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ecologie

Climat. Au Giec, une fuite échaude les débats climatiques

24 Juin 2021, 06:00am

Publié par PCF Villepinte

Le mouvement climat stoppé par la pandémie se rend à nouveau visble pour rappeler aux chefs d’état qu’il faut changer les modes de production et de consommation. L. Notarianni/Divergence

L'Humanité Jeudi 24 Juin 2021

Pia de Quatrebarbes

À six mois de la COP26, qui doit se tenir à Glasgow en écosse, un rapport pas encore finalisé du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat prévient que le «pire est à venir». Décryptage dune divulgation qui met en colère la communauté scientifique.

Il est 3h4, ce 23 juin, quand sur le fil de lAgence France-Presse saffiche lalerte: «La vie sur Terre peut se remettre dun changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L’humanité ne le peut pas.» Le lendemain, la fuite d’un brouillon du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat tourne en boucle. Est-on à l’aube d’un cataclysme? «Jamais un rapport du Giec nest aussi cash. Cest le type de message direct que les scientifiques ont du mal à dire. Mais les éléments sont dans la continuité de ce qui était déjà annoncé», éclaire Anne Bringault, coordinatrice des opérations au Réseau action climat, habituée des rapports du Giec comme des conférences internationales sur le climat.

Que disent exactement les experts? «Pénurie deau, exode, malnutrition, extinction despèces La vie sur Terre telle que nous la connaissons sera inéluctablement transformée par le dérèglement climatique quand les enfants nés en 2021 auront 30 ans, voire plus tôt», reprend l’AFP. Les chercheurs – 260 auteurs et 1168 relecteurs , eux, ne font pas de commentaire officiel. La climatologue Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe de travail sur les sciences du climat du Giec, renvoie à son compte Twitter… où elle «refuse de commenter un travail en cours, le brouillon de résumé technique».

Le consensus des scientifiques et des états, force du Giec

Pour comprendre, il faut savoir comment fonctionne le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat. Créé en 1988, il a pour mission d’examiner et d’évaluer les données scientifiques, techniques et socio-économiques les plus récentes publiées dans le monde et utiles à la compréhension des changements climatiques. Il doit aussi éclairer les décisions politiques. Pour chacun des rapports, «on travaille sur plusieurs années, le processus sur ce rapport d’évaluation le sixième a commencé en 2018. Il implique des centaines de chercheurs dans le monde, de régions différentes. C’est un travail de coordination et de consensus avec des allers et retours, des relectures», retrace une autre chercheuse qui officie dans un autre groupe de travail. En «colère devant cette fuite parce que les messages ne sont pas encore acceptés par tous», elle refuse d’être citée.

Car la spécificité et la crédibilité du Giec, «cest le consensus. Tous les rapports sont adoptés à lunanimité par les scientifiques qui travaillent en autonomie totale, puis par les États. Si lun nest pas daccord sur une formulation, on gomme», reprend Hervé Le Treut, climatologue et auteur de précédents rapports du Giec. «Cest aussi le meilleur moyen pour quaucun gouvernement ne rejette ses conclusions», reprend Anne Bringault. Le groupe de travail duquel a fuité le rapport est consacré aux impacts et à l’adaptation. C’est encore une version de travail «qui va subir des changements majeurs qui doivent inclure les milliers de commentaires», précise un autre climatologue.

Le rapport final ne doit pas être rendu public avant février 2022, après avoir été approuvé. Entre-temps, des phrases auront sans aucun doute disparu. Mais les enseignements, eux, resteront: tout simplement parce quils ne sortent pas de nulle part. «Tout le travail du Giec sappuie sur les études scientifiques déjà publiées et librement accessibles. On met en forme une information dense, en opérant des choix», souligne encore Hervé Le Treut.

Parmi les conclusions, plus alarmistes que celles du dernier rapport d’évaluation complet de 2014: le risque imminent de dépasser le seuil de + 1,5 °C. En signant laccord de Paris en 2015, le monde s’est engagé à limiter le réchauffement à moins de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, si possible à 1,5 °C.

Pour l’heure, le climat a déjà changé, la hausse moyenne constatée est de + 1,1 °C. Fin mai, l’Organisation météorologique mondiale a déjà prévenu que la probabilité que ce seuil soit dépassé, sur une année, dès 2025 est déjà de 40 %.

Désormais, le Giec estimerait que dépasser ce seuil de +1,5 °C pourrait entraîner «­progressivement des conséquences graves, pendant des siècles, et parfois irréversibles».Même à 1,5 °C, «les conditions de vie vont changer au-delà de la capacité de certains organismes à sadapter», souligne le rapport, confirmant des données déjà avancées dans un rapport spécial en 2018.

