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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

emploi

Emploi

16 Avril 2010, 10:51am

Publié par PCF Villepinte

 Pôle emploi : le ras-le-bol, même au sommet
Auteur d’un rapport, mesuré, sur les dysfonctionnements liés à la fusion ANPE-Unedic, Benoît Genuini démissionne, avec fracas, de sa fonction de médiateur de Pôle emploi. Un geste symbolique d’un malaise profond, partagé d’un côté comme de l’autre des guichets de l’assurance-chômage.

C’est la pagaille à Pôle emploi, mais chut  ! Dans le contexte de chômage galopant, la fusion à marche forcée entre l’ANPE et les Assedics montre chaque jour ses limites  : condamnés sous peine de sanctions à prendre des emplois en voie de raréfaction ou, tout simplement, de précarisation, les chômeurs, contrôlés, ponctionnés en cas de «  trop-perçu  » ou radiés parfois mécaniquement, subissent de plein fouet les effets des «  dysfonctionnements  » liés à la création de Pôle emploi et de l’allongement des délais pour établir leurs dossiers  ; et, au sein des agences fusionnées, les personnels, placés en concurrence avec les opérateurs privés de placement, sont, eux, incités à faire toujours plus de chiffre, quand le président de la République et le gouvernement avaient claironné leurs promesses fallacieuses de réduire le nombre de demandeurs d’emploi suivis par agent. De part et d’autre des guichets, livres-témoignages, grèves ou tentatives de suicide en témoignent, le malaise est patent face à cette «  machine à broyer  ».

Témoin, ce qui vient d’arriver à Benoît Genuini, médiateur et membre de la direction de l’organisme fusionné  : après avoir publié il y a un mois son rapport 2009, ce très proche de Martin Hirsch, ex-haut commissaire aux Solidarités actives dans le gouvernement Fillon, a claqué la porte hier de Pôle emploi. Et en recourant aux services d’une boîte de communication qui a largement diffusé l’information, il a choisi de le faire savoir largement… avant de se mettre aux abonnés absents  ! «  Je n’ai ni les moyens ni le soutien nécessaires pour continuer à faire mon travail, a-il expliqué au Figaro. La direction générale n’a pas vu l’intérêt de mon rapport parce qu’elle accepte mal toute forme de critique.  » Dans ce document qui, très éloigné du brûlot syndical, se contente de relater une soixantaine d’histoires réelles de chômeurs et de préconiser «  beaucoup plus de bon sens et d’humanité  », l’ex-médiateur de Pôle emploi tentait notamment d’alerter sur «  l’impact des radiations sur ceux qui en font l’objet  » ou encore sur certains «  excès  » liés aux activités de recouvrement d’allocations «  indues  ».

impossible indépendance

Pour Laurent Guilloteau, membre de la coordination des intermittents et des précaires d’Île-de-France qui, ces derniers mois, a mené plusieurs actions collectives sur le terrain pour faire annuler des procédures de radiation ou de récupération de trop-perçu (lire aussi notre témoignage), «  l’assurance-chômage est aujourd’hui une zone de non-droit et le phénomène est si massif qu’on ne voit pas bien ce qu’un médiateur pourrait y changer quand, pour un même chômeur, le système peut aller jusqu’à établir des notifications contradictoires, verser une allocation, puis la retirer sans jamais nous avertir et saisir tout, y compris la quotité insaisissable.  »

Tant à la direction de Pôle emploi que dans les syndicats, cette démission spectaculaire a pris tout le monde de court. Pour le SNU Pôle emploi, Philippe Sabater considère que «  le médiateur a été poussé dehors  : il n’y avait aucune indépendance possible parce qu’il était sous la tutelle directe de la direction  ». Délégué syndical central CGT, Stéphane Guillou ne se montre guère étonné par ce départ  : «  Il suffit que le médiateur ait un tout petit peu de conscience personnelle pour choisir la démission. Au fond, le médiateur comptait parmi les 80 % de salariés qui, selon l’enquête sur les risques psychosociaux à Pôle emploi, considèrent que, dans leur travail, on leur demande de faire des choses auxquelles ils n’adhèrent pas.  »

