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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

jeunesses

La jeunesse dan ​​​​​​​s la rue le 5 octobre 

30 Septembre 2021, 07:43am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 29/09/2021 par PCF

MJCF, UEC, UNEF, Jeunes Génération.s, Jeunes insoumis·es, Jeunes écologistes, JOC, l’Alternative, FSE, Solidaire étudiant·e·s, UNLa

En cette rentrée, mettons un coup d’arrêt aux mesures qui dégradent nos conditions de vie et d’étude !

Après presque deux ans de crise sanitaire, la jeunesse est lésée et se voit toujours autant affectée par la situation, que l’on soit étudiant·e, lycéen·ne ou jeune en insertion professionnelle. Nous avons été fortement impacté·e·s, dans tous les aspects de notre vie : cours en ligne, perte de job, salariat étudiant, chômage, nécessité pour beaucoup d’entre nous de se nourrir grâce aux distributions alimentaires des associations et syndicats étudiants, qui ont dû combler les lacunes de l’Etat.

D’une part, les jeunes sans formation ni emploi se retrouvent sans solution ni perspective durable avec un taux de chômage des jeunes qui continue de caracoler à 20%. La réponse du Gouvernement est celle de mettre en place la réforme de l’Assurance-chômage qui durcit nos conditions d’accès à cette dernière ! Par ailleurs, le nouveau revenu d’engagement jeune annoncé par le Président de la République, n’offre comme seule perspective pour les jeunes en recherche d’emploi qu’une version plus contraignante de la garantie jeune actuelle, entourée d’une communication trompeuse.

Ce gouvernement refuse ne serait-ce que d’élargir l’accès au RSA aux moins de 25 ans et d’ainsi faire entrer les jeunes sans formation ni emploi dans le droit commun ! Une preuve, une fois de plus, d’un profond mépris de la part du Gouvernement et qui se refuse à mettre en place des politiques jeunesse à la hauteur.

Du côté des étudiant·e·s, la rentrée s’annonce tout aussi difficile que les précédentes. Malgré le retour sur les campus, les conditions de vie et d’étude des étudiant·e·s sont très difficiles pour toutes et tous. Et pourtant, le Gouvernement fait le choix de faire reculer les droits étudiants en supprimant le repas à 1 euro pour les étudiants·e·s non-boursier·ère·s, alors même que le coût de la vie étudiante augmente de 2,5% cette année !

Par ailleurs, alors qu’un·e étudiant·e sur six était en situation de décrochage l’an passé, certains établissements ont fait le choix, sous couvert de crise sanitaire, de maintenir des cours en distanciel cette année. L’hybridation des cours n’est que la mise en lumière du sous-financement chronique de l’Enseignement supérieur. Sous-financement d’une part, application de réformes néfastes comme la hausse des frais d’inscription pour les étudiants·e·s étranger·ère·s d’autre part. Cette situation n’est pas acceptable !

Par ailleurs, 91 000 lycéen·ne·s qui se sont retrouvé·e·s sans inscription à l’issue de la première phase de Parcousup cette année, ainsi qu’un grand nombre d’étudiant·e·s en master se retrouvent sans solution de poursuite d’études. La situation se dégrade d’année en année face au manque de financements pour ouvrir des places et permettre à chacun·e de poursuivre ses études dans la filière de son choix.

De plus, après deux ans sous une gestion chaotique et autoritaire de la crise sanitaire par Jean-Michel Blanquer dans les lycées et un rejet systématique des revendications des lycéen·ne·s, l’année 2021-2022 ne s’annonce pas meilleure. Le renforcement prévu du contrôle continu dans la note finale (suppression des E3C) va accentuer les inégalités, augmentant l’influence géographique dans la sélection. Les lycéen·ne·s oublié·e·s et méprisé·e·s se feront entendre dans la rue !

A contrario, ce gouvernement s’efforce de poursuivre ses réformes qui vont à l’encontre des aspirations de notre jeunesse. D’une part, la réforme de l’Assurance-chômage et d’autre part, le retour de la réforme des retraites. Ces réformes, unanimement dénoncées, mettent à mal les droits des travailleur·euse·s et des jeunes ainsi que notre droit à l’avenir.

Ainsi, nos organisations se joignent à la mobilisation intersyndicale interprofessionnelle nationale le 5 octobre et appellent les jeunes et les étudiant·e·s à se mobiliser partout en France sur leurs lieux d’études, de travail, dans la rue pour se faire entendre contre notre précarité actuelle et future.

Nous revendiquons l’abandon définitif de la réforme de l’Assurance-chômage et des retraites ainsi que

Pour les étudiants·e·s :

  • Le retour du repas à 1 euro pour l’ensemble des étudiant·e·s
  • Une réforme immédiate et ambitieuse des bourses
  • La mise en place d’un filet de sécurité sociale pour l’ensemble des étudiant·e·s garantissant une protection sociale supérieure au seuil de pauvreté pour ne pas avoir à se salarier pendant ses études
  • L’abandon de la sélection en Licence et en Master
  • La création de places en licence et en master ainsi que la titularisation des contractuel·le·s et l’embauche de personnels
  • L’abandon du plan Bienvenue en France qui augmente les frais d’inscription pour les étudiants·e·s étranger·ère·s non-européen·ne·s
  • Un investissement de l’État nous permettant d’étudier dans de bonnes conditions

Pour les lycéen·ne·s :

  • L’abandon du processus de sélection de Parcoursup et davantage de moyens pour l’orientation des élèves
  • Un plan de recrutement massif d’enseignant·e·s pour rattraper le retard et des mesures fortes dès la rentrée 2022 pour réduire le nombre d’élèves par classe

