PROXIMITÉ

 Mise en place à partir de 1998 par Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Intérieur du gouvernement Lionel Jospin, cette « invention » est due aux travaux de l’Institut national des hautes études de sécurité intérieure (Ihesi), créé en 1989. Jean-Pierre Havrin, alors conseiller du ministre, n’y est pas pour rien. Sa généralisation à l’échelle nationale (468 circonscriptions urbaines de police nationale) s’est opérée en trois vagues, jusqu’en 2002. Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, n’aura de cesse de se débarrasser de cet outil à l’effi cacité reconnue par tous les professionnels

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La réponse sécuritaire en banlieue est-elle la bonne? table ronde

23 Juin 2011, 08:08am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité des débats

securite

François Asensi, député (membre du groupe GDR) de Seine-Saint-Denis, maire de Tremblay-en-France. Jean-Pierre Havrin, adjoint au maire de Toulouse chargé de la sécurité, ancien policier. Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherches au CNRS.

Rappel des faits Le 2 juin dernier, le maire (EELV) de Sevran, Stéphane Gatignon, proposait de déployer l’armée, sous forme de casques bleus, dans 
les cités populaires de la banlieue et de dépénaliser l’usage du cannabis. Des propositions qui ont provoqué des réactions indignées, tout en rappelant une idée déjà émise dans les sphères du pouvoir. Le fumeux plan espoir banlieues étant mort et enterré, la crise ne cédant pas de terrain 
et la situation dans les cités populaires continuant à se dégrader, la dangereuse idée d’une intervention militaire – dans l’espoir de régler définitivement la question ? – empoisonne le débat public. Pourtant, les rapports officiels indiquant les limites du tout-sécuritaire ne manquent pas. Les interventions policières massives dans les cités se soldent par des résultats plus que médiocres quand elles ne font pas des victimes innocentes, comme à Corbeil-Essonnes, récemment. Peut-on se contenter de la réponse sécuritaire dans les quartiers populaires où règnent 
le chômage, la discrimination 
et la violence sociale ? D.S.

Faut-il envoyer l’armée
dans les cités ?

Jean-Pierre Havrin. L’élu qui a avancé cette proposition l’a fait, je crois, autant par désespoir que par provocation. Je remarque tout de même que cela fait un moment qu’on emploie des mots guerriers pour tout ce qui concerne les banlieues : on va faire la guerre aux voyous, on va projeter des troupes… Ce discours n’est pas sans conséquences sur les gens. On leur dit : combattons ces jeunes des cités qui sont tous des voyous, des ennemis qui représentent une force étrangère. Tout cela est très dangereux. Si on envoyait l’armée dans les banlieues, on ne serait plus en République. De plus, l’armée n’est pas faite pour cette mission. La police non plus, d’ailleurs : le plus beau nom du policier, c’est gardien de la paix. Il n’est pas fait pour mener la guerre. C’est l’inverse.

Laurent Mucchielli. C’est un terrible aveu d’échec et d’impuissance. Impuissance pour l’élu, échec pour la stratégie policière choisie par le pouvoir politique depuis 2002. Elle consistait à dire : il y a des zones de non-droit, nous allons mettre en place des stratégies plus offensives pour mater les sauvageons. C’est la guerre, et la police va la gagner. Pour ce faire, on a opté pour la militarisation avec une police de maintien de l’ordre, des opérations coup de poing, des équipes surarmées pour nettoyer tel terrain avant d’aller sur le suivant. Avec dix ans de recul, on voit bien que cette politique ne règle pas le problème. Elle décrédibilise même l’idée qu’on pourrait y changer quelque chose : la délinquance, ne serait pas produite par des facteurs sociaux – une idée qui relèverait du laxisme – et une posture autoritaire suffirait. Cette stratégie n’a absolument pas diminué la délinquance, qui a des causes socio-économiques plus profondes. L’action policière n’a mis fin ni au phénomène des bandes ni au trafic de drogue.

