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internationalisme

Estrosi, les soldes et la Tunisie...

19 Janvier 2011, 07:58am

Publié par PCF Villepinte

Samedi, la ville de Nice a connu sans nul doute une des manifestations les plus émouvantes de ces dernières années. Une manifestation où se mêlaient tout à la fois, la liesse des Tunisiens, leur joie de voir Ben Ali fuir, mais aussi leur détermination à ne pas se laisser voler leur victoire. Dans ce contexte on aurait pu croire que le maire de Nice, à défaut d'avoir soutenu, hier, les démocrates victimes de la dictature Ben Ali, exprime aujourd'hui sa solidarité avec ce peuple. Et cela d'autant plus que Nice est la capitale du réseau Euromed.

Et bien, non. Dans le communiqué publié par la ville de Nice au soir de cette journée de samedi :"Christian Estrosi, Député-Maire de Nice, Président de Nice Côte d’Azur, tient à remercier l’ensemble des forces de l’ordre qui a encadré aujourd’hui, à Nice, la manifestation de la communauté tunisienne. Le dispositif de sécurité mis en place, ainsi que l’étroite collaboration entre la Police Municipale et la Police Nationale, ont permis que l’activité commerciale, en cette période de premiers jours des soldes, se poursuive dans les meilleures conditions. "

Un peuple vient de retrouver sa liberté, sa dignité et la seule préoccupation de C. Estrosi c'est que rien ne soit venu gêner "l'activité commerciale". Tout au long de la "Révolution du Jasmin" le gouvernement français a été pitoyable, soutenant jusqu'au bout Ben Ali, proposant ses services pour maintenir l'ordre.... le maire de Nice lui aussi n'aura pas brillé dans cette période.

Robert Injey

 

Conseiller municipal communiste de Nice

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28 jours qui ébranlèrent 23 ans de dictature (photos+vidéo)

16 Janvier 2011, 17:19pm

Publié par PCF Villepinte

Monde - le 16 Janvier 2011

 

 Voici une chronologie de la révolte populaire tunisienne  qui a  conduit Ben Ali à fuir la Tunisie, et à débarquer en Arabie saoudite :

17 décembre 2010 : Mohamed Bouazizi, un jeune marchand de fruits et légumes ambulant, proteste contre la saisie de sa marchandise par la police.  Essayant de plaider sa cause et d'obtenir une autorisation et la restitution de son stock auprès de la municipalité et du gouvernorat, il s'y fait insulter et chasser s'immole à Sidi Bouzid (Centre-ouest). Il s’immole par le feu devant le siège de gouvernorat. Des commerçants rejoints par des jeunes qui dénoncent le manque de travail se rassemblent aussitôt pour manifester.

 

Mohhamed Bouaziz 

19 décembre 2010 : Les manifestations de Sidi Bouzid prennent de l'ampleur et la police fait usage de gaz lacrymogène. Des dizaines de personnes sont arrêtées.

 

 

 22 décembre 2010 : Houcine Neji, un jeune de 24 ans, se donne la mort par électrocution. Il ne voulait "plus de misère, plus de chômage".

24 décembre 2010 : Le mouvement gagne Bouziane, 240 km au sud de Tunis, ou a police tire à balles réelles sur des jeunes qui manifestaient pour le droit au travail à Menzel Bouzayane (60 km de Sidi Bouzid) et fait deux mortsdont Mohammad Ammari.

 

 

27 décembre - Le mouvement de protestation gagne Tunis, capitale de la Tunisie.Un millier de jeunes diplômés au chômage manifestent  pour la première fois à Tunis et sont dispersés à coups de matraques. Des témoins font état d'une douzaine de blessés. 

 28 décembre - Ben Ali dénonce une «instrumentalisation politique».  «Qu'une minorité d'extrémistes et d'agitateurs à la solde d'autrui et contre les intérêts de leur pays ait recours à la violence et aux troubles dans la rue (...) est inacceptable», affirme le président Ben Ali dans sa première allocution télévisée depuis le début des troubles.

 

 

29 décembre - Le chef de l'Etat effectue un remaniement ministériel partiel  et nomme un nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports.

5 janvier 2011Mohamed Bouazizi, L'homme qui s'était immolé à Sidi Bouzid décède à l'hôpital.