Pour les jeunes en insertion professionnelle :

  • L’ouverture du RSA pour les jeunes de moins de 25 ans en insertion afin d’éviter qu’un trop grand nombre ne tombent dans l’extrême précarité
  • La suppression des contrats précaires pour aller vers le CDI et la titularisation comme norme d’embauche
  • Le recrutement et la formation de jeunes dans le service public en commençant par la santé et l’éducation

 

Signataires : MJCF, UEC, UNEF, Jeunes Génération.s, Jeunes insoumis·es, Jeunes écologistes, JOC, l’Alternative, FSE, Solidaire étudiant·e·s, UNLa

 

 

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« Chez les jeunes, l’idéal de liberté est supplanté par l’égalité »

26 Septembre 2021, 18:36pm

Publié par PCF Villepinte

  

IFOP Frédéric Dabi : 

L'Humanité Samedi 25 Septembre 2021

Julia Hamlaoui

En 1957, l’Ifop lançait pour la première fois une grande enquête sur la jeunesse. Un sondage réitéré en 1968, 1978, 1988, 1999, puis en 2021, à l’initiative de Frédéric Dabi et de son confrère Stewart Chau, de l’institut ViaVoice, auprès de 1500 jeunes âgés de 18 à 30 ans. De ces six «photographies», ils ont tiré un ouvrage, «la Fracture», qui met en lumière les espoirs, les valeurs et les contradictions de la jeunesse actuelle. 

C’est une des données frappantes de votre enquête: le niveau de bonheur des jeunes s’écroule. De quelle ampleur est le phénomène et quel rôle le Covid joue-t-il?

 

FRÉDÉRIC DABI C’est un véritable effondrement: la réponse «très heureux» obtient 27 points de moins quen 1999. Sil existe bien non pas une mais des jeunesses, qu’il s’agisse de lycéens, d’étudiants, de jeunes en recherche d’emploi ou au travail, trois indicateurs se dégradent. Le niveau de bonheur plonge, le sentiment de vivre une période de malchance est très partagé, et la notion d’idéal s’évanouit. Une génération Covid s’est construite du fait d’un vécu partagé – «on va payer pour la dette»; «on a été stigmatisés»; «on a été sacrifiés» –, avec une logique de citadelle assiégée. Néanmoins, ce nest pas une explication suffisante.

Dans les années 1980, le sida, le chômage de masse, les TUC (contrats aidés créés en 1984 – NDLR), les nouveaux pauvres n’avaient eu qu’un effet marginal sur l’indicateur de bonheur. Cette fois, le Covid a eu un effet amplificateur pour des jeunes qui ont préalablement vécu une succession de chocs comme le terrorisme, ou encore l’urgence écologique. Mais la réduction ad Covidum n’est pas juste. Notre enquête montre aussi une jeunesse résiliente et d’un optimisme individuel beaucoup plus fort que parmi l’ensemble des Français. Par exemple, 90 % estiment que «la vie a beaucoup à leur à offrir».

Outre un rapprochement entre les valeurs des jeunes et celles de leurs aînés, vous relevez un retour des valeurs dites traditionnelles, comme la famille. Est-ce là aussi un effet de la crise?

FRÉDÉRIC DABI Les jeunes sont très pragmatiques, désidéologisés, et font leur marché entre des valeurs plutôt modernes, d’ouverture et des valeurs dites traditionnelles, qu’ils ne perçoivent pas forcément comme telles. Sur la famille, la crise a un effet accélérateur parce qu’elle a renforcé les liens. Certains jeunes sont retournés chez leurs parents, d’autres ont été aidés. Mais c’est aussi une rupture avec l’imagerie de relations intrafamiliales ontologiquement conflictuelles, très valable dans les années 1960-1970. Pour les jeunes, elle est de moins en moins le lieu du conflit sur la libération de la femme, sur la politique, sur les mœurs, sur l’avortement, l’homosexualité… Car un mouvement d’homogénéisation s’est opéré. En revanche, sur certains sujets de société, s’ils ne sont pas dans l’opposition, ils font bande à part, ils ne se comprennent pas avec leurs aînés. Par exemple, quand les jeunes parlent d’islamophobie, les plus de 40 ans jugent que c’est exagéré.

Icon QuoteLes critères de définition d’un bon travail évoluent. Bien sûr, la rémunération compte, mais l’intérêt, la quête de sens, l’utilité du travail montent en puissance.

Comment la crise a-t-elle affecté leur rapport au travail?

FRÉDÉRIC DABI Ce qui est nouveau, c’est que ceux qui ont un travail lient plus que par le passé les sphères personnelle et professionnelle. Ils réhabilitent également l’entreprise, avec un regard globalement positif, tout en opérant une distinction entre TPE-PME et grands groupes, toujours jugés sévèrement, avec même un effet repoussoir. Surtout, les critères de définition d’un bon travail évoluent. Bien sûr, la rémunération compte, mais l’intérêt, la quête de sens, l’utilité du travail montent en puissance.

Sur les questions économiques, les conceptions libérales, voire conservatrices, semblent imprégner la jeunesse. Y voyez-vous un effet collatéral de la droitisation du débat public?

