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europe

Dettes. La limitation des déficits à 3 % enfin ébranlée

24 Mai 2021, 06:46am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Samedi 22 Mai 2021

Gaël De Santis

Dans une note du Conseil d’analyse économique, rattaché à Matignon, trois chercheurs proposent de changer les règles de résorption des déficits. Une idée qui pourrait inspirer la présidence française de l’Union européenne, début 2022, mais qui reste encore insuffisante.

La règle des 3 % n’a plus la cote, même chez les libéraux. Depuis le traité de Maastricht de 1992, les États membres de l’Union européennes sont tenus de ne pas avoir un déficit public excédant 3 % de leur produit intérieur brut et une dette publique supérieure à 60 % de ce même PIB. Des chiffres qui ont explosé à deux reprises, ces dernières années. D’abord, lors de la crise financière de 2007-2009, puis du fait de la contraction de l’activité économique consécutive à la pandémie de Covid-19. Cela fait dire aujourd’hui au Comité d’analyse économique (CAE), qui travaille pour le premier ministre français, que les règles européennes devraient être changées.

Donner des gages à l’Allemagne

Au moment où celles-ci ont été inventées, en 1992, il a fallu, alors qu’allait être introduit l’euro, donner des gages à l’Allemagne, pays qui refuse toute monétisation de la dette – c’est-à-dire que les banques centrales prêtent aux États. Selon Berlin, une telle monétisation risquait de nourrir l’inflation. Or, une forte inflation conduit à diminuer les taux d’intérêt réels, donc la rentabilité du capital. L’entourage de François Mitterrand avait alors arbitrairement fixé la norme de déficit à 3 % de PIB.

À lire sur le sujet : 10 mai 1981. À gauche, de l’espoir à la désillusion

Dans la note publiée par le CAE en avril dernier, les économistes Philippe Martin, Jean Pisani-Ferry et Xavier Ragot font valoir, pour proposer un changement, que l’état de la recherche en matière économique a changé. À l’époque, il existait un «doute quant à la capacité des politiques budgétaires à promouvoir la croissance nationale». Aujourdhui, plus personne ne refuse de renoncer à lidée dune relance budgétaire. Dès octobre 2019, le président français, Emmanuel Macron, déclarait dans un entretien à «The Economist»: «Nous avons besoin de plus d’expansionnisme, de plus d’investissements. L’Europe ne peut pas être la seule zone à ne pas le faire.»

L’autre «idée dominante», disent les auteurs de la note du CAE, était que la hausse du déficit budgétaire dun pays de la zone euro faisait augmenter les taux d’intérêt dans l’ensemble des pays, pénalisant ainsi l’investissement. Là aussi, à l’heure où les taux d’intérêt sur la dette n’ont jamais été aussi bas, notamment grâce au rachat d’une part de la dette des États par leur banque centrale – environ 25 % pour la France –, et que l’inflation reste en deçà de la cible des 2 % annuelle, l’argument ne tient plus. «La charge dintérêt nominale des pays de la zone euro, qui était voisine de 4 % du PIB en 1999, n’était que de 1,6 % du PIB en 2019», font valoir les économistes.

Gagner en souplesse pour investir

Surtout, presque plus aucun État ne tient ses engagements. Dans la zone euro, selon Eurostat, le déficit public s’élève à 7,2 % du PIB et la dette publique, à 98 %. La note demande de n’enclencher une réduction de l’endettement que lorsque les pays auront retrouvé leur PIB par habitant d’avant la crise.

À l’avenir, il est proposé de trouver d’autres critères fondés sur la «soutenabilité de la dette». Les États se verraient obligés de définir une cible de dette publique à cinq ans qui corresponde à leur capacité à empêcher qu’elle ne s’envole, en fonction de leur croissance potentielle, de leur solde primaire, du poids des charges d’intérêt sur le PIB. Les États gagneraient donc en souplesse pour investir. Ces critères permettront d’utiliser notamment les marges de manœuvre que sont les taux d’intérêt bas. Cette note pourrait inspirer la présidence française de l’Union européenne, de janvier à juin 2022. Pas sûr, toutefois, que Berlin accepte une telle évolution.