 

 

 

6 janvier - Plusieurs milliers d'avocats se mettent en grève pour dénoncer la répression policière, tandis que les manifestations contre la pénurie d'emplois qualifiés et les entraves aux libertés publiques se poursuivent, tandis que les manifestations se poursuivent. La censure en ligne se durcit, plusieurs bloggeurs dissidents sont arrêtés.

 

 9 janvier - Les autorités font état de 14 morts après les affrontements de la veille entre manifestants et forces de l'ordre à Thala, à Kasserine et à Regueb. «Le message a été reçu. Nous allons examiner ce qui doit être examiné, nous allons corriger ce qui doit être corrigé, mais la violence est une ligne rouge», affirme alors le ministre de la Communication, Samir Labidi, porte-parole du gouvernement.

10 janvier - Ben Ali intervient pour la deuxième fois à la télévision et dénonce des «actes terroristes» qu'il impute à «des éléments étrangers». Il promet en outre 300.000 créations d'emplois en deux ans. Le gouvernement tunisien donne l'ordre de fermer de toutes les écoles et universités du pays jusqu'à nouvel ordre.

11 janvier - Les manifestations  et la violence d’état  gagnent la banlieue de Tunis au son de «Ben Ali, nous n'avons plus peur». Samir Labidi, porte-parole du gouvernement, fait état de 21 morts depuis le début des troubles. «Tous les autres chiffres donnés par la télévision et les agences qui parlent de 40 à 50 (morts) sont totalement faux», ajoute-t-il. Selon la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH), le nombre de morts dans les émeutes en Tunisie s'élève à au moins 35.

 

 Michèle Alliot-Marie propose une coopération sécuritaire au pouvoir tunisien, «pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité.» 

 12 janvier - Le chef de l'Etat limoge le ministre de l'Intérieur, Rafik Belhaj Kacem. Un couvre-feu est décrété dans la capitale et sa banlieue.

13 janvier – Ben Ali  annonce à la télévision qu'il ne briguera pas de nouveau mandat en 2014, ordonne aux forces de l'ordre de ne plus faire usage de leurs armes et promet la liberté de la presse. Son discours donne lieu à une explosion de joie dans la capitale. En France, où il vit en exil, l'opposant Moncef Marzouki parle d'une centaine de morts depuis le début des événements.

14 janvier - Nouvelle manifestation à Tunis pour réclamer le départ immédiat de Ben Ali. Vers 15h15 (de Paris), le chef de l'Etat annonce le limogeage du gouvernement et la tenue d'élections législatives anticipées dans les six mois. Trois-quarts d'heure plus tard, il décrète l'état d'urgence et impose le couvre-feu dans tout le pays. Deux heures et demi plus tard, le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, annonce que Ben Ali est temporairement dans l'incapacité d'exercer ses fonctions et déclare assumer la charge de président par intérim jusqu'à des élections anticipées. En fait, Ben Ali a quitté en cachette la Tunisie.

15 janvier - L'Arabie saoudite confirme peu avant minuit, heure de Paris, que Zine El Abidine Ben Ali et sa famille se trouvent sur son sol pour une durée indéterminée. Fin de la première phase de la Révolution de Jasmin.

Le président du Parlement tunisien, Foued Mebazaa, a été proclamé président par intérim par le Conseil constitutionnel écartant ainsi la possibilité d'un retour à la tête de l'Etat de Zine El Abidine Ben Ali qui a fui en Arabie saoudite.

 

 Manifestations de soutien au peuple tunisien à Paris

 

 

A. S.

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Manifestations de soutien au peuple tunisien

16 Janvier 2011, 07:20am

Publié par PCF Villepinte

Manifestation à Paris / Photo: Sophie Saravaki

Monde - le 15 Janvier 2011

 

Des manifestations organisées en soutien aux peuples tunisien et algériens se sont transformées en manifestation de joie suite à la fuite de l’ex président tunisien Ben Ali.

Des manifestations ont eu lieu à Paris et dans plusieurs villes de province, comme à Lyon, à Toulouse, à Marseille et à Tours mais aussi à travers l’Europe.

A Paris ce sont quelque 8 000 personnes qui ont défilé cet après-midi pour célébrer sa chute.
Les manifestants, essentiellement des Tunisiens, des Franco-Tunisiens ainsi que des représentants des partis de gauche français, s'étaient rassemblés place de la République pour se rendre à la Place du Chatelet.