FRÉDÉRIC DABI C’est une jeunesse kaléidoscopique, mais le libéralisme est un mot devenu moins tabou. Alors qu’il a pu être un terme «Voldemort» (lennemi dHarry Potter dont on ne doit pas dire le nom – NDLR) quon prononçait à peine, il est jugé positif par six jeunes sur dix. 60 % des 18-30 ans estiment aussi quun «chômeur peut trouver du travail s’il le veut vraiment». Mais cela nempêche pas lidéal de liberté, sur le plan des valeurs, d’être supplanté par l’égalité. Plus quune droitisation, cest une forme de pragmatisme absolu avec des cadres idéologiques un peu rompus. Cela induit certains décalages.

La jeunesse serait aussi plus favorable à une conception multiculturelle de la société, tout en étant encline à partager certaines propositions du RN, comme la préférence nationale. Est-ce le fruit de clivages qui traversent cette génération?

FRÉDÉRIC DABI Cela peut paraître surprenant. Pour 60 % d’entre eux, le «droit dasile» a une connotation positive – contre 44 % seulement pour lensemble des Français –, 69 % sont favorables à lidée de multiculturalisme, 61 % au droit de vote des étrangers Mais ce tropisme d’ouverture se fracasse sur les réalités socio-économiques. Quand on leur demande s’il faut, en période de crise, réserver en priorité les embauches aux Français, près des trois quarts approuvent. C’est quand même la préférence nationale de Jean-Marie Le Pen, mais cette génération n’a connu ni ses calembours douteux, ni ses dérapages. Cette idée est davantage partagée par les jeunes hommes et par les 25-30 ans qui sont en insertion et constituent cet électorat jeune tenté par Marine Le Pen.

Icon QuoteQuatre jeunes sur dix estiment qu’il existe un privilège blanc; six sur dix pensent que lislamophobie est une réalité, quatre sur dix quil y a un racisme d’État.

Dans le même temps, ils sont aussi bien plus sensibles aux différentes formes de discrimination…

FRÉDÉRIC DABI Ils ont une capacité d’indignation permanente et font le constat d’une société injuste à presque 60 %. Ils ne sont pas «wokes» (éveillés en français, désigne le fait d’être conscients des problèmes liés à la justice sociale et à l’égalité raciale – NDLR), ils ne connaissent pas ce mot, mais ils en partagent certains piliers comme le rejet des injustices et la défense des identités. Ils ne sont pas dans une logique assimilationniste. C’est un vrai point de divergence avec l’ensemble des Français. Quatre sur dix estiment qu’il existe un privilège blanc; six sur dix pensent que lislamophobie est une réalité, quatre sur dix quil y a un racisme d’État. Cela ne se traduit pas par une opposition avec les autres générations mais par un dialogue de sourds.

Icon QuotePour les jeunes, la laïcité, c’est d’abord mettre les religions sur un pied d’égalité et garantir la liberté de conscience. 

Alors que religion et laïcité font régulièrement la une, quel rapport les jeunes entretiennent-ils avec ces sujets?

FRÉDÉRIC DABI Pour le grand public, le principe de laïcité renvoie à la séparation de la politique et des religions ou à l’idée de faire reculer l’influence de ces dernières. Pour les jeunes, c’est d’abord mettre les religions sur un pied d’égalité et garantir la liberté de conscience. 67 % jugent justifié que les enseignants montrent des caricatures. 75 % des jeunes considèrent qu’il faut respecter les religions et ne pas offenser les croyants. En conséquence, et contrairement à l’ensemble des Français de plus de 35 ans, ils n’opèrent pas de distinction entre le droit au blasphème et l’interdiction de discriminer. En outre, 36 % des jeunes assurent que la religion est très importante pour eux. Et 51 % déclarent croire en Dieu. Mais ils sont aussi 49 % à dire croire en l’astrologie. On observe, certes, un retour à la religion mais aussi une envie de croire dans un contexte où tous les modèles, tous les cadres traditionnels ont beaucoup décliné.

L’importance de l’enjeu climatique est une autre grande spécificité. Dans quelle mesure cette préoccupation est-elle partagée?

FRÉDÉRIC DABI C’est vraiment l’enjeu prioritaire. Trois quarts des jeunes se considèrent engagés vis-à-vis du climat et ils se montrent très critiques sur l’action politique. Que ce soit par Emmanuel Macron ou les écolos, ils ont été déçus. Ils ne supportent pas la procrastination. Cela conduit à une certaine radicalité: un sur cinq se dit prêt à se sacrifier pour le climat. Évidemment, ce nest quune déclaration, mais cela témoigne de limportance de la question. Si cest un des rares sujets sur lesquels ils croient au collectif, ils font davantage confiance aux citoyens, voire aux entreprises, qu’à l’État pour faire avancer les choses. Contrairement à d’autres sujets, en la matière, cette génération est très diffusionniste: elle a imposé l’équation écologie égale climat.

Sur le rapport des jeunes à la démocratie, vous pointez une tentation pour un modèle autoritaire. La République et ses institutions ne convainquent-elles plus?

FRÉDÉRIC DABI Avant tout, il faut rappeler que 78 % de ces jeunes estiment que la démocratie est la seule forme de gouvernement acceptable. Mais l’enquête montre également un essoufflement d’une République rendue responsable de l’installation d’inégalités et de discriminations. La tentation d’un chef autoritaire qui n’aurait pas à se soucier des élections – perçu comme positif par près d’un jeune sur deux (73 % chez ceux qui se classent parmi les privilégiés, contre 40 % pour les catégories défavorisées – NDLR) – vient de l’attente d’une plus grande efficacité. Ce qui est le plus dévastateur pour le politique, ce n’est pas tant le «tous pourris», que le «tous impuissants». Cela vient aussi dune remise en cause du principe de représentativité, déléguer son pouvoir à quelquun va moins de soi pour eux. Doù une appétence pour des formes plus directes de démocratie, comme la démocratie participative.

