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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

luttes

Loi sécurité globale: le gouvernent s’embourbe, la lutte continue

3 Décembre 2020, 08:52am

Publié par PCF Villepinte

 
 
Lettre d'information n° 165 | 3 décembre 2020
 
 
 
 
 
La coordination “Stop loi sécurité globale”, dont le SNJ-CGT, le SNJ, la CFDT-Journalistes, le SGJ-FO et la Ligue des droits de l’homme sont à l’origine, continue de revendiquer le retrait des articles 21, 22 et 24 de la proposition de loi « sécurité globale » et la réécriture du Schéma national de maintien de l’ordre. De nouvelles manifestations sont annoncées cette semaine, en particulier le 5 décembre.
 
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" Avec la suspension d'Anthony Smith, c'est toute l'inspection du travail qui est menacée "

22 Juillet 2020, 08:22am

Publié par PCF Villepinte

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Service public. Un inspecteur du travail menacé de sanctions pour ses préconisations

21 Juillet 2020, 07:14am

Publié par PCF Villepinte

Mardi, 21 Juillet, 2020

L’Humanité Loan Nguyen

Anthony Smith passe mardi en conseil de discipline pour avoir exigé d’une association d’aide à domicile qu’elle mette en œuvre, en pleine crise du Covid, des mesures de prévention que sa hiérarchie a jugées excessives. Derrière son cas, c’est à nouveau la question de l’indépendance de ces agents et du sens de leur mission qui se joue.

Après trois mois de mise à pied à titre conservatoire, l’inspecteur du travail de la Marne, Anthony Smith, devrait connaître son sort à l’issue du conseil de discipline qui se tient, ce mardi, à la direction des ressources humaines du ministère du Travail, à Paris.

En exigeant, fin mars-début avril, d’une association d’aide à domicile de Reims, l’Aradopa, la mise en place d’un certain nombre de mesures de précaution sanitaire dont la fourniture de masques FFP2, l’agent de contrôle a «méconnu de manière délibérée, grave et répétée les instructions de l’autorité centrale du système d’inspection du travail concernant l’action de l’inspection durant l’épidémie de Covid-19», estiment les services de la rue de Grenelle.

«Il s’est contenté de faire son travail en essayant de faire appliquer le Code du travail, et notamment la mise en œuvre de mesures de protection collective (télétravail) et individuelle (port d’EPI)», dément dans un tract l’intersyndicale CGT-CNT-FO-FSU-SUD.

Sollicité à la mi-mars par des élus du comité social et économique (CSE) de l’Aradopa qui déploraient le manque de protections individuelles, Anthony Smith s’était enquis par courrier auprès de leur employeur des mesures mises en œuvre pour assurer la sécurité sanitaire des aides à domicile, lui rappelant au passage ses obligations en la matière.

Ne jugeant pas satisfaisantes les réponses de la direction de l’association, l’inspecteur du travail avait, par la suite, enjoint celle-ci à répondre à quatorze demandes allant du signalement des interventions poursuivies ou interrompues par les salariées auprès des usagers à la fourniture de masques FFP2 ou FFP3 pour les interventions comme le soin ou la toilette rendant la distanciation physique impossible.

En parallèle, plusieurs aides à domicile, inquiètes, avaient fait valoir leur droit de retrait (lire notre article ci-contre). Face au risque qu’il estimait important pour la santé et la sécurité de celles-ci, l’agent de contrôle avait préparé une action en référé devant les tribunaux.

 « Au nom des supposés intérêts économiques et sociaux»

Une procédure qui sera finalement interrompue par sa mise à pied le 15 avril. «Il fallait à tout prix stopper l’intervention d’un inspecteur du travail au nom des supposés intérêts économiques et sociaux», dénonce l’intersyndicale du ministère du Travail. «Et c’est cet intérêt économique, qualifié d’intérêt général par la DGT (Direction générale du travail – NDLR), qui autoriserait toutes les pressions, les interventions extérieures et les ingérences de la RUD (responsable d’unité départementale – NDLR) en contradiction avec les principes d’indépendance garantis par la convention n° 81 de l’Organisation internationale du travail», ajoutent les syndicats.