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Une autre utilisation des FONDS PUBLICS

11 Mars 2010, 22:26pm

Publié par PCF Villepinte

Fonds publics. En faire de véritables pôles de lutte contre la crise et le chômage

19852560 jpeg preview mediumPar Pierre Ivorra

Comment faire des régions de véritables pôles 
de lutte contre la crise et le chômage sans attendre 
des changements politiques plus importants ?
L’engagement d’une véritable reprise se heurte 
à un obstacle de taille : le rationnement du crédit. 
Le système bancaire prête au compte-gouttes 
par peur des défaillances et parce qu’il préfère restaurer ses marges en développant ses activités 
sur les marchés financiers. En janvier 2010, 
les encours de crédits des banques aux PME ont progressé de 1 %, par rapport à janvier 2009. 
Les crédits de trésorerie ont reculé de 8 %. 
Des entreprises sont asphyxiées. 
En septembre dernier, le nombre de défaillances jugées depuis un an était en hausse de 15 % ! 
Le taux de chômage culmine désormais à 10 %. 
Dans certaines régions, en Île-de-France, 
en Rhône-Alpes, il a progressé de plus 
de 19 % en un an, plus que la moyenne nationale.

Si le crédit bancaire soutient faiblement la croissance et l’emploi, ce n’est pas uniquement parce qu’il est insuffisant. C’est d’abord parce qu’il est mal orienté. 
Il est soumis à des critères de rentabilité 
et non à des obligations de création d’emplois, 
de mise en formation. On peut pourtant commencer à retourner cette arme de l’argent. Avec leurs moyens, les régions peuvent jouer ce rôle et favoriser l’action des travailleurs, des populations. Cela suppose 
de changer la politique d’aide aux entreprises. 
En prenant une partie du coût du crédit à sa charge et en apportant sa garantie, à condition que l’argent prêté serve à financer des investissements permettant de consolider ou de créer des emplois, la région 
peut à la fois inciter les banques à ouvrir le robinet et infléchir les gestions d’entreprise.

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Emploi

10 Mars 2010, 23:33pm

Publié par PCF Villepinte

 Quand la région bataille pour l’emploi
Appui à l’intervention des salariés dans les choix de gestion, facilitation de l’accès au crédit bancaire… les régions ne sont pas condamnées à la distribution sans conditions d’aides publiques aux entreprises. En Rhône-Alpes, sous l’impulsion d’une élue PCF, le dialogue social a pris corps.Lyon, envoyée spéciale.

lors du basculement, à la surprise générale en 2004, de la région à gauche, Christiane Puthod (PCF) se retrouve déléguée à l’emploi. « Une responsabilité compliquée, puisqu’il s’agissait avant tout d’une compétence de l’État », explique-t-elle. D’entrée, le conseil régional convoque une conférence sociale avec le patronat et les syndicats. Il en ressort deux constats alarmants sur la politique régionale à l’œuvre avant 2004. Seules les grandes organisations patronales étaient alors consultées pour dresser les grandes orientations  ; les syndicats, eux, jugés trop revendicatifs, étaient tenus à l’écart. Pis, les entreprises, en particulier les plus grosses, pouvaient disposer, sans aucune condition, d’aides multiples sans aucune efficacité avérée en termes d’emploi. « La région était une sorte de guichet ouvert qui avait développé beaucoup de subventions. Il a fallu faire en sorte qu’elle devienne un lieu où les salariés puissent savoir que leurs intérêts seraient pris en compte  ! martèle l’ex-secrétaire générale CGT du Rhône. Ce qui n’a pas été une mince affaire, parce que la tendance était de faire mieux, mais en continuant ce qui s’était fait précédemment. » Très vite, le conseil régional met en place un appui financier de 700 000 euros afin que les représentants des syndicats puissent participer aux réunions « stratégiques » organisées par la région, dans les territoires, sur les problèmes économiques et sociaux, la législation du travail ne le permettant pas. « Il ne s’agissait pas de fonds pour faire fonctionner notre organisation, mais de l’argent public permettant aux syndicats d’élaborer de véritables projets pour les salariés », précise Élisabeth Le Gac, secrétaire générale de l’union régionale CFDT. Constat identique pour Bruno Bouvier, secrétaire général de la CGT en Rhône-Alpes  : « Nous avons été considérés comme une force de proposition, c’était une petite révolution. » « J’ai remis du social dans l’économie », affirme sans prétention Christiane Puthod.

