Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

emploi

DÉCRYPTAGE RSA : à droite, travail forcé ; à gauche, pied à l’étrier

5 Avril 2022, 06:14am

Publié par PCF Villepinte

Enjeu de campagne Alors que le gouvernement et la droite foncent tête baissée pour conditionner le revenu de solidarité active à des heures d’activité ou de bénévolat, les allocataires, premiers concernés, rappellent que ce dispositif souffre déjà de nombreuses insuffisances.

Cécile Rousseau L'Humanité

Publié le Mardi 5 Avril 2022

Sept ans après leur entrée au RSA, seuls 34 % des bénéficiaires ont décroché un job. Nicolas Guyonnet/hanslucas/AFP

 

«Je ne suis pas pour l’esclavagisme !» a lancé Emmanuel Macron. Après le tollé provoqué par son intention, s’il est réélu, de conditionner le revenu de solidarité active (RSA) à 15 ou 20 heures de bénévolat par semaine, le candidat à la présidentielle s’est senti obligé de préciser que si ces heures «sont un travail», elles devraient être «rémunérées au Smic». La ministre du Travail Élisabeth Borne est arrivée à la rescousse en précisant que ces contreparties seraient «des formations ou des immersions en entreprise». Si l’exécutif tente de se démarquer de la proposition de Valérie Pécresse, prônant une activité de 15 heures par semaine au service de la collectivité, la logique de culpabilisation des allocataires et de mise au travail forcé est la même.

Pour Guillaume Allègre, économiste à l’OFCE, cette mesure est absurde:

 «Poser une conditionnalité en termes dinsertion professionnelle est stigmatisant pour les plus pauvres. Selon plusieurs études, la conditionnalité sous peine de sanction a deux conséquences possibles: une sortie vers le bas, avec moins de recours à la prestation, et une sortie vers le haut, vers un travail plus précaire que celui que lon aurait trouvé si on avait un peu attendu.

Cela pourrait générer des trappes à emplois précaires. En revanche, on sait que si les personnes sont volontaires pour entrer dans un dispositif, comme c’est le cas pour les contrats d’engagement jeunes, cela peut produire des effets.» Selon Pierre Garnodier, secrétaire général de la CGT chômeurs, cette annonce du locataire de l’Élysée pourrait aussi viser «à recaser les personnes jugées les moins employables par les entreprises. Comme celles-ci refusent dembaucher, on impose donc du bénévolat aux allocataires».

Au-delà des discours électoralistes droitiers, le dispositif né en 2008, devenu un véritable filet de sécurité pour 1,9 million de foyers, est perfectible. Un rapport de la Cour des comptes, paru en janvier dernier, pointait ses faiblesses, comme le non-recours qui concerne un tiers des bénéficiaires potentiels, mais aussi une réduction limitée de la grande pauvreté, un accompagnement insuffisant et une insertion professionnelle difficile.

1. Une protection limitée contre la pauvreté

Sans discontinuer depuis 2010, 65 % des bénéficiaires vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit une part quatre fois plus élevée que la population générale, selon la Cour des comptes, qui note que le revenu protège toutefois contre la très grande pauvreté. Insuffisant pour vivre décemment, le RSA incite à la reprise rapide d’un emploi. S’il est versé sous condition des revenus du foyer, obtenir ou conserver l’allocation relève parfois du parcours du combattant.

Domiciliée dans les Landes, Sophie (1), 47 ans, en invalidité à 80 % à cause d’une polyarthrite rhumatoïde, ne comprend toujours pas dans quel engrenage elle a mis le doigt. Au chômage, son mari fait une demande de RSA. «Le département ma alors demandé de me remettre au travail. Une assistante sociale m’a même traitée de fainéante! On ma envoyé une offre pour bosser dans un Ehpad alors que je ne peux pas rester debout», dénonce-t-elle. Les coups de pression et les galères s’enchaînent.

Parce que son compagnon a touché 70 euros de droits d’auteur en omettant de les déclarer, le RSA est suspendu trois mois. En retour, 2300 euros de remboursement leur sont exigés. Sans attendre, Sophie est aussi convoquée devant la commission disciplinaire du département, financeur du RSA. Lallocation est suspendue une nouvelle fois car elle n’a pas trouvé de travail. À deux sur sa pension d’invalidité de 440 euros avec 600 euros de loyer, Sophie se sent plonger: «On croule sous les dettes. Je mattends bientôt aux coupures d’électricité. Mon compagnon cherche un job activement mais c’est le désert! On avance au jour le jour.»

2. Un suivi défaillant des allocataires

C’est l’autre maillon faible du RSA. 40 % des bénéficiaires ne disposent pas d’un contrat d’accompagnement, censé être obligatoire pour formaliser les engagements entre l’État et la personne. Comme le pointent les sages de la rue Cambon, lorsqu’il existe, celui-ci est «souvent inadapté aux difficultés spécifiques des allocataires». Les RSistes suivis par Pôle emploi bénéficient ainsi de moins d’une prestation par an, de type atelier ou formation.

Même constat pour ceux pris en charge par les départements. Au final, 18 % des allocataires ne sont pas du tout orientés vers un organisme de suivi. Comme l’observe Guillaume Allègre, «laccompagnement peut être positif si les gens sont intéressés par ce quon leur propose, quand on leur apporte un soutien réel en termes de formation mais aussi de santé, par exemple».

