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emploi

Uber : Le marteau du juge a encore frappé !

27 Mai 2021, 09:59am

Publié par PCF Villepinte

La Cour d’appel de Paris vient de reconnaitre l’existence d’un lien de subordination entre la plateforme Uber et ses chauffeurs. Dans la droite ligne de l’arrêt rendu le 4 mars 2020 par la Chambre sociale de la Cour de Cassation, les juges réaffirment la qualité d’employeur de la plateforme Uber. Les discours de la compagnie américaine sur la pseudo-liberté laissée à leurs travailleurs ne prennent pas devant les juges : les chauffeurs VTC de la plateforme sont des indépendants fictifs.

 Si les plateformes de travail comme Uber prétendent n’être que des intermédiaires entre des travailleurs dits indépendants et des clients, alors que ce sont elles qui pensent, dirigent, organisent et tirent profit de l’activité proposée en ligne, ce n’est que pour une chose : ne pas avoir à assumer leurs responsabilités d’employeur. Pas de respect du droit du licenciement, pas d’élus du personnel, de Comité social et économique ni de négociations collectives, pas de financement des cotisation sociales… Combien de temps allons-nous laisser faire ?

Ce n’est pas la première décision qui condamne l’entreprise Uber et ses comparses. En France et en Europe, une vague de requalification s’abat sur les plateformes de travail. Pourtant, elles continuent leurs activités comme si de rien était.

Pour que la surexploitation de ces travailleurs cesse, il est temps que le gouvernement agisse !

À l’image de ce que la ministre communiste du travail Yolanda Diaz a fait en Espagne pour les livreurs des plateformes, Fabien Roussel, candidat du PCF à l’élection présidentielle, propose d’instaurer une présomption de salariat qui contraindra les plateformes à respecter la législation sociale. Ces entreprises doivent cesser de résister au marteau du juge, et appliquer, comme toutes les entreprises et tous les citoyens, les lois de notre pays.

 

Barbara Gomes, conseillère PCF de Paris et Ian Brossat, porte-parole du PCF

 

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SODEXO : l’appétit des actionnaires et les logiques financiers passe encore par des suppressions d’emplois !

31 Octobre 2020, 08:07am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 30/10/2020 par PCF

SODEXO : l’appétit des actionnaires et les logiques financiers passe encore par des suppressions d’emplois !

La multinationale Sodexo, groupe dont le chiffre d’affaires est passé de 15 à 22 milliards d’euros entre 2015 et 2019, vient d'annoncer la suppression de 2299 emplois.

Comme nous en avons l'habitude maintenant, la crise sanitaire serait la cause de cette décision.

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Ce serait vite oublié que le groupe avait antérieurement à la crise sanitaire dans ses tiroirs un plan de réduction d’emplois, sous l’habillage d’un « plan de mobilité ».

Sodexo est par ailleurs un groupe qui a réalisé 1,2 milliards de profits et distribué d’importants dividendes en 2019 (403 millions d’euros).

Durant la crise le groupe a bénéficié d'aide de l’état, après avoir engrangé durant plusieurs exercices le CICE, pour plus de 40 millions d’euros par an.

Sodexo n’est donc pas démuni pour affronter la crise sanitaire et ses conséquences économiques !

Le vrai problème n'est donc pas la covid, mais la logique de rentabilité qui préside aux décisions de l'entreprise.

L'état, les collectivités qui ont servi de base à Sodexo, sont en droit d'exiger le maintien de l'emploi.

La période de difficulté doit servir à développer la formation pour les salariés avec maintien des revenus.

Cette situation montre l'inanité des plans d'urgences du gouvernement pour l'emploi, qui ne pose aucunes conditions aux financements des grands groupes. Ces aides ne sont en fait qu'un soutien au capital.

Plus que jamais se pose la question de droits d'interventions et de gestion des salariés, à Sodexo comme dans les autres entreprises, comme celle du contrôle et de la critérisation des fonds publics accordés aux entreprises, particulièrement aux grands groupes.

Le parti communiste et ses élus apporte un soutien plein et entier aux salariés de Sodexo.

 

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9 et 10 octobre : succès des journées nationales d'actions du PCF pour sécuriser l'emploi

12 Octobre 2020, 06:37am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 11/10/2020 par PCF

 

Dans 65 départements et plus de 100 sites, les communistes et leurs élu.e.s ont tenu ces 9 et 10 octobre des rassemblements, des manifestations, des initiatives dans le cadre de journées nationales d'action pour sécuriser l'emploi. C'est un succès qui montre que la pandémie ne doit pas freiner les mobilisations.