Icon QuoteIl faut développer en grand les services publics, et soumettre l’investissement des entreprises au développement de l’emploi et de la formation.FRÉDÉRIC BOCCARA Économiste

Ce qui est proposé est un changement, certes, mais pas une révolution. Car demeure l’idée qu’il faut un frein à l’endettement, une limitation des investissements publics. De plus, qui dit dette dit «quelle utilisation?» En France, en 2018, les entreprises ont bénéficié de pas moins de 37,1 milliards deuros dexonérations de charges diverses. Cela représente 62 % du déficit public de cette année-là, où il s’établissait à 59,6 milliards deuros. Il faut, selon l’économiste communiste Frédéric Boccara, «une autre utilisation» de largent, «cest-à-dire développer en grand les services publics, et soumettre linvestissement des entreprises au développement de lemploi et de la formation».

Qui dit dette dit également «comment la financer»? Or, du fait du refus idéologique de la BCE d’acheter directement de la dette aux États, ces derniers se retrouvent à payer des intérêts exorbitants aux marchés financiers. «Actuellement, chaque année, l’État verse près de 40 milliards de charges dintérêt, soit l’équivalent du budget de l’enseignement scolaire», estime l’économiste communiste. Payer ou enseigner, il faut choisir.

 

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Accord de Brexit: les paradis fiscaux ont de beaux jours devant eux !

29 Décembre 2020, 06:33am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 28/12/2020 par PCF

 

Alors que la pêche a occupé une grande partie des négociations pour trouver un accord de sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, bizarrement, la finance a été ignorée. Le projet des financiers anglo-saxon d'avoir un super paradis fiscal aux portes de l'Union européenne demeure !

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Dès l'accord signé, Boris Johnson a même annoncé dans un quotidien anglais son intention de multiplier les ports francs, à taxation ultralégère pour concurrencer les ports européens !

Il faut dire que depuis plusieurs années la City et plusieurs capitales européennes se livrent une concurrence sans merci pour attirer les capitaux en proposant les meilleurs schémas d'optimisation fiscale.

A ce jeu, la City était déjà très bien placée: elle est la première place financière mondiale sur le marché des capitaux. 7000 milliards de dollars y sont échangés chaque jour ! Et la place londonienne réalise 60% de toutes les opérations liées aux marchés européens des capitaux.

 

Mais c'est surtout un paradis fiscal bien connu des fonds d'investissements et de toutes les grandes multinationales qui y délocalisent leurs bénéfices, afin d'éviter de payer les impôts là où ils sont installés.

 

La City sert en effet de passerelle pour transférer ces bénéfices dans les îles britanniques telles que les Caïmans ou encore Jersey, située à quelques encablures des côtes françaises. Ces juridictions britanniques sont des paradis fiscaux notoirement connus. Les Îles Britanniques accueillent 6000 milliards d'actifs en leur proposant un taux d'imposition moyen sur les bénéfices à 1,73%.

 

Avec ou sans accord, le Brexit a ouvert une guerre entre paradis fiscaux, entre la City et les pays de l'Union à taux d'imposition quasi nul tel que le Luxembourg, l'Irlande ou les Pays Bas.

Et plus rien ni personne n'empêchera maintenant la City d'adopter ses propres règles fiscales, même si les milieux financiers doivent pour cela ouvrir une succursale au sein de l'Union européenne.

Dans cette guerre, les grands perdants seront les peuples : la fraude et l'optimisation fiscales coûtent 80 à 100 milliards d'euros au budget de la France, tous les ans et près de 1000 milliards d'euros aux pays de l'Union européenne. A l'heure de la lutte contre la pandémie, cette guerre au « moins disant fiscale » est indécente, scandaleuse. Elle devrait susciter l'indignation générale.

 

Sur les 1500 pages de l'accord de Brexit, il aurait pu y avoir quelques propositions pour attraper des gros poissons de la finance qui privent les pays de l'Union européenne de plusieurs centaines de milliards d'euros d'impôts par an.

 

Il est urgent d'établir des règles fiscales identiques dans tous les pays de l'Union européenne et de mettre des filets de sécurité à la circulation des bénéfices réalisés dans nos pays. L'imposition à la source des bénéfices de ces multinationales reste à ce jour la meilleure solution, comme nous l'avons formulée dans une Proposition de loi déposée en 2019. Une occasion de régler ces pratiques malhonnêtes vient d'être manquée dans les négociations autour du Brexit. L'exigence des peuples pour une vraie justice fiscale en Europe n'a pourtant jamais été aussi forte.

 

L'argent existe et il coule même à flots pour une minorité qui fait tout pour échapper aux impôts. Ayons le courage de s'attaquer à ce fléau. C'est comme cela que nous pourrons répondre aux besoins humains, financer nos services publics et relever le défi écologique.