Au RSA depuis 2004, Joëlle, ancienne commerçante, ne sait plus en quelle langue exprimer ses besoins auprès de Pôle emploi et du conseil départemental. Depuis 2017, cette quinquagénaire basée à 35 kilomètres de Châteauroux (Indre) et touchant 497 euros d’allocation n’a plus de véhicule.

Coincée, elle ne peut répondre aux offres ponctuelles de distribution d’annuaires ou de plis électoraux comme cela a été le cas pendant des années. «Jai remué ciel et terre pour trouver des financements afin d’acheter une voiture. On me refuse l’accès à un microcrédit social parce qu’il ne me restait rien à la fin du mois, soupire Joëlle, dont l’absurdité de la situation n’a pas de limites. Pôle emploi m’a dit que je pourrais louer un deux-roues quand j’aurai une promesse d’embauche. Je tourne en rond comme ça depuis cinq ans.»

Alors que son accompagnement individuel est quasi inexistant et jamais réalisé par le même conseiller, Joëlle a en revanche été rappelée à l’ordre pour respecter ses devoirs. Contrôlée à l’automne 2021, son allocation a été suspendue quelques mois pour insuffisance d’actes de recherche d’emploi. Sourde à ses difficultés, l’ex-ANPE lui a proposé, la semaine passée, d’intégrer Parcours emploi compétences, chose qu’elle ne peut toujours pas accepter faute de… moyen de transport.

3. Une insertion au compte-gouttes

Selon la Cour des comptes, l’accès à l’emploi reste plus difficile pour les allocataires. Le taux de retour vers un travail (3,9 % par mois en 2019) est bien inférieur à celui de la moyenne des chômeurs (8,2 %) et les reprises sont en général plus précaires. Ainsi, sept ans après l’entrée au RSA, seuls 34 % ne sont plus bénéficiaires et ont un job (stable pour un tiers d’entre eux). «Si le système ne fonctionne pas, c’est aussi parce qu’il n’y a pas assez d’emplois, souligne Guillaume Allègre, de l’OFCE. Le taux de chômage reste élevé, autour de 7 %. Sans compter que les personnes les moins qualifiées voient les postes leur passer sous le nez au profit des plus qualifiées.»

Karim, 43 ans, au RSA depuis 2011, affiche un beau CV et un diplôme d’école de commerce. Spécialisé dans les métiers de l’emploi et de la formation, il a pourtant passé la plupart de son temps sans contrat, ces dix dernières années. «Mon problème principal est que les entreprises ne veulent pas recruter des demandeurs demploi de longue durée, assure-t-il.

 À cette discrimination d’inemployabilité s’ajoute celle liée aux origines. Lors de mes recherches, on m’a demandé de changer plusieurs fois de prénom. Le gouvernement devrait envisager de mettre la pression sur les sociétés, plutôt que de vouloir nous asservir avec du bénévolat obligatoire.» Hyperactif dans sa quête de travail, postulant tous azimuts, il voit aussi la gestion de son quotidien occuper une place importante de son temps: «Il faut faire un choix entre manger et se loger ! tranche Karim.

 Je vais déjeuner tous les midis chez mes parents pour m’alimenter. On se casse la tête sur la flambée des prix au quotidien. On somatise sur sa propre précarité quand toute la société nous renvoie une image de lâche. Le RSA ne m’aide pas à m’insérer mais à survivre. Ma dignité, c’est de tenter de résister au rouleau compresseur.»

4. Quelles solutions pour plus d’efficacité?

La Cour des comptes préconise l’augmentation de la couverture de la population cible, l’application des droits et des devoirs réciproques, ainsi qu’une responsabilisation accrue des départements et une réforme du financement. De son côté, Guillaume Allègre estime nécessaire le relèvement du niveau de l’allocation. 

«Si les transferts sociaux sont élevés en France, les minima sociaux sont, eux, dans la moyenne européenne, rappelle-t-il. Pour réduire le non-recours, il faudrait aussi simplifier le formulaire. Le RSA devrait également être ouvert aux moins de 25 ans.» Les candidats de gauche à la présidentielle, Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon ou encore Anne Hidalgo, proposent justement, sous différentes modalités, une extension aux jeunes. «Mais, tant qu’il n’y a pas de plein-emploi, nous serons dans le partage de la misère», conclut l’économiste.

(1) Le prénom a été changé.

 

Voir les commentaires

Ce que cachent les chiffres du chômage

9 Février 2022, 07:59am

Publié par PCF Villepinte

Emploi Peut-on se réjouir de l’impressionnante baisse du nombre d’inscrits à Pôle emploi en 2021? Le gouvernement senorgueillit de ce bilan. Mais ce recul masque dautres réalités moins reluisantes. 

L'Humanité Publié le Mercredi 9 Février 2022 Marie Toulgoat

Infographie Humanité

«Une année exceptionnelle pour lemploi.» Face à une baisse peu ordinaire des chiffres du chômage au cours de lannée 2021, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, ne manque pas de s’autocongratuler. Les commentaires élogieux n’ont pas non plus tari pour qualifier les données: les chiffres seraient au plus bas, la baisse exceptionnelle.

En France, hors Mayotte, les personnes inscrites à Pôle emploi en catégorie A (regroupant celles n’ayant pas travaillé du tout) étaient 12,6 % moins nombreuses au quatrième trimestre de l’année 2021 qu’au quatrième trimestre 2020, selon la Dares, service des statistiques du ministère du Travail. Le presque candidat Emmanuel Macron a déjà commencé à surfer sur la bonne nouvelle pour en faire un élément de son bilan. À y regarder de près, pourtant, l’équation n’est pas vraiment époustouflante.