Les derniers scrutins ont été marqués par une surabstention des plus jeunes. Un tel «exil électoral» est-il susceptible de se reproduire à la présidentielle de 2022?

FRÉDÉRIC DABI C’est la question la plus difficile. L’abstention n’est pas une fatalité: en 1981, en 1995 ou en 2007, les jeunes motivés par le changement ont voté autant, voire plus, que les Français. Mais nous sommes aussi dans un cycle abstentionniste jamais vu. À toutes les élections depuis 2017, sauf les européennes, le seuil de 50 % d’abstention a été franchi. Parmi les jeunes, la proportion est terrible, un véritable exil: 84 % dabstention aux régionales. Cela recouvre plusieurs réalités. Dabord une désaffiliation, avec une offre électorale qui n’est pas jugée satisfaisante. Mais surtout, un sentiment de vanité du vote, l’idée que voter ne change pas la vie, ne résout pas les problèmes. Est-ce que cela signifie automatiquement que la présidentielle sera un véritable cimetière de participation? Difficile à dire. Deux tiers des jeunes estiment tout de même que cette élection est une chance pour la France. Et avec le Covid, tous les candidats investissent encore davantage la question de la jeunesse.

Icon Education «La Fracture», de Frédéric Dabi avec Stewart Chau. Éditions les Arènes, 278 pages, 19,90 euros.

 

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NEET

27 Mai 2021, 09:56am

Publié par PCF Villepinte

Une étude de l’Insee parue le 26 mars détaille la situation des 15 à 29 ans sans diplôme, de plus en plus marginalisés sur le marché du travail.

Les jeunes sont les premières victimes de l’impact économique de la crise sanitaire. Entre 2019 et 2020, la part des 15-29 ans à n’être ni en emploi, ni en études, ni en formation, également appelés Neet (pour «neither in employment nor in education or training»), qui comptait déjà 1,5 million de personnes en 2019, a augmenté de 1,1 point.

Ils sont désormais 13,5 % de lensemble de cette classe d’âge, selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée le 26 mars. Cette hausse est due en premier lieu à la baisse du nombre de jeunes qui travaillent. 

«Les chiffres montrent ce que lon savait. La crise sanitaire a renforcé les difficultés d’entrée sur le marché du travail. Et, en période de crise, ce sont les jeunes, surtout quand ils sont sortis du système d’éducation sans diplôme ni formation, qui servent de variable d’ajustement», commente Antoine Dulin, en charge de la jeunesse au Conseil économique, social et environnemental.

Le déclin de la main-d’œuvre non qualifiée

Tous les Neet ne sont pas égaux. Leur proportion «croît fortement avec l’âge», souligne l’Insee. En 2019, ils étaient ainsi moins de 3 % avant 17 ans, en raison de la scolarité obligatoire, pour atteindre un jeune sur cinq entre 24 et 29 ans.

Cette augmentation au fil des années traduit l’enracinement dans le chômage des jeunes non diplômés, qui ont de plus en plus de mal à entrer dans un monde du travail où la main-d’œuvre non qualifiée est en déclin. L’entrée plus rapide en emploi de ceux qui sortent d’études après 20 ans est une autre donnée qui illustre la mise à l’écart des non-diplômés.

Les chiffres révèlent aussi la plus grande difficulté des femmes à s’insérer. «Jusqu’à 21 ans, les femmes, plus fréquemment scolarisées, sont moins souvent Neet que les hommes», note l’Insee.

En revanche, à partir de 22 ans, et malgré une scolarisation plus longue, les femmes sont plus nombreuses à appartenir à cette catégorie. Cette différence s’explique en grande partie par la naissance d’enfants, qui continue de les éloigner du marché du travail.

La chaîne de protection sociale a failli

Le gouvernement n’est pas resté inactif face à l’augmentation des difficultés d’insertion créées par la crise. Dans le cadre du plan «Un jeune, un emploi», un peu moins de 7 milliards deuros ont été mis sur la table, en partie pour augmenter le nombre de bénéficiaires de la garantie jeunes, mais surtout pour aider les entreprises qui prennent des jeunes en apprentissage.

 «Mais ces dispositifs sont éparpillés. Ça crée un effet mille-feuille peu lisible, qui ne facilite pas laccès au droit. Du coup, on pourra déjà s’estimer heureux si on atteint le chiffre de 200000 garanties jeunes annoncées. On aurait mieux fait de travailler sur une aide globale», estime Antoine Dulin.

Centrées sur le seul accès à l’emploi, les aides laissent aussi de côté tous ceux, le plus souvent issus des classes populaires, qui, faute de soutien familial, n’ont plus rien pour vivre. «Lexécutif sest engagé dans des mesures conjoncturelles importantes, mais qui passent à côté de la massification du problème.

Il manque clairement un maillon dans la chaîne de protection sociale», souligne Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre. Cette extrême précarité à l’entrée dans la vie active risque pourtant de fragiliser durablement les parcours de ceux qui sont déjà en bas de l’échelle sociale. Avec comme conséquences un enracinement dans la pauvreté et un accroissement des inégalités.

 

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INVITATION

27 Mai 2021, 09:52am

Publié par PCF Villepinte

 

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Réforme des études de santé : un écran de fumée !