François Asensi. Appeler l’armée à la rescousse dans les quartiers populaires est un terrible aveu d’impuissance et d’échec. D’autant plus quand, dans le même temps, on avance, comme solution aux trafics, la légalisation de la drogue. J’estime que la société ne peut pas baisser les bras. L’armée n’est pas une force d’interposition. Comment peut-on imaginer un seul instant des combats entre l’armée et les trafiquants sous les fenêtres des habitants ? Le travail de l’armée est de faire la guerre, pas d’assurer l’ordre public. On n’est ni en Colombie ni au Kosovo. Les habitants des banlieues ne sont pas les ennemis de l’intérieur. En appeler à l’armée dans des quartiers ciblés n’est pas non plus exempt de relents colonialistes. Cette proposition jette de l’huile sur le feu et montre, une nouvelle fois, du doigt les banlieues comme des territoires exclus de la République. Le récent sondage de France Soir montre bien que la grande majorité des Français, 81 %, estiment que ce n’est pas à l’armée mais à la police d’assurer la sécurité publique. C’est à la police républicaine de garantir la sécurité des citoyens quels que soient leur lieu d’habitation, leur statut social ou leur origine. Elle a besoin pour son travail d’être encouragée et soutenue dans ses missions républicaines.

 La présence policière est-elle facteur de calme, d’ordre, de tranquillité dans les quartiers ?

François Asensi. Je n’apprécie pas beaucoup ce concept dévalorisant de quartiers pour parler de la banlieue. Les habitants des cités populaires sont des habitants de vraies villes. La présence policière est bien sûr nécessaire là où le trafic de drogue s’apparente au grand banditisme. Elle joue un rôle de dissuasion, de prévention et de répression aussi. Aucune complaisance n’est de mise face à la dérive mafieuse du trafic de drogue qui empoisonne la vie des habitants de quelques cités. Tous les moyens doivent être mis en œuvre pour neutraliser ce trafic odieux qui pose avant tout un problème de santé publique. Le renforcement des actions d’investigation et de renseignement est essentiel pour confondre les trafiquants. Le nombre de policiers présents sur le terrain en banlieue est notoirement insuffisant. Dans cette lutte sans merci contre le grand banditisme, aucun moyen ne doit être négligé.

Jean-Pierre Havrin. La police est un facteur de calme à condition de l’employer correctement. Aujourd’hui, les policiers passent dans les quartiers en patrouille, casqués, avec des épaulières, des protections telles qu’ils ressemblent à des Robocop. Ils n’ont plus visage humain. De plus, une police qui ne fait que passer est aveugle, elle tape un peu au hasard. Non seulement cela ne crée pas de liens, mais cela déclenche plutôt des affrontements. Ces policiers sont projetés dans les quartiers et se retirent le combat terminé, offrant une image symbolique de force brutale. Du coup, la police est regardée comme une adversaire, comme une ennemie.

Laurent Mucchielli. La stratégie d’intervention actuelle, en force, après coup, est le contraire de ce qu’il faut faire. Tous les policiers et tous les gendarmes d’expérience savent que si on traite seulement les auteurs d’actes de délinquance, les problèmes recommencent par la suite. Tous les discours populistes et totalement démagogiques qui disent que la police est en guerre et qu’elle va la gagner, que nous allons éradiquer la délinquance, sont une aberration.

 Une véritable police de proximité 
est-elle une garantie de réussite ?

François Asensi. La police de proximité compte pour développer des relations apaisées entre les habitants et les forces de l’ordre. Je suis intervenu à plusieurs reprises, à l’Assemblée nationale, pour que Sevran bénéficie d’une unité territoriale de quartier (Uteq) et d’un commissariat de plein exercice. L’extension du trafic se nourrit d’une assise forte dans la petite et moyenne délinquance, contre laquelle la présence quotidienne des forces de police sur le terrain est utile.