La force militante et l'implantation des communistes en France ont permis de réussir une initiative nationale d'ampleur, inédite dans un tel contexte ! Face au rouleau-compresseur libéral d'Emmanuel Macron, de la droite et du MEDEF, une autre voix s'est fait entendre dans le pays ces 9 et 10 octobre.

Devant des préfectures, des hôpitaux, des sites de multinationales, des entreprises publiques, aux côtés de salarié.e.s et de syndicalistes en lutte, nous avons été plusieurs milliers à faire entendre l'exigence d'une toute autre utilisation de l'argent. Pour faire face à la crise sanitaire et économique, nous proposons de sécuriser l'emploi et la formation, à commencer par les jeunes, et de développer les services publics, singulièrement l'hôpital public.

A Marseille, Paris, Lyon, Bègles, Nice, Asnières, Lille, Valenciennes, Bordeaux, Lens, Boulogne-sur-mer, Belfort, Colmar, Brives, Beauvais, Besançon, Le Havre, nous avons demandé des moyens et des embauches pour les hôpitaux publics, et la gratuité des masques.

Dans de nombreux rassemblements, nous avons exigé la mise en place de conférences territoriales pour contrôler l'utilisation de l'argent public, des banques et des entreprises, l'annulation de plans de licenciements, la nationalisation de secteurs stratégiques, le développement de coopératives.

Le PCF décidera dans les prochains jours des nouvelles initiatives à prendre pour amplifier cette mobilisation et permettre à l'ensemble de notre peuple d'obtenir des avancées concrètes. D'ores et déjà, le PCF appelle à participer à la journée de mobilisation du 15 octobre pour la santé publique.

 

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9/10 octobre : La bataille de l’emploi, ça urge

1 Octobre 2020, 08:28am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 30/09/2020 par PCF

 

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Airbus, General Electric, Boiron, Renault, Auchan, Nokia, Bridgestone, Air France, la liste des entreprises qui cassent l’emploi est longue. Le patronal Figaro parle de « purge » et de « dégraissage ». Les libéraux des ministères qui ont le sens des mots tordus évoquent, eux, « les plans de sauvegarde de l’emploi ». Et cette casse ne se limite pas à quelques noms médiatisés. On brade dans les PME, on brade les intérimaires, les salariés en CDD, les indépendants sans mission, on gèle des plans d’embauche, notamment de jeunes diplômés.

Le chef de la division emploi de l’OCDE, Stéphane Carcillo, note : « On parle beaucoup des plans sociaux car ils sont très médiatisés et touchent parfois des bassins d’emplois entiers en raison de leur ampleur. Mais beaucoup d’ajustements sur l’emploi ont déjà eu lieu au fil de l’eau par le biais de licenciements individuels et surtout de fin de recrutements en contrats courts et de renouvellement des CDD. »

Ainsi l’intérim affiche un déficit de 150 000 emplois sur un an (-20 % sur 2019). À Pôle emploi, au 2e trimestre, on parle de 150 000 inscriptions en moyenne par mois suite à une fin de mission d’intérim ou de CDD et de 10 000 licenciements économiques.

Bref, la vague annoncée de plans sociaux déferle. Le chômage explose. L’urgence sociale est là. C’est la raison pour laquelle les communistes, lors de leur dernier Conseil national, ont lancé une campagne sur l’emploi, à commencer par des journées d’action dans toute la France les 9 et 10 octobre prochains.

Une grande diversité d’initiatives est prévue (rassemblements devant des préfectures, des entreprises, des hôpitaux publics, conférences de presse). 

Des initiatives de résistance, de protestation, et dans le même temps de propositions pour dire haut et fort que ce désastre n’est pas fatal, que l’argent public, des banques, des entreprises ne doit pas servir à licencier mais bien à sécuriser l’emploi et la formation, pour développer l’emploi public dans tous les domaines et révolutionner notre mode de production.

Alors que la crise du politique est profonde, que les citoyens doutent des capacités d’intervention des élus (« puisque le pouvoir économique est ailleurs », pensent-ils), il va s’agir de convaincre au contraire que les collectivités territoriales, par leurs choix politiques, peuvent avoir une influence sur l’emploi en résistant aux logiques destructrices et en construisant des alternatives.

Pourrait être proposée, par exemple, la mise en place de conférences permanentes sur l’emploi, la formation et la transformation écologique des productions, ainsi que des fonds régionaux pour financer cette démarche.