 

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

 

Paris, le 28 décembre 2020.

 

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Brexit : L'opposition parlementaire inflige une nouvelle défaite à Johnson

20 Octobre 2019, 13:46pm

Publié par PCF Villepinte

Publié le 19/10/2019 par PCF

L'opposition parlementaire, au premier rang de laquelle figure Jeremy Corbyn, vient d'infliger une nouvelle défaite à Boris Johnson. L'accord que le premier ministre a négocié avec l'Union Européenne ne pourra être approuvé par le Parlement qu'avec la totalité du paquet législatif d'application du Brexit, ce qui implique une nouvelle extension du Brexit.

Boris Johnson et les conservateurs sont seuls responsables de cette situation. Le Brexit ne peut pas être le prétexte à de nouvelles régressions sociales et écologiques après de nombreuses années d'une politique extrêmement brutale d'austérité menée par Tony Blair et les gouvernements conservateurs.

 L'accord tel qu'il est proposé aujourd'hui ouvre la porte à de nouvelles remises en cause des droits des travailleurs, des normes environnementales et des règles de sécurité alimentaire ; il rend possible la mise en coupe réglée de la sécurité sociale britannique, déjà fortement attaquée par les conservateurs, par les intérêts privés, notamment états-uniens.

Boris Johnson doit maintenant obtempérer, sinon il portera la responsabilité d'un approfondissement de la crise.  

Les heures et les jours qui viennent vont être déterminants. Le PCF réaffirme sa solidarité avec Jeremy Corbyn et la gauche politique et sociale britannique qui se mobilise actuellement contre la politique conservatrice qui n'a pour seul objectif que d'infliger de nouvelles régressions au peuple de Grande-Bretagne.  

 

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CETA : c'est aux citoyen-ne-s de décider directement

24 Juillet 2019, 06:31am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 23/07/2019 par PCF

Avec la bénédiction du Président de la République, les députés En Marche ont choisi de ratifier cette après midi à l’Assemblée nationale le très mauvais accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA). Comme le Mercosur (accord de libre échange avec 4 pays d’Amérique du sud), le CETA n’a d'autre objectif que de servir les logiques de mise en concurrence des peuples, des salariés mais aussi notre agriculture.

Les députés communistes ont unanimement voter contre ce nouveau traité qui constitue une arme de destruction massive des droits démocratiques, sociaux et environnementaux : il s'inscrit à rebours des Accords de Paris sur le climat, il porte atteinte à l'avenir de notre agriculture, et garantit la suprématie des grandes sociétés multinationales sur les Etats, les citoyens, sur toute organisation démocratique et toute politique publique dont ils se dotent.

Il ne suffira pas à la majorité LREM d'Emmanuel Macron et Edouard Philippe de jouer sur les mots en parlant d'un accord prétendument de « juste-échange » pour cacher la nature réelle de ce texte et ses conséquences sur la vie des peuples d'Europe et du Canada.

Dans une période où le rejet de la construction ultralibérale de l’Union européenne s'exprime largement, et où un profond mouvement citoyen exige de répondre durablement à l’urgence climatique, c'est aux citoyen-ne-s eux-mêmes directement de décider de l'adhésion ou non à un tel accord.
Des alternatives existent comme celle de l'élaboration de traités de maîtrise des échanges entre les pays et différentes régions du monde fondés sur la réciprocité des échanges, la solidarité et la coopération avec pour but le relèvement des niveaux de vie, le plein emploi, le développement des infrastructures, l'amélioration des conditions de travail, la garantie des droits sociaux et environnementaux, la transition écologique et la sécurité alimentaire…
C'est dans ce sens que le Parti communiste français poursuit son action avec ses élu-e-s, ses militant-e-s et dans tous les cadres de mobilisation citoyenne et populaire.

 

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Les nominations à la tête des institutions européennes : l’Europe libérale vers l’abîme

8 Juillet 2019, 11:03am

Publié par PCF Villepinte

 

PCF 4 juillet 2019

Les réunions du conseil des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont dans la douleur fait la proposition qu’Ursula von der Leyen, proche d’Angela Merkel et promotrice d'une Europe de la défense liée à l’OTAN, préside la Commission Europe, et que Christine Lagarde prenne la tête de la BCE. Les dirigeants européens ont également nommé Charles Michel, le premier ministre belge d’un gouvernement en faillite après avoir gouverné pendant quatre ans avec les nationalistes flamands de la NVA, à la présidence du Conseil européen.