face à la frilosité des banques
Dans le même temps, une commission de suivi et d’évaluation des aides publiques régionales aux entreprises, composée d’élus et élargie aux organisations syndicales de salariés et d’employeurs, est créée. « J’aurais pu m’en tenir au simple état des lieux, confie la conseillère régionale communiste. Ce n’est pas ma culture. » En pleine crise de la chaussure, en 2005, elle se rend à Romans (Isère). Un chef d’entreprise en difficulté lui explique qu’il n’a pas besoin de subventions publiques, mais de crédits bancaires, et que, pour cela, il se heurte à la frilosité des banques. À ses yeux, la région ne peut rien pour lui. La réflexion chemine parmi les membres de la commission et débouche sur la mise en place du « fonds régional pour l’emploi en Rhône-Alpes » – un dispositif de garantie bancaire qui permet aux entreprises d’obtenir un crédit à condition qu’elles maintiennent ou développent l’emploi. « Avec 2 millions d’euros de fonds de garantie de la région, les entreprises lèvent environ 90 millions d’euros de crédits auprès des banques », indique Christiane Puthod.

Au troisième trimestre 2008, la crise frappe très fort en Rhône-Alpes. Première région sous-traitante de France, elle subit de plein fouet la chute de la production industrielle. À l’instar de la vallée savoyarde de l’Arve, où près de 30 000 personnes se retrouvent sans travail. « Nous avons très vite réuni les partenaires sociaux. Et nous avons alors développé un outil déjà mis en place pour les salariés, le “fonds régional d’action d’urgence”. » Un fonds visant à aider les salariés des sociétés de moins de 50 personnes, démunies de comité d’entreprise, lorsque celles-ci société sont en difficulté ou qu’il y a un risque potentiel pour l’emploi. La région met à leur disposition une expertise afin de rechercher une alternative aux licenciements. Du côté des dirigeants, il s’agit, dans les soixante-douze heures, d’obtenir l’aide d’un expert. « Une sorte de petit samu », confie Christine Puthod. En utilisant cette expertise, les salariés peuvent contester, sur le fond, une décision qui leur serait fatale. « L’équivalent régional du droit suspensif des CE sur les licenciements, revendiqué par la CGT », note l’élue. Pour aller vite, les dossiers sont directement confiés aux organisations patronales (quand la demande émane d’un chef d’entreprise) et syndicales (lorsque la demande émane des salariés). Une façon de faire peu orthodoxe mais qui s’avère plus efficace car « les salariés préfèrent téléphoner aux syndicats qu’à la région », explique l’élue communiste. Mis en application rapidement, ce dispositif, pour un coût limité de 2 millions d’euros, obtient un franc succès  : les dossiers sont nombreux. Les habitudes sont bousculées. « Certains salariés, lorsque nous leur avons parlé du fonds d’urgence, ne comprenaient pas qu’ils avaient la possibilité de faire appel à un expert pour émettre un projet alternatif. C’est un choc culturel », explique Jean-Pierre Petit, de la CFDT. « Un dispositif exceptionnel bien adapté », salue même le Medef régional. Pour la CGT, « l’avantage est de montrer la cohérence d’une alternative, mais cela implique un réel suivi et ne dispense pas d’instaurer un véritable rapport de forces avec l’employeur. Car, au bout du compte, c’est lui qui a le dernier mot ».

des aides sous conditions

En six ans, Christiane Puthod a le sentiment d’avoir été utile aux citoyens. Mais elle ne se cache pas les limites de son action. Alors que la région gère 200 millions d’euros pour l’action économique, sa délégation ne dispose que d’un budget de 8 millions d’euros. « Ils m’ont laissé m’occuper de ce qui allait mal, mais il reste encore beaucoup à faire », estime-t-elle.