1. Derrière la baisse, la précarisation des travailleurs

La baisse du nombre de chômeurs n’ayant eu aucune activité a de quoi faire parler d’elle: elle est la plus importante depuis plus de dix ans. Pourtant, cette donnée est loin de signifier que la courbe du chômage sest drastiquement inversée.

Toutes catégories confondues, la chute n’est que de 4,3 % en un an. «Il existe un phénomène de vases communicants entre la catégorie A et les catégories B et C. Cela nest pas le signe dune reprise dun emploi de qualité, ça signifie que lon remplace du chômage à temps complet par de l’emploi précaire», observe Pierre-Édouard Magnan, président du Mouvement national des chômeurs et des précaires.

En effet, en dépit de la forte baisse de la catégorie A, la seule mise en lumière par le gouvernement, les comptages des chômeurs ayant exercé au maximum 78 heures par mois (catégorie B) ou plus de 78 heures par mois (catégorie C) ont augmenté de respectivement 0,6 % et 8,6 % en 2021, en France métropolitaine. La forte progression du nombre de chômeurs en catégorie D, regroupant les privés d’emploi non tenus d’effectuer des recherches actives pour cause de formation ou de maladie, relativise aussi le bilan du gouvernement: leur nombre a gonflé de 6,3 % en un an

Le constat est encore plus mitigé lorsqu’on se penche sur l’ancienneté des privés d’emploi. Au quatrième trimestre 2021, le nombre de personnes au chômage depuis une période de six mois à moins de deux ans a chuté de plus de 14 %. Au contraire, le nombre de sans-emploi depuis plus de trois ans, lui, n’a fait que stagner. Le chômage de longue durée reste une triste réalité.

2. Un simple phénomène de rattrapage?

À en croire ces derniers chiffres, il semblerait que les personnes ayant perdu leur emploi pendant les confinements aient retrouvé une activité. Ainsi, la baisse impressionnante du chômage n’est-elle que l’effet du rattrapage des suppressions de postes enregistrées en 2020, année noire pour l’emploi. Les études de la Dares témoignent d’une envolée spectaculaire du nombre de chômeurs au début de l’année 2020. En catégories A, B et C, le total des sans-emploi avait augmenté de 6,4 % entre le dernier trimestre 2019 et le deuxième trimestre 2020, en France hors Mayotte.

La destruction d’emploi est encore plus colossale si l’on s’arrête sur les catégories A uniquement: leur nombre avait augmenté de 24 % sur la même période. La baisse du chômage, si elle s’était déjà amorcée à la suite du premier confinement de 2020, ne serait donc quun retour à la normale.

Cette hypothèse ne peut cependant pas, à elle seule, expliquer l’actuelle baisse du nombre de demandeurs d’emploi, puisque le taux d’emploi (nombre d’actifs occupés par rapport à la population en âge de travailler) n’a pas seulement rattrapé son niveau d’avant la crise mais l’a dépassé, note Mathieu Plane, économiste à l’OFCE. «Cest une surprise, puisque la croissance de lemploi a été bien supérieure à celle de lactivité. La création de valeur ajoutée a un peu augmenté, mais celle de lemploi a été bien supérieure, y compris dans les secteurs fortement touchés par les restrictions imposées par la crise sanitaire, comme le BTP et la restauration», indique-t-il.

Selon l’économiste, ce phénomène inhabituel pourrait sexpliquer notamment par la réorganisation des entreprises qui, sous le coup des contraintes sanitaires ou des arrêts de leurs salariés, ont dû embaucher plus pour effectuer les mêmes tâches. «Cest inhabituel, on se demande sil ny aura pas un rattrapage avec un tassement du taux demploi en 2022», poursuit lanalyste. L’éclaircie actuelle pourrait donc être passagère.

3. Les exclus de Pôle emploi faussent les statistiques

Le gouvernement a beau prendre appui sur l’embellie de la croissance, dont il s’attribue la paternité, pour expliquer le presque plein-emploi qu’il revendique (lire par ailleurs), il oublie de communiquer sur les tripatouillages auxquels il s’est laissé aller pour diminuer artificiellement le nombre de chômeurs. En focalisant l’attention sur le nombre d’inscrits actuellement à Pôle emploi, il tait celui de chômeurs qui n’y apparaissent plus.

C’est le cas des personnes radiées de l’établissement public. «Lintensification des radiations peut tout à fait expliquer la diminution du nombre de chômeurs», affirme Pierre Garnodier, secrétaire général du Comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires. Les chiffres de la Dares, de ce point de vue, lui donnent raison. En un an, le nombre de radiés des décomptes de Pôle emploi a augmenté de 44,9 %, représentant à lui seul près de 10 % de toutes les sorties recensées!

«À chaque nouveau plan gouvernemental – contre le chômage de longue durée ou la garantie jeunes, par exemple –, chaque privé d’emploi reçoit une convocation à Pôle emploi. Depuis 2018, ne pas s’y présenter est un motif de radiation», poursuit le syndicaliste. La politique de contrôles intensifs du gouvernement à l’encontre des privés d’emploi n’arrange pas la donne.