Car, dans le dos de l’inspecteur du travail, sa supérieure hiérarchique, la fameuse RUD, avait décidé de se livrer à une action de médiation parallèle avec l’Aradopa, allant jusqu’à inciter l’employeur à «mettre (la) correspondance (de l’inspecteur du travail) de côté», disant en outre «regretter l’acharnement» de celui-ci. «Où en êtes-vous de la procédure le concernant?» avait même demandé le directeur général de l’association à la responsable d’unité départementale quelques jours avant la suspension de l’agent, révélant une collusion manifeste entre les deux parties à l’insu d’Anthony Smith.

«Ce n’est pas la saisine du juge des référés qui a justifié la mesure conservatoire, mais le comportement d’ensemble de M. Smith tout au long de la crise sanitaire: l’intéressé a exercé ses prérogatives non pas au regard des priorités définies par les autorités compétentes, mais au regard des seules priorités de son syndicat (…) l’objectif étant de parvenir à une cessation d’activité conforme à ces priorités», justifie, de son côté, le directeur des ressources humaines du ministère dans le rapport disciplinaire de l’inspecteur du travail, par ailleurs élu CGT au CHSCT régional. En exigeant des masques FFP2, l’agent serait également sorti du cadre des préconisations sanitaires nationales, fait valoir le ministère.

Fin avril, la DGT que nous avions jointe par téléphone affirmait que la consigne avait été donnée à l’agent qui remplaçait Anthony Smith de continuer l’action en référé. «Mais cette personne n’a pas eu communication des éléments suffisants pour poursuivre la procédure», souligne Coline Martres-Guguenheim, membre du bureau national de SUD travail.

«L’administration veut faire un exemple en s’en prenant à l’ancien secrétaire général de la CGT du ministère du Travail», estime Julien Boeldieu, actuellement responsable national du syndicat. «C’est une manière de dire aux collègues: “Tous les comportements qu’on considérera comme déviants ou “ahiérarchiques” seront sanctionnés”. C’est aussi une manière de détourner l’attention des torts du ministère du Travail dans cette période de confinement où l’inspection du travail a été paralysée, et du scandale de la pénurie de masques», précise le syndicaliste CGT.

D’après lui, plus de 1300 agents de contrôle, soit environ un quart des inspecteurs du travail, auraient signé la pétition de soutien pour Anthony Smith. «Muriel Pénicaud n’a pas accepté de nous recevoir, Élisabeth Borne non plus. Jusqu’à quel point va-t-elle pouvoir gérer son ministère avec un tel niveau de défiance?»

 

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Le premier ministre annonce un virage... à 360° ! Rien pour les « premiers de corvée » !

16 Juillet 2020, 07:52am

Publié par PCF Villepinte

 

 

INTERPROFESSIONNEL MOBILISATION

CGT PUBLIÉ LE 15 JUIL 2020

 C’est dans une intervention conjuguant négation de la réalité sociale et des aspirations du monde du travail que le Premier ministre a lu le discours de politique générale de son gouvernement de « combat ».

Dans cette assemblée étonnamment bruyante pour un moment aussi formel, le premier ministre a confirmé qu’il ne changerait pas de cap : poursuite des cadeaux aux entreprises et particulièrement aux grands groupes, protection des actionnaires et de leurs dividendes, sans apporter aucune réponse à celles et ceux qui, quotidiennement comme durant la crise sanitaire, ont œuvré avec courage et abnégation au bon fonctionnement de la nation.

Malgré 100 milliards d’euros dédiés au « Plan de relance », aucune mesure salariale n’est envisagée pour les« bas salaires », alors que le gouvernement pourrait décider sans attendre de l’augmentation du SMIC et des minima sociaux.
Les aides aux entreprises et autres allègements de cotisations sociales ne sont soumis à aucun contrôle, aucune exigence de devoir rendre des comptes... juste une « invitation » à modérer le versement de dividendes aux actionnaires !

