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luttes

Réforme ferroviaire. Les cheminots fondent l’acte II de la riposte

30 Mai 2019, 07:10am

Publié par PCF Villepinte

Mercredi, 29 Mai, 2019

L’Humanité Marion d'Allard

 

Le 8 juin 2018, les cheminots en grève envahissent la gare de Lyon Part-Dieu contre la réforme du pacte ferroviaire. Nicolas Liponne/NurPhoto/AFP

Près d’un an après le vote du pacte ferroviaire, les syndicats dénoncent ses conséquences et renouent avec l’unité d’action en mobilisant les cheminots le 4 juin.

Les cheminots ont fait le bilan et il est alarmant. D’une seule voix, les syndicats appellent à nouveau leurs troupes à la mobilisation le 4 juin contre l’application d’une réforme qu’ils ont combattue, dans l’unité et pendant plus de trois mois, il y a tout juste un an. «C’est l’acte II», une «nouvelle étape», c’est «bien plus qu’un coup de semonce», ont indiqué hier face à la presse les représentants des quatre organisations représentatives à la SNCF (CGT, SUD, Unsa et CFDT). «Ce que nous suspections (…) est désormais en train de se réaliser, dans toute la violence sociale que cela représente pour les cheminots et les usagers», a déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots, dénonçant, à plusieurs reprises, «l’ambiance détestable» qui règne dans l’entreprise.

«Ce sont les salariés qui paient la facture»

Alors que le pacte ferroviaire imposé par l’exécutif à coups d’ordonnances consacre l’ouverture à la concurrence, la transformation juridique de l’entreprise publique en sociétés anonymes à multiples filiales et l’abandon du recrutement des cheminots au statut, «ce sont les salariés qui paient la facture. On nous avait promis un pacte social et une convention collective de haut niveau, mais rien n’a avancé. Rien», s’est indigné Erik Meyer, secrétaire fédéral SUD rail.

Face à un patronat qui «fait blocage» sur la négociation de branche, face à une direction qui laisse au point mort les négociations sur l’accord d’entreprise et face à un gouvernement qui ne respecte ni ses engagements financiers, ni ses promesses de concertation sociale préalable à la publication des décrets d’application de la réforme, les cheminots tirent la sonnette d’alarme. «La manifestation du 4 juin est déjà un succès, 9000 cheminots se sont inscrits dans le mouvement pour la seule CGT», a insisté Laurent Brun.

 Des cheminots «laissés pour compte et qui éprouvent un très fort sentiment de casse de leur outil de travail et de destruction programmée du service public ferroviaire», a enchaîné Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT cheminots. Et le responsable syndical va même plus loin. «Nous avons à la SNCF les mêmes ingrédients en termes de risques psychosociaux qu’à France Télécom à l’époque de la vague de suicides.» Même discours chez SUD rail, qui fait «clairement le parallèle entre la situation à la SNCF et l’actuel procès Lombard (ancien dirigeant de France Télécom mis en examen pour harcèlement moral – NDLR)».

«Les licenciements finissent par devenir un outil de régulation»

Toute à ses obsessions de réductions des coûts de production, la direction laisse se généraliser les pressions sur les agents, dénoncent les syndicats. Ainsi, «les cheminots subissent restructuration sur restructuration, détruisant les collectifs de travail, le contenu des métiers, les compétences et le sens même de nos engagements professionnels», note Laurent Brun. Pis, poursuit le cégétiste, «les salariés dont l’employabilité n’est pas maximale, à savoir les plus anciens, ceux qui ont des inaptitudes ou des handicaps, ou encore ceux dont les compétences ne sont plus recherchées, sont de plus en plus brutalement poussés vers la sortie». Et pour couronner le tout, rappelle Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa ferroviaire, «les négociations annuelles obligatoires s’orientent vers une cinquième année consécutive de gel des salaires».

Dans ce paysage chaotique, «la séparation par activités et la segmentation des métiers détruisent le service public ferroviaire», poursuit Roger Dillenseger. Et chaque nouvelle réorganisation se traduit «sans exception par des suppressions de postes». Fermetures de guichets, de dessertes, multiplication de la sous-traitance, c’est «l’atomisation du réseau» qui se trame, pointe Laurent Brun, qui redoute qu’à l’instar du privé, «les licenciements finissent par devenir un outil de régulation». En somme, résument en lettres capitales les tracts appelant à la mobilisation du 4 juin, «la coupe est pleine».

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Les fonctionnaires se mobilisent massivement contre la réforme de leur statut

11 Mai 2019, 06:51am

Publié par PCF Villepinte

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Gràce à votre mobilisation, nous serons présent au débat de France 2

20 Mars 2019, 08:02am

Publié par PCF Villepinte

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Leslie, ouvrière, gilet jaune et syndiquée à la CGT

11 Mars 2019, 10:48am

Publié par PCF Villepinte

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LE PROCÈS BAUPIN, DE LA PAROLE LIBÉRÉE À LA PAROLE ENTENDUE

11 Février 2019, 07:42am

Publié par PCF Villepinte

Lundi, 11 Février, 2019

L'Humanité Marie Barbier

La procédure intentée par l’ancien élu écologiste s’est retournée contre lui. La force de la parole des femmes a tout emporté sur son passage. Leurs avocats ont réclamé un «jugement exemplaire» à la hauteur de ce «procès historique». Récit.

Il est presque 20 heures, ce vendredi soir, à la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. L’heure est aux plaidoiries de la défense. Les avocats des accusatrices de Denis Baupin et des journalistes poursuivis pour diffamation se succèdent à la barre. Claire Moléon est la première à prononcer le mot que tous ceux qui assistent à ce procès sentent confusément depuis quelques jours: «C’est un procès historique! Votre décision est très attendue et vitale pour toutes ces femmes, poursuit l’avocate de l’ancienne députée Isabelle Attard.