Dans son allocution de novembre 2021, Emmanuel Macron confirmait vouloir intensifier les sanctions contre les chômeurs qui ne démontreraient pas une recherche d’emploi active. De quoi faire fondre les chiffres des inscrits à Pôle emploi, mais aussi de priver d’allocations les chômeurs. À ces radiés commencent déjà à s’ajouter les premières victimes de la réforme de l’assurance-chômage, définitivement validée par le Conseil d’État fin 2021 .

«Avec cette réforme, bon nombre de chômeurs ont vu leurs indemnités baisser, voire disparaître. Or, quand on ne touche plus dindemnités, on cesse de sinscrire à Pôle emploi», ajoute Pierre-Édouard Magnan. Autant de personnes invisibles dans les chiffres et qui n’ont pourtant toujours pas retrouvé d’activité.

4. Les indépendants, des chômeurs qui ne disent pas leur nom

Autre scénario sur lequel les chiffres de la Dares ne lèvent pas le voile: et si les chômeurs s’étaient transformés en entrepreneurs? Lhypothèse est plausible. À en croire les chiffres brandis par Emmanuel Macron, un million dentreprises ont été créées en 2021, dont les deux tiers sont en fait des microentreprises. Toutefois, lInsee note que cette hausse a été la plus dynamique dans le secteur du transport et de l’entreposage.

Une importante partie de ces sociétés créées l’année passée et dont se vante le gouvernement sont en fait des livreurs à deux-roues ubérisés. La tendance s’était déjà amorcée au cours de l’année 2020, où les immatriculations de microentreprises dans ce secteur avaient progressé de plus de 38 %, note une étude de la Dares. Là aussi, est-il souhaitable de remplacer le chômage par de l’emploi précaire et peu protégé? Dautant plus qu’une fois sorti du giron du salariat, les travailleurs indépendants, quel que soit leur secteur, auront tout le mal du monde à réclamer des allocations-chômage.

Théoriquement, ceux-ci y ont droit, mais les critères d’admission au dispositif sont extrêmement restrictifs. «Depuis la création de lallocation pour les travailleurs indépendants (ATI), en novembre 2019, on ne compte que 922 bénéficiaires. Les indépendants ont deux manières de cesser leur activité: soit par une clôture, soit par une liquidation judiciaire.

L’ATI n’est ouverte qu’aux gens qui choisissent la deuxième option, or personne n’y a recours, à moins d’y être forcé. C’est une expérience diffici le», explique Hind Elidrissi, porte-parole du syndicat Indépendants.co. Et dajouter: «Le plan indépendants, en discussion à lAssemblée nationale, élargira le dispositif aux clôtures volontaires, mais il nest pas encore en vigueur.»

 

Voir les commentaires

Droit du travail. Le système Sepur visé par une enquête

24 Décembre 2021, 07:30am

Publié par PCF Villepinte

Le 27 octobre, à l’appel de la CGT, les salariés sans papiers se sont mis en grève devant leur entreprise pour réclamer leur régularisation. Pierrick Villette

Vendredi 24 Décembre 2021

L'Humanité Marie Toulgoat

L’entreprise de collecte de déchets est accusée d’avoir employé des étrangers sans papiers, d’avoir recouru abusivement à l’intérim et d’avoir racketté ses salariés.

La fin d’une ère dans le monde du ramassage de déchets? Cest en tout cas ce quespèrent les salariés de la société de collecte Sepur. L’inspection du travail, sous la supervision du parquet de Versailles, est en train de diligenter une enquête contre l’entreprise – qui réalise des missions de service public pour le compte de collectivités territoriales d’Île-de-France – pour «emploi d’étrangers en situation irrégulière». Le recours de personnes sans titre de séjour par la société de nettoyage n’était pas un mystère.

À la fin du mois doctobre, 59 employés de Sepur sans papiers, à lappel de la CGT et aux côtés d’autres salariés de la région, s’étaient mis en grève pour réclamer leur régularisation. «Aujourdhui, une quarantaine de ces 59 travailleurs ont obtenu une réponse favorable à leur demande de régularisation. Quelques cas bloquent encore, nous continuons de travailler pour que ces dossiers aboutissent», détaille Jean-Albert Guidou, secrétaire général de l’union locale CGT de Bobigny.

Mais l’enquête de l’inspection du travail, qui a effectué des contrôles sur les dépôts de l’entreprise quelques jours avant que la grève éclate, est l’occasion de mettre en lumière bien d’autres travers du «système Sepur». Non contents de recruter des travailleurs sans papiers, la société s’est appliquée à mettre en place un véritable système d’exploitation, à en croire la CGT.

 «Linspection du travail a certainement dû étudier le recours systématique à lintérim, bien que le ramassage de déchets soit une activité constante. Sepur est même allée jusqu’à demander aux salariés de prendre un alias et de changer d’identité pour pouvoir enchaîner les contrats en passant outre les délais de carence», note Marilyne Poulain, qui pilote le Collectif immigration de la CGT.

Selon l’organisation syndicale, ce recours intempestif au travail temporaire, puisqu’il n’est pas justifié par un surplus d’activité, s’explique plutôt par une volonté de réduction des coûts du travail et de flexibilisation. La stratégie a pourtant ses limites: selon des décisions de justice que l’Humanité a pu consulter, des éboueurs intérimaires, dont certains ont enchaîné plus de quarante contrats de mission en moins d’un an, ont vu leur contrat requalifié en CDI.