Un groupe de jeunes gens portaient des cercueils recouverts de drapeaux tunisiens avec des pancartes « Merci à nos martyrs, nous ne vous oublierons jamais », d’autres « Ben Ali assassin » ou encore « Tunisie libre et laïque ».

  Pour visionner nos photos de la manifestation à Paris cliquez ici

 
 

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Tunisie : La peur change de camp

15 Janvier 2011, 07:37am

Publié par PCF Villepinte

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Les assassins de Tunis par Claude Cabanes

14 Janvier 2011, 17:00pm

Publié par PCF Villepinte

Qu’est-ce qu’un gouvernement qui ordonne d’ouvrir le feu sur des cortèges de manifestants dans les rues ? Dans tous les pays du monde, c’est un gouvernement d’assassins. C’est aujourd’hui le gouvernement de Tunisie. Et son président, M. Ben Ali, est donc un président d’assassins.

Face au soulèvement de la jeunesse tunisienne, le chef de l’État perd la main. Depuis le suicide par le feu, le 17 décembre dernier, de Mohamed Bouazizi, un jeune homme contraint par la misère à vendre à la sauvette quelques fruits et quelques légumes, il n’a apporté qu’une seule réponse à la révolte : la violence d’État. Elle s’est politiquement retournée contre lui. Son pouvoir tremble sur ses bases : le sang dans les rues l’éclabousse directement. Certes, hier, Ben Ali s’est efforcé de manœuvrer dans un mouvement de recul, significatif du nouveau rapport de forces dans le pays : il a « remercié » le ministre de la répression et assuré de la libération des manifestants arrêtés. En même temps, il a fait de la capitale une ville en état de siège. Là-bas, dans le peuple, on l’appelle Al Capone…

Sur l’une des images des défilés (dont certaines se dérobent en douce à la censure grâce à Internet…), on aperçoit un manifestant brandissant une baguette croustillante. Le pain, comme un symbole, au cœur de la lutte, qu’accompagnent la revendication du travail et l’aspiration à la liberté : les fondements mêmes d’une vie digne. Car derrière la vitrine de l’opulence et de la modernité rutilantes, la Tunisie est la proie de l’état-major d’un État qui la dévaste : un État à la fois policier, corrompu et voleur. La police est partout, la liberté nulle part : la peur s’est installée au cœur même de la société. L’information est sous la botte et relève de l’idolâtrie du satrape : caractéristique classique des tyrannies, petites ou grandes, aujourd’hui comme hier. Les documents révélés il y a quelques mois par WikiLeaks avaient fait apparaître que l’on estimait, à l’ambassade américaine à Tunis, que « la Famille » – autrement dit le clan Ben Ali – relevait d’une « quasi-mafia » ! Ce groupe tribal s’accapare en effet une énorme part de la richesse nationale sous toutes ses formes : la première dame – comme on dit chez nous –, l’épouse du président, une Trabelsi, est la plus grande prédatrice du pays. Conséquence dramatique de cet accaparement à usage personnel : l’emploi s’est réduit comme peau de chagrin, et des dizaines de millions de jeunes diplômés errent dans les marges du marché du travail, sans espoir d’avenir.

L’histoire (douloureuse, puisque marquée au fer rouge par le colonialisme) et la géographie méditerranéennes rapprochent les deux nations et les deux peuples, français et tunisien. Mais cette réalité sert d’alibi à une insupportable complaisance à l’égard de la présidence tunisienne engagée dans cette féroce répression. On a ainsi entendu un ministre du gouvernement Fillon, M. Lemaire, faire, il y a quarante-huit heures, l’éloge de M. Ben Ali. La ministre des Affaires étrangères, Mme Alliot-Marie, a même proposé le secours du « savoir-faire » de la police française face à l’émeute. Et le porte-parole du gouvernement, François Baroin, a estimé tout cela « équilibré ». Ces messieurs-dames ont des principes démocratiques : ils savent même s’y asseoir dessus ! Et leur passion pour les droits de l’homme est si vaste qu’elle est à géométrie variable : très vive pour Abidjan, très mince pour Tunis.
Hier soir, le couvre-feu a été décrété sur tout le territoire.

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Tunisie

14 Janvier 2011, 07:33am

Publié par PCF Villepinte

Par : Bureau de presse
Mis en ligne : 13 janvier

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Combien faudra t-il encore de morts pour que le gouvernement français condamne la répression ordonnée par le Président Ben Ali ?