En tant que femme, jeune, je comprends parfaitement ce qu’ont pu ressentir Isabelle, Elen, Sandrine et les autres. Je sais ce que c’est de devoir modifier son trajet, renoncer à ses ambitions. Ce procès est plus que d’intérêt général.» Et de conclure, la voix tremblante, avec la plaidoirie de Gisèle Halimi en novembre 1972 dans un autre procès historique pour les droits des femmes, celui de Bobigny qui ouvrit la voix à la légalisation de l’avortement: «Nous, les femmes, nous, la moitié de l’humanité, nous sommes mises en marche. Je crois que nous n’accepterons plus que se perpétue cette oppression.»

Pour la procureure, «une impérieuse lutte contre le silence»

Le procès en diffamation intenté par Denis Baupin à ses accusatrices et aux médias qui révélèrent leurs propos fera sans doute date dans l’histoire du droit des femmes. Le procès de Bobigny fut celui du droit à l’avortement; celui de Denis Baupin sera celui d’un tournant dans la lutte contre les violences sexuelles. Pas celui de la parole libérée, mais sans doute de la parole entendue. «Nous avons toujours parlé, a rappelé l’adjointe au maire du Mans, Elen Debost, dans ses derniers mots devant le tribunal. Ce qu’ont fait ces journalistes, c’est le développement de l’écoute. Il faut écouter les femmes.»

Dès l’ouverture des débats, cette audience s’annonçait déjà hors du commun parce que remplie de paradoxes. Le premier d’entre eux, ce sont ces femmes qui se serrent sur le banc des prévenus, le «banc de l’infamie» devenu, au fil des témoignages, celui de la fierté et du courage. Pour elles, la justice ne passera jamais. Au terme d’une enquête préliminaire, leurs plaintes pour agressions et harcèlements sexuels ont été classées sans suite. Les faits étaient «susceptibles d’être qualifiés pénalement», mais prescrits, selon le parquet. Absent à l’audience, Denis Baupin s’est imposé au fil des débats comme la figure centrale de ce procès devenu le sien.

Une justice toute de travers, remise à l’endroit par la procureure dans un réquisitoire incisif. La représentante du ministère public a requis la relaxe: «Chacune des personnes prévenues a sincèrement rapporté son vécu subjectif, on ne peut pas leur faire grief de mauvaise foi.» Jugé «sérieux», le travail des journalistes ne mérite pas non plus condamnation, selon Florence Gilbert : «La prescription ne jette pas un tombeau sur les faits décrits. S’interroger sur les faits reprochés à M. Baupin est bien un sujet d’intérêt général.» Sa conclusion est cinglante: «La seule qualité de ce procès aura été de mettre en exergue une impérieuse lutte contre le silence.»

«Je n’ai jamais assisté à un procès de presse comme celui-là, avec tant d’émotion, a déclaré Edwy Plenel à la barre. On s’est parfois cru aux assises.» Ému, le cofondateur de Mediapart a clos le procès par ces mots adressés au tribunal : «Ce qu’on vous demande, c’est une décision judiciaire qui aille au-delà du cas de la presse, qui fasse le même événement que le procès de Bobigny. Parce que les femmes, elles nous libèrent tous.» Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 19 avril. Si, comme l’ont réclamé les avocats de la défense, il condamnait Denis Baupin pour procédure abusive, son jugement serait une jurisprudence essentielle pour les droits des femmes à dénoncer les violences qu’elles subissent.

«Le procès en diffamation est une arme couramment utilisée par les agresseurs pour faire taire leurs victimes, explique Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d’Osez le féminisme! Ce procès est celui de ceux qui ont essayé de bâillonner les femmes. Leur condamnation pour “procédure abusive” encouragerait les femmes à parler, à porter plainte, ce serait une première étape pour remettre la justice à l’endroit.» Pour Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes, ce procès est le «tout début» d’une «nouvelle ère» : «Acculée par le rapport de forces, la justice commence à comprendre les violences sexuelles, mais c’est un processus qui prend énormément de temps, les résistances sont fortes.» «Une condamnation de Denis Baupin serait une première, un signal fort contre ces ‘‘procédures bâillons’’, détaille Martine Billard, ex-élue des Verts, aujourd’hui à la France insoumise. On pourra s’appuyer sur cette jurisprudence pour libérer la parole dans les cercles militants.»

Tout au long de ce procès, la défense de Denis Baupin, l’avocat Emmanuel Pierrat – lui-même ancien militant écologiste –, s’est illustrée par son déni de ces violences. Sa plaidoirie de près de trois heures n’a pas échappé à cette règle. «La réalité, je suis désolé, c’est le libertinage», a maintenu l’avocat, qui parle de «drague lourde». «Il n’y a rien: c’est lourdingue mais pas répréhensible par la loi pénale. Si on devait qualifier pénalement tout ce qui nous est désagréable, ce serait un enfer.»

Mais cet aveuglement est apparu comme les résidus d’un vieux monde face à la force de la parole des femmes. «Ce procès qu’on n’a pas choisi nous permet de dire haut et fort, sans honte, ce que nous avons vécu, pour que ça sorte enfin!» a lancé fièrement Isabelle Attard à la barre. «Maintenant que c’est dit, les filles après nous, non seulement elles auront des responsabilités politiques, mais en plus, elles sauront qu’elles ne sont pas obligées de subir ça!» a dit, en pleurs, l’ex-ministre Cécile Duflot, elle-même victime de Denis Baupin (lire son entretien page 6).

«Il faut que votre décision dise : n’ayez plus peur, parlez !»