Si nous pouvons nous féliciter avec d’autres de la nomination de femmes à des postes de responsabilité, nous ne pouvons qu’être très inquiets de leurs objectifs politiques pour continuer à mettre en œuvre cette politique de concurrence libre et non faussée, de libéralisation totale de l’économie, d’effacement total de la souveraineté des peuples.

Ces petits arrangements entre libéraux ont encore une fois choisi de mettre de coté la voix des peuples qui exigent une autre construction européenne, plus sociale, plus écologiste et respectueuse des souverainetés des peuples et des nations. Le président de la République a délibérément choisi de s’allier avec le PPE et les députés les plus libéraux du Parlement européen. Dans la foulée, en totale contradiction avec ses coup de mentons médiatiques, il accepte la signature de traités de libre échange dont celui du MERCOSUR, le pire que l’UE ait signé depuis sont existence !

Il accepte en plus la nomination à la Présidence de la commission européenne celle qui a été la ministre de La Défense Allemande, celle qui rêve de mettre en place une armée européenne de La Défense entièrement sous la tutelle de l’OTAN, privant totalement chaque pays de déterminer sa propre politique en matière de défense. C’est grave pour l’avenir de la Paix, pour les peuples qui attendent de l’Europe et de la France une voix forte face à celle des États Unis.

Plus que jamais et avec nos alliés européens, de la GUE-NGL, du PGE, du Forum européen des forces progressistes, écologiques et de gauche, le PCF est déterminé à mener la lutte contre ceux qui envoient l’Europe dans l’abîme de l’austérité et dans le chaos de l’ethnicisme. Les peuples et les nations d’Europe ont besoin d’autres coopérations, pour lutter contre la crise climatique et contre l’évasion fiscale, pour la défense des droits des travailleurs.euses, pour la lutte contre les discriminations et pour l’égalité femmes-hommes, pour la paix et la sécurité collective.  

 

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Européennes: Quelques premiers éléments d’analyse

29 Mai 2019, 10:06am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 29/05/2019 par PCF

Quelques premiers éléments d’analyse

Cette élection est complexe à analyser du fait des dynamiques de recompositions profondes du paysage politique français et européen. Ainsi il n’existe pas véritablement de scrutin antérieur naturel de référence. En effet l’élection européenne de 2014 était un scrutin de circonscriptions régionales et, de plus, certaines forces politiques conséquentes d’aujourd’hui comme la FI, LaREM et Génération.s n’existaient pas encore. Le fait qu’il faille remonter à 1999, pour retrouver un scrutin européen à la proportionnelle intégrale sur une circonscription nationale explique que nombre d’électeurs ont abordé cette élection comme un premier tour, voire un second tour de présidentielle.

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Une abstention en net recul mais pas pour tous les électorats

Avec une abstention à 49,88 %, cette européenne retrouve un niveau de participation inégalé depuis 1994 avec une progression du nombre de votants de 7,69 points sur 2014. Pour la première fois de l’histoire électorale française, une européenne connait un niveau de participation supérieur au 1er tour de l’élection législative la précédant. La Corse et la Seine-Saint-Denis, le département le plus jeune de France, sont les territoires où l’abstention reste la plus forte. C’est en Seine-Maritime, dans les Ardennes, le Pas-de-Calais, la Haute-Loire que le recul de l’abstention est le plus important par rapport à 2014.

Cependant, 68 % des 18-24 ans, 70 % des 25-34 ans se sont abstenus, alors que la participation des plus de 65 ans culmine à 69 % (1). A noter que plus on a une opinion tranchée à l’égard des gilets jaunes dans le soutien ou l’hostilité, plus on participe au scrutin (2). Sans surprise il y a une sur-participation des retraités, des cadres, des foyers gagnant plus de 3 000 € par rapport aux ouvriers, aux chômeurs et aux plus pauvres.

A noter que si les sympathisants du PCF et de LaREM avec 62 % et 64 % ont le plus participé a contrario ceux qui sont soit proches de la FI (47 % de votants), soit qui ont voté Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2017 ont été affectés des taux de participation les plus bas avec 47 % et 45 %.

42 % des électeurs se sont décidés dans la semaine précédent le vote, dont 20 % le jour même. Ce taux monte à 69 % pour ceux qui ont déposé un bulletin EELV dans l’urne. C’est pourquoi assez logiquement la profession de foi a été le vecteur dominant d’information des électeurs.