Près de 2,5 milliards de personnes supplémentaires seront affectées d’ici 2050 par des risques climatiques, des vagues de chaleur aux inondations, en passant par l’impact sur l’agriculture. Pour l’alimentation, l’élevage, la pêche, «dans tous les systèmes de production alimentaire, les pertes soudaines s’accroissent», observe aussi le rapport, pointant les aléas climatiques comme «principal moteur». «Les niveaux actuels dadaptation seront insuffisants pour répondre aux futurs risques climatiques», prévient le Giec. Même en limitant la hausse à 2 °C, jusqu’à 80 millions de personnes supplémentaires auront faim d’ici à 2050 et 130 millions pourraient tomber dans la pauvreté extrême d’ici à dix ans.

La fonte des calottes glaciaires, un point de non-retour

Le Giec estime qu’avec un réchauffement supérieur à 2 °C, la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique de l’Ouest pourrait constituer un point de non-retour. Or, à elles seules, elles contiennent assez d’eau pour provoquer une hausse du niveau de la mer de 13 mètres. En 2050, des centaines de millions d’habitants de villes côtières seront ­menacés par des vagues-submersion plus fréquentes, provoquées par une hausse du niveau de la mer qui entraînera à son tour des migrations importantes.

À +1,5 °C, dans les villes, 350 millions d’habitants supplémentaires seront exposés aux pénuries d’eau, 400 millions à + 2 °C. Et avec ce demi-degré supplémentaire, 420 millions de personnes de plus seront menacées par des canicules extrêmes.

Ces conclusions ont fuité, alors que le 17 juin, les délégués de 197 États ont achevé trois semaines de discussion pour préparer la 26e conférence mondiale sur le climat, la COP26, qui doit se tenir en novembre à Glasgow (Écosse). «Les négociations en visioconférence nont rien donné. Elles patinent notamment sur le financement pour l’adaptation des pays du Sud, comme sur les engagements des États en termes de réduction de gaz à effet de serre», rappelle Anne Bringault.

De là à y voir une manipulation? Des interlocuteurs franchissent le pas. «Les dernières consignes transmises par la direction du Giec étaient de ne pas diffuser de messages catastrophistes, cest exactement ce qui sest passé ici», confie un autre membre du Giec. Une manière pour ceux qui l’ont fait fuiter sans doute de faire bouger les choses, à l’heure où «nous avons besoin dune transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux: individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernement», comme le plaide le prérapport. 

 

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Nucléaire. Réacteur EPR de Taishan : un incident bien réel, des doutes sur l’accident

15 Juin 2021, 05:52am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mardi 15 Juin 2021

Marie-Noëlle Bertrand

L’hypothèse d’une fuite de gaz rare dans un circuit du réacteur n° 1 de la centrale de Taishan, en Chine, semble avérée. L’absence d’information laisse planer des doutes quant au niveau de gravité de l’incident.

L’alerte a clignoté en France lundi, au petit matin: CNN venait de faire état dune «fuite» survenue dans un des circuits de la centrale nucléaire de Taishan, dans le sud de la Chine, pas très loin de Hong Kong. Depuis, l’information sur la situation du site, qui héberge les deux seuls EPR – réacteurs nouvelle génération produits par la France (lire ci-après) – à ce jour en fonction, ne filtre qu’au compte-gouttes. Incident courant ou accident inquiétant? Voilà ce que lon pouvait en dire hier.

1. Ce qu’affirme CNN, ce que répond EDF

La chaîne de télé états-unienne se base sur une lettre que Framatome aurait adressée au département de l’Énergie américain le 8 juin: la filiale dEDF aurait demandé à ce dernier une autorisation dassistance technique pour résoudre «une menace radiologique imminente». Presque en même temps, ce 14 juin, Framatome a publié un communiqué évoquant l’incident, quoique demeurant extrêmement imprécis.

L’entreprise, qui a participé à la construction des réacteurs EPR de Taishan, dit apporter «son soutien à lanalyse de l’évolution d’un des paramètres de fonctionnement de la centrale», et assure que, «sur la base des informations disponibles, le réacteur (concerné) est actuellement dans son domaine de fonctionnement et de sûreté autorisé».

EDF, qui détient 30 % de TNPJVC, l’exploitant de la centrale, était, jusqu’en milieu de journée, à peine plus précis. Dans un communiqué publié sur son site, l’énergéticien dit avoir été informé «de laugmentation de la concentration de certains gaz rares dans le circuit primaire du réacteur n° 1 de la centrale nucléaire de Taishan». Cette concentration est «un phénomène connu, étudié et prévu par les procédures dexploitation des réacteurs». EDF dit également avoir sollicité la tenue d’un conseil d’administration extraordinaire de TNPJVC «pour que le management présente lensemble des données et les décisions».

L’ensemble des données: cest bien là ce qui manque. Les spécialistes sont unanimes là-dessus: aucune réponse formelle quant à la gravité de lincident ne pourra être apportée avant d’en savoir plus. «Selon les informations dont nous disposons, rien ne nous met aujourdhui en alerte, résume Karine Herviou, directrice générale adjointe de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, jointe par l’Humanité. Mais rien ne nous met à l’abri qu’une information ne nous ait pas été transmise.»