Sa commission régionale de suivi et d’évaluation a travaillé sur une charte de contractualisation des aides. L’objet  : « Faire en sorte qu’elles comportent des obligations sociales et environnementales pour faire changer les comportements. » Un projet bloqué par l’exécutif dans les couloirs du conseil régional. Les raisons  : trop contraignant en temps de crise, trop peu de moyens en personnel pour le mettre en application. « Une véritable bataille de chiens  ! explique le syndicaliste Benoît Bouvier. C’est là qu’on voit que nous touchons à quelque chose de sensible. » À nouveau candidate sur la liste du Front de gauche, Chritiane Puthod n’a pas l’intention de lâcher l’affaire  : « J’ai joué un peu les trublions en m’appuyant fortement sur les organisations syndicales de salariés, de la CGPME et de l’UPA. Je compte bien faire appliquer cette charte et même l’étendre à l’ensemble des aides accordées par la région. »

Clotilde Mathieu

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Emploi/Développement économique

5 Mars 2010, 16:17pm

Publié par PCF Villepinte

La France repasse la barre des 10 % de chômeurs, le même chiffre qu’en 1999

trava+vendredi 5 mars 2010

Le taux de chômage augmente nettement et revient au niveau de 1999 explique l’INSEE dans sa lettre "Informations Rapides" n° 65 du 4 mars 2010.

En moyenne sur le quatrième trimestre 2009, le taux de chômage au sens du BIT s’établit à 10,0 % de la population active en France (incluant les Dom). Les statisticiens ne prévoyaient pas de repasser la barre des 10 % avant juin 2010.

Pour la France métropolitaine, le taux de chômage s’établit à 9,6 %, soit plus de 2,7 millions de personnes. Il augmente de 0,5 point par rapport au troisième trimestre 2009, et retrouve son niveau de 1999.

Plus généralement en France métropolitaine, 3,4 millions de personnes ne travaillent pas mais souhaitent travailler, qu’elles soient ou non disponibles dans les deux semaines pour travailler et qu’elles recherchent ou non un emploi

La hausse du chômage a surtout touché les hommes : + 0,8 % en un trimestre, + 2,2 % en un an. Le chômage des femmes est resté stable au quatrième trimestre et a augmenté de 1,2 % en un an.

L’Insee observe un "phénomène inédit" :

Le chômage des jeunes hommes de 15 à 24 ans dépasse celui des jeunes femmes. Plus de 25 % des jeunes hommes de moins de 25 ans sont au chômage ! Ce taux a augmenté en 2009 de 3,9 %.

 

 

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Licenciement des 24 salariés de Babou à Sevran

2 Mars 2010, 17:04pm

Publié par PCF Villepinte

François ASENSI

DEPUTE DE SEINE-SAINT-DENIS

Villepinte – Sevran – Tremblay 
                                             
Paris, le 1er mars 2010

 

Communiqué

asensiLe Député demande une enquête au Préfet

 

Le 26 janvier dernier, deux jours avant la fermeture du magasin par la direction, les salariés de Babou à Beau Sevran se sont mobilisés pour dénoncer leur condition de licenciement.

Délit d’entrave, manquement aux procédures légales, défaut d’information, les salariés estiment que leurs droits n’ont pas été respectés. La crise ne peut pas être un prétexte pour voir les droits des salariés battus en brèche.

Le député François Asensi a donc écrit au Préfet de Seine-Daint-Denis pour que soit diligentée une enquête de la direction départementale du travail et soient mises en lumière les conditions de leur licenciement.

 

Contact presse :

francois.asensi@gmail.com

01 49 63 71 17

www.francoisasensi.com

 

Le 1 mars février 2010

Monsieur Nacer MEDDAH

Préfet de Seine-Saint-Denis

                                                 Préfecture de la Seine-Saint-Denis

124, Rue Carnot

93000 Bobigny

Monsieur le Préfet,

Je voudrais attirer votre attention sur la situation des salariés de l’entreprise Babou, située sur la zone commerciale de Beau Sevran.