Apogée de ces débats, les plaidoiries des avocats de la défense, vendredi soir, ont été à la hauteur de l’enjeu. «Certes, c’est désagréable d’être sur le banc, Mesdames, mais vous aurez un magnifique jugement, qui va vous relaxer et dira que vous avez bien fait de parler», commence le vice-bâtonnier Basile Ader, avocat de France Inter. «Il est temps d’ouvrir les fenêtres, de chasser les fantômes de cette phallocratie institutionnelle», réclame pour sa part Romuald Sayagh. Elen Thoumine se tourne vers le banc de la partie civile : «Je dis honte sur vous, Denis Baupin, honte sur vous! Cette procédure est évidemment abusive, c’est une procédure bâillon pour fermer la porte qu’elles ont essayé d’ouvrir.» Jean-Yves Moyart: «Il faut que votre décision dise : n’ayez plus peur, parlez !»

«Il y a des oreilles qui saignent quand on vient vous dire que mettre la main sur les seins, c’est de la drague pataude!» tonne pour sa part Yann Le Bras. Pour Antoine Comte, «un vers de Victor Hugo résume ce procès: “Quand tout est petit, femmes vous restez grandes”, parce que tout est petit de l’autre côté de la barre»… Enfin, Emmanuel Tordjman: «Monsieur le président, Madame, Monsieur, je vous demande solennellement que ces femmes n’aient plus jamais peur de dénoncer les comportements des hommes qui commettent des infractions pénales. L’eau coule, le fleuve coule, et on vient vous dire qu’il faudrait taire cette parole? Au contraire, il faut la rassurer, l’aider. On ne badine pas avec l’expression des femmes, on la touche avec précaution. Monsieur le président, Madame, Monsieur, je vous demande un magnifique jugement sur la vérité!» Et Laurence Mermet de conclure ce procès par ces mots: «Je souhaiterais que justice soit fête.» 

 

 

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Mobilisation. En grève pour répondre à l’urgence sociale

5 Février 2019, 09:16am

Publié par PCF Villepinte

Mardi, 5 Février, 2019

L'Humanité  Kareen Janselme

Plusieurs organisations syndicales et politiques répondant à l’appel de la CGT manifesteront ce mardi partout en France pour augmenter les salaires, réformer la fiscalité et développer les services publics.

Répondre «sur le bitume» au grand débat national organisé par Emmanuel Macron, voilà l’objectif de la CGT, qui appelle aujourd’hui tous les salariés du public et du privé, fonctionnaires, retraités à descendre dans la rue ou quitter leur entreprise partout en France. Si l’organisation est rejointe à Paris par Solidaires, FO et la FSU, d’autres configurations syndicales pourront se retrouver en région pour réagir «à l’urgence sociale».

Gagner une augmentation du Smic à 1800 euros et augmenter tous les salaires et pensions, revaloriser le point d’indice pour tous les fonctionnaires, réformer la fiscalité par un impôt sur le revenu plus progressif et rétablir l’ISF, contrôler et conditionner les aides publiques aux grandes entreprises, développer les services publics sur tous les territoires: voilà des revendications pour mieux répartir les richesses reprises régulièrement dans les manifestations sociales, mais aussi désormais dans les mouvements d’occupation des ronds-points des gilets jaunes qui ont essaimé depuis novembre dernier. «Dans plus de 30 départements, il y aura des mobilisations communes», a précisé hier sur RTL le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, «sur des mots d’ordre très précis». Parmi eux, le respect du droit à manifester. Car, la loi anticasseurs, fortement remise en cause par des associations et syndicats dénonçant des «menaces sur les libertés d’opinion et d’expression des oppositions», sera soumise ce jour au vote à l’Assemblée nationale.

«Les choix politiques actuels visent à dégrader un maximum les services publics»

karen Verdier Atsem (agente territoriale spécialisée des écoles maternelles) à la Ville de Paris

Karen Verdier n’ira pas s’occuper des enfants de son école maternelle ce matin, elle ne nettoiera pas les classes, ne remplacera ni le gardien pendant sa pause, ni la cantinière. «Je suis en grève car ce qui arrive à notre métier arrive à beaucoup de métiers des services publics: une dégradation flagrante de nos conditions de travail qui se ressent de plus en plus au quotidien due au manque d’effectifs et de moyens.» Sa polyvalence n’est pas reconnue à la hauteur de son implication professionnelle: 1600 euros mensuels pour cette agente publique au service de la Ville de Paris depuis neuf ans. La réforme à venir de la fonction publique l’inquiète, car elle craint que le secteur privé ne s’empare de plus de missions et dégrade les services rendus«Nous sommes en lien direct avec le citoyen, et nous garantissons une égalité d’accès à tous. Dans le privé, les patrons décident à leur sauce. Les entreprises privées fonctionnent surtout pour le bien-être des actionnaires.» À 29 ans, la jeune fonctionnaire s’inquiète pour son avenir et celui des services publics. «Ils me tiennent à cœur, mais ils sont menacés en France en raison de choix politiques qui visent à les dégrader un maximum, pour dénoncer alors leur inefficacité et ensuite les ouvrir au privé.» Ce n’est donc pas la première fois que la syndicaliste CGT se met en grève, et elle est prête, bien sûr, à converger avec les gilets jaunes, « à l’action légitime», bien qu’elle s’étonne «que certains se mobilisent pour la première fois alors qu’ils partagent nos revendications. Il ne suffit pas de manifester le samedi, il faut aussi s’arrêter de travailler»

«Plus de 3 millions d’euros du Cice et cela augmente chaque année, c’est incroyable»