Aucun soutien à la hauteur des enjeux pour l’industrie, comme le propose la CGT, notamment dans les domaines de l’imagerie médicale, de la fabrication de bouteilles d’oxygènes, du tri et du recyclage, de l’aéronautique, etc...
Pour réduire les inégalités et les déficits publics, il faut, tout au contraire, travailler moins pour travailler tous, en opposition à la baisse du pseudo « coût du travail » et du « travailler plus ». La CGT revendique le passage aux 32h et l’augmentation générale des salaires.

L’annonce d’un nouvel acte de décentralisation au travers d’un projet de loi « organique » est sans doute la seule annonce véritable de ce discours convenu. Il conviendra de conjuguer les spécificités territoriales, tout en maintenant un des principes fondateur de notre République « une et indivisible ».

Pour ce qui est de la forme, le premier ministre dit faire de la concertation et de la négociation sociale sa méthode. Il renvoie dès ce vendredi à une « Conférence sociale » afin de convenir d’une méthode et d’un calendrier de discussions et de négociations dans le cadre de la mise en œuvre du « Plan de relance ».Pêle-mêle, y seront abordés les questions d’un « Plan pour la jeunesse », la réforme de l’assurance chômage, la création d’une 5ème branche de la Sécurité Sociale, le partage de la valeur dans les entreprises(intéressement et participation). La CGT y participera et présentera, de nouveau, ses propositions et revendications.

La CGT porte des propositions, notamment :

Augmentation du SMIC et des minima sociaux,

 Contrôle des aides publiques aux entreprises et conditionnement des aides au maintien et au développement de l’emploi,

 Mise en place de filières industrielles et réappropriation de secteurs stratégiques et de recherche,

 Renforcement des moyens pour la fonction publique et les entreprises publiques, arrêt des privatisations, 

 Sécurité Sociale Professionnelle...

Concernant le projet de réforme des retraites, l’annonce de la suppression des « régimes spéciaux » est caractéristique de la non prise en compte de la mobilisation sociale historique de fin 2019 / début 2020.

Même s’il est contraint de temporiser son projet de réforme systémique, le gouvernement vise à la poursuite «quoi qu’il en coûte » de son projet de réforme des retraites alors même que toutes les organisations syndicales de salarié-e-s comme patronales ont demandé à ne plus mettre cette question dans l’agenda social.

Elément politique surprenant pour quelqu’un qui se dit héritier d’un « gaullisme social », le lien fait entre les questions de la laïcité, la lutte contre l’Islam radical et les violences dans certaines villes et lors de manifestations publiques... la CGT dénonce cet amalgame et ce virage sécuritaire qui va à l’encontre des valeurs républicaines.

  

 

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Travailleurs de l'ombre: " On était presque des héros, maintenant on est redevenu des zéros "

14 Juillet 2020, 07:46am

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TUI France: " TUI nous a tués "

8 Juillet 2020, 08:56am

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17 Juin 2020, 08:19am

Publié par PCF Villepinte

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LA COLÈRE SOCIALE AMORCE SON DÉCONFINEMENT

18 Mai 2020, 09:01am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Lundi, 18 Mai, 2020

Marion d'Allard

Des usines aux quartiers populaires, du privé au public, la crise sanitaire a nourri le sentiment de révolte et légitimé les revendications sociales. À l’heure de la levée de la quarantaine, les colères cherchent à s’imposer face à un pouvoir macroniste qui ne compte pas changer de cap.

En assignant la France à ­résidence, la crise sanitaire a mis en sourdine la colère sociale. Mais, deux mois plus tard, alors que le pays se «déconfine» progressivement, tout indique que la Cocotte-Minute sociale est prête à exploser. La défiance à l’égard du pouvoir confine aujourd’hui à la détestation d’un gouvernement que les deux tiers des Français (66 %) ne jugent «pas à la hauteur» de la situation. Cristallisée par les mensonges sur les masques, elle sest agrégée aux colères existantes, aux exigences de revalorisations salariales et revendications d’égalité, de défense des services publics ou de pouvoir d’achat. Le climat actuel est d’autant plus inquiétant pour le pouvoir macroniste que, si le Covid a interdit un printemps social qu’annonçait la mobilisation historique contre la réforme des retraites, cette trêve forcée, loin d’avoir fait table rase des revendications, les a au contraire confortées.