2. Fuite radioactive, ce qui est dans la norme

Fuite de gaz rares: en elle-même, la nouvelle nalarme personne. Cela «relève dincidents susceptibles darriver et d’être gérés dans une centrale», résume Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et membre de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad).

L’explication passe par un bref résumé technique: dans une centrale, le combustible – dans le cas présent, l’uranium – est encapsulé dans un tube, lui-même enveloppé dans une gaine: on parle dun crayon. «Cet appareillage forme un premier niveau de confinement et retient les produits de la fission», explique Bruno Chareyron, singulièrement les gaz rares – l’argon, l’hélium, le krypton, le néon ou encore le xénon. Le tout est plongé dans une masse d’eau: le fluide primaire. «Normalement, ces gaz restent emprisonnés dans le crayon», reprend Karine Herviou. Mais ces gaz rares, dit aussi gaz nobles «interagissent très peu avec les autres matières et sont difficiles à piéger», précise Bruno Chareyron. Il s’en échappe toujours un peu, et ils sont régulièrement collectés avant d’être rejetés dans l’atmosphère, à l’aune de seuils et d’autorisations délivrées par les autorités nucléaires.

Plus embarrassant, il arrive aussi que les crayons rencontrent des problèmes d’étanchéité. Là encore, la chose est prévue: des protocoles existent pour purger ces crayons «fuitards». «Cest arrivé deux fois à EDF en France», reprend Karine Herviou. Dans les cas extrêmes, cela peut conduire à l’arrêt de la centrale afin de les changer, ce qui, à la connaissance de la directrice de l’IRSN, ne s’est jamais produit dans l’Hexagone.

3. Quels sont les éléments qui inquiètent?

Une contamination du circuit secondaire déboucherait sur une tout autre alerte, mais, pour l’heure, l’IRSN n’a connaissance d’aucun élément laissant penser qu’un tel accident serait en passe d’arriver. «Contrairement au circuit primaire, reprend Karine Herviou, le circuit secondaire est en contact avec l’environnement.» Pour qu’il soit contaminé, toutefois, «il faudrait une rupture du générateur de vapeur», lequel, schématiquement, fait barrière. «Rien nindique que cela peut arriver à Taishan, reprend la directrice adjointe. Au reste, cela n’aurait absolument rien à voir avec la fuite constatée.»

D’autres éléments, toutefois, interrogent. Selon CNN, la note de Framatome rapporte qu’ «en raison du nombre croissant de défaillances», l’autorité de sûreté de la Chine, la National Nuclear Safety Administration (NNSA), a doublé la limite des rejets initialement autorisés dans l’atmosphère. En date du 30 mai, relève la chaîne de télé, le réacteur de Taishan avait déjà «atteint 90 % de la limite supposément révisée». «Ces éléments suggèrent de fait une augmentation des rejets», relève Brunon Chareyron.

4. Quels risques, et qui est responsable?

Quels sont, au final, les risques induits par l’incident en Chine? Tout dépend du niveau de ses rejets. Il ne donnera pas uniquement une idée de la radioactivité alentour, mais aussi de la nature de l’incident. «Sil est très important, cela indiquera une altération conséquente dun ou plusieurs crayons», reprend le physicien de la Criirad. S’il dépasse le seuil admis au point d’impliquer le changement d’un ou de plusieurs crayons, «cela conduira à un risque dexposition des salariés de la centrale ».

Tout en relevant elle aussi les nombreuses données encore inconnues, Karine Herviou se veut plus rassurante. Aucun risque d’explosion, assure-t-elle, et «si un accident était en cours, le réacteur n° 1 aurait été mis à larrêt: ce nest pas un choix, mais un dispositif automatique. Or, il fonctionne».

Incident ou accident: la question la plus épineuse restera ce qui a causé la défaillance. Un défaut d’étanchéité peut être le fruit d’une faute d’exploitation, autant que celui d’une malfaçon à la réalisation. La Chine autant que la France promettent d’être extrêmement regardantes au moment de l’enquête.

centrales nucléaires

 

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Environnement. Les États-Unis se veulent maîtres du jeu climatique

24 Avril 2021, 07:31am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Jeudi 22 Avril 2021

Marie-Noëlle Bertrand

Convoqués par Joe Biden, 40 dirigeants se réunissent virtuellement, les 22 et 23 avril. Ce sommet doit réveiller la dynamique des négociations internationales. Le président entend, lui, réinvestir la diplomatie verte avec éclat.

Climatiquement parlant, ce jour sera le premier du reste de la vie de Joe Biden. Trois mois seulement après son investiture, le président des États-Unis invite 40 dirigeants mondiaux à participer à un sommet climat de deux jours, organisé par Washington.

Crise sanitaire oblige, l’événement se tiendra en visioconférence. Il ne s’en veut pas moins exceptionnel. Tous les dirigeants invités ont répondu présent, y compris Xi Jinping, le président chinois.