Jean-Pierre Havrin. Il n’y a pas d’autre solution que celle d’une présence permanente des policiers dans les quartiers, où ils apprivoisent le territoire et sont apprivoisés par les habitants. La police de proximité est même indispensable. Il faut que les gens soient persuadés que la police est à leur service, qu’elle est là pour les aider et non pour les emmerder, pour faire en sorte que la vie en société se passe mieux. Pour ce faire, il faut que les mêmes fonctionnaires soient toujours placés aux mêmes endroits. J’ai constaté tout au long de ma carrière que les gens n’aiment pas les flics en général mais qu’ils aiment bien leurs flics à eux, ceux qu’ils voient régulièrement, avec qui ils parlent. À ce moment, ce sont les voyous qui sont isolés. Ils ne font plus la loi parce que les gens ont confiance dans cette police qui est là tous les jours. Au début, au Mirail, où vivent 50 000 personnes, les flics voyaient la population comme une adversaire. Peu à peu, ils se sont aperçus qu’il n’y avait qu’une quarantaine de voyous et que ceux-là, il fallait les interpeller, les arrêter. La police de proximité permet de bien les cibler, de faire preuve de discernement, de ne pas contrôler dix fois les mêmes personnes, de ne pas ennuyer les gens qui n’ont rien à voir avec ça. Et c’est accepté par tout le monde. Parce que c’est juste : la police n’est pas là pour frapper à tort et à travers mais pour mener une action juste.

Laurent Mucchielli. La police de proximité est celle d’une présence continue, en amont et au moment des problèmes. Elle n’a rien à voir avec la caricature scandaleuse et politicienne qu’en a donné Nicolas Sarkozy lorsqu’il est allé humilier les policiers à Toulouse, en 2003. Ce n’est pas une police gentille, benoîte. La police de proximité se donne comme objectifs la compréhension, l’analyse, la présence permanente sur un territoire donné auprès d’une population donnée. Dans le but, d’un côté, d’aider les habitants à régler toute une série de problèmes de la vie quotidienne, d’entendre cette demande sociale et d’assurer la sécurité publique, ce qui leur donne la légitimité sur le terrain, et d’un autre, connaissant le territoire et sa population, de mieux faire tous les autres métiers de police : le judiciaire, le renseignement, le maintien de l’ordre. Les policiers se créent alors, localement, des réseaux, et travaillent avec les différents services municipaux, avec les travailleurs sociaux du conseil général, avec les acteurs judiciaires. Cette police, complète, ne peut être que plus performante. Les évaluations de l’îlotage et de la police de proximité, réalisées par mon collègue Christian Mouhanna, chercheur au CNRS, l’ont prouvé : habitants, élus et policiers valorisés dans leur travail étaient contents.

Pour assurer la sécurité, 
la réponse policière est-elle suffisante ?

Laurent Mucchielli. Pour réduire le phénomène de délinquance, il faut avoir une stratégie globale et agir sur ses multiples causes. En ce qui concerne les jeunes, la première est l’échec scolaire, qui est un précipitateur de délinquance. Ce mécanisme est très vieux et très connu : échec, cancre, perturbateur, exclu, la rue. Ce phénomène n’est pas quantifié de façon satisfaisante dans les quartiers populaires. Au lieu de s’attaquer à ce problème, on dit qu’on va dépister les futurs délinquants. Il s’agit d’un dévoiement complet de la prévention. Ensuite vient le chômage dans les quartiers populaires qui n’est reconnu ni dans son ampleur réelle ni dans ses multiples conséquences dévastatrices. Enfin, il faut relever toutes les carences dans le maillage social des quartiers populaires – partis, syndicats, associations, mouvements de jeunesse et d’éducation populaire – qui, hier, permettait un contrôle social de la jeunesse turbulente.

Jean-Pierre Havrin. La réponse sécuritaire ne peut pas être la seule. La sécurité est une chaîne dont les maillons sont l’éducation, les parents, l’école, les services sociaux, en passant par la police et la justice. La sécurité est une coproduction entre tous les services publics. Le désengagement de l’État va à l’encontre de cette logique. La sécurité dans les quartiers ne peut pas être assurée que par l’action de la police. Le problème numéro un, c’est le chômage, c’est clair. Cela étant, mettre en place une police de proximité, c’est installer un cercle vertueux : cela engage un changement de mentalité, des gens comme des policiers. Il faut admettre que ça prend du temps. C’est politiquement difficile à faire admettre. Plus complexe à gérer que la multiplication des effets d’annonce.

François Asensi. Dans les cités, les racines du mal, tout le monde les connaît. Pas loin de 40 % des jeunes sont au chômage, dans leur majorité ils n’ont aucun diplôme. Le nombre de familles monoparentales y est plus élevé qu’ailleurs. Plus du tiers des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. La rénovation urbaine a représenté un formidable effort de l’État, mais reloger les mêmes familles dans de nouveaux logements ne résout pas leurs difficultés sociales. L’État doit mettre plus de moyens pour lutter contre les discriminations, contre le chômage, notamment celui des jeunes, pour favoriser une véritable politique éducative, pour imposer des salaires décents. Les élus doivent se rassembler pour que de vraies mesures sociales soient prises dès maintenant. Cette situation est aussi, pour moi, le révélateur de la nécessité de transformer profondément cette société.