Franck Lalieux Délégué syndical CGT Apple Retail France

Dur d’être un militant CGT dans le monde enchanté et policé de la marque à la pomme. S’il va être mobilisé ce mardi avec la CGT commerce, Franck Lalieux ne mise pas sur la grève dans les App Store. «On avait déposé des préavis contre les ordonnances travail, mais cela ne suivait pas», regrette-t-il. Cette année, Apple Retail France, filiale qui gère les boutiques, devrait toucher plus de crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) qu’elle ne paiera d’impôt sur les sociétés. L’entreprise devrait récupérer plus de 3 millions d’euros de l’État pour l’année 2018 et au moins autant en allègements de cotisations pour 2019. Et Apple Retail ne verse qu’autour de 5 millions d’impôts sur ses bénéfices, selon les derniers chiffres connus, car la filiale achète très cher les produits à sa maison mère en Irlande, ce qui réduit ses profits français comme peau de chagrin. «Apple embauche, mais pour remplacer le turnover important qu’il y a chez les vendeurs, souvent de jeunes fans de la marque dont c’est le premier poste, il n’y a quasiment plus d’embauches de techniciens», explique Franck Lalieux. Et les petits salaires sont ceux qui comptent pour le Cice. «Pourtant, on manque de postes dans les services techniques, surtout au vu des problèmes qu’on a connus ces derniers mois avec les batteries d’iPhone défectueuses», pointe le délégué CGT. Onze millions de smartphones ont été changés en 2018, une première pour la marque. « Ça défilait dans les magasins, et l’accueil se fait debout, toute la journée, face à une longue file d’attente de clients en colère, les employés étaient clairement en sous-effectifs pour gérer cela.»

«Fiscalement, en tant que retraité, j’ai pris une claque énorme»

Henri Herrera, contrôleur fiscal retraité

Henri Herrera manifestait jeudi dernier et manifestera encore ce mardi. Et pas seulement parce qu’engagé syndicalement. Cet ancien contrôleur principal de la direction général des impôts, âgé de 70 ans, président du comité de liaison des retraités Solidaires, est particulièrement bien placé pour décrypter les rouages des injustices fiscales, notamment celles dont sont victimes les retraités, comme lui. «Fiscalement, j’ai pris une claque énorme», explique-t-il. Et presque insidieusement, raconte l’ancien fonctionnaire, qui a vu son impôt sur le revenu quasiment doubler en trois quinquennats. «Divorcé avec trois enfants, j’avais le droit à une part et demie mais avec les mesures Sarkozy j’ai perdu une demi-part. J’avais par ailleurs droit à une majoration de 10 % de ma pension, défiscalisée. Cette part a été fiscalisée et là, merci monsieur Hollande!» La suite, c’est l’augmentation de la CSG mise en place par Emmanuel Macron. «Mon revenu fiscal de référence dépasse d’une centaine d’euros les 2000 euros qui ouvrent droit à l’exonération de cette mesure. Pour moi, cela représente 50 à 60 euros par mois avec une CSG majorée. Bref, je paye le prix fort.» Alors, lui qui ne se «plain(t) pas» commence à «taper» dans ses «économies» pour compléter sa pension mangée par l’impôt qu’il juge le plus problématique et injuste: la TVA, «qui en proportion pèse plus lourd sur les bas revenus que sur les hauts». C’est pour réformer tout cela qu’il descend dans la rue. La TVA, l’impôt sur les revenus, «dont il faudrait augmenter le nombre de tranches d’imposition», et la CSG, «qu’il faudrait supprimer».

« Je ne pars pas en vacances. Je m’en sors à peu près parce que je n’ai pas d’enfant »

Sophie Moison déléguée syndicale CGT chez Bien à la maison

«C’est compliqué de se mobiliser, ça engendre une perte de salaire, qui n’est déjà pas lourd», lance d’emblée Sophie, auxiliaire de vie depuis 2007. Avec 147 heures mensuelles au compteur pour 1100 euros par mois, la jeune femme de 36 ans voit peu la couleur de son argent. «Nous avons une convention collective au ras des pâquerettes avec des dispositions encore moins bonnes que celles du Code du travail alors que nous bossons un week-end sur deux. Dimanche, j’ai par exemple commencé à 6h30 et fini à 21 heures. Mais lors des négociations annuelles obligatoires, nous avons eu droit à zéro euro de hausse de salaire, on nous a même dit qu’on coûtait trop cher!» Selon elle, cette pénibilité du travail n’est absolument pas reconnue, avec des revenus au rabais et des défraiements bas de plafond. «Les temps de trajets ne sont pas rémunérés comme il faudrait, poursuit Sophie, les indemnités kilométriques sont de 20 centimes par kilomètre. J’ai donc décidé d’arrêter de prendre la voiture et d’aller travailler en transports en commun.» Pour l’auxiliaire de vie, la situation s’est aggravée depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron. « Nous n’avons pas bénéficié de la prime exceptionnelle annoncée. Je gagne moins qu’avant car le coût de la vie a augmenté. Je ne pars pas en vacances. Je m’en sors à peu près parce que je n’ai pas d’enfant.» Cette cure d’austérité a d’autres effets. «Les personnes sont découragées, les effectifs sont passés de 110 à 70 dans ma structure. Certains craignent de revendiquer de meilleurs salaires car ils ont peur d’être licenciés. Il faut continuer à se battre!»