À lire sur le sujet : Climat. États-Unis/Chine : le grand rabibochage

Pour la France, Emmanuel Macron sera au bout du fil. L’opération vise à relancer une dynamique internationale en berne, à l’approche de la prochaine conférence des parties de l’ONU sur le climat, la COP26, programmée en novembre en Écosse.

Mais, pour le nouveau président des États-Unis, il s’agit d’abord de réinvestir une scène diplomatique méprisée par Donald Trump. Tant qu’à revenir, autant le faire avec force – comme Emmanuel Macron a eu ses One Planet Summit et Angela Merkel, son Dialogue de Petersberg (1), il fallait son sommet à Joe Biden. Autant, aussi, y mettre le ton.

Juge et arbitre

«Si lAmérique ne mène pas le monde dans la gestion de la crise climatique, il ne restera plus grand-chose de notre planète», déclarait, le 18 avril, Antony Blinken, secrétaire d’État du pays. Ce faisant, les États-Unis ne cherchent pas seulement à faire figure de capitaine, ils se présentent aussi comme juge et arbitre.

Les pays qui continueront «dinvestir dans de nouvelles centrales à charbon ou de permettre une déforestation massive entendront, de la part des États-Unis et de nos partenaires, à quel point ces actions sont nocives», insistait-il, ciblant sans ambages la Chine et le Brésil.

Icon QuotePour les États-Unis, la pente va être raide à remonter.LOLA VALLEJO Directrice du programme climat de l'Iddri

Le deuxième plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES) a toutefois du pain sur la planche avant de convaincre de son leadership (sa domination) climatique.

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Energie. Taxonomie européenne : décryptage d'un texte fondamental pour l'environnement

21 Avril 2021, 09:31am

Publié par PCF Villepinte

L’atome devra patienter pour savoir s’il peut être qualifié d’investissement durable. Des doutes subsistent sur la gestion à long terme des déchets radioactifs. J. Isenmann/Only France via AFP

L'Humanité Mercredi 21 Avril 2021

Lucas Martin-Brodzicki

La Commission européenne doit présenter, ce mercredi, une «taxonomie», liste dactivités pouvant être qualifiées dinvestissements durables. Ce projet technique, mais crucial pourrait faire office de standard à l’échelle mondiale. Sources de divisions entre États membres, le gaz fossile et l’énergie nucléaire seront traités à part.

Le vert, c’est loin d’être clair. Voilà comment résumer les discussions en cours au sujet de la «taxonomie» européenne, un texte crucial pour les années à venir. Il sagit, ni plus ni moins, de définir, sur des bases scientifiques, ce qui est durable au regard du climat comme de lenvironnement.

Une fois ce cadre commun à toute l’Union européenne (UE) établi, les investisseurs n’auront plus qu’à orienter leurs financements vers les activités les plus vertueuses. Avec, en ligne de mire, l’objectif défini dans le pacte vert (Green Deal) pour l’Europe d’atteindre la neutralité carbone en 2050, soit l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et leur retrait de l’atmosphère via des puits naturels ou artificiels.

Ne pas figurer sur la liste, c’est la menace de dire adieu à certains financements. Sur le plan symbolique, cela revient à atterrir du mauvais côté de l’histoire de la transition écologique. Alors, depuis des mois, dans les coulisses ou via des déclarations publiques interposées, États, industriels et ONG défendent leurs intérêts et leurs positions.

Gaz fossile et énergie nucléaire font l’objet d’âpres débats, à tel point que le document que doit présenter la Commission européenne, ce mercredi 21 avril, pourtant très attendu, devrait repousser à plus tard ces questions, cruciales mais clivantes. Décryptage.

1. La «taxonomie» européenne, une première mondiale

Alors que plusieurs États membres, dont la France, demandent un report, la Commission européenne doit dévoiler, ce mercredi, son projet d’acte délégué – l’équivalent français d’un décret d’application – sur la taxonomie verte. «Cest un document très technique mais fondamental», prévient Neil Makaroff, responsable des politiques européennes au sein du Réseau Action Climat.

La liste des critères et autres seuils s’étale sur plusieurs dizaines de pages et permet de déterminer si une activité économique contribue à l’adaptation au changement climatique ou à son atténuation. Ce sont les deux premiers des six objectifs environnementaux fixés dans le cadre de l’élaboration de cette taxonomie.

Les quatre autres, relatifs à la biodiversité, l’économie circulaire, la protection des océans et les pollutions, feront l’objet d’un autre acte délégué. Grâce à ces critères, il suffit de vérifier si tel projet de rénovation thermique ou de recyclage coche toutes les cases. Les transports et l’industrie sont aussi concernés.

«Les investisseurs attendent avec impatience cette classification, pour savoir ce qui est vert ou pas dans leurs portefeuilles. Cest une première pierre pour construire une finance durable.»