Entretiens croisés réalisés par Dany Stive

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Déclaration d'élu-e-s de Seine ST Denis

23 Juin 2011, 07:45am

Publié par PCF Villepinte

 nellyrolandiriberry2ffa                                                                                 Vendredi 17 juin 2011

 

Maires de villes populaires de Seine-Saint-Denis, nous refusons catégoriquement le recours à l’armée dans les quartiers touchés par le trafic de drogue, tel qu’envisagé par plusieurs élus locaux et responsables nationaux.

Dans un Etat démocratique, le rôle de l’armée est clair : protéger le territoire national de forces étrangères. L’idée de recourir à l’armée dans les banlieues revient à désigner leurs habitants comme des ennemis de l’intérieur. Les quartiers populaires dans lesquels vivent la jeunesse de France ne sont pas des territoires étrangers à la République. Ils en sont le cœur et l’avenir, comme d’autres territoires.

L’idée de recourir à l’armée en banlieue jette de l’huile sur le feu et stigmatise une nouvelle fois les villes de banlieues. La gravité de la situation exige que les responsables politiques et administratifs, les policiers, les magistrats, se rassemblent pour trouver des réponses de fond au problème complexe du trafic de stupéfiants, en dehors de toute surenchère médiatique.

Réclamer l’armée n’est pas une proposition sérieuse, mais un terrible renoncement. Le renoncement d’un Etat de droit et de sa police républicaine à exercer ses missions régaliennes : garantir la sécurité de tous les citoyens, quels que soient leur lieu d’habitation, leur origine, leur statut social. En tant qu’élus, nous ne pouvons cautionner cette forme d’abdication de la République.

Les Français ne sont d’ailleurs pas dupes : dans un récent sondage, 81% sont "d'accord" pour dire que "ce n'est pas à l'armée mais aux forces de police d'assurer la sécurité publique".

Indéniablement, le trafic de stupéfiants a pris un essor considérable. Sa violence déstabilise la cohésion sociale et gâche la vie de nombreux habitants qui réclament à juste titre une action déterminée de l’Etat. Nous partageons la conviction qu’aucun renoncement n’est possible face à des réseaux mafieux qui défient notre démocratie et pratiquent le plus sauvage des libéralismes.

Dans cette lutte de tous les instants, la police de la République a les compétences pour mettre hors d’état de nuire les trafiquants de drogue, pour peu qu’on lui en donne les moyens. Il faut pour cela mettre un terme à la politique de réduction des effectifs de fonctionnaires de police, et combattre l’inégale répartition des forces de police en Ile-de-France.

La principale guerre à mener est celle contre les inégalités de territoires. Dans des domaines essentiels tels que la santé, l’éducation, la sécurité, l’Etat n’accorde pas à la Seine-Saint-Denis des moyens équivalents à ceux d’autres départements. Beaucoup de personnes incriminées dans des actes de violence et recrutées comme trafiquants sont mineures. Il y a urgence à décupler les moyens éducatifs et préventifs dans notre département, seuls à même de combattre ce fléau.

L’exigence de justice sociale doit être replacée au cœur du débat sur les banlieues. Il est illusoire d’espérer une amélioration substantielle de la vie dans les quartiers tant qu’en Seine-Saint-Denis, le chômage restera largement au-dessus de la moyenne régionale et que la précarité sociale progressera.

La Seine-Saint-Denis n’a ni besoin de militaires, ni de nouvelles stigmatisations dans les médias. Elle a besoin de la police républicaine pour démanteler les trafics et de la justice sociale pour vaincre les discriminations territoriales.

Cette situation est aussi révélatrice de la nécessité de transformer profondément cette société.