Huit salariés sans papiers de l’entreprise ont porté plainte

Mais ce n’est pas tout. En parallèle de l’enquête de l’inspection du travail, huit salariés sans papiers de l’entreprise de collecte de déchets ont porté plainte à l’encontre de leurs chefs d’équipe pour extorsion. Ces derniers n’accepteraient de confier du travail aux salariés qu’à condition de ponctionner une partie de leurs salaires. «On doit parfois payer le chef d’équipe pour quil nous donne du travail. Ça peut monter jusqu’à 200 euros pour être embauché», explique un ancien gréviste (lire notre édition du 28 octobre).

Dans un communiqué, la direction de Sepur se défend d’avoir instauré un tel «système» et rejette la faute sur les sociétés dintérim. «Sepur nest pas responsable des faits qui lui sont reprochés. Au contraire, nous en sommes victimes. Nous avons demandé à nos prestataires, les agences dintérim, de renforcer le contrôle des documents fournis par les candidats à l’embauche», a-t-elle affirmé.

 

Voir les commentaires

Plus d'un jeune sur trois déclare avoir vécu une situation de discrimination ou de harcèlement discriminatoire dans le cadre du travail.

12 Décembre 2021, 10:11am

Publié par PCF Villepinte

PUBLIÉ LE 9 DÉC 2021

 

TEMPS DE LECTURE : 2 MIN.

La Défenseure des droits publie son 14ème baromètre sur la perception des discriminations dans l'emploi. Il est consacré cette année à la jeunesse, confrontée aux discriminations à toutes les étapes de son parcours d'insertion professionnelle.

Plus d'un jeune sur trois déclare avoir vécu une situation de discrimination ou de harcèlement discriminatoire dans le cadre du travail.

Près d'un jeune sur cinq rapporte y avoir été confronté à plusieurs reprises. Ces chiffres sont issus de la 14ème édition du baromètre sur la perception des discriminations dans l'emploi menée par la Défenseure des droits, Claire Hédon, avec l'Organisation Internationale du Travail (OIT) auprès d'une population de 30201 jeunes actifs de 18 à 34 ans.

Les discriminations rapportées ont lieu en premier lieu lors d'un recrutement (pour 34 % des répondants ayant déclaré une discrimination) et dans le quotidien de travail (pour 34 % d'entre eux).

Lors d'un entretien d'embauche, près d'un jeune sur deux a déjà fait l'objet de propos déplacés ou de remarques désobligeantes.

Près de 90 % des jeunes âgés de 18 à 34 ans déclarent avoir déjà connu une situation de dévalorisation au cours de leur vie professionnelle. Ils sont principalement exposés à la sous-estimation de leurs compétences, à la mise sous pression pour faire toujours plus et à la réalisation de tâches inutiles et ingrates.

Plus de la moitié des jeunes victimes de discriminations ont entrepris des démarches à la suite des faits.

La plateforme de la Défenseure des droits antidiscriminations.fr et le numéro de téléphone 3928 sont là pour orienter les victimes de discriminations. 7 juristes sont disponibles du lundi au vendredi de 9h à 18h.

Pour la CGT, le droit à la non-discrimination est globalement satisfaisant. Mais il doit être mis en œuvre de manière efficace.

L'employeur devrait par exemple tenir un registre qui permette aux représentants du personnel de consulter toutes les candidatures à un emploi ou à un stage. Ceci permettrait d'identifier d'éventuelles discriminations.

S'inscrire à la newsletter

 

Voir les commentaires

Les jeunes n’ont pas besoin de “contrat d’engagement”, mais d’un emploi

29 Octobre 2021, 06:31am

Publié par PCF Villepinte

Le gouvernement fait miroiter un revenu d'engagement ou un contrat d’engagement pour les 500 000 jeunes les plus précaires. Le chiffre de 500 millions d’euros d’enveloppe a fuité dans la presse. Elle contiendrait des recrutements de conseillers dans les missions locales et une allocation inférieure à 500 euros par mois.

 

Rappelons que 1,6 million de jeunes se trouvent sans emploi et sans formation.

Les jeunes ont besoin d’un emploi ou d’une formation, et non d’un contrat spécifique qui les sort du droit commun. Services civiques, stages, travail dissimulé : tout est bon pour faire des économies sur le dos des jeunes.

Nous ne sommes pas une main-d'œuvre corvéable à qui l’on peut demander de faire des travaux d’intérêt général en échange de quelques centaines d’euros, comme semble le croire le Premier ministre.

Le gouvernement répand la fausse idée que le chômage des jeunes est dû à un manque d’autonomie sur le marché de l’emploi. En même temps, il aide financièrement les entreprises à recourir à l’emploi précaire. En même temps, il supprime des postes dans le secteur public et laisse les grands groupes fermer les usines.

Le gouvernement vient créer un nouveau sas de précarité avant l’entrée dans la vie active. La précarité n’est pas un métier. Ce n’est pas d’un contrat spécifique à la jeunesse que nous voulons mais des emplois correctement rémunérés, qui ont un sens et qui nous permettent de vivre dignement afin d’entrer sereinement dans la vie active.

Les jeunes ne sont pas le problème, mais la solution. Pour satisfaire les besoins du pays en matière de services publics et de réindustrialisation, le MJCF revendique :

  • Supprimer les contrats précaires (CDD, intérim) qui exposent les jeunes à un risque de chômage fort.
  • Recruter des jeunes massivement dans les services publics et au statut (éducation, santé, énergie, ferroviaire…) pour mettre fin à l’emploi précaire dans le public et répondre au manque criant de personnels.
  • Réindustrialiser le pays, en nationalisant les secteurs stratégiques et en redonnant le pouvoir de création d’emplois aux salarié·e·s et à leurs organisations.