Kareen Janselme

Le rendez-vous des mobilisations

À Paris, le cortège s’élancera à 14 heures de l’Hôtel de Ville vers la place de la Concorde. À Lyon, rendez-vous à 11 h 30, place Bellecour. À Bordeaux, à 11 h 30, place de la République. À Toulouse, à 14 heures, place Saint-Cyprien. À Lille, à 14 h 30, porte de Paris. À Clermont-Ferrand, à 10 heures, place du 1er-Mai. À Nice, à 10 h 30, place Garibaldi. À Nancy, à 14 heures, place Dombasle. À Tours, à 10 heures, place de la Gare. À Rennes, à 11 heures, devant le Medef. À Nantes, à 13 heures, cité des Congrès. À Mulhouse, à 14 heures, place de la Bourse. À Brest, à 10 heures, place de la Liberté. À Caen, à 11 heures, place Fontette. À Nîmes, à 14 h 30, place des Carmes… Retrouvez tous les lieux de mobilisation sur www.cgt.fr

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Capitalisme « L’âge de la colère », selon le FMI

30 Décembre 2018, 07:59am

Publié par PCF Villepinte

 

 

: « Vous ne direz pas que je me fais une trop haute idée du temps présent, et si malgré tout je ne désespère pas de lui, c’est que sa situation désespérée est précisément ce qui m’emplit d’espoir. »

L’Humanité

Samedi, 29 Décembre, 2018

Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), en pasionaria de la lutte contre les inégalités… on se pince. Et pourtant! La peur gagne le camp de l’ordre établi, empêtré dans une crise globale du capitalisme. Par où la sortie ?

«L’âge de la colère pourrait prendre la succession de l’âge d’or » du capitalisme, si rien n’est fait pour combattre les inégalités afin que « les bienfaits économiques de la mondialisation soient partagés par tous et non plus seulement par quelques-uns ». Grande nouveauté, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et l’OCDE, chargés non sans raison de multiples péchés, tirent désormais des alarmes qui résonnent dans le vide! Avec son nouvel appel, Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, n’a pas dérogé.

inégalités: du jamais-vu

Fini la défense d’une mondialisation, la directrice générale du FMI se réfère désormais à une « coopération internationale ré-imaginée » qualifiée de « multilatéralisme ». Peu explicite sur ses intentions, elle préconise tout de même un nouveau système de taxation des entreprises et dénonce les stratégies d’optimisation fiscale « qui laissent trop peu de recettes d’impôts sur la table ». Elle craint que les inégalités ne surpassent ce que nous connaissons et décrit un monde proche où « des géants monopolistiques de la technologie » feront face à des États faibles, une planète où coexisteront des catégories favorisées de la population « pouvant vivre jusqu’à 120 ans, quand des millions d’autres souffriront de pauvreté ». Une situation génératrice, selon elle, de colère et d’amertume, qu’elle pressent dangereuse pour l’ordre établi.

Pour les organisations internationales, l’accroissement des inégalités dans les pays développés est désormais perçu comme étant la principale menace. La crise sociale débouche sur de dangereuses déstabilisations politiques. De toutes natures – financière, économique, sociale et politique, mais aussi écologique –, les crises se multiplient. Une crise globale se généralise, et elle est planétaire. Toutes ont en commun de ne pas avoir de solution, faute de sortir du cadre dogmatique de pensée néolibérale.

crise écologique: le déni

Il est déjà loin le temps où le G20 prétendait collectivement prendre à bras-le-corps la crise, quand elle n’était encore que financière. Aujourd’hui, en guise d’avancée, la recherche de solutions nationales l’a emporté sous les auspices de Donald Trump qui s’est lancé à corps perdu dans une guerre commerciale mondiale. Il y a, dans tout cela, un côté fin de règne prononcé du capitalisme qui ne retrouve pas son équilibre, ne parvient pas à se réformer en pratiquant la fuite en avant.

Le facteur déclenchant de la prochaine crise financière – que tout le monde s’accorde à considérer comme inévitable – fait l’objet d’interrogations sans fin. La réglementation qui lui est opposée est loin d’épuiser tous les mystères de l’enchaînement et de la propagation de phénomènes mal connus au sein d’un système atteint de gigantisme et de plus en plus fragile. Et une question clé s’impose: comment se prémunir de risques que l’on ignore? Comment maintenir la fiction comptable de titres de la dette souveraine sans risques, afin de, soi-disant, renforcer la solidité des établissements financiers, si la dette continue de s’envoler et que les taux obligataires montent comme prévu?

Ignorer les bouleversements qu’annonce la crise écologique, et dont l’avènement est de plus en plus crédible au fur et à mesure qu’elle se rapproche, est profondément préoccupant. Nos sociétés ne sont pas préparées pour faire face aux catastrophes qui se présentent à échéance rapprochée, largement documentées par la communauté scientifique. Mais, dans ce domaine, comme dans d’autres, le déni est bien ancré, la défense des intérêts en place est solidement à l’œuvre. Avec, comme particularité, que les délais ne sont, cette fois-ci, pas extensibles.

Les inégalités progressent et menacent les couches moyennes de délitement par le bas dans les pays capitalistes avancés. La fracture sociale a pris une tout autre dimension et maintenir le nez hors de l’eau des plus démunis ne la résout pas. À la dégradation généralisée des conditions de vie s’ajoute une panne de l’ascenseur social. Le sentiment prévaut que la vie sera demain moins bien qu’avant et qu’il n’y est apporté aucune amélioration. La colère collective pourrait se révéler bonne conseillère si elle débouchait sur l’exigence de réformes structurelles d’une nouvelle nature dont le mieux-être serait le fil rouge.

 

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De la colère et de l’espoir

28 Décembre 2018, 07:39am

Publié par PCF Villepinte

Jeudi, 27 Décembre, 2018

L'Humanité Valère Staraselski

Des centaines de contributions aux "Cahiers de la colère et de l'espoir" sont déjà parvenues à l'Humanité, en ligne ou sur papier. Autant de témoignages qui racontent l'espoir d'une société où l'humain soit la valeur de toute chose. 