26 Mai 2021, 16:38pm

Publié par PCF Villepinte

Publié le 26/05/2021 par PCF

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche s’est exprimée face au Sénat le mercredi 19 mai au sujet de la réforme des études de santé. Pour Frédérique Vidal, la réforme modifiant les conditions de passage en seconde année permettrait de mettre fin à un système qui conduisait à plus de 60 % des candidats et des candidates sans reconnaissance d’acquis après deux ans d’études. Si cette volonté peut paraître louable, force est de constater que dans les faits la réalité est tout autre.

Alors que le gouvernement avait annoncé la fin du “numérus clausus”, entre la première et la seconde année, au profit du “numérus apertus”, c’est une autre forme de sélection qui s’est mise en place. Ce sont les universités qui vont fixer localement le nombre d’étudiants et d’étudiantes sélectionnées pour la seconde année, en fonction du nombre de places dont elles disposent, en lien avec les besoins de l’Agence régionale de santé.

De plus, la fin du redoublement a été signée avec la réforme, nombre d’étudiants et d’étudiantes en première année de PASS seront forcés de se réorienter dans une licence ne correspondant pas à leur aspiration ou de changer d’université.

Le nombre de places en filière en études de santé n’augmente pas suffisamment. Le gouvernement a annoncé 16 700 places en seconde année d’études de santé, soit seulement 1 700 places en plus comparé à l’année précédente. Au-delà de ça, le nombre maximal d’étudiants et d’étudiantes redoublant de l’ex PACES qui pourront entrer en seconde année a été fixé à 6 511, soit un nombre dérisoire de deux places supplémentaires.

Les effets d’annonce sur la diminution des déserts médicaux et la volonté de mettre fin au manque de personnels soignants s’avèrent être un tissu de mensonges. Il faut aller plus loin que le simple remplacement des personnels de santé actuels.

L’UEC demande :

- L’ouverture de places supplémentaires par milliers dans les formations en santé et ce dès la première année, afin de former à grande échelle le futur personnel de santé de demain dont la société a besoin.

- Le droit au redoublement en PASS

- La construction de locaux et le recrutement d’enseignants et d’enseignantes afin de répondre à ce besoin d’ouverture de places dans les formations et fournir des formations

 

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Précarité. De plus en plus de jeunes sont sans emploi ni formation

4 Avril 2021, 06:38am

Publié par PCF Villepinte

Camille Bauer

Une étude de l’Insee parue le 26 mars détaille la situation des 15 à 29 ans sans diplôme, de plus en plus marginalisés sur le marché du travail.

Les jeunes sont les premières victimes de l’impact économique de la crise sanitaire. Entre 2019 et 2020, la part des 15-29 ans à n’être ni en emploi, ni en études, ni en formation, également appelés Neet (pour «neither in employment nor in education or training»), qui comptait déjà 1,5 million de personnes en 2019, a augmenté de 1,1 point. Ils sont désormais 13,5 % de l’ensemble de cette classe d’âge, selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée le 26 mars.

Cette hausse est due en premier lieu à la baisse du nombre de jeunes qui travaillent. «Les chiffres montrent ce que lon savait. La crise sanitaire a renforcé les difficultés dentrée sur le marché du travail. Et, en période de crise, ce sont les jeunes, surtout quand ils sont sortis du système d’éducation sans diplôme ni formation, qui servent de variable d’ajustement», commente Antoine Dulin, en charge de la jeunesse au Conseil économique, social et environnemental.

Le déclin de la main-d’œuvre non qualifiée

Tous les Neet ne sont pas égaux. Leur proportion «croît fortement avec l’âge», souligne l’Insee. En 2019, ils étaient ainsi moins de 3 % avant 17 ans, en raison de la scolarité obligatoire, pour atteindre un jeune sur cinq entre 24 et 29 ans.

Cette augmentation au fil des années traduit l’enracinement dans le chômage des jeunes non diplômés, qui ont de plus en plus de mal à entrer dans un monde du travail où la main-d’œuvre non qualifiée est en déclin. L’entrée plus rapide en emploi de ceux qui sortent d’études après 20 ans est une autre donnée qui illustre la mise à l’écart des non-diplômés.

Les chiffres révèlent aussi la plus grande difficulté des femmes à s’insérer. «Jusqu’à 21 ans, les femmes, plus fréquemment scolarisées, sont moins souvent Neet que les hommes», note l’Insee. En revanche, à partir de 22 ans, et malgré une scolarisation plus longue, les femmes sont plus nombreuses à appartenir à cette catégorie. Cette différence s’explique en grande partie par la naissance d’enfants, qui continue de les éloigner du marché du travail.

La chaîne de protection sociale a failli

Le gouvernement n’est pas resté inactif face à l’augmentation des difficultés d’insertion créées par la crise. Dans le cadre du plan «Un jeune, un emploi», un peu moins de 7 milliards deuros ont été mis sur la table, en partie pour augmenter le nombre de bénéficiaires de la garantie jeunes, mais surtout pour aider les entreprises qui prennent des jeunes en apprentissage.

 «Mais ces dispositifs sont éparpillés. Ça crée un effet mille-feuille peu lisible, qui ne facilite pas l’accès au droit. Du coup, on pourra déjà s’estimer heureux si on atteint le chiffre de 200000 garanties jeunes annoncées. On aurait mieux fait de travailler sur une aide globale», estime Antoine Dulin.

Centrées sur le seul accès à l’emploi, les aides laissent aussi de côté tous ceux, le plus souvent issus des classes populaires, qui, faute de soutien familial, n’ont plus rien pour vivre. «Lexécutif sest engagé dans des mesures conjoncturelles importantes, mais qui passent à côté de la massification du problème.