 

Voir les commentaires

Les idées reçues sur les 32 heures : "les 35h, ça n'a pas marché"

14 Octobre 2021, 09:07am

Publié par PCF Villepinte

Voir les commentaires

Emploi. « Les vraies formations ne se font pas en 40 heures »

6 Octobre 2021, 19:12pm

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité Jeudi 7 Octobre 2021

Stéphane Guérard

Jean Castex a annoncé 1,4 milliard d’euros supplémentaires pour la formation des privés d’emploi et des salariés dans les grandes PME. De l’argent qui va se déverser dans un système marchandisé et individualisé, selon deux connaisseurs du secteur.

Il y a huit jours, Jean Castex annonçait un plan pour la formation professionnelle de «1,4 milliard deuros supplémentaires sur 2021 et 2022, dont 900 millions dès cette année». Les entreprises devraient capter le plus gros de ces crédits dédiés à la crise sanitaire et réaffectés. 600 millions sont en effet fléchés vers les grosses PME et 560 millions seront distribués par Pôle emploi «pour ouvrir les nouvelles formations (en entreprise) à lensemble des demandeurs demploi», dixit le premier ministre, afin de former 1,4 million de demandeurs d’emploi. De quoi pourvoir la France en emplois répondant aux enjeux des transitions numérique et écologique? Pas si sûr. Ce quexposent l’économiste Didier Gelot et Djamal Teskouk, conseiller confédéral CGT en charge de la formation professionnelle, dans une somme historique sur la formation professionnelle (1).

Avant d’envisager les annonces de Jean Castex, comment expliquez-vous que la formation professionnelle n’apparaisse pas dans les préoccupations des Français, encore moins dans le débat public?

Didier Gelot Les formations professionnelles n’aboutissent pas toutes à l’obtention de qualifications reconnues. Celles courtes, de 40 heures maximum, au «poste de travail», ne se traduisent généralement ni en termes de salaire, ni en promotion. C’est pourtant la vocation de la formation professionnelle telle que pensée par la loi de 1971. L’autre raison réside dans le fait que les organisations syndicales ne se saisissent que rarement de cette matière. Elles sont beaucoup plus appelées à prendre position sur des restructurations, des problèmes d’emploi, de salaires. La formation professionnelle n’a jamais été vue comme un outil pour répondre aux questions du travail, pour changer la société. En revanche, lorsqu’on interroge individuellement ces salariés sur le sujet, leur intérêt est fort. C’est contradictoire.

Djamal Teskouk C’est aussi dû aux inégalités d’accès. Celles-ci dépendent de la taille de l’entreprise dans laquelle on travaille et de la catégorie socioprofessionnelle à laquelle on appartient. Or, historiquement, le syndicalisme dit de contestation s’est plus appuyé sur les basses catégories, qui en bénéficient peu et qui, quand elles y accèdent, ne leur rapportent pas grand-chose en termes d’évolution de carrière ni de salaires.

Le plan Castex annoncé il y a huit jours permet-il de renverser la vapeur?

Didier Gelot Non, car il suit la logique «adequationniste» en vigueur, selon laquelle la formation professionnelle doit répondre aux besoins immédiats de main-d’œuvre des employeurs. On forme donc des gens sur un nouveau logiciel, une nouvelle machine. Jean Castex s’inscrit dans ce schéma en débloquant de l’argent pour financer des formations courtes afin de répondre aux «métiers en tension». Or, ces métiers, nous les connaissons bien. Voilà des années qu’ils ne fidélisent plus les travailleurs, car ils sont mal payés et dévalorisés. Et les vraies formations professionnelles ne se font pas en 40 heures.

Djamal Teskouk Il y a bien eu une période où les gens peu qualifiés avaient accès à des formations longues pour évoluer en interne, devenir les ingénieurs maison. Depuis une dizaine d’années, cette logique s’est inversée. On a commencé à détruire des postes qualifiés au gré des réorganisations, filialisations, délocalisations. Les entreprises se sont «recentrées sur leur cœur de métier», en externalisant toutes les activités jugées annexes, rejetant les salariés chez des sous-traitants dépourvus des moyens de formation. Lidée suivie est que tout ce qui est perçu comme un avantage en faveur du salarié est coûteux. La formation professionnelle en fait partie.

Didier Gelot Dès lors, plus on travaille dans une entreprise en bout de chaîne de sous-traitance, moins on a accès à la formation. C’est pourtant ces travailleurs qui devraient y avoir accès.

Les employeurs n’ont-ils pas intérêt à former leurs salariés?

Djamal Teskouk On est passé d’une obligation nationale de formation à une incitation faite aux entreprises de formation. Ce changement de vocable signifie un total renversement. Ce n’est plus à la société et aux entreprises de pourvoir à la formation, mais au salarié, à l’individu, de se prendre en charge en vue de se former. Et si possible hors du temps de travail, sur ses deniers personnels. Comme pour la santé, la retraite, la responsabilité a été transférée.

De quand date ce basculement?