Voir aussi : 34 % des Français estiment que le gouvernement est "à la hauteur de la situation". Quant aux autres...

Coup sur coup, plusieurs notes – révélées par le Parisien – du service central du renseignement territorial alertaient d’ailleurs, début avril, sur le retour en force de la mobilisation sociale estimant que «le jour daprès () est un thème fortement mobilisateur des mouvances contestataires». Ainsi, «le confinement ne permet plus à la gronde populaire de s’exprimer, mais la colère ne faiblit pas et la gestion de crise, très critiquée, nourrit la contestation», estimaient même les agents du renseignement.

Alors que la reprise se profile, sur les ronds-points, dans les usines, dans les transports, à l’école, dans les hôpitaux ou dans les tribunaux, les signaux repassent peu à peu au rouge. Mais là aussi le Covid aura laissé sa marque, à en croire Frédéric Dabi. «Le pays a constaté, lors de cette crise, quil pouvait moins compter sur les premiers de cordée que sur les métiers qui se sont ­retrouvés en première ligne et qui sont les moins bien payés», note le directeur général adjoint de l’Ifop. Le soutien de l’opinion publique, qui fait si souvent défaut aux luttes sociales, serait-il désormais acquis? En partie, quand «91 % des Français veulent que le pouvoir dachat de ceux qui étaient en première ligne soit revalorisé», poursuit Frédéric Dabi.

«Atteintes graves au Code du travail»

De quoi galvaniser les soignants, gratifiés de leur engagement face à la pandémie à coups de prime et de médaille et qui continuent pourtant d’exiger l’augmentation générale de leurs salaires et des moyens pour l’hôpital public. En grève depuis plus d’un an, ils sont d’ailleurs les premiers à ressortir les banderoles. Les slogans refleurissent aussi aux frontons des écoles. Mobilisé à distance pour assurer la continuité pédagogique lors du confinement, le corps enseignant, mis sous pression, souffre des conditions de la réouverture partielle des établissements scolaires. Pris entre les directives du pouvoir et la crainte des parents, les fonctionnaires dénoncent des décisions unilatérales du ministère, prises au mépris de leur expérience du terrain. Dans une lettre adressée fin avril à Édouard Philippe, Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, taclait ainsi «une organisation dont les personnels et leurs organisations syndicales sont convaincus quelle est précipitée».

Voir aussi : Après la tempête, les soignants ferraillent pour un changement radical

Particulièrement éprouvés par la séquence, les agents des services publics finiront par trouver le moyen d’exprimer leur colère. «Tout est une question de ­timing», estime Laurent Brun. Secrétaire général de la CGT des cheminots, il témoigne de la «colère sourde» qui gronde dans les rangs des agents du service public ferroviaire. Car, pour eux, ni prime, ni médaille. Oubliés des grands discours officiels et des honneurs aux «premières lignes», les cheminots rongent leur frein. Rouages indispensables dans lacheminement des matières premières médicales, alimentaires et énergétiques, «60 % des trains de fret ont roulé pendant le confinement, comme 30 % des TER et 7 % des TGV – y compris médicalisés – et des Intercités», rappelle pourtant Laurent Brun. «On a été sur le terrain chaque jour et, aujourdhui, on maintient le gel de nos salaires et on nous promet des suppressions de postes par milliers.» Et même si «l’état desprit est moins à la grève qu’à la lutte pour la sécurité sanitaire dans le cadre de la reprise à plein du trafic», le syndicaliste promet un «retour à lexpression pleine et entière de cette colère». Une colère partagée hors les murs de la SNCF, et renforcée par les menaces sur les 35 heures, les congés, les amplitudes horaires… Cette «théorie du choc», plébiscitée par «les néolibéraux pour répondre à la crise», et que redoute Enora Le Pape, candidate insoumise aux dernières municipales, à Rennes. «La mise en œuvre de politiques régressives et datteintes graves au Code du travail est un danger contre lequel il faut se battre», affirme la responsable politique, qui voit aussi dans ce ­moment particulier l’occasion de trouver à la prise de conscience populaire une traduction politique (lire notre article). «Chacun a vu les mensonges sur les masques, mais aussi la mise en avant de personnes ­méconsidérées, et même si le gouvernement dEmmanuel Macron risque de se servir de la situation pour réprimer les rassemblements et interdire y compris les petites manifestations», il conviendra, poursuit la militante, de trouver «une autre façon doccuper lespace public».

