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Lettre de mars du réseau école du PCF

25 Mars 2012, 21:28pm

Publié par PCF Villepinte

De l'argent pour l'école, pas pour les banques !

L’édition de mars 2012 du réseau école vient d’être publiée. Parmi les nombreux articles dont vous pourrez prendre connaissance en téléchargeant cette lettre, nous avons choisi de publier une contribution de Marine Roussillon, responsable du réseau, sur les enjeux de moyens pour une transformation progressiste de l’école...

Pour construire l’école de l’égalité, il y a besoins de moyens nouveaux.

Bien sûr, les moyens seuls ne sont pas la solution. renforcer le caractère inégalitaire de l’école, tout en donnant un peu de moyens pour atténuer ces inégalités, cela ne rime à rien ! c’est pourtant ce que propose le Parti socialiste, lorsqu’il affirme vouloir revenir sur les suppressions de postes tout en poursuivant la politique de différenciation des contenus (socle commun) et de mise en concurrence des établissements (autonomie). il y a besoin de moyens nouveaux, non pas pour panser les plaies crées par l’école, mais pour transformer l’école en profondeur, la refonder sur le modèle de l’élève qui n’a que l’école pour acquérir les savoirs scolaires.

quels sont les besoins ?

Il faudra bien sûr recréer tous les postes supprimés par la droite, et créer des postes nouveaux. Les élèves sont en nombre croissants dans le primaire et dans le secondaire : il faut donc plus d’enseignants, plus de personnel pour les accueillir. nous voulons garantir le droit à la scolarisation dès deux ans pour les enfants dont les familles le souhaitent, dans des conditions adaptées aux tout petits ; nous voulons rendre l’école obligatoire de trois à 18 ans ; nous voulons faire baisser les effectifs et améliorer l’encadrement ; nous voulons rétablir les rased dans leurs moyens et créer des équipes pluriprofessionnelles pour prévenir la difficulté scolaire, dans le primaire comme dans le secondaire ; nous ne voulons surtout pas augmenter la charge de travail des enseignants…

Il faudra donc recruter massivement.

PDF - 814 ko

La lettre de mars 2012

 

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Collèges en PPP

18 Mars 2012, 08:15am

Publié par PCF Villepinte

PS et droite adoptent les Partenariats Public/Privé pour les collèges.... Elus PCF et Front de Gauche et syndicats se mobilisent pour défendre le service public

 

Claude Bartolone et les élus socialistes, avec le renfort des élus de droite, ont donc adopté ce jeudi 15 mars le recours aux partenariats public-privé pour la réalisation de 12 collèges.

Seuls les élus communistes et du Front de Gauche se sont opposés à cette décision dont on sait les conséquences désastreuses qu’elle a engendrées ici et là pour la réalisation d’équipements "publics" : mainmise des géants du BTP sur la gestion des équipements, surcoûts faramineux (voir l’expérience de l’hôpital Sud francilien), renchérissement des opérations pour alimenter les profits des entreprises en charge de celles-ci...

Ces entreprises encaisseront plus de 24 millions de loyers annuels pendant 20 ans pour la réalisation de ces 12 collèges. En bref, le service public de l’éducation, déjà tant malmené par la droite, va, en Seine-Saint-Denis, encore céder du terrain pour satisfaire les intérêts de grands groupes privés !

Comme d’habitude, renoncement et fatalité ont nourri le discours de C. Bartolone pour justifier cette mesure, alors que tous les syndicats et les élus communistes et du Front de Gauche proposaient des pistes combatives pour porter un financement efficace des investissements dans les collèges.

La droite, qui n’a de cesse d’asphyxier les collectivités et le Conseil général de la Seine-saint-Denis en particulier, a voté le recours au PPP des 2 mains... confirmant que la gauche, quand elle cède aux sirènes libérales, se fourvoie et tourne le dos aux exigences de changement !

Le Groupe communiste, citoyen, Front de gauche pour une transformation sociale et écologique du Conseil général et l’ensemble des syndicats des services départementaux n’ont pas manqué de réagir à ce vote de l’assemblée départementale, appelant à poursuivre la bataille pour la défense et la promotion du service public.

 

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Vidéo: "Dans 20 ans, on regrettera ce qui a été fait dans l'Education ces 5 dernières années"

31 Janvier 2012, 23:09pm

Publié par PCF Villepinte

Mots clés : manifestation, education, enseignement, enseignants, Collège, lycée, rgpp, primaire, les vidéos de l'humanité,

 

 

Ils s'appellent Jean-Paul, Claire, Laurence, Arnaud, Thibaud ou Georges. Ils sont profs des écoles, de collège ou de lycée général et technique, en formation ou remplaçant. Ce mardi, ils manifestaient contre les suppressions de postes dans l'Education nationale. Voici pourquoi.