Signataires :

François ASENSI (Député-maire de Tremblay, Président de l’agglomération Sevran-Tremblay-Villepinte)

Michel BEAUMALE (Maire de Stains)

Patrick BRAOUEZEC (Président de l'agglomération Plaine Commune)

Marc EVERBECQ (Maire de Bagnolet)

Carine JUSTE (Maire de Villetaneuse)

Didier MIGNOT (Maire du Blanc-Mesnil)

Didier PAILLARD (Maire de Saint-Denis)

Catherine PEYGE (Maire de Bobigny)

Gilles POUX (Maire de La Courneuve)

Nelly ROLAND IRIBERRY (Maire de Villepinte)

Jacqueline ROUILLON (Maire de Saint-Ouen, conseillère générale de Seine-Saint-Denis)

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"Le traitement militaire des révoltes est toujours en place"

13 Mai 2011, 08:34am

Publié par PCF Villepinte

côté quartiers - le blog d'Ixchel Delaporte

Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 13:59

Co-auteur du livre "Etat d'émeute, état d'exception"*, le sociologue Jean-Louis Olive revient sur les révoltes de 2005 et analyse leurs impacts politiques et institutionnels.

Vous avez choisi de titrer votre ouvrage collectif sur « les émeutes ». Pourquoi utiliser ce terme ?

Jean-Louis Olive. Il y a trois termes officiels : « état »,  « émeute » et « exception » qui renvoient à des réalités institutionnelles. Nous remettons en question le concept d’émeute. Je lui préfère le mot de révolte ou de rébellion. Le qualificatif d’émeute a été retenu par l’essentiel des médias et des politiques lors des événements d’octobre 2005 et c’est par ce terme que le public a eu accès à ces informations. C’est donc une manière pour nous de le reprendre à notre compte et de l’interroger.

Pourquoi sortir un livre six ans après les révoltes urbaines ?

Jean-Louis Olive. Ce livre est le résultat partiel d’un colloque organisé en octobre 2006 à Perpignan, un an après les révoltes de la région parisienne pour mettre à distance les faits. Nous voulions revenir sur ces événements tout en ayant eu les pieds dedans, puisqu’on a l’a vécu en direct à Perpignan en mai 2005. Il y a donc à la fois une distanciation intellectuelle et un désir de témoigner. Ces émeutes ont été mises en boîte par le discours médiatique. Dès la première nuit, les médias emploient quasi tous le même vocable. L’image télévisuelle fabrique des peurs chez les gens qui ne sont pas présents sur place. Nous avons donc procédé à une déconstruction de cette image fabriquée.

A plusieurs reprises, les articles soulignent la situation de paradoxe dans laquelle sont enfermés les habitants des quartiers populaires : à la fois on leur reproche de ne pas être comme les autres mais on préfère leur accorder un régime spécifique. Comment l’expliquez-vous ?

Jean-Louis Olive. Ca fait partie de la dialectique post-moderne qui est celle des grands ensembles urbains. On vit à 70% dans des villes et c’est l’environnement dans lequel les gens sont consignés à vivre. On s’aperçoit qu’il y a une manière de stigmatiser, de culpabiliser, de traiter des groupes, des populations, des acteurs collectifs tout en prétendant les sortir de leurs difficultés. C’est toute la logique des politiques urbaines et en particulier les politiques de rénovation urbaine. On voit des quartiers populaires qui sont radicalement transformés sans consultation des populations elles-mêmes ou bien des quartiers laissées à l’abandon dans un état de pourrissement. Ces populations sont stigmatisés, on leur reproche tous les critères constitutifs du différencialisme et du racisme, une banalité semble-t-il aujourd’hui dans la société sarkozienne. D’autre part, on évalue un surcoût : on leur donne trop d’aides sociales… Cette logique conduit à une poussée de stigmatisation qui annonce des lendemains encore pires. Tout cela pendant que les acteurs sur place essaient, eux, d’émettre des discours très différents.

Vous critiquez les partis politiques concernant leurs réactions face à ces événements de 2005. Que leur reprochez-vous ?