Djamal Teskouk La réforme Pénicaud de 2018 parachève ce basculement. Et les annonces Castex s’y inscrivent en droite ligne. Mais nous montrons dans notre livre comment la réforme de 2014 menée sous Hollande a prépositionné tous les outils de marchandisation de la formation professionnelle nécessaires à la réforme Pénicaud. Dont le compte personnel de formation (CPF), qui avait été présenté comme une contrepartie aux régressions des lois Rebsamen et El Khomri, organisant la flexibilisation du travail et la diminution de son «coût».

Didier Gelot La réforme Pénicaud en est le point d’orgue puisqu’elle achève la marchandisation de la formation et la sort des «coûts du travail». Les employeurs ne sont plus obligés de financer la formation professionnelle mais sont incités à le faire. La grande nouveauté de 2018 est la monétisation du CPF. L’argument était de permettre au travailleur de trouver plus facilement la formation dont il a besoin. La réalité est tout autre et les margoulins s’y sont engouffrés. À tel point que, quand vous vous connectez au site du CPF, un avertissement vous met en garde contre ces phénomènes de harcèlement, d’abus et d’arnaques. Forcément, puisqu’il n’y a plus de contrôle public sur les offres. Dès lors, le plan Castex ne répondra pas aux questions posées par les mutations du travail liées aux transitions numériques et écologiques.

Quelles solutions prônez-vous pour réaffirmer l’intérêt de la formation professionnelle?

Djamal Teskouk Aujourd’hui, L’État a fait main basse sur l’essentiel des fonds mutualisés et décide de tout. Fixer des priorités nationales est utile. Encore faut-il donner les moyens. Or, France compétences affiche des déficits.

Didier Gelot Les efforts à produire sont gigantesques si l’on ne veut pas rater les transitions. Mettons donc fin aux exonérations de cotisations employeurs afin de financer les besoins. Nous proposons aussi un droit de formation initiale différée en faveur des travailleurs qui n’ont pu en suivre une. Et réinventons le contrat individuel de formation (CIF) pour redonner du temps long aux salariés. Car les transitions professionnelles ne se font pas en 40 heures.

(1)  1971-2021. Retour sur 50 ans de formation professionnelle. Éditions du Croquant, 13 euros.

 

 

Voir les commentaires

Assurance chômage : l'ignominie pour les privés d'emploi pendant que les profits des entreprises explosent

2 Octobre 2021, 16:34pm

Publié par PCF Villepinte

 

Prenant prétexte de la fin de la pandémie, le Président de la République et son Premier ministre ont donc décidé d'imposer la mise en œuvre de la contre-réforme de l'assurance-chômage en ce 1er octobre, malgré l'unanimité qu'elle rassemble contre elle.

Selon les chiffres de l'Unedic, avec l'entrée en vigueur de celle-ci, 1,15 millions de personnes vont ainsi voir aujourd'hui leurs droits baisser drastiquement, en moyenne de 17 % et jusqu'à 40 % pour les 400.000 les plus précaires, dont de nombreux jeunes. 50% des allocataires touchent moins de 860 euros par mois : Comment oser dire que l'on gagne plus au chômage qu'en travaillant !

Cette décision est une ignominie à l'égard des salariés concernés, jugés coupables d'un chômage dont seuls sont responsables les gouvernements successifs et le MEDEF.

Cette contre-réforme vise à faire 3 milliards d'euros d'économie sur le dos des chômeurs. Dans un pays qui compte plus de 6 millions de personnes privées d'emploi, plus de 10 millions de personnes sont dans une situation de pauvreté. Qui peut encore nourrir cette idée de folle de s'attaquer aux maigres droits des chômeurs plutôt que de travailler avec courage à l'éradication du chômage ?

Cette contre-réforme souligne par ailleurs le dogmatisme ultralibéral du pouvoir, qui préfère s'en prendre aux salariés que de travailler à éradiquer le chômage.

Le déficit de l'Unedic est d'abord nourri par la persistance d'un chômage de masse ! Les délocalisations en cascade, la course au profit et les cures d'austérité appliquées aux services publics comme aux communes sont responsables du chômage. De même, les bas salaires, les conditions de travail pénibles, le temps partiel subi sont dénoncés par des salariés qui ne veulent plus se faire exploiter quand, en même temps, les taux de marge des entreprises atteignent 35% selon la Banque de France.

Il faut une tout autre politique dans le pays, pour relever les immenses défis écologiques et sociaux.


Le PCF propose d'augmenter les salaires et de créer tout de suite les centaines de milliers d'emplois qui manquent dans nos services publics, en engageant notamment des pré-recrutements, à empêcher les restructurations organisées par les grands groupes, toujours accompagnées de plans de suppressions d'emplois, en déclarant un moratoire sur ces suppressions, à mettre un terme au grand déménagement industriel du pays.

Fabien Roussel, candidat à l'élection présidentielle, présentera l'ensemble des mesures en faveur de l'emploi, de sa sécurisation et des salaires, le 21 novembre à l'occasion d'un grand rassemblement à Paris.

 

Parti communiste français,

Paris, le 1er octobre 2021.

 

Voir les commentaires

Ian Brossat : « Notre objectif est d’éradiquer le chômage »

27 Septembre 2021, 12:16pm

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité Lundi 27 Septembre 2021

Julia Hamlaoui

Lors du conseil national, ce week-end, les communistes ont fixé des rendez-vous pour l’emploi et le pouvoir d’achat. Entretien avec leur porte-parole.