Et il s’agirait (voir le texte « Ce que nous voulons pour nos régions ») de faire converger deux batailles politiques : le contrôle et le suivi démocratique des aides publiques (respect des critères sociaux et environnementaux, transparence) et la création de comités locaux de défense de l’emploi, à l’initiative des organisations communistes et avec toutes les forces progressistes, politiques, syndicales, associatives, pour alerter sur les licenciements, sur les difficultés des TPE/PME, recenser les besoins dans les services publics (santé, éducation) et les autres activités.

Et ainsi de faire reculer les idées fatalistes sur le chômage, l’idée que la gestion des entreprises est à laisser au seul patronat. Il s’agirait aussi d’opposer au chaos du marché une démarche de planification démocratique et décentralisée porteuse d’efficacité sociale.

 

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Explosion du chômage : bilan de la politique du gouvernement

30 Juillet 2020, 08:41am

Publié par PCF Villepinte

 

CGT Publié le 29 juil 2020

 

Le chômage a explosé en France dans le sillage de la crise sanitaire du coronavirus. Au petit soin du patronat, le gouvernement a injecté des milliards pour sauver les secteurs économiques les plus affectés par la crise, mais sans contreparties sociales. Résultat ? Les plans de licenciement massifs se multiplient. En dépit de ce contexte, le gouvernement a décidé de maintenir sa réforme régressive de l’assurance chômage, seulement reportée au 1er janvier 2021.

Un chiffre record, jamais atteint depuis les années 90

Les chiffres, publiés le 27 juillet par la Dares (direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques), font état d'une explosion du nombre de privé.es d'emploi.

Au deuxième trimestre 2020, ce chiffre s’élève à 6 760 100 toutes catégories confondues, ce qui correspond à une hausse de 5,3 % par rapport au trimestre dernier.

Sans surprise, on retrouve dans les chiffres de la Dares les premiers licenciements pour motif économique, qui sont en hausse de 8,7 % sur le trimestre et de 20,5 % sur l’année. C’est le seul motif d’entrée au chômage en hausse sur le trimestre (par exemple, les ruptures conventionnelles ou fin de mission d’intérim sont, elles, en baisse drastique).

Et c'est sans compter les grands plans de licenciement annoncés ces dernières semaines : 5000 emplois supprimés chez Airbus, 1700 chez Sanofi,  4600 postes chez Renault... 

Les travailleurs précaires sont passés en chômage « total »

Pour la première fois depuis 30 ans, le nombre de travailleurs précaires (chômeurs des catégories B et C) est en baisse (-21,3 % sur le trimestre).

Non pas parce que le gouvernement a engagé une réelle politique de lutte contre le travail précaire et les contrats courts, - a contrario, les ordonnances Macron ont précarisé les travailleurs et les milliards d'euros d'aides débloquées pour sauver les entreprises n'ont été conditionnées par aucune mesure sociale -, mais parce que ces travailleurs précaires sont passés en chômage « total » (en catégorie A).  

Dans ce contexte, notre organisation réaffirme la nécessité de repenser la politique gouvernementale en matière d'emploi et de chômage.

L'assurance chômage doit protéger mieux et protéger toutes celles et ceux qui en ont besoin. Pour rappel, plus de 50% des privé.es d'emploi ne perçoivent aucune indemnisation.

La crise actuelle souligne la nécessité de mettre en place la sécurité sociale professionnelle qui garantira à toutes et tous un revenu de remplacement : cela passe par l’annulation de la réforme de l’assurance chômage et la construction de nouveaux droits pour toutes celles et tous ceux que la crise met au chômage.

C'est pourquoi nous demandons :

  • l’annulation du décret du 26 juillet 2019 ;
  • la prolongation des droits pour toutes et tous jusqu'au 31 août 2021, comme cela a été prévu pour les intermittents du spectacle ;  
  • des solutions pour indemniser tous les privés d'emploi ;
  • et enfin faire de l'emploi des jeunes une priorité absolue, de même que la résorption des inégalités femmes/hommes. 

 

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Fabien Roussel : " Il faut déposer une commission d'enquête sur l'utilisation de l'argent public "

7 Juillet 2020, 06:15am

Publié par PCF Villepinte

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La réforme de l'Assurance chômage est un véritable cataclysme

8 Novembre 2019, 16:16pm

Publié par PCF Villepinte

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La réforme chômage : Macron tape autant sur les chômeurs que sur les travailleurs

7 Novembre 2019, 07:42am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 04/11/2019 par PCF

Des cadres aux employés, des jeunes aux vieux, des ouvriers aux profs précaires, la réforme chômage du gouvernement Macron attaque tout le monde du travail et de la création. Il tape autant sur les chômeurs que sur les travailleurs.