Cette hausse de la participation vient aussi d’une scénarisation et d’une dramatisation de cette élection voulue à la fois par LaREM et le RN afin de transformer le scrutin en mini second tour des présidentielles.

La liste du PCF : une dynamique qui ne s’est pas concrétisée jusqu’aux urnes

Pour la première fois depuis 2007, le PCF se présentait à une élection où la circonscription électorale est l’ensemble du territoire national. La liste que conduisait Ian Brossat fait 2,49 % des suffrages exprimés et 564 739 voix. En 2014, le Front de gauche avait fait 6,61 %, mais il s’agissait d’un mode de scrutin régional et d’une alliance avec le Parti de gauche, Ensemble et la Gauche unitaire. En revanche, cette campagne électorale a davantage ressemblé à une présidentielle qu’à une européenne et le PCF réalise un score en pourcentage supérieur au 1,93 % qu’il avait obtenu à la présidentielle de 2007.

À sept jours du scrutin, la campagne menée par Ian Brossat, ses colistières et colistiers, la forte mobilisation militante du Parti avaient hissé le score de la liste à l’étiage de 3,5 à 4 %. Une véritable dynamique se développait. Malheureusement, dans la dernière semaine, alors que nous étions brutalement quasi effacés des médias publics et que nombre d’abstentionnistes se muaient en électeurs, ce succès d’estime ne s’est pas concrétisé dans les urnes. Il reviendra dans les jours qui viennent aux communistes d’analyser en profondeur les raisons de ces difficultés, sans perdre de vue qu’au-delà du score décevant, la qualité de notre campagne par la dignité qu’elle redonnait au débat politique national a été reconnue au-delà de nos rangs. À noter une percée dans l’électorat des 18-24 ans où Ian Brossat fait 7 %. En revanche, la composition de notre liste avec plus de 50 % d’ouvriers et d’employés n’a pas permis notre ré-identification avec le monde du travail. De même, malgré nos efforts, nous ne sommes pas encore identifiés à un parti prônant une orientation écologique profondément liée au social.

Crise profonde de la FI et de sa stratégie populiste

La FI s’était engagée dans ce scrutin avec l’objectif d’incarner la première force d’opposition à Emmanuel Macron dans le cadre d’une stratégie populiste hégémonique dite de gauche. Devant la faible dynamique de sa campagne, l’échec d’y raccrocher le mouvement social des gilets jaunes, l’éclatement des contradictions entre gauche et populisme, Mélenchon a opéré dans les dernières semaines une réorientation brusque de son discours vers le rassemblement à gauche.

Avec 1 428 386 voix et 6,31 % la FI n’arrive même pas au niveau des 6,61 % du Front de gauche en 2014. Elle perd plus de 5 millions de voix sur la présidentielle de 2017 et 13,27 points. Mais elle obtient malgré tout 6 élu.e.s en devançant de très peu le PS.

La FI n’a pas réussi à mobiliser son électorat de la présidentielle. En effet plus, +de 50 % de cet électorat n’a pas été voter et une forte proportion de ses jeunes électeurs de 2017 ont fait le choix de voter cette fois-ci EELV.

Le PS : entre poursuite de la descente aux enfers et rémission provisoire

La liste du PS dont la conduite a été laissée à Raphaël Glucksmann, rassemble 1 401 978 voix et 6,19 %, soit une perte de 7,79 points sur 2014 qui déjà avait été une très mauvaise élection pour le PS. Par rapport à la présidentielle de 2017, Raphaël Glucksmann ne retrouve même pas le score de 6,36 % de Benoît Hamon. D’après les sondages sortis d’urnes il ne réunit que 29 % des électeurs socialistes du 1er tour de la présidentielle. La campagne du PS s’est faite avec un faible engagement militant et seule l’intervention de certains élus socialistes territoriaux ont permis à la liste d’être au-dessus des 5 %.

Malgré tout, le PS parvient à envoyer 6 députés-e-s au Parlement européen, mais ceci est loin de mettre fin à sa crise qui par ailleurs s’inscrit dans une crise plus globale à l’échelle mondiale de la social-démocratie.

Échec des ambitions de Génération.s et de Benoît Hamon

Benoît Hamon, fort de sa notoriété acquise lors de la présidentielle de 2017, entendait bien obtenir et dépasser les 5 %, faire élire des députés et ainsi enraciner son mouvement dans le paysage politique national. En partant de l’assise de quelques anciens réseaux militants socialistes, son mouvement in fine obtient 3,27 % et 741 212 voix, ce qui représente un échec au regard des objectifs initiaux de Génération.s.