Il manque clairement un maillon dans la chaîne de protection sociale», souligne Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre. Cette extrême précarité à l’entrée dans la vie active risque pourtant de fragiliser durablement les parcours de ceux qui sont déjà en bas de l’échelle sociale. Avec comme conséquences un enracinement dans la pauvreté et un accroissement des inégalités.

 

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8 avril : on amplifie la mobilisation !

25 Mars 2021, 07:30am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 24/03/2021 par PCF

Le mardi 16 mars, des milliers de jeunes ont défilé partout en France à l’appel de quatorze organisations de jeunesse. Un an après l’annonce du premier confinement, nous avons dénoncé avec force l’inaction du gouvernement face à la situation catastrophique dans laquelle se trouve la jeunesse.

Depuis plus d’un an maintenant, la situation des jeunes se dégrade. 22 % des jeunes actifs sont actuellement au chômage, plus d’un étudiant sur six est en situation de décrochage, le retard scolaire ne cesse de s’accumuler, et des dizaines de milliers de jeunes sont obligés de se tourner vers des organismes de distributions alimentaires. La précarité de nos situations, couplée avec le manque de perspectives quant à notre avenir, plonge de plus en plus de jeunes dans une détresse psychologique.

Les mesures prises par le gouvernement pour y répondre ne sont pas à la hauteur. Pire, l’annonce d’un nouveau confinement sans aucun plan d’urgence pour la jeunesse plonge la nouvelle génération dans le désarroi le plus total.

Pour les étudiant·e·s, si les repas à un euro et l’aide ponctuelle de 150 euros pour les boursier·ère·s en décembre sont à saluer, ils ne permettent pas de sortir les étudiant·e·s de la précarité. De même, l’aide de janvier annoncée par Emmanuel Macron n’a jamais vu le jour et l’ouverture des discussions pour une réforme des bourses se fait toujours attendre.

Alors même que le nombre d’étudiant·e·s en décrochage est colossal, aucune annonce n’a été faite sur une possible reprise des cours en présentiel avant la fin de l’année universitaire, ni sur la mise en place de nouveaux moyens matériels ou pédagogiques pour le permettre.

Pour les lycéen·ne·s, la situation n’est pas plus enviable. Alors que nous faisons face à une crise éducative sans précédent, le gouvernement continue la sélection à l’entrée de l’université. Avec la fin du caractère national du baccalauréat, car en contrôle continu, la sélection sera plus inégalitaire que jamais.

Alors que les conditions d’études au lycée sont plus que jamais dégradées, le ministre de l’Éducation fait le choix de supprimer 1 800 postes de professeurs : en refusant d’investir dans le service public, c’est le quotidien au lycée et l’avenir de tous les élèves qui sont bradés.

Pour lutter contre le chômage des jeunes, Jean Castex a lancé le plan “Un jeune, une solution” le 23 juillet dernier. Huit mois après, force est de constater que celui-ci ne fonctionne pas. Pire, en favorisant les CDD et les services civiques, il précarise encore davantage l’emploi des jeunes.

Malgré les mobilisations d’ampleur depuis plusieurs mois et le contexte inédit dans lequel se trouve la jeunesse, le gouvernement refuse toujours d’écouter les revendications légitimes des organisations étudiantes, lycéennes et de jeunesse.

Fort du succès de la mobilisation, nous sommes bien déterminé·e·s à nous faire entendre. C’est pour ces raisons que nous appelons l’ensemble des jeunes à se mobiliser le 8 avril prochain. Nous demandons :

Pour les étudiant·e·s :

  • Un plan d’urgence d’1,5 milliard d’euros contre la précarité étudiante, débutant par une augmentation immédiate des bourses et des APL.
  • La mise en place d’un filet de sécurité sociale pour l’ensemble des étudiant·e·s, garantissant une protection sociale supérieure au seuil de pauvreté.
  • La réouverture des universités à 50 % avec les moyens économiques et humains nécessaires et l’obligation d’enregistrer/filmer les cours et mettre un format écrit à disposition, afin de ne pas pénaliser les étudiant·e·s n’ayant plus de logement près de leur établissement.
  • L’embauche de personnels éducatifs, leur titularisation, la construction d’infrastructures pour rattraper le retard accumulé et faire face au décrochage.

Pour les lycéen·nes :

  • La fin de Parcoursup et de toute plateforme sélective post-baccalauréat.
  • La non pénalisation des stages non réalisés au lycée et dans le supérieur.
  • Un plan de recrutement massif d’enseignant·e·s pour rattraper le retard.

Pour l’emploi des jeunes :

  • L’ouverture immédiate du RSA pour les jeunes de moins de 25 ans en insertion.
  • La suppression des contrats précaires pour tendre vers le CDI et la titularisation comme norme d’embauche.
  • L’interdiction de toute rémunération en dessous du SMIC, même pour les services civiques, stages et apprentissages.
  • Un plan de recrutement pour les jeunes dans la santé, l’éducation, les transports et l’énergie.
  • La rémunération des stages minimum au SMIC dès la première heure travaillée. µ

Signataires :

MJCF, UEC, UNEF, UNL, FIDL, MNL, L’alternative, FSE, Jeunes écologistes, Jeunes socialistes, Jeunes génération.s, Jeunes insoumis.

 

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16 mars – Les jeunes ont répondu à l’appel 

18 Mars 2021, 09:00am

Publié par PCF Villepinte

Mardi 16 mars a eu lieu une journée de mobilisation nationale de l’ensemble de la jeunesse, initiée par le MJCF et rejointe par une large inter-organisation jeune. Des manifestations se sont tenues sur l’ensemble du territoire.