Depuis le 26 janvier, soit deux jours avant la fermeture définitive du magasin par la direction, les 24 salariés - dont 17 en contrat à durée

indéterminée et 7 en contrat à durée déterminée - se mobilisent pour dénoncer les conditions de leur licenciement.

En s’appuyant sur une convention collective largement défavorable aux salariés, la direction propose des indemnités de licenciement qui ne leur permettent pas d’envisager l’avenir. Si rien ne semble illégal dans le montant de l’indemnité proposée, son montant particulièrement bas ne fait qu’exacerber leur sentiment d’injustice.

Or, ce sentiment d’injustice se nourrit d’éléments conduisant ces 24 personnes à considérer que les formes légales du licenciement économique n’ont pas du tout été respectées. Si tout reste à prouver, j’ai tenu tout de même à vous alerter sur la gravité des faits qui m’ont été rapportés. Sont ainsi évoqués des délits d’entrave, le manquement aux procédures légales, le défaut d’information des salariés.

24 salariés licenciés, ce sont en réalité 24 familles qui aujourd’hui vivent dans l’angoisse du lendemain. Aussi, je vous demande, Monsieur le Préfet, de bien vouloir diligenter une enquête de la Direction Départementale du Travail, afin d’établir la vérité sur les conditions de ce licenciement.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes salutations distinguées.

François ASENSI

Député de Sevran, Tremblay,

Villepinte

 

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Emploi/Développement économique

26 Février 2010, 07:11am

Publié par PCF Villepinte

Gel des salaires : sondage BVA/Les Echos

jpg salaire-2-27186jeudi 25 février 2010


Dans un sondage réalisé par BVA/les Echos sur les augmentations de salaires, publié le 24 février, à la question « vous personnellement pensez-vous que votre salaire sera augmenté en 2010 ? »

- 74% des salariés qui touchent un salaire inférieur à 1500 euros redoute une stagnation de leur salaire

- 53% touchant un salaire de 1500 à 2500 euros

- 61% touchant un salaire de 2500 à 3500 euros

- 61% touchant un salaire de plus de 3500 euros

Globalement tout salaires confondus 37% des salariés espèrent une augmentation de salaire

- 61% des employés, ouvriers, cadres supérieurs, professions libérales et professions intermédiaires redoutent une stagnation de leur salaire contre 37% qui espèrent une augmentation.

Dans le secteur public 67% des salariés sont pessimistes chiffre plus important que dans le privé 56% contre 37% qui espèrent une augmentation.

Sondage BVA/les Echos

 

 

 

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Quand l’État lâche une entreprise de pointe

18 Janvier 2010, 17:48pm

Publié par Daniel JUNKER

 Derrière les gesticulations de Sarkozyrenault.jpg à propos de Renault, le gouvernement se garde bien d’intervenir dans d’autres dossiers. Le cas du site de recherche ST Ericsson, un fleuron des nanotechnologies près de Caen, est exemplaire. Là-bas, tous les appels des ingénieurs surqualifiés sont restés lettres mortes.