Pas question de laisser l’extrême droite faire le buzz, pour le PCF, qui a tenu son conseil national ce week-end. «Nous voulons mettre la question sociale et écologique au cœur de la présidentielle, pointer la responsabilité du capitalisme, avec lambition de prendre le pouvoir sur l’argent», résume son secrétaire national et candidat, Fabien Roussel. Son directeur de campagne détaille les modalités de cette «contre-offensive».

Comment imposer les questions sociales dans la campagne?

IAN BROSSAT L’extrême droite veut kidnapper la présidentielle. Regardez le décalage. Qu’est-ce qui préoccupe les Français? La santé, l’école, le pouvoir dachat. De quoi parle-t-on à la télé? Du prénom de nos enfants et dautres débats ineptes. Disons-le clairement: la haine ne remplit pas le frigo, elle ne paie pas les factures non plus. C’est sur l’emploi et les salaires que le débat doit porter. Nous voulons lancer une contre-offensive tous azimuts. D’abord avec une semaine de mobilisation sur le travail et le pouvoir d’achat partout en France, du 9 au 16 octobre, et, fin novembre, une grande journée à Paris avec un meeting de Fabien Roussel. Ensuite avec les Rencontres des jours heureux. Il s’agira pour notre candidat d’aller à la rencontre des Français lors de sept grandes réunions publiques pour présenter nos engagements et en débattre de façon directe et franche. Elles porteront sur l’agriculture et la ruralité, l’éducation, l’hôpital, l’évasion fiscale… Enfin, nous allons créer partout des comités des jours heureux pour multiplier les initiatives et remettre la question sociale au premier plan.

Quelles propositions avancez-vous?

IAN BROSSAT Le gouvernement veut faire croire qu’avec la croissance le problème du chômage serait derrière nous. La réalité, c’est qu’on continue à compter 6 millions de chômeurs. Et que la croissance, pour les Français, c’est d’abord celle des factures qui s’envolent. Par ailleurs, la France est devenue un pays de bas salaires qui ne permettent plus de vivre dignement de son travail. C’est pourquoi nous proposons l’augmentation du Smic à 1800 euros brut, soit plus 15 %, et une hausse globale des salaires. L’État doit montrer lexemple. Il faut en finir avec le gel du point dindice des fonctionnaires qui provoque, notamment dans lenseignement, une crise des vocations. Nous défendons donc une augmentation de 30 %, à commencer par les catégories C. Cela représente 60 milliards d’euros. Mais, avant d’être un coût, c’est un investissement pour l’avenir absolument nécessaire.

Sur l’emploi, le PCF veut changer de logiciel, en quoi cela consiste-t-il?

IAN BROSSAT Nous avons fini par nous habituer à vivre dans une société où une part de la population reste sur le bord de la route. Nous sommes animés par une conviction: cest le travail qui confère à chacun sa dignité, sa place dans la société. Je sais que cest un débat qui traverse la gauche. Mais, pour le dire simplement, au revenu universel, nous préférons le travail universel: bâtir une société dans laquelle tout le monde a accès à un travail bien rémunéré avec de bonnes conditions dexercice. Nous voulons une société où ce droit au travail est garanti. Pour cela, nous préconisons un nouvel âge de la Sécurité sociale avec ce que nous appelons une sécurité d’emploi et de formation qui, comme son nom l’indique, garantit à chacun un emploi ou une formation avec maintien de sa rémunération. C’est possible, à la condition de prendre la main sur la finance: moins de spéculation, plus dargent pour lemploi et les salaires.

 

Voir les commentaires

Uber : Le marteau du juge a encore frappé !

27 Mai 2021, 09:59am

Publié par PCF Villepinte

La Cour d’appel de Paris vient de reconnaitre l’existence d’un lien de subordination entre la plateforme Uber et ses chauffeurs. Dans la droite ligne de l’arrêt rendu le 4 mars 2020 par la Chambre sociale de la Cour de Cassation, les juges réaffirment la qualité d’employeur de la plateforme Uber. Les discours de la compagnie américaine sur la pseudo-liberté laissée à leurs travailleurs ne prennent pas devant les juges : les chauffeurs VTC de la plateforme sont des indépendants fictifs.

 Si les plateformes de travail comme Uber prétendent n’être que des intermédiaires entre des travailleurs dits indépendants et des clients, alors que ce sont elles qui pensent, dirigent, organisent et tirent profit de l’activité proposée en ligne, ce n’est que pour une chose : ne pas avoir à assumer leurs responsabilités d’employeur. Pas de respect du droit du licenciement, pas d’élus du personnel, de Comité social et économique ni de négociations collectives, pas de financement des cotisation sociales… Combien de temps allons-nous laisser faire ?

Ce n’est pas la première décision qui condamne l’entreprise Uber et ses comparses. En France et en Europe, une vague de requalification s’abat sur les plateformes de travail. Pourtant, elles continuent leurs activités comme si de rien était.

Pour que la surexploitation de ces travailleurs cesse, il est temps que le gouvernement agisse !

À l’image de ce que la ministre communiste du travail Yolanda Diaz a fait en Espagne pour les livreurs des plateformes, Fabien Roussel, candidat du PCF à l’élection présidentielle, propose d’instaurer une présomption de salariat qui contraindra les plateformes à respecter la législation sociale. Ces entreprises doivent cesser de résister au marteau du juge, et appliquer, comme toutes les entreprises et tous les citoyens, les lois de notre pays.

 

Barbara Gomes, conseillère PCF de Paris et Ian Brossat, porte-parole du PCF

 

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 > >>