Pourtant, il protège le grand capital et déresponsabilise les grandes entreprises. La réforme privera en effet d'indemnités chômage des centaines de milliers de salariés en exigeant qu'ils travaillent plus longtemps et sur un laps de temps plus rapproché pour être indemnisés. Elle baissera également de 30% les allocations des salariés cadres un peu mieux payés que les autres, au bout de 7 mois. Le "rechargement" des droits passe de 1 mois à 6 mois !

En bref, elle va créer de la souffrance sociale, de la colère et ne rien arranger à la situation économique. Encore un coup contre le pouvoir d'achat. Ce n'est pas d'économies sur les maigres allocations des chômeurs dont nous avons besoin, mais d'emplois, de responsabilisation des entreprises, de pénalisation de la grande finance et d'appui aux sans emploi pour une vraie formation et une vie décente.

Le PCF exige un vrai bonus-malus clair et général sur les licenciements: il faut faire payer d’avantage les entreprises qui licencient. Au lieu de cela, le gouvernement crée une usine à gaz pour une taxation riquiqui de certains contrats précaires et dans quelques secteurs. Il y a une hémorragie productive. Il faut mobiliser les banques, à commencer par la BPI, pour une politique industrielle plaçant l'emploi, sa qualité et sa rémunération en son cœur.

A l'inverse, Macron divise la société et la fracture contre l'efficacité économique et contre la justice sociale. L'ennemi, ce n'est pas l'allocataire, le chômeur ou le travailleur. L'ennemi, c'est la finance prédatrice et égoïste. Il faut au contraire aller vers un système qui sécurise les personnes, soit dans leur emploi, soit avec un revenu maintenu pour une vraie formation au lieu de passer par la case chômage.

Il faut une sécurité d'emploi et de formation tout au long de la vie. Et pour cela responsabiliser les entreprises et les libérer de l'étau du capital dont les prélèvements pèsent sur elles : pompage de dividendes et d'intérêts versés aux banques.  C'est cela l'efficacité moderne. C'est ce qu'exige le véritable nouveau monde qui cherche à advenir, ancré sur les capacités créatives des travailleurs, femmes et hommes, répondant à la révolution informationnelle en cours et aux urgences écologiques.

Le PCF s'emploiera à combattre cette réforme, à appuyer les mobilisations en ce sens, syndicales, associatives, ou des gilets jaunes. Il le fait déjà dans les municipalités et collectivités qu'il dirige, ou à la gestion desquelles il participe, en mobilisant tous les leviers possibles pour appuyer le monde du travail. Le vote communiste aux élections municipales sera une voix pour refuser cette logique et la récuser.

 

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Recours de la CGT contre la réforme de l'assurance chômage

1 Octobre 2019, 12:13pm

Publié par PCF Villepinte

CGT Privé.e. d'emploi France Pouvoir d'achat

Publié le 1 oct 2019

Temps de lecture : 2 min.

La CGT a déposé aujourd’hui un recours devant le Conseil d’État pour contester le décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d’assurance chômage, qui va toucher les chômeurs dès le 1er novembre. Les organisations FO, la CFE-CGC et Solidaires ont fait la même démarche.

La CGT est bien décidée à combattre par tous les moyens cette réforme qui vise à réaliser 3,4 milliards d’euros d'économie en deux ans sur le dos des plus précaires.

Pour y parvenir, les décrets prévoient plusieurs mesures régressives :

  • quasi disparition des droits rechargeables (dispositif qui permet aux allocataires arrivés en fin de droits de les renouveler en fonction de leur nouvelle période de travail)
  • passage de quatre à six mois des seuils d'ouverture des droits
  • nouvelle formule de calcul des indemnités prenant en compte les jours non travaillés
  • dégressivité des allocations pour les cadres (les salariés ayant gagné 4 500 euros bruts par mois verront leurs allocations diminuer de 30 % à partir du septième mois de chômage)

Ce sont ces mesures que conteste la CGT : « Dans la requête déposée devant le Conseil d’État, nous développons plusieurs arguments pour démontrer que ces mesures sont des sanctions déguisées : avec le nouveau mode de calcul, des allocataires vont voir leurs allocations divisées par 2 ou 3. Il y a aussi rupture d’égalité puisque la dégressivité va toucher uniquement les cadres », explique Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle et négociateur CGT à L’Unedic.

L’effet de seuil pour ouvrir des droits s’apparente quant à elle à une discrimination indirecte, puisque la mesure va affecter essentiellement les jeunes. Pour ouvrir des droits, il faudra avoir travaillé six mois sur les vingt-quatre derniers mois, contre quatre mois sur vingt-huit selon les règles antérieures à la réforme.