« Le président prétend intervenir pour éviter la délocalisation de la production de Renault, pourquoi ne fait-il rien pour nous ? » La question brûle les lèvres des salariés de l’entreprise ST Ericsson. Depuis juin 2009, le site de Colombelles, près de Caen (Calvados), est sous le coup d’un plan social : 114 ingénieurs qualifiés dans la recherche et le développement (R&D) de semi-conducteurs dans la téléphonie mobile sont poussés vers la sortie. D’après la CFDT du site, 150 postes ont été créés dans un centre R&D à Bangalore, en Inde, et une dizaine de postes à Austin, au Texas, pour y délocaliser leurs activités. Comme pour la marque au losange, la France est actionnaire, au travers d’Areva et à hauteur de 13,75 %, de STMicroelectronics, l’entreprise qui détient 50 % de ST Ericsson. Cette dernière est le fruit de l’union de STMicroelectronics et d’Ericsson, en février 2009. En France des sites ST Ericsson existent au Mans, à Rennes, à Grenoble… Ce mariage a pourtant accouché d’un plan de restructuration mondial de 2 300 postes. Mais ce qui frappe les ingénieurs, c’est l’attitude du gouvernement : il reste aux abonnés absents. « L’État est membre du comité de surveillance à titre d’actionnaire, il possède un droit de réserve et de blocage pour éviter les licenciements  », explique Frédéric, élu CFDT au CE de ST Ericsson. Pourtant, les compétences de l’entreprise dans la R&D sont reconnues et sont présentées comme stratégiques pour le pays. Le ministère de l’Économie, de l’Industrie et l’Emploi a versé 380 millions d’euros à STMicroelectronics, dans le cadre du plan de financement des nanotechnologies, Nano 2012, lancé en avril 2009 par Christine Lagarde.

L’entreprise a aussi profité de réductions fiscales, de crédit impôt recherche en 2009 à hauteur de 200 millions d’euros. « STMicroelectronics cultive une politique de récupération maximale des aides publiques », constate un salarié de ST Ericsson. STMicroelectronics figure aussi comme l’une des candidates favorites éligibles du grand emprunt. Dans un rapport du 6 novembre 2009, le ministère de l’Industrie met en avant sa maîtrise des nanotechnologies, des systèmes nomades ou autonomes des composants électroniques, particulièrement dans le très haut débit à la norme LTE (Long Term Evolution, la quatrième génération de téléphones portables). « On a équipé un téléphone sur deux dans le monde avec ces nouvelles technologies, observe Frédéric. Ils veulent faire des économies mais ça leur coûtera plus cher de trouver de telles compétences, des ingénieurs avec des dizaines d’années d’expérience, et de reprendre les recherches là où on les a laissées. » Avec ces restructurations, ST Ericsson souhaite, selon la direction contactée par l’Humanité, établir une structure R&D « durable et profitable  ». En Inde et aux États- Unis, plutôt qu’en France.

UN MILLIARD D’EUROS VERSÉS AUX ACTIONNAIRES EN 2009

Alors que les deux maisons mères, Ericsson et STMicroelectronics, ont versé un milliard d’euros de dividendes à leurs actionnaires en 2009, les salariés demandent, depuis le premier semestre de l’année dernière, des explications sur le silence de l’État. Sans grand succès. Début juin, ils sont reçus à Bercy. « Le ministère a estimé qu’il n’avait pas à intervenir dans la stratégie des entreprises, rapporte Jean, membre CFDT du comité de groupe européen. Et il nous a dit que ce n’était pas une bonne chose de prendre notre direction en otage. Leur analyse est en phase avec celle de la direction…  » Après une grève de cinq semaines, un protocole prévoyait deux autres réunions au ministère de l’Industrie. « L’État s’était quand même engagé à nous faire rencontrer STMicroelectronics, à nous donner un plan social correct, pour l’instant nous n’avons toujours rien vu venir », constate Jean.

La seconde réunion prévue par le protocole n’aura jamais lieu. Le ministère de l’Industrie leur demande de se tourner vers la préfecture. Nouvelle douche froide : celle-ci s’oppose à une nouvelle réunion début novembre, au motif qu’elle ne souhaite pas interférer avec la procédure de justice en cours contre le plan social (lire aussi ci-contre). Rejetés de toute part, les salariés réclament un peu d’attention. Ils comptent interpeller Christian Estrosi, qui se rendra la semaine prochaine à Caen. Pour lui rappeler que le site ST Ericsson de Caen n’est pas encore enterré… Enterré, s’il devait l’être, ça serait avec les fonds publics et la complicité de l’État actionnaire !