Une nouvelle étape a été franchie dans la répression avec l’arrestation d’Hamma Hammami, la mise en place du couvre feu à Tunis et la nouvelle et terrible vague d’assassinats dont celui du Franco-Tunisien Hatem Bettahar. Dans ce contexte, le limogeage du ministre de l’Intérieur apparaît comme une manœuvre fort peu convaincante.

L’État tunisien commet des crimes. Les taire, c’est être complice. La France, qui siège au Conseil de sécurité de l’ONU, doit prendre ses responsabilités. Je demande solennellement au Président de la République et à l’ensemble des dirigeants européens de condamner la répression et de prendre des sanctions politiques, économiques et financières contre le régime de Ben Ali.

La Tunisie vit des heures graves. Le PCF réaffirme avec force tout son soutien au peuple, aux démocrates et aux progressistes de ce pays. Il appelle à participer massivement à la journée de manifestations du 15 janvier et à multiplier les initiatives de solidarité.

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF,

Paris, le 13 janvier 2011.

 

 

 

 

 

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TUNISIE ALGERIE

13 Janvier 2011, 07:29am

Publié par PCF Villepinte

-TUNISIE:Hamma Hamami, porte parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie doit être libéré immédiatement 

  Je viens d’apprendre l’enlèvement choquant et injustifiable de Hamma Hamami, Porte parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie, dans une action d’une particulière violence de la police qui a défoncé la porte de son domicile.

 Au nom du PCF j’exige sa libération immédiate. Hamma Hamami a été arrêté pour ses opinions et ses déclarations. Le Président Ben Ali et son clan montrent, une fois encore, leur volonté de briser toute résistance et toute opposition politique démocratique. J’exprime la solidarité du PCF avec Hamma Hamami, avec l’ensemble des forces progressistes tunisiennes qui agissent pour le départ de Ben Ali et pour un véritable changement de régime, qui puisse enfin donner une chance aux libertés et à l’établissement d’un État de droit digne de ce nom en Tunisie.

Le gouvernement français ne peut pas rester complice de cette situation. Il doit impérativement la dénoncer !

Le PCF appelle à la plus large manifestation, partout en France, samedi 15 janvier 2011 en soutien au peuple de Tunisie qui lutte pour ses droits. Marie-George Buffet participera à ce rassemblement, samedi 15 janvier 2011 à 14h00, place de la République à Paris.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,

Paris, le 12 janvier 2011.

 

 -ALGERIE:Déclaration du Parti Algérien pour la Démocratie et le socialisme

 Face à l’aggravation de la situation sociale des masses et au diktat insolent des importateurs de biens alimentaires et des grossistes, Edifions les instruments d’organisation des luttes pour l’instauration d’un véritable Etat démocratique populaire de progrès! 

La hausse sans précédent du prix des biens alimentaires de base importés, hausse fortement amplifiée par le diktat des importateurs et des grossistes, a déclenché depuis plusieurs jours des manifestations de jeunes dans toutes les villes et régions du pays. La révolte des jeunes des milieux populaires et ouvriers traduit le fait que la situation a fini par devenir insupportable face à la misère, au chômage, à l’impossibilité d’avoir son logement et de se marier, à la corruption, à l’enrichissement insolent d’une toute petite minorité de la société, à l’arbitraire, à l’arrogance de ceux qui dirigent le pays grâce au bourrage des urnes et verrouillent la vie politique, à l’absence d’avenir pour les couches sociales les plus démunies.

Cette situation n’est pas le résultat de la politique d’un homme ou d’un groupe de dirigeants, de simples erreurs politiques ou d’une mauvaise “gouvernance”.

Elle n’a pas commencé avec Bouteflika et elle ne finira pas avec son départ. C’est la conséquence du grand tournant effectué ouvertement vers le capitalisme à la fin des années 1980 et camouflé sous l’enseigne des “réformes”. Ce tournant a été imposé par les partisans du capitalisme au sein du régime, avec à leur tête Chadli. Ils avaient joué la carte de l’intégrisme islamiste pour détourner le peuple des véritables solutions à la grave crise économique créée par les choix de classe de ce même régime, diviser les travailleurs et les jeunes, éliminer politiquement et physiquement leurs vrais défenseurs, les communistes et les progressistes. L’accord passé avec le FMI en 1994, revendiqué et soutenu par tous les partis bourgeois sans exception, islamistes ou “modernistes”, avait servi d’alibi pour imposer avec hypocrisie ce tournant comme un “moindre mal” ou comme une fatalité dictée par la “mondialisation”. Le désespoir de larges catégories de jeunes et de leurs parents face à une voie sans issue dans le cadre de ce système exprime l’approfondissement des inégalités entre une infime partie de la population possédant tout et l’immense majorité de la société réduite à vivre dans la précarité sans garantie du lendemain.