Messe de minuit. Sous les voûtes de la cathédrale, pleine à craquer ce soir-là et éclairée pour l’occasion de mille feux, résonnent les paroles du Divin enfant, ce chant de la nativité, qui me touche en raison de ces paroles : « Une étable est son logement/ Un peu de paille est sa couchette/ Une étable est son logement/ Pour un Dieu quel abaissement »… Une majorité de gens simples, modestes, très modestes voire pauvres, peaux blanches, peaux brunes, chante de concert pour célébrer un Dieu « abaissé». L’origine égalitaire de l’idéologie chrétienne…

Du reste, je sais qu’en temps normal, toutes conditions sociales, ethniques, culturelles mêlées, trente bénévoles qui ne sacrifient pas au Dieu argent, s’affairent à tour de rôle dans cette cathédrale ! En vérité, je vous le dis : le besoin de sens a horreur du vide… Et puis à un moment - je n’invente rien - le prêtre qui officie à la place de l’évêque empêché lance le plus naturellement du monde : « Mieux vaut être un bon athée qu’un mauvais croyant ! » Voilà qu’il ne m’a pas oublié, moi et mes pareils, me dis-je silencieusement, après cette parole ouverte, tout ragaillardi de ne pas être rejeté dans le troupeau des mécréants.

Bon, quel rapport avec les Cahiers de la colère et de l’espoir ouverts par l’Humanité et le mouvement des Gilets jaunes, objectera-t-on ?

Michel, comme d’autres, répond dans Les Cahiers, me semble-t-il, à cette question : « Dans cette société malade de l’argent tout est un problème : la jeunesse, la vieillesse, le travail, le logement… Développons un humanisme du XXIe siècle. »  Ou bien, Annie de Marseille qui récuse ceux qui font de « l’argent la seule valeur humaine », ou encore Marco : « Les créanciers et les actionnaires se gavent mais le peuple perd de son pouvoir. »

Quant aux ronds-points des gilets jaunes, ne regroupent-ils pas une majorité de gens simples, modestes, très modestes voire pauvres, peaux blanches et peaux brunes réunis en tant que citoyens cette fois, ensemble, rassemblés dans la colère et l’espoir ? Le besoin de chaleur humaine qui se nourrit des valeurs de dignité, de fraternité est commun à celles et ceux qui manquent chaque jour d’être noyés dans les eaux glacées du calcul égoïste. Ceux de Rochefort ont récolté des cadeaux pour les gosses qui n’en avaient pas. Solidarité…

Parmi les témoignages déposés à l’Humanité, Jean-Pierre de Châteaurenard, bénévole dans une épicerie alimentaire sociale (encore un qui ne sacrifie pas au Dieu argent), constate qu’en « cinq ans le ravitaillement est passé de 400 à 1800 kg » tandis que Catherine raconte « je prends les bus et le métro deux fois par jour (3 heures) et je n’en peux plus de croiser de pauvres gens qui mendient, qui dorment dans le métro ou à même le trottoir. » Quant à Barbara, « classe moyenne un peu perdue », qui dit, avec ses deux mille euros mensuels, n’avoir « pas à se plaindre en comparaison à beaucoup de nos concitoyens » et ne pas adhérer « aux gilets jaunes violents » déclare pourtant : « Je me joins tout de même à cette grande majorité de personnes qui ne s’en sortent pas à la fin du mois. »

Les contributions offrent également de possibles solutions. Comme Jean-François, la plupart demandent « l’arrêt de l’enfumage » en rappelant que « les mesures prises ces derniers jours pour calmer le mouvement social seront payées par l’impôt. » Aussi, parmi « quelques pistes pour ne pas rajouter de la misère », Jean-François préconise-t-il  « la mise en place l’Impôt sur la fortune, l’arrêt de CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), l’imposition des bénéfices à la source. »

Toutes les questions touchant à la vie en société sont évoquées, mieux, elles sont traitées. Ecoutons Anne, cette directrice d’école « dont le métier est dévalorisé par ceux-là même qui nous dirigent La France est endettée, il faut faire des efforts. Faire des efforts c’est travailler au rabais. C’est maltraiter les plus faibles… L’échec de l’école ne peut pas être que le nôtre…

 Alimentée par la fatigue, lourde, lourde, par l’ambiance générale, l’impression que les gens ont de n’être que quantité négligeable. Elle l’est par l’exploitation qui est faite de tous ceux qui, chacun de leur côté, sont trop faibles, loin, très loin dans la cordée pour se faire entendre. Cette société qu’on nous impose n’est pas humaine… elle sape l’énergie. Elle épuise au lieu de construire. » Ou Valérie, fonctionnaire dans un territoire rural « qui est en colère contre nos instances politiques qui ne nous entendent pas, plus. Je veux vivre de mon salaire et d’aide… J’en ai assez de payer des impôts, taxes, alors que de plus en plus de services publics disparaissent. »

De la colère et de l’espoir, tel est le titre choisi par une ou un internaute, signant d’un pseudonyme, pour sa contribution somme toute emblématique. « La colère est une émotion saine. Elle informe qu’un élément de notre environnement nuit à notre équilibre. Maîtrisée, elle devient une puissante motivation pour dire non, pour dire stop ! » Quant à l’espoir : « dès lors qu’il se manifeste dans l’agir, dans le faire, c’est-à-dire qu’il passe de la parole aux actes, la vie change du tout au tout. » Qui dit mieux ? …

Les titres des contributions témoignent, informent et instruisent. En vrac : « Les racines de la contrariété, Vivre décemment, C’est insupportable, Stop aux disparités, Halte au racket des retraites, Partage des richesses, Le peuple d’abord, La morale la grande oubliée de nos gestionnaires, Personne ne devrait être pauvre en France, Les Français vaches à lait de la finance, La maltraitance des communes, Changer le système économique pour l’écologie, Servir l’intérêt général contre l’intérêt privé, Au secours, les enseignants sont à bout, Et après, on s’étonne que les gens craquent, Vivre pas survivre, Les services publics source d’égalité, Revalorisation des pensions pour personnes handicapées, Urgence sociale et écologique, Pour une sortie du capitalisme, Contre la désinformation… »

Il m’est souvent arrivé ces dernières années, à moi comme à d’autres j’imagine, de constater qu’une partie de la population de notre pays, des jeunes particulièrement, faisait par la force des choses sécession avec la société… Le mouvement des gilets jaunes a crûment dénudé le fossé entre la pensée du Palais (mais pas que) et celle de la Place publique dont parle Nicolas Machiavel dans ses discours sur la première décade de Tite Live.