Des grands groupes mettent la pression sur la productivité

D’autant que, de décrets en ordonnances, l’exécutif a pris prétexte du coronavirus pour attaquer les droits des travailleurs. Allongement de la durée hebdomadaire de travail dans plusieurs secteurs – comme dans le transport routier –, offensive sur les congés payés et les RTT, les salariés reprennent le chemin du travail «traversés par un mélange de peur imminente de la contamination, de craintes sur l’avenir de leurs emplois et de colère», explique Fabien Gâche, délégué syndical central CGT du groupe Renault. Lourdement percutée par l’arrêt de la production, l’industrie fait face à un avenir tumultueux. Et si le gouvernement a sorti le chéquier pour renflouer les grands groupes, l’absence de contreparties sociales inquiète les syndicats. «Renault a touché 5 milliards deuros daides publiques et la direction annonce la réduction de 2 milliards deuros de ses coûts fixes», détaille le syndicaliste. «Ils vont faire de cette pandémie une opportunité pour restructurer, mettre la pression sur la productivité, liquider un maximum de contrats précaires, CDD ou intérim», poursuit Fabien Gâche, qui juge la situation particulièrement «explosive».

Cette crise a également montré l’ampleur de la désindustrialisation du pays et les appels de Bruno Le Maire à la relocalisation de la production sonnent plus faux que jamais. De leur côté, les grands groupes n’ont qu’un seul objectif: renouer le plus rapidement possible avec le profit. «La recherche d’économies va repartir de plus belle avec une hausse prévue de 25 % de notre compétitivité», note Michel Chevalier. Et le délégué syndical central du groupe Michelin de poser la question sans ambages: «Quels projets, quels sites, quels salariés vont être touchés? On se demande tous ce qui va nous arriver.»

Chez les robes noires, le calcul est déjà fait. «30 % des cabinets davocats sont menacés», affirme Sophie Mazas, avocate au barreau de Montpellier. ­Fortement mobilisée depuis le mois de décembre contre la réforme des retraites qui promettait la mort de sa caisse catégorielle, «la profession se bat en ce moment pour que la continuité du service public de la justice redevienne une réalité», poursuit l’avocate, membre du Syndicat des avocats de France. Une justice qui ne «peut pas rester confidentielle» ou rendue par le biais de visioconférences. Car, «alors que la colère sociale est de plus en plus grande», l’éloignement des justiciables de la justice n’est plus tenable. Bafoués, les droits de la défense doivent être réhabilités d’urgence pour accompagner, entre autres, la réponse sociale qui s’annonce, avec son lot de manifestations et de répression prévisibles.

«Les gens ont eu le temps de réfléchir à ce quils veulent»

Car, même chez ceux dont la colère a été provisoirement apaisée par le versement d’une prime exceptionnelle de 1000 euros, le chaudron des revendications se remet à bouillir. Cest le cas dans la grande distribution. Invisibilisés et maintenus au bas de l’échelle des rémunérations, les salariés du secteur, tout à coup mis sous les projecteurs, ont traversé ce confinement parfois au péril de leur propre santé. «Lurgence était alors de sauver des vies, d’éviter la transmission du virus. Mais, dans les semaines qui viennent, nous devrons continuer de nous opposer aux restructurations en cours, qui n’ont pas été suspendues par la direction», assure Philippe Allard, représentant de la CGT Carrefour. Ils le savent, la crise économique qui s’annonce risque de les «frapper de plein fouet», prévoit Guy Laplatine, de la CFDT Auchan. Car «en cas de baisse de la consommation des ménages, nous serons en première ligne et cela risque dalimenter les suppressions de postes», explique le syndicaliste.