Dans le cadre d’un éclatement en 4 formations, le total des listes de gauche hors écologistes dépasse à peine l’étiage des 18 %.

Succès d’EELV porté par les marches du climat

Avec 3 052 406 voix, 13,47 % et l’élection de 13 député.e.s, EELV a réussi une percée électorale dans la dernière semaine, portée par la médiatisation des manifestations des jeunes sur le climat et l’inquiétude sur l’avenir de la planète. Outre les jeunes avec des scores de 25 % chez les 18-24 ans, et 28 % chez les 25-34 ans, Yannick Jadot, malgré son forfait à la présidentielle au profit d’Hamon, a su rassembler, dans une stratégie « ni gauche, ni droite, mais écologiste », à la fois des électeurs de la présidentielle de Mélenchon (17 %), d’Hamon (26 %) et de Macron (20 %). Il augmente de 3,5 points le score des Verts par rapport à 2014 et se rapproche du record de 16,28 % en 2009. EELV tient au lendemain du scrutin un discours à visée hégémonique qui n’est pas sans rappeler celui de la FI après le 1er tour de la présidentielle.

LaREM se consolide sur sa droite

LaREM obtient 5 076 363 voix et 22,41 % ainsi que 23 député.e.s. Son duopole voulu avec le RN se termine par une défaite relative face au parti populiste d’extrême droite. Mais, dans le même mouvement, ce scénario lui a permis de consolider, par rapport à la présidentielle, son emprise sur l’électorat de droite. Ainsi elle récupère 27 % des électeurs de François Fillon et enracine son emprise sur l’électorat retraité (24 % chez les 60-69 ans et 33 % chez les plus de 70 ans) sur les CSP+ et les ménages gagnant plus de 3 000 €. LaREM, certes avec la mobilisation de tous les moyens qu’offre la présidence de la République, parvient à s’installer comme la force de droite libérale et autoritaire de ce pays.

LR en danger de mort pris en étau entre LaREM et RN

Avec 1 920 530 voix, 8,48 % et 8 élu.e.s, cette européenne se termine en naufrage politique pour LR qui perd 12,33 points sur 2014. Des morceaux entiers de l’électorat de Fillon sont captés par LaREM, d’autres, dans une moindre mesure, succombent à la tentation du vote RN. LR voit son espace politique rétrécir comme peau de chagrin.

Le RN grand bénéficiaire du « référendum anti-Macron »

RN réunit 5 281 576 voix, 23,31 % et assure 23 sièges de députés. S’il fait légèrement moins que les 24,86 % du FN en 2014, il est devant LaREM et s’installe comme première force politique. Lui qui, il y a dix ans, aux européennes de 2009 faisait à peine 6,34 %.

Il est de loin la première force électorale chez les ouvriers (40 %), chez les actifs entre 35 et 60 ans. Il a su sur-mobiliser son électorat de la présidentielle de 2017, capter une part de l’électorat LR et donner en le dépolitisant un débouché à ceux qui voulaient utiliser à tout prix les européennes comme un vote sanction de Macron. Par contre, les apports de voix venant des électorats de la gauche, y compris de la FI, sont très faibles (7 % du vote Mélenchon, 5 % du vote Hamon).

 

Ces élections européennes s’inscrivent dans un mouvement de recomposition profonde et accélérée du paysage politique de notre pays. Cela impose aux communistes de poursuivre la mise en œuvre d’une visibilité plus grande et d’un ancrage plus important de notre parti dans l’ensemble de la société française. Et pour toute la gauche, un défi existentiel qui implique à la fois de rassembler mais aussi de redonner tout son sens de classe au mot gauche, en ce début de XXIe siècle marqué par les révolutions sociales, écologiques, urbaines, monétaires, démographiques et numériques.

Pierre Lacaze, Yann Le Pollotec, Adrien Tiberti

 

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Elections européennes : déclaration du PCF

27 Mai 2019, 05:44am

Publié par PCF Villepinte

Au soir de ce scrutin, la domination des forces réactionnaires, marquée par le score élevé du Rassemblement national qui arrive en tête, deux ans après le séisme de 2017, doit interpeller toutes les forces de gauche. Cette situation est très grave pour l'avenir de la France. L'aspiration à un changement de politique, pourtant largement majoritaire en France et en Europe, ne s'exprime pas pour le moment en faveur d'une issue politique de progrès social et démocratique.