On le sait, la jeunesse est parmi les premières victimes de la crise sanitaire et sociale que nous traversons : chômage de masse, précarité, études atrophiées, inégalités creusées… C’était pourtant la première journée de mobilisation rassemblant l’ensemble de la jeunesse, après l’essai transformé des étudiantes et étudiants le 20 janvier.

Sans pouvoir compter sur le soutien des grands médias nationaux - excepté l’Humanité qui avait publié en premier l’appel - trop occupés à commenter les coups médiatiques du gouvernement vis-à-vis d’influenceurs, les Jeunes Communistes ont redoublé d’efforts pour populariser cette date auprès de la jeunesse. En tout, ce sont des dizaines et dizaines de milliers de tracts qui auront été diffusés par le MJCF partout en France, devant les lycées, universités, pôles emploi, foyers de jeunes travailleurs…

Un savoir-faire militant, mais surtout l’envie de faire connaître à la jeunesse les propositions révolutionnaires du MJCF pour sécuriser les parcours de vie et de formation des jeunes. Parmi elles, la suppression de la sélection et de la réforme du bac, le revenu étudiant ou encore le CDI comme norme d’embauche… Un appel à la mobilisation chaudement accueilli par la jeunesse, comme en témoigne Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF : « Cela fait des années qu’au MJCF nous portons ces revendications, et particulièrement aujourd’hui, celles-ci trouvent un écho large dans la jeunesse, qui se rend bien compte que le capitalisme n’est pas en mesure de répondre à ses besoins et aspirations. »

À Paris, ils étaient des milliers, malgré la pluie, à battre le pavé, dans un cortège d’où le rouge dominait et où se mêlaient lycéennes et lycéens, étudiantes et étudiants, mais aussi jeunes travailleuses et travailleurs, rejoints par des figures politiques nationales comme Fabien Roussel.

Mais cette journée de mobilisation ne saurait se résumer à la manifestation parisienne. Preuve de l’implantation locale du MJCF sur tout le territoire, des milliers de jeunes ont manifesté dans les grandes métropoles étudiantes comme Toulouse, Lyon ou Bordeaux, mais aussi à Pau, Orléans, Charleville-Mézières ou encore Angers. À chaque fois, la jeunesse a fait preuve de son unité et de sa détermination à ne pas laisser un gouvernement incapable de dépasser ses dogmes libéraux le priver de son avenir.

Le rapport de force est instauré, la balle est maintenant dans le camp du gouvernement.

Mais il y a fort à parier que les jeunes n’en resteront pas là, et que cette journée saura trouver des suites. C’est à quoi compte s’atteler le MJCF dans les prochaines semaines, afin de transformer cette révolte qui gronde en débouché politique, et en victoires.   

Léo Garcia,

coordinateur national à la vie des départements

 

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 « Les jeunes manifestent pour leur avenir ! »

15 Mars 2021, 09:39am

Publié par PCF Villepinte

CGT PUBLIÉ LE 15 MAR 2021

 « Les jeunes manifestent pour leur avenir ! » tel est le mot d'ordre de la journée de mobilisation de demain, mardi 16 mars. 14 syndicats et mouvements de jeunes appellent la jeunesse à se faire entendre. La CGT, FO, FSU et Solidaires « apportent un soutien indéfectible à la jeunesse mobilisée pour son avenir ».

Un plan d'urgence d'1,5 milliard d'euros pour lutter contre la précarité.

C'est la demande immédiate que porteront ceux qui iront manifester demain.
Concrètement, cette aide pourrait passer par :

une augmentation des bourses et des APL,

 l'ouverture du RSA au moins de 25 ans en insertion  

 la suppression des contrats précaires pour aller vers le CDI.

Les syndicats qui apportent leur soutien dénoncent le fait que la « quasi-totalité des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté, le taux de chômage des 15-24 ans est de 20 % quand celui de la population est de 9 %, la moyenne d'âge du premier emploi stable est de 29 ans. ».

Les jeunes subissent aujourd'hui les effets des régressions en matière de protection sociale, d'éducation et de formation.

Les réformes sur l'orientation des élèves ont accentué les inégalités.Crise sanitaire, confinement et cours à distance n'ont fait qu'empirer la situation.

L'Unef souligne que les mobilisations étudiantes récentes ont permis d'obtenir de premières avancées, telles que l'accès au restaurant universitaire à un euro, la mise en place d'un chèque santé pour consulter un psychologue ou une aide de 150 euros versée en décembre aux étudiants boursiers.

Cependant ces aides semblent bien dérisoires au regard de la détresse de la jeunesse.

La crise sanitaire a rendu intenable la situation des étudiants, mais aussi des lycéens, des jeunes travailleurs, des privés d'emploi. La CGT, FO, FSU et Solidaires appellent à réagir immédiatement et sur le long terme : « Au-delà de la situation d’urgence à laquelle ce gouvernement se doit de répondre, la première condition pour l’emploi des jeunes est une formation initiale de haut niveau, un service public d’éducation et d’orientation accessible pour toutes et tous, sans discrimination de genre, d’origine qu’elle soit sociale ou géographique. »

 Lire le communiqué de presse

 

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Appel à la jeunesse : le 16 mars, refusons d’être la génération sacrifiée

4 Mars 2021, 11:06am

Publié par PCF Villepinte

Jeudi 4 Mars 2021

Par Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF, et Jeanne Péchon, secrétaire nationale de l’UEC.