 Experts et scientifiques ont travaillé pendant deux ans à l’abri des pressions, avec l’opportunité de créer un cadre «véritablement robuste et crédible, qui peut faire office de standard à l’échelle mondiale», se réjouit encore Neil Makaroff, avant de temporiser: «Depuis quelques mois, la rationalité scientifique laisse place à une politisation des débats. Cela menace la crédibilité de l’ensemble de la taxonomie.»

2. La délicate question du gaz fossile

Écarté de la liste des énergies durables dans un premier temps pour ses émissions de CO2 trop élevées, le gaz naturel – un combustible fossile – s’est frayé une place in extremis dans le dernier avant-projet de la Commission européenne, révélé fin mars.

En réaction, plus de 200 scientifiques et membres d’ONG ont signé une lettre ouverte pour demander à l’institution de faire marche arrière: «La taxonomie de lUE a été conçue comme un étalon-or basé sur la science pour éviter le greenwashing. Avec une telle proposition, la taxonomie elle-même deviendrait un outil de greenwashing. (…) Nous n’avons plus le temps pour de fausses solutions», écrivent-ils.

Concrètement, dans cet avant-projet, le gaz bénéficiait d’exception dès lors qu’il permettait de remplacer des centrales à charbon, même si la nouvelle installation dépassait 100 g de CO2 par kWh produit, le seuil fixé par défaut dans la taxonomie. Dans ce cas, l’investissement pouvait être qualifié de vert en tant qu’ «activité de transition». La tolérance grimpait alors à 270 g de CO2 par kWh produit.

Un tour de passe-passe qui ne passe pas. «Ces centrales seront là pour quarante ans, cela contredit nos objectifs climatiques. On pourrait dire adieu à la neutralité carbone en 2050», met par exemple en garde l’eurodéputé vert néerlandais Bas Eickhout, rapporteur du règlement sur la taxonomie européenne.

Coincée entre les anti-gaz et des pays qui disent en avoir besoin pour réussir leur transition, Pologne en tête, la Commission européenne aurait décidé de refiler la patate chaude au Parlement, ainsi qu’au Conseil européen, selon un document provisoire publié par le média en ligne Contexte. La question du gaz sera traitée à part, via une procédure législative ordinaire. Elle doit démarrer avant la fin de l’année.

3. Le nucléaire devra attendre, au grand dam de la France

Car «il suscite un intérêt et un débat publics dun niveau similaire» à celui du gaz fossile, écrit la Commission européenne, l’atome devra également patienter pour savoir s’il peut être qualifié d’investissement durable. Bruxelles avait d’emblée décidé d’examiner l’énergie nucléaire à part, en raison du principe d’innocuité.

Celui-ci signifie qu’une activité ne doit porter préjudice à aucun des six objectifs de la taxonomie. Or, des doutes subsistent sur la gestion à long terme de certains déchets radioactifs.

En mars 2020, le groupe d’experts techniques sur la finance durable (TEG), chargé de mettre sur pied la liste des activités considérées comme vertes, n’avait pas voulu se prononcer sur le cas de l’atome, tout en reconnaissant son impact quasi nul en termes d’émissions de CO2: «Il na pas été possible au TEG de conclure que la chaîne de valeur de l’énergie nucléaire ne cause pas de préjudices significatifs à dautres objectifs environnementaux.»

Autre rapport, autres conclusions. Il y a quelques semaines, le Joint Research Centre (JRC) de la Commission affirme, dans un document de près de 400 pages, que l’impact des déchets radioactifs sur l’environnement ou la santé humaine n’est pas de nature à exclure le nucléaire de la taxonomie. Il existe «un large consensus scientifique et technique» autour du stockage en couches géologiques profondes, dont le projet Cigéo, en France, est un exemple, avancent les auteurs.

S’il a provoqué la colère des antinucléaires – Greenpeace dénonçant les liens structurels entre le JRC et l’industrie de l’atome –, l’épisode donne un peu d’air frais à l’État français, qui veut à tout prix éviter que l’énergie nucléaire ne soit traitée à part. Emmanuel Macron en personne a pris la plume, le 19 mars, aux côtés de six autres leaders européens, dont le Hongrois Viktor Orban ou le Tchèque Andrej Babis.

 «Nous sommes convaincus que toutes les technologies neutres ou à faible teneur en carbone () devraient non seulement être reconnues par lUE, mais également soutenues activement», écrivent-ils à la Commission.

Les travailleurs de l’atome sont aussi montés au créneau. Dans un communiqué, toutes les fédérations syndicales de l’énergie ont tenu à rappeler que «se priver dune technologie qui fournit actuellement près de la moitié de l’électricité bas carbone de l’Europe et emploie plus d’un million de salariés européens serait incompréhensible et irresponsable». 

Pas de quoi faire changer d’avis la Commission européenne, qui, en bon équilibriste, laisse aux États quelques mois de plus pour de nouvelles passes d’armes sur le devenir énergétique, donc climatique, de l’Union.