La responsabilité première de la progression du RN incombe à Emmanuel Macron qui a tout fait depuis plusieurs mois pour installer un face-à-face avec le parti de la haine. Non seulement LREM connaît un échec, mais en faisant ce choix ainsi qu'en mettant en œuvre une politique néolibérale, profondément antisociale, le Président de la République aura offert au RN un regain de crédit politique. Ce jeu cynique a un prix catastrophique : il met en danger la République au moment même où des formations autoritaires et xénophobes viennent d’obtenir des résultats préoccupants dans plusieurs pays d’Europe. Nous n’en sommes que plus inquiets de la place qu’ont pris, dans la campagne électorale, les propos démagogiques ou mensongers, les discours racistes et les appels à la stigmatisation des réfugiés.

Les estimations connues à cette heure indiquent une forte hausse de la participation par rapport à ce qui était attendu. Cela n'efface pas pour autant la crise démocratique dans laquelle s’enfonce, depuis des années, notre pays. Plusieurs dizaines de millions d’électeurs.trices, notamment dans les catégories populaires comme parmi les jeunes et dans l’électorat de gauche, ne se sont pas sentis concernés, laissant ainsi la droite, qu’elle soit macroniste ou LR, et l’extrême-droite rafler l’essentiel des sièges au Parlement européen.

Malgré la très belle campagne de Ian Brossat et de ses colistier.e.s, la participation des militant.e.s du PCF et de République et Socialisme, ainsi que de citoyen.ne.s de tous horizons, le score de notre liste Pour l'Europe des gens contre l'Europe de l'argent est en deçà de nos espérances. Les propositions que nous avons portées, notre travail de terrain pour promouvoir les exigences populaires, notre respect de toutes les forces de gauche constituent un atout pour construire une alternative de gauche à la politique d’Emmanuel Macron.

Du fait d’un mode de scrutin inique, qui élimine toute liste ayant obtenu moins de 5 %, notre résultat ne nous permet pas d’envoyer des députés au Parlement européen. Ces élus manqueront pour conduire les combats plus que jamais indispensables pour construire l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent. Ce combat ne s’en poursuivra pas moins, avec nos partenaires du Parti de la gauche européenne et du groupe de la Gauche unitaire européenne, dans les luttes et les batailles qu’il faudra mener contre le néolibéralisme et le nationalisme qui menacent l’Europe et la France.

La grande leçon de ce scrutin est donc le besoin de reconstruire la gauche, afin d’ouvrir une issue à la grave crise que vit notre pays.

Au total, les différentes listes s’en réclamant, qui étaient divisées sur la question européenne, atteignent à peine un tiers des suffrages exprimés. Il convient maintenant de travailler au rassemblement. C’est le sens de l’appel solennel que nous lançons ce soir à l’ensemble des forces de gauche, à leurs électrices et à leurs électeurs.

Notre pays est en proie à une colère profonde devant les inégalités que provoquent des politiques au service exclusif de la finance et du capital. Rien n’est plus indispensable que d’empêcher son dévoiement en proposant à notre peuple une perspective de progrès social et de justice, d’égalité et de fraternité retrouvées, de démocratie et de défense des équilibres écologiques menacés par un capitalisme cupide. C’est la seule manière de faire renaître un espoir majoritaire et de pouvoir battre, en même temps, le président des ultra riches et ses faux adversaires d’extrême droite.

Dans le respect de notre diversité, nous devons, nous pouvons construire un large rassemblement sur des propositions de gauche en rupture avec les politiques néolibérales. Nous pouvons construire et obtenir des avancées importantes et attendues avec les salarié.e.s en lutte dans les entreprises, leurs organisations syndicales, de nombreux citoyen.ne.s mobilisés dans le mouvement des gilets jaunes et les actions pour le climat, le mouvement associatif. Nous pouvons mettre en échec le projet gouvernemental de contre-réforme des retraites, comme les reculs démocratiques contenus dans les réformes institutionnelles en préparation, gagner ensemble une augmentation générale des salaires et des pensions, une sécurité sociale étendue, un plan d’urgence pour les services publics, le retour sur les privatisations imposées aux Français à commencer par celle d’ADP, une lutte déterminée contre l’évasion fiscale et pour une autre utilisation de l'argent public, des banques et des entreprises. Le PCF prendra toute sa part dans ce travail de reconstruction de la gauche. Nous proposons à toutes les forces de gauche et écologistes de se rencontrer rapidement pour échanger sur les initiatives à prendre et nous appelons nos concitoyens à s'appliquer dans cette reconquête.