Dans le privé, dans le public, des entrées des usines aux quartiers populaires où la faim a fait son triste retour, la crise sanitaire a non seulement nourri mais légitimé le sentiment de révolte. «Il existe une grande attente, une détermination, les gens ont eu le temps, en confinement, de réfléchir à ce qu’ils veulent», analyse Aline Guitard, ­secrétaire de section PCF du Rhône. Et la militante en veut pour preuve la réussite d’un 1er Mai inédit qui a fait valoir, malgré les circonstances, des revendications très fortes, de justice sociale et de revalorisation salariale. Ces appels à changer de logiciel, à arracher les conditions d’une vie digne pour tous, à redynamiser la démocratie, qui ont envahi les ronds-points pendant plus d’un an, retentissent de nouveau. Et Inda Bigot, elle, n’a jamais quitté son gilet jaune. Elle affirme que beaucoup sont «prêts à reprendre les ronds-points». Ce samedi, des dizaines de chasubles fluo ont battu le pavé, à Toulouse, à Montpellier, à Strasbourg, à Lyon, à Nantes… «malgré la répression policière et la peur du Covid». Comme un avertissement, une preuve que «la colère sociale nest pas près de retomber».

Marion D’Allard avec les services capital travail, politique et société

 

 

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Vers la semaine de 32h

16 Mai 2020, 07:45am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 15 mai 2020

Temps de lecture : 3 min.

Plusieurs ordonnances ont été adoptées dans le cadre de l'Etat d'urgence sanitaire. L’une d'elles permet de travailler jusqu’à 60 heures par semaine. Dans le même temps, le Medef demande à augmenter le temps de travail pour favoriser la reprise économique.

  Accueil     Notre organisation revendique une baisse du temps de travail avec la semaine à 32 heures

Abandon des RTT ou des congés payés, passage à 37 heures… Avec le déconfinement, la vieille rengaine patronale de l'augmentation du temps de travail se fait entendre sur les plateaux télé. Le Medef, main dans la main avec le gouvernement, demande à augmenter le temps de travail pour favoriser la reprise.

Pour notre organisation, cette solution est la pire chose à faire. « Il y a une grosse inquiétude sur l'emploi. Des plans de licenciement sont déjà en train de se structurer. C'est donc incohérent d'allonger le temps de travail. Il faut une meilleure répartition du temps de travail », note Nathalie Verdeil, secrétaire confédérale.

Une meilleure répartition du temps de travail

Dans l'Aveyron, la direction départementale de la Poste a remis en cause d'accords locaux portant sur les 35 heures, sans dialogue social. « Elle profite de la pandémie, pour demander à l’ensemble des facteurs de changer leur durée de travail journalière, leurs repos, accepter polyvalence et flexibilité. […] Par la polyvalence et la flexibilité, elle supprime ainsi des dizaine d'emplois CDD et intérim et par la même des emplois pérennes », constate Laurence Cahors, secrétaire départementale CGT-FAPT.

Dans un contexte de chômage de masse, favoriser les heures supplémentaires est une absurdité. Déjà en 2018, notre organisation démontrait que les heures supplémentaires représentaient au moins 542 000 emplois à temps plein. 

Augmenter le temps de travail signifie relancer l'économie uniquement dans l'intérêt du patronat. Nous défendons la stratégie inverse. « Dans la période, il y a un écho favorable pour aller vers le bien-être au travail », analyse Nathalie Verdeil.

Pendant le confinement, Airbus a mis ses équipes aux 32 heures. Les ouvriers témoignent être « plus zen », « plus à l'aise », et apprécient d'avoir le temps de former les « futurs collègues » et de « réfléchir à l'organisation de leur travail ».

Face à ces témoignages et aux velléités patronales d'une reprise folle des cadences, la CGT a lancé dans les usines du groupe et des filiales une enquête pour repenser l'organisation du travail et instaurer les 32 heures.

Les avantages économiques de la réduction du temps de travail sont connus 

  • elle contribue à créer directement des emplois (+ 350 000 emplois directs au moment du passage aux 35 heures) ;
  • elle améliore la santé et la productivité des salariés ;
  • elle augmente leurs qualifications.