 

 

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Climat. États-Unis/Chine : le grand rabibochage

19 Avril 2021, 06:21am

Publié par PCF Villepinte

Le 16 avril, lors d’une visioconférence entre le vice-premier ministre chinois, Han Zheng, et John Kerry, émissaire états-unien pour le climat. Zhang Ling/Xinhua/AFP

L'Humanité Lundi 19 Avril 2021

Marie-Noëlle Bertrand

Les deux premiers pollueurs au monde s’engagent à coopérer pour lutter contre le réchauffement. Un coup d’éclat diplomatique, profitable à Washington, à cinq jours d’un sommet convoqué par Joe Biden.

À cinq jours d’un sommet international destiné à remettre les États-Unis sur les rails de la diplomatie climatique, l’image ne pouvait mieux tomber. La puissance nord-­américaine et la Chine se sont entendues, le week-end dernier, pour agir de concert face au réchauffement de la planète. Les deux premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre «sengagent à coopérer entre eux et avec dautres pour affronter la crise climatique, qui doit être traitée avec le sérieux et lurgence quelle exige», indique leur communiqué commun, signé à Shanghai par John Kerry, émissaire américain pour le climat, et son homologue chinois Xie Zhenhua.

Les deux pays s’affichent impatients d’en faire la démonstration dès ce 22 avril, alors que doit se tenir, en direct de Washington, un sommet sur le climat…

 

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« Forte mobilisation » en France pour une « vraie loi climat », avant l'examen au Parlement

1 Avril 2021, 08:53am

Publié par PCF Villepinte

 

Des manifestants à la marche pour le climat à Paris, le 28 mars 2021.  (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Pari gagné pour les partisans d’une « vraie loi climat », qui ont salué une « forte mobilisation » à travers le pays pour réclamer que le projet du gouvernement aille beaucoup plus loin, à la veille de son examen à l’Assemblée.

Un total de 44.000 personnes ont manifesté sur le territoire, selon le ministère de l’Intérieur.

Pour les organisateurs du mouvement, ils étaient quelque 110.000 a avoir battu le pavé dans de nombreuses villes de France, dont 55.000 à Paris et 10.000 à Lyon.

L’appel à manifester a été rejoint par des dizaines d’ONG, syndicats et partis pour dénoncer le « manque d’ambition » du projet de loi « climat et résilience », sensé traduire une bonne partie des propositions de la Convention citoyenne pour le climat.

Cet exercice démocratique inédit, convoqué par Emmanuel Macron dans la foulée de la crise des Gilets jaunes, a vu 150 citoyens tirés au sort et formés par les meilleurs experts du climat pour proposer des mesures permettant de « réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France d’au moins 40% dans un esprit de justice sociale ».

Mais pour les militants écolos, il ne reste pas grand chose des 149 propositions de la convention une fois passées à la moulinette du gouvernement, accusé d’avoir cédé aux lobbies économiques, loin de la promesse d’Emmanuel Macron aux « citoyens » de transmettre leurs mesures « sans filtre ».

Bon nombre des 150 s’étaient d’ailleurs joints à l’appel à manifester, à l’image de Nadine Breneur, membre de la CCC défilant à Strasbourg (1.100 participants, selon la préfecture): « Les textes ont été modifiés, dilués, voire mis de côté, je me sens trahie ».

A Rennes (1.700 personnes selon la police, plus de 2.000 selon les organisateurs), Grégory dos Santos, un autre des 150 est lui aussi amer: « La loi climat telle qu’elle est aujourd'hui, c'est une coquille vide. Il faut des marches comme ça pour qu’il se passe quelque chose ».

Sans filtre enfumé

A Paris, un foule nombreuse a défilé derrière une banderole « Pour une vraie loi climat: Stop au blabla » dans un cortège festif, animé par des musiciens.

Les manifestants rivalisaient de pancartes dénonçant l’attitude du président de la République. « Macron, ta loi en carton, c’est la poubelle jaune » se taillait un franc succès, comme les variations sur « Sans filtre, tu nous enfumes ».

« Il n’y a pas de négociations possibles avec le climat, c’est une course contre la montre », martelait le réalisateur et militant écolo Cyril Dion, promoteur puis « garant » de la CCC avant de dénoncer la mise en oeuvre de ses propositions par l’exécutif, qui « ne permet absolument pas à la France de tenir ses objectifs » en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre ».

Une autre figure tutélaire de la CCC, l’économiste Laurence Tubiana, cheville ouvrière de l’accord de Paris sur le climat de 2015 et coprésidente du comité de gouvernance de la convention, défilait à Montpellier.

« Les Français demandent plus de la part de leurs députés et de leur gouvernement: une vraie loi climat ambitieuse où le volet social est le pivot de cette transition nécessaire », a-t-elle déclaré à l’AFP.

De nombreux manifestants appelaient eux aussi les parlementaires à améliorer le projet de loi, sur lequel quelque 7.000 amendements ont été déposés. Tout comme, paradoxalement, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, qui a perdu un certain nombre d’arbitrages lors de la préparation du texte.