C’est ainsi que les tenants du pouvoir sont pris à contre-pied par le jugement de l’opinion commune évoqué par le même Machiavel, « le peuple est plus sage, plus constant et plus avisé qu’un prince », à l’image de Gilles Legendre, responsable du groupe présidentiel à l’assemblée, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, qui a regretté « d’avoir été trop intelligent, trop subtil, etc.… ».

Populisme ? Non, bon sens ! « On vient avec les Gilets jaunes de constater ce choc inouï entre les décideurs et ceux qui galèrent », estime une ancienne travailleuse sociale. Que la lutte des classes prenne cette forme de résistance à la soi-disant modernité et emprunte les chemins de l’horizontalité contre ceux, viciés, de la verticalité dépasse visiblement certains soixante-huitards qui, plus ils deviennent vieux, plus ils deviennent… comme le dit si bien la chanson de Jacques Brel, Les Bourgeois

La direction politique que prendra ce mouvement, pour le moins marquant déjà l’histoire de notre pays, n’est pas inscrite par avance. Une chose est sûre, une certaine confiscation des grands moyens d’information matérialisée par ce que Jean-Claude nomme « la non-présence des gens d’en bas » et Daniel, « le pilonnage médiatique clairement au service des dominants, composante essentielle dans ce qu’il est convenu d’appeler une guerre de classes » font de sérieux dégâts dans l’exercice de la démocratie. Jean-Claude comme Daniel rappellent à leur manière que l’existence même du journal l’Humanité est une des conditions pour que toutes les composantes du peuple de France soient visibles et actrices.

En démocratie, ce n’est pas seulement la moindre des choses, c’est vital.

Les cahiers de la colère et de l'espoir

 

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Rassemblement de 5 000 retraités : M. DARMANIN n’a pas le temps !

21 Décembre 2018, 17:19pm

Publié par PCF Villepinte

 

Le groupe des 9 organisations nationales de retraités s’est réuni le 19 décembre afin de tirer le bilan du rassemblement du 18 décembre organisé par leurs structures de l’Ile de France.

 5 000 personnes se sont retrouvées devant l’entrée du Ministère de l’Economie et des Finances, porte qui est restée obstinément close, les services de M. DARMANIN, ministre de l’action et des comptes publics, ayant fait savoir au représentant de l’intersyndicale que le ministre n’était pas disponible (1 voir ci-dessous).

De ce fait, les retraités mobilisés ont déposé devant le Ministère deux sapins de Noël :

 - L’un richement doté, avec comme cadeaux la suppression de l’ISF, l’abandon de l’exit tax, la mise en place de la « flat tax », le CICE, etc.

 - L’autre, desséché et racorni, avec comme « cadeaux », la CSG, la CASA, la non revalorisation des pensions, etc.

Les retraités ont manifesté leur colère dans de nombreuses villes, devant les préfectures, les permanences des élus. Nous avons tous pu constater qu’ils étaient nombreux et ne sont pas prêts à accepter la paupérisation programmée dans les couloirs des ministères.

Les 9 organisations ont donc décidé de poursuivre et de programmer de nouvelles actions:

 - Un courrier de demande de rencontre au président du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) qui a programmé, le 23 janvier 2019 une réunion sur le thème des pensions de réversion.

- Une délégation des 9, le 24 janvier 2019 rencontrera Gille LE GENDRE, président du groupe La République en Marche à l’Assemblée, qui a accepté de nous recevoir. Une rencontre avec les sénateurs a également été sollicitée ;

- Une journée d’action nationale le 31 janvier 2019, date à laquelle tous les retraités auront reçu les notifications de leurs retraites et auront ainsi pu faire le bilan des promesses gouvernementales, de l’application du prélèvement à la source, de l’impact de la taxe d’habitation et de la CSG, etc.

- Dans les villes, les villages, les retraités seront invités à rendre à M. MACRON ses cadeaux déposés au pied de leur sapin de Noël : « Reprenez vos cadeaux ! Rendez nous notre pouvoir d’achat! ».

Dans le même temps, les représentants locaux des 9 seront encouragés à mener une campagne de réunions publiques régulières dans les villes, les communes, sur le thème du pouvoir d’achat et d’aller à la rencontre de la population, afin de dresser un tableau de la situation générale des retraités.

Les retraités seront également encouragés à adresser leurs doléances par mails, par lettre et tout autre moyen auprès de leurs représentants locaux et nationaux ainsi qu’à la presse locale. Les annonces du président de la République n’ont en rien dissuadé les retraités d’abandonner. Ils continuent, certains que leurs revendications ont rencontré un large écho, tant auprès des gilets jaunes que de l’ensemble de la population.

 

Paris, le 19 décembre 2018 Olivier Jouchter (UCR-CGT, 263 rue de Paris, 93515 Montreuil cedex) Didier Hotte (UCR-FO, 141 avenue du Maine, 75680 Paris cedex 14) Jacqueline Valli (UNAR-CFTC, 128 avenue Jean Jaurès, 93697 Pantin cedex) Daniel Delabarre (UNIR CFE-CGC, 59 rue du Rocher, 75008 Paris) Marylène Cahouet (FSU, 104 rue Romain-Rolland, 93260 Les Lilas) Gérard Gourguechon (UNIRS-Solidaires, 31 rue de la Grange aux Belles - 75 010 Paris) Michel Salingue (FGR-FP, 20 rue Vignon, 75009 Paris) Francisco Garcia (Ensemble & Solidaires - UNRPA, 47 bis rue Kléber, 93400 St Ouen) Michel Deniault (LSR, 263, rue de Paris, 93515 Montreuil)

 

(1) Selon son agenda, le ministre était à l’Assemblée nationale. Peut-être son secrétaire d’Etat était-il disponible ?