Quelques milliers de familles se partagent l’essentiel du revenu national et des rentrées pétrolières grâce aux privatisations, à la libéralisation du commerce extérieur qui a placé sous le contrôle d’une bande de gros magnats plus de 3000 milliards de dinars de flux financiers, à la restitution des terres agricoles nationalisées en 1973, au lotissement d’immenses parcelles de terre fertile de l’Etat, à la subordination du secteur bancaire public aux intérêts égoïstes d’une poignée d’heureux élus du régime, aux exonérations fiscales et sociales qui ont fait baisser les prélèvements fiscaux sur le privé de 60% en 20 ans, à l’exploitation par les sociétés privées de jeunes payés par l’Etat dans le cadre de la prétendue politique de soutien à “l’emploi-jeunes”. Les taxes douanières ont été fortement baissées ces dernières années, notamment après l’accord d’association avec l’Union européenne qui a fini par achever les secteurs productifs du pays. Mais ces baisses n’ont pas profité aux consommateurs. Les prix des biens importés n’ont jamais connu de diminution. Le fruit de ces baisses s’est transformé en profits supplémentaires pour les importateurs, échappant au fisc grâce à leurs nombreux acolytes dans les appareils d’Etat.

20 ans d’application d’une politique capitaliste, 30 ans de sabotage du secteur public économique, n’ont apporté au peuple et au pays que  misère plus grande, inégalités et injustices croissantes, arriération économique sans fin, destruction du tissu industriel que l’Algérie avait commencé à créer dans les années 1970 en investissant l’argent du pétrole pour garantir l’avenir des nouvelles générations.

La cause de la grave impasse actuelle est à rechercher dans cette politique qui se poursuit depuis 30 ans et pas dans de prétendus retards et freins aux réformes ou à “l’autisme” des dirigeants comme le claironnent la presse bourgeoise gavée par les recettes publicitaires et les politiciens rusés et fourbes des riches. Les profiteurs du capitalisme réel algérien ont une faim insatiable. Ils exigent toujours plus de mesures en leur faveur sans que leur système ait réussi à mettre sur pieds quoi que ce soit de comparable aux réalisations enregistrées dans les années 1970, en moins de dix ans, malgré les erreurs commises et des visions hégémoniques anti-ouvrières qui avaient entravé à l’époque la mobilisation populaire sur des bases démocratiques. Aucun industriel privé digne de ce nom n’a montré qu’il était capable de faire mieux que les entreprises publiques pendant les années 1970. Le pouvoir n’a rien fait d’autre depuis 20 ans que fermer la plupart d’entre elles pour remplacer leur production par l’importation, y compris la levure!

Dans ce capitalisme glouton, avide et à courte vue – peut-il être autre chose que cela dans un monde dominé par quelques puissances impérialistes décidées à briser les derniers arrivés ? – les nouveaux riches, chouchoutés par leur pouvoir depuis 30 ans, en arrivent jusqu’à considérer comme inacceptable le simple fait de facturer leurs ventes, de payer par chèque et de déposer leur argent dans les banques! Un travailleur salarié paye comparativement trois fois plus d’impôts sur le revenu qu’un gros importateur, un industriel ou un affairiste! Comment peut-on supporter une injustice aussi criante?

A chaque avantage fiscal ou social accordé aux riches, le pouvoir cherche à équilibrer le budget en dévaluant de façon scélérate le dinar. Cette manipulation engendre la hausse du prix des biens importés et ne touche de plein fouet que le pouvoir d’achat des travailleurs, des retraités, des petits paysans et de ceux qui ne vivent que des maigres pensions de l’Etat. Les immenses réserves en devises du pays – 155 milliards de dollars! – sont stérilisées dans les banques étrangères ou ne servent qu’à financer des dépenses d’infrastructure non prioritaires comme l’autoroute Est-Ouest. Des centaines d’usines auraient pu être construites depuis que les revenus pétroliers se sont améliorés en 2000. Mais le régime a opté pour le gel ou la destruction du potentiel industriel public au nom du désengagement de l’Etat de la sphère économique.