Qu’on soit clair : réduire le temps de travail ne peut se faire sans politique productive globale (ce qui impliquerait une forme de planification) ni sans investissement public massif dans des secteurs clés du point de vue environnemental.

C’est la seule manière de diminuer d’éviter l’explosion du chômage. C’est aussi à des lieues des dogmes partagés par le gouvernement et le patronat.

La bataille pour la réduction du temps de travail est ancienne, et elle a toujours l'occasion de luttes intenses. Le déconfinement en fait partie.

 

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Social. Les « grandes gagnantes » en grève ce dimanche !

8 Mars 2020, 07:44am

Publié par PCF Villepinte

L’Humanité Vendredi, 6 Mars, 2020

Kareen Janselme

Collectifs, associations et syndicats appellent à une large mobilisation dans les rues ce 8 mars, contre une réforme des retraites sexiste, pour obtenir enfin l’égalité et éradiquer les violences faites aux femmes.

« N ous préparons depuis un an cette grève féministe, qui nous paraît très importante», insiste Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, l’une des trente organisations féministes, syndicales, associatives appelant ce 8 mars à participer à la marche des «grandes gagnantes», expression ironique pour tourner en dérision le slogan hypocrite lancé par le premier ministre pour expliquer sa réforme des retraites: «Les femmes seront les grandes gagnantes.» Elles veulent dénoncer cette réforme, son passage en force en usant de l’article 49-3, mais aussi réclamer l’égalité salariale et stopper les violences sexistes et sexuelles.

Plus de 150 actions ont été recensées cette semaine, avec en ligne de mire une grande marche unitaire à Paris dimanche. «On dit souvent: “Quand les femmes s’arrêtent, tout s’arrête”, reprend Suzy Rojtman. Ça concerne le travail salarié, mais pas uniquement, il y a aussi le travail domestique, avec 72 % de ces tâches qui sont encore exercées par des femmes. C’est aussi une grève de la consommation en solidarité avec les femmes du Sud, qui travaillent notamment dans le textile et sont exploitées pour que nous puissions avoir des vêtements pas chers. Nous allons toutes arrêter de consommer, de console r, de briquer.»

«Un bon point de départ»

Travaillant sur cette journée depuis un an, les organisations se sont notamment appuyées sur la grève féministe du 14 juin 2019 en Suisse, qui avait réussi à faire descendre 500000 personnes dans la rue. À l’origine, l’absence de sanction inscrite dans la loi sur l’égalité qui venait d’être révisée. «Nous avons travaillé pendant un an sur des cahiers revendicatifs à porter dans les entreprises, détaille Anna Gabriel, du syndicat suisse Unia. Il y a eu, au final, beaucoup de débrayages et une très forte mobilisation dans la rue. Mais il a été difficile d’obtenir une vraie grande grève féministe dans les entreprises. C’est un bon point de départ pour les syndicats. Il y a une prise de conscience évidente dans toute la société. Féminisme et patriarcat sont des mots qui peuvent être prononcés sans qu’on soit traité de radicale!»

Pour autant, malgré des appels unitaires sous diverses bannières, les divergences concernant un principe de grève associé uniquement au monde du travail et à la production et non au travail ménager subsistent. «Imaginez que, en France, on réussisse à faire comme les Suissesses, projette Delphine Colin, du collectif femmes-mixité de la CGT. Ce serait l’équivalent de 5 millions de femmes dans la rue. Ce n’est pas rien!» Pour le syndicat, cette manifestation est aussi l’occasion de dénoncer le travail du dimanche et de mettre en valeur les actions des bibliothécaires parisiens, qui refusent le travail dominical.

Si les cortèges s’annoncent multiples, réussissant à amalgamer un très large panel d’organisations, le carré de tête se fera en bleu de travail, en tenue de Rosie la riveteuse, cette icône féministe remise au goût du jour lors des nombreuses mobilisations contre la réforme des retraites. Une manifestation sous le signe du monde du travail et au-delà: contre la réforme des retraites, pour des pensions décentes, contre les violences sexistes et sexuelles, contre l’exploitation et toutes les dominations.

Kareen Janselme

 

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