Léon Deffontaines (MJCF)Jeanne Péchon (UEC)

 Avec la pandémie, la situation des jeunes s’est considérablement dégradée. Ce sont les rêves et les aspirations de toute une génération qui sont en train d’être broyés, non pas à cause de la pandémie mais des choix politiques et de l’inaction du gouvernement. Si la précarité des jeunes n’est pas nouvelle, celle-ci s’est intensifiée.

La précarité de nos formations, tout d’abord. Avant même l’arrivée du Covid-19 l’enseignement en France était malade des politiques libérales: classes et amphithéâtres surchargés, enseignants non remplacés, manque de matériel… Malgré l’investissement des enseignants, la qualité des formations s’est détériorée. À ce manque de moyens s’est ajoutée la multitude de réformes engagées depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, telles que Parcoursup et la réforme du baccalauréat, qui ont mis en place un tri social à l’entrée de l’université pour éviter de devoir investir dans l’enseignement supérieur.

La loi de programmation de la recherche passée en force par le gouvernement vient elle aussi précariser nos formations. En organisant la précarité de nos enseignants, elle aggrave une situation déjà bien présente. Aujourd’hui et selon les universités, 40 % à 80 % des travaux dirigés sont déjà assurés par des enseignants précaires, rendant difficile la continuité des apprentissages.

L’école est aujourd’hui un outil d’aggravation des inégalités sociales. De ces manques de moyens et de la sélection à l’entrée de l’université, les jeunes n’en peuvent plus et n’en veulent plus. Les coupes budgétaires et le manque de suivi ont provoqué un décrochage massif d’élèves et d’étudiants, mettant gravement leur avenir en danger.

La précarité a aussi fortement augmenté dans l’emploi. Ce n’est pas nouveau, la jeunesse se caractérise par un salariat dégradé et fragmenté par de multiples contrats précaires. Les contrats à durée déterminée, intérim, autoentrepreneuriat, ou autres services civiques, contrats temporaires et temps partiels sont massifs dans la jeunesse. Les jeunes sont la tranche d’âge la plus durement impactée par la hausse du chômage. Au dernier trimestre 2020, près d’un jeune sur quatre était au chômage.

Cette précarité de l’emploi précède une précarité de revenus. Avec la crise, le nombre de jeunes et d’étudiantes et étudiants vivant sous le seuil de pauvreté a explosé. De plus en plus de jeunes sont obligés de se tourner vers des organismes d’aide alimentaire. Aujourd’hui, les jeunes sont renvoyés à une solidarité familiale de plus en plus hasardeuse et profondément inégalitaire.

En plus d’être régulièrement pointée du doigt par l’exécutif sur l’avancée de la pandémie, la nouvelle génération pâtit d’un manque d’ambition politique du gouvernement.

Sept mois après son lancement, le plan «un jeune, une solution» ne fonctionne pas. Non seulement il ne propose pas de solution à lensemble de la jeunesse mais, en renforçant une multitude demplois précaires, il vient détériorer encore davantage le salariat des jeunes.

Afin de lutter contre la précarité des jeunes, l’exécutif se contente d’aides ponctuelles et insuffisantes destinées aux étudiants, telles que le repas Crous à 1 euro, annoncé à la suite de la mobilisation massive des étudiants le 20 janvier dernier. Cette mesure, bien que nécessaire, ne permet pas de sortir les jeunes en formation de la précarité.

Enfin, les lycéennes et les lycéens sont les grands oubliés des différentes mesures du gouvernement. Alors que le retard et les inégalités sociales progressent, aucun plan de rattrapage n’a été annoncé. Pire, alors qu’un étudiant sur six est en décrochage, le gouvernement continue la sélection à l’entrée de l’université. Si le calendrier de l’éducation nationale a totalement été repensé, celui de Parcoursup, lui, n’a pas été inquiété.

Pourtant la jeunesse regorge de forces d’innovation et d’ingéniosité qui ne demandent qu’à pouvoir s’exprimer.

Combien de futurs chercheurs, ingénieurs, médecins, enseignants ne seront pas sélectionnés cette année? Combien de jeunes ont vu leur rêve broyé par cette machine à sélectionner et à trier socialement? Combien de jeunes nont pas pu suivre leurs études jusquau bout car ils devaient jongler entre précarité et petits boulots? Alors que nous avons besoin de travailleurs qualifiés dans de nombreux secteurs (transport, santé, éducation, énergie…), combien de jeunes sont aujourd’hui au chômage? Ce sont toutes ces contradictions quil faut dépasser.

La place de la jeunesse est un marqueur de la société. Avec des jeunes laissés pour compte, c’est la société tout entière qui est en danger. Au contraire, si le système permet à chaque jeune de s’épanouir, de trouver sa place, de construire son avenir et de se former, c’est toute la société qui progressera.

Les nouvelles générations ne sont pas le problème mais bien la solution. Notre génération veut se former, se réaliser, être utile à la société. Mais au final, c’est notre dignité à toutes et tous qui est gâchée et sacrifiée sur l’autel du profit par les capitalistes.

Mais, aujourd’hui, nous disons qu’il y en a assez. Assez du chômage et de la précarité. Assez de la casse de nos formations et de la sélection. Assez des politiques libérales.

Alors que la situation des jeunes est enfin mise en avant par les médias et les dirigeants, il est temps de transformer cette prise de conscience et cette colère de la jeunesse en une force politique.

L’enjeu est grand: redonner lespoir à toute une génération. L’espoir que l’engagement politique peut changer les choses, l’espoir d’un avenir meilleur permettant à chaque jeune de se développer librement et de trouver sa place dans la société.

Nous appelons l’ensemble des jeunes à se mobiliser le 16 mars prochain.

 

 

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