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Inégalités. Des maires portent plainte contre l’État

17 Décembre 2018, 08:06am

Publié par PCF Villepinte

Lundi, 17 Décembre, 2018

Aurélien Soucheyre

C’est une première. Plusieurs élus de Seine-Saint-Denis ont décidé d’attaquer l’État en justice pour rupture d’égalité républicaine, face au recul constant des missions régaliennes.

Une nouvelle banderole orne la mairie de Stains (Seine-Saint Denis).

 Elle ne complète pas les décorations de fin d’ année : elle indique que la ville «  porte plainte contre l’État pour rupture d’égalité républicaine ». Samedi midi, une quinzaine d’élus municipaux du département sont montés sur la façade de l’hôtel de ville pour la dévoiler. « C’est une démarche inédite. Si dans le passé des citoyens, des collectifs, des associations ont pu attaquer l’État, c’ est bien la première fois que des maires le font », annonce gravement Azzédine Taïbi.

 Le maire PCF de Stains raconte que « cette bataille est devenue indispensable pour les habitants », à force de « suppressions de services publics » et de « missions régaliennes en recul » sur l’éducation, la sécurité et la justice.

En tout, cinq communes ont décidé de porter plainte. À Stains s’ajoutent Saint-Denis, L’Île-Saint-Denis, Bondy et Romainville. De leur côté, Montreuil, Aubervilliers et Le Pré-Saint-Gervais soutiennent cette action et envisagent de s’y associer.

 « L’État est faible en Seine-Saint-Denis et fait semblant de ne pas le savoir! » assène Sylvine Thomassin, maire PS de Bondy. Les élus présents dénoncent cet abandon depuis quarante ans et ont décidé de passer la vitesse supérieure. Un rapport parlementaire est venu leur prêter main- forte en mai.

 Réalisé par les députés François Cornut-Gentille (LR) et Rodrigue Kokouenko (LaREM), le document pointe un État « inégalitaire et inadapté » et une «  République en échec » en Seine-Saint-Denis. « Les politiques de droit commun ne sont pas respectées et sont bien en deçà de celles mises en place dans le reste du pays  », est-il stipulé. Les faits reprochés sont très graves et ne s’arrêtent pas là, puisque des « sous-effectifs injustifiables à mission égale » sont aussi dénoncés.

« Pourquoi un enfant d’ici aurait moins de droit ? »

Ce département compte par exemple 9 % d’officiers de police judiciaire au sein de ses effectifs de police, contre 12 % dans les Hauts-de-Seine , 15 % dans le Val-de-Marne et 17 % à Paris , alors même que le taux de criminalité y est plus élevé. Les délais d’audience au tribunal de Bobigny y sont de 12 mois, contre 2 mois à Paris. Et l’établissement scolaire le mieux doté de Seine-Saint-Denis reste en dessous du moins bien doté à Paris.

 Qu’ils soient enseignants, policiers ou magistrats, les fonctionnaires y sont très jeunes, avec un taux de rotation record. À Bobigny, un tiers des magistrats du siège quittent tous les ans le tribunal. Et les néo-titulaires qui réalisent leur première année d’enseignement dans des établissements difficiles sont 21 % en France, 41 % dans l’académie de Créteil et 65 % en Seine-Saint-Denis.

« L’État est un témoin incapable et complice. Il est coupable de non- assistance à personne en danger  », relance, combatif, Azzédine Taïbi. Aux yeux du maire, les élus locaux « portent à bout de bras les politiques publiques et ne peuvent plus se satisfaire des miettes ». « On a trop longtemps été considérés comme des invisibles, mais nous sommes indivisibles et on ne lâchera rien », prévient-il. « Personne ne peut expliquer pourquoi un enfant d’ici aurait moins le droit à l’éducation et un adulte moins le droit à la sécurité! » tance à son tour Florian Vigneron.

 L’élu PCF à Montreuil mesure qu’il faut « réaliser des actions extraordinaires pour obtenir de temps en temps autant que les autres » sur ce territoire, citant la récente réquisition de locaux vacants de l’État pour sortir les résidents du foyer Bara de l’insalubrité.

« Le recours, c’est pour dire à l’État: vous n’êtes plus présent, vous êtes défaillant, vous nous avez oubliés », argumente Meriem Derkaoui. La maire PCF d’Aubervilliers précise qu’à population équivalente, cette commune dispose de moins de bureaux de poste, de CAF et de tribunaux que Versailles. À côté de Mohamed Gnabaly, maire (SE) de L’Île-Saint-Denis, David Proult porte la dernière estocade.

« Le plan Borloo pour les quartiers populaires a été enterré. Il portait pourtant une question essentielle : celle de géolocaliser les dépenses de l’État. On en a assez de la charité et des politiques de rattrapage, ce qu’on demande c’est de voir la totalité du budget et l’origine des inégalités », insiste l’élu PCF de Saint-Denis. C’est là-dessus que l’avocat Arié Alimi entend saisir le tribunal administratif contre l’État : « Comment pouvez-vous attribuer les moyens nécessaires sans politique d’évaluation ? C’est la première faute, la première carence de l’État que nous visons. » Avec l’ objectif d’en terminer avec « une terrible injustice et un terrible gâchis pour le pays», selon Marie- George Buffet , députée PCF du département.

Aurélien Soucheyre

 

 

 

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