« Je continue à me battre pour avoir les mesures les plus ambitieuses possibles, » a-t-elle déclaré sur France Inter, disant « espérer » que les parlementaires pourraient encore voter certaines « avancées ». Elle a toutefois assuré que le texte resterait comme « une des plus grandes lois du quinquennat ».

Interrogée sur les manifestations, dont le succès n’était pas encore apparent quand elle s’exprimait, la ministre a assuré que « les marches pour le climat, c’est très bien qu’elles existent ». « Je suis heureuse que cette préoccupation soit toujours là ».

Les organisateurs appellent en tout cas déjà à défiler le 9 mai « si la loi est votée en l’état ».

 

 

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TRIANGLE DE GONESSE

29 Mars 2021, 09:31am

Publié par PCF Villepinte

Communiqué du 24 mars 2021

Les 1 300 m3 de terres retirés du Triangle de Gonesse pour construire la gare inutile au milieu des champs vont être « cédés gratuitement à qui veut les prendre ».

Au passage, ces terres sont enfin reconnues fertiles par la Société du Grand Paris (SGP), il aura fallu attendre qu’elles soient excavées et soustraites aux activités agricoles utiles. La SGP atteint des sommets dans l’indécence et le mépris des habitants en poursuivant ses destructions en Ile-de-France. Les travaux continuent, les milliers de m3 de terres gênent aujourd’hui l’entreprise de destruction de ces terres agricoles, la SGP les donnent.

En construisant une gare au milieu des champs, ils tournent volontairement le dos à l’urgence climatique et aggravent les lourdes conséquences sociales et environnementales de la bétonisation. Ils nous privent d’un bien précieux indispensable à la vie des populations locales : des terres à cultiver pour nourrir la population.

 L’Etat, la Région Ile-de-France et la SGP restent sourds aux propos des climatologues, de la COP 21, de la Convention citoyenne et de toutes celles et ceux qui soulignent le caractère indispensable de ces terres pour lutter contre le dérèglement climatique et participer à la sécurité alimentaire de la population francilienne. Ils n’ont qu’une urgence : rendre irréversible ce projet inutile, quoiqu’il en coûte.

La localisation de cette gare de la ligne 17 ne sert à rien, aucun habitat desservi pour environ un milliard d’euros. Un énorme gaspillage d’argent public quand les populations du Val d’Oise et de la Seine-Saint-Denis sont parmi les plus maltraitées.

Quand leurs besoins énormes en matière de santé, formation, emplois, logements… sont ignorés, que les transports publics existant sont saturés et sans fiabilité. Plus un seul m2 d'espace vert ou agricole ne doit changer de fonction dans notre région. L’argent public doit servir au bien être des habitants, de la transition écologique et du vivant.

 Contact : Jean Marie Baty Président du MNLE 93 et Nord Est Parisien Tel : 06 70 80 93 15 - Mail : mnle-93@orange.fr Vous pouvez aider financièrement les recours engagés sur notre page Helloasso

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« Urgence environnementale, urgence sociale

19 Mars 2021, 07:47am

Publié par PCF Villepinte

À l'appel des Jeunes pour le Climat, une grève mondiale est organisée les 19 et 20 mars. En France, 35 villes seront en grève pour le climat et la justice sociale. La CGT appelle à rejoindre ces mobilisations.

« Urgence environnementale, urgence sociale » « Fin du monde, fin du mois même combat » sont les slogans que l'on peut entendre dans les mobilisations pour le climat, notamment celles des jeunes, que la CGT appelle à rejoindre depuis plusieurs années.

Des grèves, manifestations et actions de désobéissance civile sont prévues vendredi 19 et samedi 20 mars à Montpellier, Pau, Clermont-Ferrand, Carhaix, Metz, Paris, Lyon...

« On met en avant la question sociale, la préservation de l'emploi et des services publics et leur développement sur tout le territoire, précise Véronique Martin, élue du bureau confédéral chargée des questions sur l'environnement. Ces sujets sont intrinsèquement liés à la préservation de l'environnement. On ne peut pas faire une transition écologique sans préserver et améliorer les droits sociaux des citoyens. »

« La défense de l'emploi et de l'outil de production ne sont pas les ennemis de l'environnement. » alerte Véronique Martin, avant de souligner le fait que, sous couvert de conversion écologique, le patronat réalise des économies sur le dos des salariés.

« Fermer des usines ou des centrales en France, pour acheter la même production fabriquée dans d'autres pays n'est pas une solution. »
Elle insiste sur l'importance d'investir dans la recherche et le développement pour maintenir l'indépendance énergétique du pays.

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De Bobigny à Nantes, l’agriculture squatte le bitume

28 Février 2021, 06:42am

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité Samedi 27 Février 2021

Pia de Quatrebarbes

Version récup ou high-tech, militante ou professionnelle, l’agriculture s’incruste en ville. Plus un seul projet urbain sans un brin de verdure. Les néopaysans veulent approvisionner (un peu) la cité, la reconnecter à une alimentation saine, et recréer du lien entre habitants. REPORTAGE.