Jean-Louis Olive. Il n’y a de reproche mais un constat de désœuvrement complet. Pour certains, il y a eu une prise de conscience par l’ampleur du choc et par la violence des émeutes. En particulier pour les maires de communes très proches de leurs habitants. Pour d’autres, l’usage de l’émotion atteint son comble avec des mesures disproportionnées par rapport à des révoltes de groupes d’adolescents. Le déploiement de police, le jeu malsain qui s’est installé dans ces quartiers, l’état d’urgence décrété continuent à laisser des traces puisque le traitement quasi militaire des révoltes est toujours à l’ordre du jour. Les décideurs se sont placés à un niveau de réactivité émotionnelle et non pas sur un comportement responsable et prévisionnel. On entend toujours des conditions d’interpellation, « des façons de faire » de la police, toujours aussi inconséquentes et qui provoquent des réactions très virulentes en face.

Après ces émeutes, s’est construit le prototype du jeune garçon de cité macho, misogyne et oppresseur. Quelle est sa réalité ?

Jean-Louis Olive. Je ne pense pas qu’il n’existe pas. Et je pense que c’est parce qu’il existe que la construction est crédible. Mais, s’il existe, c’est à l’état de minorité caricaturale. Certains d’ailleurs ont fait de ce prototype un art de vivre. C’est une façon d’être chef de bande et de se distinguer dans son quartier, de jouer le jeu de la représentation médiatique mais je le répète, il s’agit d’une minorité en général en proie à des problèmes avec le pénal. Il y a aussi un jeu de dérision qui consiste à renvoyer  cette image au pouvoir, au journaliste, à l’élu, au sociologue, en allant de plus en plus loin. Ce comportement est complètement généré par nos peurs et prend racine dans un enfermement.

On entend souvent que les jeunes des quartiers ne respectent pas la République… Est-elle trop rigide ?

Jean-Louis Olive. C’est un appel à une République obsolète, figée dans un moule de cire. On élève des valeurs dans une pure abstraction. Etre en République, dans une société comme la nôtre, c’est être au cœur de tensions, de mouvements contradictoires, de nécessités économiques qui justifient des migrations. Le rapport entre l’identité et les différencialités ou les possibilités d’être différent est biaisé par des tensions. D’un côté on projette une République idéale qui n’a plus lieu d’être parce qu’elle se négocie au quotidien et qu’elle se déploie sous des formes inouïes où la violence est minoritaire dans le quotidien. D’un autre côté, on ne veut pas voir d’autres formes de renégociation, de réinvention de ce que pourrait être la chose publique par des acteurs qui n’ont pas accès à l’emploi et qui ont vécu l’échec scolaire.

L’avant et l’après émeute est ce temps qui n’intéresse pas les médias et qui pourtant contient l’essentiel des changements. Que s’y joue-t-il ?

Jean-Louis Olive. Avant l’émeute, il y a un choc collectif, un temps de recueillement. En général, une émeute se produit à la suite d’un événement tragique. L’émeute est d’abord un lieu de rassemblement. Quelques fois, ça produit autre chose qu’une émeute et le projet de violence n’est pas toujours abouti. L’émeute qui s’inscrit dans une sorte de dérapage recherche une redistribution de violence, comme dans une réciprocité. On essaie de faire mal à ceux qui nous ont fait mal, une loi du talion implicite. Le moment de la dislocation des manifestations est un enjeu similaire. Il y a une sorte de connivence attendue entre des casseurs et des policiers : un climat de guérilla urbaine, vécu comme une sorte de norme, comme un rituel qui n’est pas l’apanage des jeunes émeutiers. Dans les deux cas, émeutiers et manifestants voient la situation leur échapper et leur éclater dans le dos pour mieux stigmatiser leur goût pour la violence.

Ecoles, gymnases, gendarmerie ont été visés pendant les émeutes… S’agit-il d’institutions républicaines vécues comme des vecteurs d’humiliation ?

Jean-Louis Olive. Depuis les années 90, on n’est plus dans une perspective de dialogue mais dans une phase de conflit beaucoup plus construite. Une sorte de montée en puissance qui ne se fait pas de manière consciente. La violence décapante et déstructurante qui s’attaque à des cibles paternalistes  devient une violence adolescente profonde qui rappelle une crise d’identité et la non existence de l’adolescent dans nos sociétés. C’est aussi une réaction aux discours très violents de la Droite dure et du Front national. Pour nous sociologues, ça veut dire que sur les compteurs les plombs ont sauté. A Perpignan par exemple, depuis les émeutes de mai 2005, rien n’a changé. Tout ce qu’on a décrit s’est aggravé. Un rapport de police récent montre que la délinquance diminue sauf dans le quartier où l’attention des urbanistes est la plus élevée, le quartier de la gare. Les lieux portés par l’institution sont les moins sûrs. La ville n’a pas résolu les questions posées par ces jeunes.