D’après l’étude de l’Unedic, l’organisme paritaire qui pilote l’assurance chômage, 1,3 million de demandeurs d’emploi vont perdre des droits dans le cadre de cette réforme  : soit parce qu'ils n'ouvriront pas de droits, soit parce qu'ils les ouvriront plus tard, soit parce que leur indemnité sera diminuée drastiquement.

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Stigmatisation(s)

6 Avril 2019, 16:24pm

Publié par PCF Villepinte

Stigmatisation(s)

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Dire que le chômage paye mieux que le travail est un mensonge!

«Confort». À en croire certains – de plus en plus nombreux –, le chômage serait donc un bienfait, une situation enviable en quelque sorte, presque un «statut» privilégié que les citoyens, massivement bien sûr, aspireraient à conquérir, tel un graal… Vous en doutez? Mais que voulait signifier l’ineffable Muriel Pénicaud, alias ministre du Travail, en déclarant qu’«un chômeur sur cinq perçoit plus au chômage qu’avant», ce qui, sans surprise, a depuis déclenché une bien belle polémique? À la décharge de la susnommée, rappelons que, fin février, lors du début de la reprise en main de l’assurance-chômage par le gouvernement, le premier ministre en personne, Édouard Philippe, avait déjà expliqué qu’il fallait que «le travail paye toujours plus que le chômage». Même allusion; identique méthode; semblable phraséologie. Résumons. Pour la ministre, le taux de remplacement supérieur à 100% d’un salaire antérieur serait une sorte de «norme» inacceptable. Pour l’hôte de Matignon, ce système aurait – cela va sans dire – pour conséquence de maintenir les sans-emploi dans le «confort» du chômage. Nous connaissons l’histoire par cœur: chassez le naturel, il revient toujours en marche! Mac Macron avait prévenu, en débitant ses vœux pour 2019, que l’exécutif renforcerait les sanctions encourues par les chômeurs qui ne «recherchent pas suffisamment un emploi». Les idées pourrissent toujours par la tête: encore et toujours la stigmatisation des sans-emploi, tous accusés d’être des fraudeurs ou des profiteurs. Résultat, la chasse est ouverte, les radiations s’enchaînent, entraînant des précarisations rampantes. D’autant que, et ne l’oublions jamais, affirmer que le chômage paye mieux que le travail est un mensonge éhonté!

 

Précaires. Depuis quelques jours, nous assistons même à une guerre des statistiques. Tenez-vous bien. Après les propos de Mme Pénicaud, l’Unédic a réagi illico, rectifiant le chiffre de l’ex-directrice des ressources humaines (sic) du groupe Danone. Selon l’organisme, seuls 4% des chômeurs peuvent percevoir une indemnité supérieure à leurs anciens salaires. 

 

Pris à rebours, les services gouvernementaux ont activé leurs réseaux, jusqu’à ce que Pôle emploi vienne confirmer les chiffres «officiellement» délivrés par l’armada macroniste. Ne soyons pas naïfs. Pôle emploi est certes un opérateur public, mais sous contrôle et assez peu indépendant. L’Unédic, elle, est un organisme géré par les syndicats et le patronat. En vérité, cette bataille chiffrée est éminemment politique. Sauf que nos bonnes âmes donneuses de leçons de l’appareil d’État oublient une donnée fondamentale. En ne tenant compte que des données de Pôle emploi (contestables, mais passons), une question se pose: qui sont les 21% de chômeurs percevant censément plus de 100% d’allocation par rapport à leur dernier salaire? Réponse: les précaires. Les personnes concernées sont celles, en effet, ayant eu une activité professionnelle «très morcelée». «En moyenne, leur nombre total de jours de travail correspond, mis bout à bout, à environ sept mois», explique Pôle emploi. Vous l’avez compris, nous parlons là de l’explosion du nombre de contrats très courts. Outre que se référer à un chiffre de «un chômeur sur cinq» reste invérifiable et sujet à controverse, le raisonnement globalisant relève de la démagogie et, encore une fois, de la stigmatisation des sans-emploi. Partant de la logique que l’assurance-chômage indemnise les salariés lorsqu’ils ne travaillent plus sur la base de ce qu’il gagnait avant, à quoi joue le gouvernement? À nous préparer à sortir progressivement de cet indicateur pour aller «vers une logique de complément résiduel aux revenus salariaux, en faisant au passage des économies sur les salariés les plus flexibles et les plus précaires», comme le dénonçait cette semaine le sociologue Mathieu Grégoire dans le Monde. Le bloc-noteur ne saurait mieux l’exprimer. Alors, une fois n’est pas coutume, citons Camus: «Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti.»

 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 5 avril 2019.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin à 18:00

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