Bobigny, coincé entre la nationale et le canal de l’Ourcq, le portail de ce qui fut pendant près de quarante ans l’entrée des ouvriers de l’usine Motobécane est toujours là. Mais, désormais, il ouvre sur la Prairie du canal. L’usine a été rasée dans les années 1990. Les herbes folles comme les arbres à papillons s’y épanouissent. Il y a là «Diesel, la poule, prénommée ainsi parce quelle a été trouvée dans une station-service», plaisante Éline Lambert, qui fait la guide. Ici, il ne faut pas chercher la terre, le plancher des vaches, c’est le bitume. Depuis 2017, l’association la Sauge, la Société d’agriculture urbaine et généreuse, y a pris ses quartiers sur 3000 m2 après un appel à projets de la communauté d’agglomération d’Est Ensemble pour y créer une ferme urbaine.

À lire aussi : Agriculture urbaine : des parkings aux toits des tours, ça pousse dans tous les sens!

L’objectif alors est de «se reconnecter à la nature» et à son alimentation, Pas encore de «soigner la ville». Pour Antoine Devins et Swen Déral, les deux fondateurs de la Sauge, en permettant à un maximum de monde de jardiner, «on met le pied à l’étrier pour faire de la transition à son échelle». Le jeudi, cest leur jour daccueil des bénévoles: étudiants, chômeurs, en reconversion, mais aussi migrants. L’été, cest la ruche, en février, beaucoup moins… Lætitia, 22 ans, en service civique, issue d’une école de commerce, trouve ici «du concret. Je me rendais bien compte que la finance, ce nest pas tellement mon truc, et japprends tellement». Mathieu, en CAP dhorticultrice, lui, a toujours été un urbain, il ne se voyait pas trop «faire (son) stage ailleurs quen ville. Mais ici, au-delà de lagriculture, il y a de la vie ensemble».

 

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Climat : clap de fin pour la Convention citoyenne

27 Février 2021, 08:07am

Publié par PCF Villepinte

Les membres de la Convention citoyenne pour le climat. Photo Jacques Witt/POOL/REA

L'Humanité Vendredi 26 Février 2021

Lucas Martin-Brodzicki

Les 150 tirés au sort se retrouvent ce week-end pour une dernière séance de travail, où ils évalueront les réponses du gouvernement suite à leurs propositions.

D’ultimes retrouvailles et un bulletin de notes à délivrer. Voilà le programme du week-end pour la huitième et dernière session de travail des 150 de la Convention citoyenne pour le climat (CCC). Depuis ce vendredi et jusqu’à dimanche soir, les tirés au sort font le bilan, en visioconférence, de cette aventure démocratique d’un nouveau genre. «Vous avez tenu la scène pendant 17 mois. La leçon de lexpérience que vous allez exprimer va être très importante», posait d’emblée Laurence Tubiana, coprésidente du comité de gouvernance de la CCC, lors de la séquence d’ouverture ce vendredi matin. Une longue série de tableaux attend les 150, afin de comparer leurs propositions avec la façon dont elles ont été reprises par le gouvernement, que ce soit dans le projet de loi climat et résilience présenté le 10 février en Conseil des ministres, dans le plan de relance ou par règlement.

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Une note sur 10

Pour rappel, ils et elles devaient plancher sur une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre françaises en 2030 par rapport à 1990, dans un esprit de justice sociale.

«Ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont fait», a salué Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, sur Europe 1. La réciproque devrait être moins optimiste. Dimanche, les débats laisseront place aux votes. Plus d’une cinquantaine au total, dont quatre questions générales auxquelles chaque citoyen devra répondre par une note comprise entre 0 et 10. Parmi elles: «Quelle est votre appréciation de la prise en compte par le gouvernement des propositions de la Convention?» Beaucoup ont déjà répondu à cette interrogation dans la presse, souvent avec des mots durs. Amertume, trahison, gâchis, manque d’ambition… la note devrait être salée. «Demander lavis des citoyens sur le climat, en tenir vaguement compte et se satisfaire de ça, c’est décevant», résume William Aucant. Un autre tiré au sort, Sylvain Burquier, constate que «le réchauffement ne se contentera pas dun consensus tiède».

Ultime mise en garde

C’est pourtant ce dont accouche, pour l’instant, le projet de loi climat et résilience qui sera soumis à l’examen du Parlement à partir du 8 mars. Une multitude d’organismes indépendants ont appelé les parlementaires à redresser le tir face à un texte incapable d’emmener la France vers la réussite de ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Haut Conseil pour le Climat, Conseil économique, social et environnemental et Conseil national de la transition écologique sont unanimes. Une mauvaise appréciation des 150 pourrait servir d’ultime mise en garde pour la majorité présidentielle: en matière de climat, mieux vaut ne pas se contenter de la moyenne.

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