 

Entretien réalisé par Ixchel Delaporte

* "Etat d'émeutes, état d'excetion. Retour à la question centrale des périphéries", par Jean-Louis Olive, Laurent Mucchielli et David Giband, Presses universitaires de Perpignan, 2010

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L'interview d'Europe 1 Soir 12/04/2011 - 18:30

13 Avril 2011, 22:23pm

Publié par PCF Villepinte

 

nellyrolandiriberry2.jpg"Des moyens supplémentaires en banlieue"

La maire de Villepinte a réagi après le meurtre du jeune Billal dans sa commune.

 

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Enquête IPSOS/France bleu

4 Avril 2011, 21:55pm

Publié par PCF Villepinte

Enquête IPSOS/France bleu

Malgré le "plan espoir banlieues" pour 43% des Français "la situation ne s’est pas améliorée ces dernières années"

lundi 4 avril 2011

Enquête Ipsos sur les quartiers

Malgré la mise en place du Plan espoir banlieues en 2008, la situation des quartiers sensibles ne change pas, voire se détériore, c’est ce qui ressort d’une enquête réalisée par Ipsos pour France Bleu.

43% des Français ont le sentiment que les conditions de vie (logement, sécurité, emploi) dans les quartiers sensibles se sont dégradées ces dernières années, contre 11% qui estiment au contraire que la situation s’est améliorée, et 42% qui pensent qu’elle n’a pas vraiment changé.

Les jugements sont un peu plus nuancés chez les habitants de ces quartiers, où le sentiment du statuquo prédomine (43%). Un habitant sur trois a tout de même l’impression que la situation se dégrade (32%), contre 18% d’avis contraires.

76% des habitants souhaitent déménager ; 58% avouent même y songer souvent.

54% déclarent ne pas se sentir en sécurité dans son quartier (c’est même « souvent » le cas pour 29% d’entre eux), et 45% se sentent mis à l’écart ou rejeté en raison de leur quartier de résidence.

Ce mal-être s’atténue un peu lorsque l’on s’éloigne du cœur des quartiers sensibles, avec un sentiment d’insécurité qui reste assez fort chez les personnes vivant à proximité immédiate d’un quartier sensible (47%), mais un sentiment moins présent d’être mis à l’écart (24%).

La volonté de déménager est aussi légèrement moins forte, même si elle concerne tout de même près d’une personne sur deux (46%).

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Gestion des finances locales.

10 Janvier 2011, 17:32pm

Publié par PCF Villepinte

Gestion de Villepinte 

 rubon27-copie-1La municipalité de Villepinte œuvre à développer les services publics locaux pour mieux répondre aux besoins de la population. Cette politique, accompagnée d’une réduction des impôts locaux, est stigmatisée par la droite locale, notamment lors des débats budgétaires.

L’agence indépendante de notation : Public Evaluation System a étudié les budgets de 36 communes de Seine Saint Denis.(cf Le Parisien du 5.1.2011). Cinq grands critères ont été  pris en compte : La rigidité, soit la marge de manœuvre financière dont dispose une ville- Le service de la dette, la part des ressources consacrées par la ville au remboursement de ses emprunts- La solvabilité, le temps qu’il faudrait consacré au remboursement complet de la dette. Selon l’agence « pris ensemble, ces critères permettent de repérer les municipalités qui font un effort conséquent de désendettement, et celles qui au contraire, se préparent à léguer le bébé au prochain maire… ».-La fiscalité, c'est-à-dire l’impact des impôts sur les administrés- Les réalisations, soit le respect des prévisions budgétaires votées.

A partir de ces critères, la commune de Villepinte obtient une note située entre 13 et 16 sur 20 et se classe dans le groupe de tête, en compagnie de Villes comme Aulnay sous Bois, La Courneuve, Tremblay-en-France, Le Raincy.

En développant  les services au bénéfice des habitants, tout en menant une gestion rigoureuse, «  en bon père de famille »,  des finances locales, la municipalité de gauche à Villepinte démontre son efficacité au service du progrès social pour tous.

 

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