Une fraction du pouvoir actuel est maintenant effrayée par des perspectives qui peuvent devenir plus sombres avec l’aggravation prévisible de la crise mondiale du capitalisme et une chute du prix du pétrole qui pourrait en résulter malgré les “prophéties”, sujettes à caution, sur une hausse des prix à attendre de la croissance en Chine et en Inde. Elle tente de freiner l’hémorragie des devises en resserrant le contrôle sur les relations financières extérieures de l’Algérie. Il est faux de croire que cette frange du pouvoir a fini par comprendre qu’il faut revenir à une politique en faveur des masses populaires. Ce qui la fait agir au point qu’elle entre en conflit avec les intérêts à court terme des capitalistes compradores ou industriels, avec ceux des couches les plus parasitaires du capitalisme, c’est la défense même du capitalisme face au danger d’une révolution populaire qui exproprierait les possédants. Tant mieux pour le développement du pays si elle réussit à ré impulser le développement des forces productives en réhabilitant le secteur public. Mais les intérêts capitalistes que ce groupe veut consolider durablement, y compris en relançant le secteur public industriel, continueront à constituer un frein sérieux à un authentique développement économique global. Les mesures prises à cette fin, comme l’instauration du crédit documentaire, sont inopérantes parce qu’elles évitent soigneusement d’éponger, par la hausse du taux d’imposition des plus riches et des taxes douanières sur les biens de luxe, l’énorme masse de revenus détenues par cette petite minorité de super privilégiés. S’attaquer à ces revenus, c’est s’attaquer la base sociale du pouvoir!

Il n’y a pas de salut à attendre de l’intérieur du régime ni des partis bourgeois d’opposition à la recherche du soutien des puissances impérialistes pour les aider soi-disant à “instaurer la démocratie”, ou la “démocratie certifiée” par la “communauté internationale” des USA, de la France et de l’Allemagne. Ces partis, le RCD, le CCDR, Benbitour et compagnie, défendent le capitalisme, les bourgeois anciens ou nouveaux, les multinationales. Ils cherchent seulement à obtenir un meilleur partage des clés du régime.

Les jeunes, les travailleurs, les couches populaires, ne doivent compter que sur leur propre lutte, leur propre travail unitaire et organisé pour créer les conditions de vrais changements politiques et sociaux avec l’avènement grâce à leur combat organisé d’un Etat de démocratie populaire véritable qui prépare le renversement radical du capitalisme. En dehors d’un tel régime il est illusoire de penser que le pouvoir actuel et les bourgeois qui le soutiennent peuvent mettre les revenus pétroliers au service d’un développement réel qui profiterait aux producteurs de richesses, aux travailleurs, aux petits fellah et aux artisans, à tous ceux qui ne vivent que du produit de leur travail personnel, améliorerait leur condition de vie, supprimerait la répartition injuste du revenu national, réduirait la dépendance par rapport aux Etats impérialistes.

Les jeunes en colère doivent isoler les casseurs manipulés, éviter de tomber dans le piège des manipulateurs qui cherchent à les utiliser pour préparer des changements d’équipe à l’intérieur du régime afin que rien ne change radicalement. Il faut mettre fin à la destruction et à la casse qui ne font qu’aggraver la situation du peuple.

La solution à la crise actuelle est de construire les instruments de mobilisation pour réaliser les aspirations des exploités et des couches marginalisées: un parti communiste fort et enraciné au sein des travailleurs, des syndicats de classe indépendants, des organisations de jeunes chômeurs, travailleurs, étudiants, paysans, hommes et femmes, un front démocratique populaire de progrès.

PADS
8 janvier 2011

 



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Algérie, Tunisie

10 Janvier 2011, 18:49pm

Publié par PCF Villepinte

Une crise profonde et de sérieux avertissements

Par : Bureau de presse
Mis en ligne : 8 janvier
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Thèmes :
En Algérie comme en Tunisie des émeutes populaires mobilisent une jeunesse qui exprime le désespoir et la révolte contre des régimes qui ne leur offrent que le chômage, la vie chère, l’autoritarisme et la corruption. C’est en fait les sociétés algériennes et tunisiennes dans leur ensemble qui n’en peuvent plus de supporter les inégalités criantes, la gabegie, la répression et le mépris de dirigeants prédateurs incapables d’offrir un avenir à leur propre peuple.
L’augmentation des produits de première nécessité à servi de révélateur à une crise profonde issue des politiques néo-libérales imposées par des gouvernements qui sont eux mêmes le fruit d’élections manipulées. Cette crise est aussi le résultat des diktats du FMI depuis les années 80 et 90 avec l’austérité pour les budgets sociaux et les salaires, les privatisations, l’injustice et la misère.
 