Passons ensemble à l’action. Commençons ainsi à esquisser l'union populaire qui pourra demain changer le destin du pays et de l'Europe. C’est avec détermination que le Parti communiste français s’engage dans la bataille pour la transformation sociale.

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Si on s'en tient à la loi du profit, on est mort!

24 Mai 2019, 06:58am

Publié par PCF Villepinte

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Une ouvrière au Parlement européen ?

23 Mai 2019, 11:58am

Publié par PCF Villepinte

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Transport ferroviaire et Fonds européen

23 Mai 2019, 05:32am

Publié par PCF Villepinte

L’affaire du train Rungis-Perpignan révèle à quel point développer le fret ferroviaire est une urgence absolue. Il faut augmenter de 6 Md€ par an les investissements ferroviaires pour la France et de 30Md€ pour la zone euro. Cela permettrait de faire reculer la part des poids lourds, les émissions de CO2, rouvrir des gares, des lignes et créer des emplois. C’est à peine 1 % des 3 300 Md€ avec lequel la BCE inonde les marchés et les banques sans aucune condition.

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Nécessité du fret

Le 30 juin, le dernier train de fret à arriver à la gare de Rungis sera mis à la casse, remplacé par 20 000 camions sur la route (par an). Il s’agit du train Perpignan-Rungis qui transporte 20 % des fruits et des légumes de Rungis qui, pour une large partie, proviennent d’Espagne. C’est dire l’ampleur de l’intégration productive en Europe et la nécessité d’un grand plan de développement du rail et du fret.

 Le coût ?

Ce train est mis à la ferraille car la SNCF juge trop coûteux et pas assez rentable l’investissement de 20 millions d’euros pour remplacer 82 wagons, vieux de 40 ans. 20 millions ce n’est pas grand-chose. Mais on ne peut pas se contenter d’une réponse ponctuelle, que la ministre Borne envisage. Cela montre que le fret ferroviaire doit être une grande cause nationale et européenne, ainsi que le transport voyageur.

 6 Md€ supplémentaires par an en France pour le ferroviaire, dont le fret, et pas pour la spéculation

Un grand plan de développement du fret et du rail en France peut être estimé à 6 milliards supplémentaires d’euros par an. Au niveau de la zone euro, car il doit être coordonné avec nos voisins européens d’où viennent tant de marchandises par poids lourds (Espagne, Pays-Bas, Allemagne…), il faut probablement 30 Md€, soit 5 fois plus. C’est à peine 1 % de ce qu’offre la BCE à la spéculation. Il faudrait aussi reprendre à 0 % la dette de la SNCF qui génère actuellement au moins 2 Md€ de charges d’intérêts ! Cela lui donnerait de l’air pour embaucher.

 Proposition : un Fonds européen d’investissement abondé par la BCE pour tous les services publics

C’est pourquoi le PCF propose la mise en place d’un Fonds européen d’investissement social et écologique, abondé par ces euros de la BCE prêtant à 0 %. Il permettrait de mettre en œuvre un grand plan d’investissement dans le ferroviaire (fret, voyageur) et d’alléger la charge de la dette.

Au-delà, ce Fonds financerait tous les services publics, notamment les hôpitaux. Et pourrait aussi appuyer une réindustrialisation nouvelle (wagons nouvelle génération…). Il peut être mis en place immédiatement, malgré les traités actuels que nous combattons par ailleurs, sans attendre l’unanimité des 28 États-membres, avec l’ensemble des forces d’Europe prêtes à livrer cette bataille.

 Signification politique

Pour cela, il faut oser rompre avec la dictature de la rentabilité financière exercée jusque sur la BCE, peser pour que cet argent soit utilisé pour l’écologie et l’emploi. Et de façon solidaire en Europe ! Certes, longtemps après nous, on commence à parler de banque en lien avec le climat. Mais sans impliquer la BCE, ni dire précisément comment y faire contribuer les 3 300 milliards de la BCE, cela ne tient pas. Il faut une institution nouvelle, ce Fonds, se dégageant de l’étau des traités actuels, et ne pas opposer écologie et social. N’entamons pas une guerre de religion sur les traités. Réglons leur sort en commençant ainsi.

S’ils sont élus, les communistes porteront dans toute l’Europe, avec leurs alliés des autres pays, la bataille pour un Fonds européen finançant les services publics.

Frédéric Boccara, Kévin Guillas-Cavan, Francis Wurtz.

 

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