CÉCILE ROUSSEAU

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La longue bataille des salariés de Moulinex s'achève

19 Décembre 2009, 12:40pm

Publié par Daniel JUNKER

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La cour d’appel de Caen a jugé vendredi "sans cause réelle" les licenciements en 2001 de 568 salariés de Moulinex, contrairement à ce qui avait été jugé en première instance et elle a revu les montants des dommages et intérêts qui leur avaient alors été accordés.

Dans l’Humanité samedi, retour sur huit ans de bataille. Comment, dès 2003, la brigade financière accablait banques et dirigeants du groupe.

Les "licenciements doivent être considérés comme dénués de cause réelle et sérieuse", écrit dans son arrêt Bernard Deroyer, le président de la cour d’appel.

Les dommages accordés par la cour vont de 1.700 euros à 49.700 euros selon les salariés, alors qu’en première instance la fourchette allait de 1.000 à 57.000 euros. Les demandes des salariés allaient de 10.000 à 139.000 euros.

Le 11 septembre 2007, les Prud’hommes de Caen avaient "considéré chaque licenciement comme étant basé sur une cause réelle et sérieuse" mais ils avaient mis en cause leur "technique" de mise en oeuvre.

Mais la Cour de cassation a depuis reconnu sans cause réelle ni sérieuse d’autres cas de licenciements Moulinex.

Vendredi, l’arrêt de la cour d’appel de Caen a été salué par les anciens représentants syndicaux. "Après huit ans de lutte, c’est à la fois enfin de la monnaie sonnante et trébuchante et une reconnaissance", a déclaré Marie-Gisèle Chevalier ex-déléguée CFDT.

L’appel était suspensif mais un éventuel pourvoi en cassation ne le serait pas, a précisé Me Coralie Loygue, l’une des avocates des salariés.

Les administrateurs judiciaires n’ont pas encore décidé s’ils faisaient appel, a indiqué par téléphone leur avocat Jean-Pierre Laire. Ils ont deux mois pour le faire.

Plusieurs séries de licenciements de salariés de Moulinex sont en cours d’examen par la justice mais celle sur laquelle a statué la cour vendredi est la plus importante en nombre.

Le dépôt de bilan de Moulinex, société partiellement reprise par le groupe Seb en octobre 2001, avait conduit à la fermeture de quatre usines employant un total de 3.240 salariés en Basse-Normandie.


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Quand les chômeurs financent les traders

28 Novembre 2009, 09:42am

Publié par Daniel JUNKER

Juste repris d'un blog du Monde, sans même avoir à y retoucher, brut de fonderie.
Le saviez-vous ?

Question subsidaire : qui en parle et appelle à s'organiser ?  (plus de 4 000 000 de chômeurs officiel (DOM TOM compris, exclus partiellement...exclus).

"27 novembre 2009

Quand les chômeurs financent les traders

L’Unedic vient de lancer avec succès un emprunt obligataire de 4 milliards d’euros. Le précédent qui datait de 2005 venait à expiration en février prochain. Il s’agissait donc de prendre le relais. Les gestionnaires du régime d’assurance-chômage peuvent être satisfaits: le taux est très bas, les institutions internationales y ont largement souscrit et en quelques heures, l’Unedic avait récolté plus d’argent qu’elle n’en attendait.

Notons que les banques n’ont pas fait non plus une mauvaise affaire. Dans ce type d’opérations, leur rémunération est traditionnellement de 0,1%, soit 4 millions d’euros, dont la moitié, paraît-il, pour les traders, qui n’ont pourtant pas eu beaucoup d’efforts à faire. Merci pour eux!

Comment s’est passé le choix des banques-conseils ? Un responsable résume: ” Impensable de ne pas prendre BNP Paribas, Michel Pébereau est trop influent; difficile de ne pas prendre Crédit Agricole, son président, Georges Pauget est président de la Fédération bancaire française,  difficile aussi de ne pas prendre Natixis car l’Elysée apprécie que l’on soutienne Fraçois Pérol. Et pour  faire bonne mesure on prend une banque étrangère qui en l’occurence a très bien travaillé, HSBC”.

Bizarrement, les appels d’offre sont rarissimes sur ce type  d’opérations. On se demande pourquoi.

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