Le PCF réaffirme sa solidarité avec l’ensemble des démocrates algériens et tunisiens qui agissent au côté de leur peuple afin d’ouvrir une perspective de progrès social et de démocratie, et pour empêcher que les mouvements actuels ne servent à encourager les forces les plus réactionnaires, notamment celle de l’islamisme politique radical dont la violence criminelle a laissé de douloureux souvenir en Algérie. Le PCF appelle à l’arrêt immédiat de la répression, à la libération des personnes emprisonnées, au respect des règles élémentaires d’un Etat de droit comme les avocats tunisiens l’ont exigé dans une courageuse manifestation collective.

Ce qui se passe aujourd’hui en Algérie et en Tunisie constitue un sérieux rappel à l’ordre pour l’Union européenne et pour sa politique dite d’association avec les pays du sud. Ces émeutes témoignent de l’échec flagrant d’une politique entièrement tournée vers l’objectif d’une zone de libre échange de conception libérale vouée aux intérêts des multinationales et du capital privé, incapable de construire les conditions d’une coopération d’intérêt mutuel pour les peuples des deux rives de la Méditerranée. C’est aussi un avertissement pour les autorités françaises qui vont présider les G 8 et G 20 en 2011, face aux impasses politiques et sociales sévères produites par un système capitaliste mondialisé en crise. La question de la coopération et du développement humain durable fait partie des priorités et des urgences.

Parti communiste français,

Paris, Le 8 janvier 2011.

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Tunisie

6 Janvier 2011, 23:34pm

Publié par PCF Villepinte

Le PCF demande la suspension de l’accord d’association UE/Tunisie

Par : Bureau de presse
Mis en ligne : 6 janvier
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Thèmes :

Le PCF appelle au succès de tous les rassemblements de solidarité organisés de façon unitaire aujourd’hui à Paris et dans l’ensemble des grandes villes de France.

Cette journée du 6 janvier 2011, journée internationale de solidarité avec les luttes populaires en Tunisie, doit être marquée par l’expression d’un large soutien à toutes les forces démocratiques politiques et sociales. Mais aussi à tous les citoyen-ne-s de Tunisie qui contribuent à un mouvement de rejet et de révolte légitime contre le régime de Ben Ali et sa politique anti-sociale de chômage et de mépris.

Les gouvernements d’Europe et singulièrement les autorités françaises doivent être clairement mises en accusation pour leur soutien constant et sans faille à un régime qui met en œuvre une répression meurtrière contre le mouvement social.

Le PCF condamne le soutien officiel de la France au pouvoir policier et corrompu du Président Ben Ali. Il demande la suspension de l’accord d’association UE/Tunisie tant que ce régime ne respectera pas les droits humains et les exigences élémentaires d’un État de droit.

Parti communiste français,

Paris, le 6 janvier 2011.

 

 

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Bruxelles, 12-13 janvier : le rendez-vous des élus opposés aux politiques d’austérité

3 Janvier 2011, 15:53pm

Publié par PCF Villepinte

lundi 3 janvier 2011

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A l’initiative du Cidefe et de la GUE (gauche unitaire européenne), nous vous proposons deux journées exceptionnelles de rencontre avec des élus locaux européens, pour débattre des conséquences de la crise et des politiques européennes d’austérité, mais aussi des actions convergentes possibles entre élus locaux européens sur ces questions essentielles.



Ont déjà annoncé leur présence :

Francis Wurtz,député européen honoraire, Lothar Bisky, Marie-Christine Vergiat, Ilda Figueiredo, Baibre de Brun, députés européens, Michel Billout, sénateur de Seine-et-Marne, Dominique Adenot, président de l’Anecr et de nombreux élus locaux de toute l’Union européenne !

Chaque jour, sur Cidéfil, le point sur cette grande initiative.

- Télécharger l’invitation

 

 

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