 

Ou cliquez ici

  • A lire:

Les profs refusent l'école dévaluée

Education: les luttes des classes et des postes sont engagées

stéphane guérard

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L’école de l’égalité (par le Front de gauche pour l'Education)

30 Janvier 2012, 18:40pm

Publié par PCF Villepinte

L’école de l’égalité (par le Front de gauche pour l'Education)
Depuis plusieurs années déjà, et notamment depuis la loi Fillon de 2005, les attaques contre l’école maternelle et primaire, le collège, le lycée et les universités, contre les enseignants et les postes, sont nombreuses et récurrentes. En les multipliant et en accélérant le rythme, la politique de Nicolas Sarkozy a réussi, en quatre ans et demi, à mettre à terre le service public d’éducation.

Rappelons là certaines mesures prises depuis 2007 : remise en cause de la scolarité des 2-3 ans avec la mise en place de jardins d’éveil à la charge des collectivités et des contribuables ; réduction drastique des subventions aux associations d’éducation populaire et aux mouvements d’éducation nouvelle ; criminalisation du traitement de la violence à l’école et plus généralement de la jeunesse ; réduction de l’éducation prioritaire à un repérage des « élèves à risque » ; fichage des élèves et dénaturation de la statistique scolaire ; sabordage de la formation des enseignants ; renforcement de l’autonomie et de la concurrence des établissements scolaires sur le modèle du management néo-libéral ; dérégulation de la carte scolaire, privilèges et préférences donnés à l'enseignement privé ; attaques contre le savoir et la pédagogie, suppressions de postes, développement de la précarité …

Sans être exhaustive cette liste illustre de façon accablante la régression considérable et brutale de notre système éducatif. Comme si la coupe n’était pas encore assez pleine, l’UMP propose encore récemment une réhabilitation des filières au collège dans l'unique but de renforcer les logiques ségrégatives et de développer les sorties précoces du système éducatif nous ramenant quelques trois décennies en arrière. Preuve que, sans un coup d’arrêt net à cette politique destructrice de la droite en 2012, d’autres phases de régression sont encore devant nous, comme en témoigne le projet d’évaluation des enseignants portant atteinte à leur professionnalité et instituant un arbitraire et une mise en concurrence des individus.

Cette politique nous devons la combattre parce qu’elle est injuste, cynique, inefficace et opposée en tous points aux valeurs de justice, de progrès et de libertés défendues par le Front de gauche, par de nombreuses organisations et par de très nombreux concitoyens. Notre projet rejoint en effet les mobilisations citoyennes et professionnelles qui ont vu le jour sur tout le territoire, pour dire non à cette politique, sans jamais avoir été entendues. Jamais la population n’a marqué un tel rejet car c’est bien la mort du service public d’éducation qui est en jeu. Personne n’est dupe, l’école de la droite c’est celle du chacun pour soi, de l’égoïsme, de la loi du plus fort et du plus riche, écartant une grande partie de la population scolaire du droit à l'éducation et à la poursuite d'études.

Elle tourne non seulement le dos aux aspirations de la population, mais également à tous les acquis des chercheurs et des pédagogues. Le rôle de la scolarisation en maternelle dans la prévention de l’échec scolaire est incontestable. Une école plus égalitaire nécessite aujourd'hui de relancer une éducation prioritaire qui soit soutenue par des moyens d’une toute autre ampleur que ces dernières années et qui affirme la capacité de tous les élèves à réussir. Les systèmes scolaires les plus démocratiques sont ceux qui s’abstiennent de toute mise en concurrence des écoles et des familles, qui bannissent le libre choix de l’école, qui misent sur la formation des enseignants et surtout qui investissent dans l’éducation : bref l’inverse de la politique actuelle !

Contre les orientations prises depuis 2007 les rappels à l’ordre ont été nombreux. Les chercheurs ont analysé les effets délétères des mesures prises : l’aggravation de la ghettoïsation scolaire et de la fragmentation de l’école sont les préludes à un véritable séisme social. De nombreux rapports provenant des organismes d’État (Cours des comptes, Inspection générale) ont tiré à plusieurs reprises le signal d’alarme, en vain. Les organisations internationales ont également pointé les excès d’élitisme, le désengagement de l’État et l’accroissement inconsidéré des inégalités. La France apparaît en effet aujourd’hui aux yeux du monde comme l’un des pays les plus inégalitaires en matière de scolarité obligatoire. Jamais donc une politique dite éducative n’a fait à ce point l’unanimité contre elle et suscité autant d’indignation collective. L’UMP et le gouvernement actuel peuvent-ils avoir raison contre les concitoyens, la communauté éducative et la communauté scientifique ?

Face à ces constats le Front de gauche ne se contente pas de dénoncer : il propose un projet éducatif à la hauteur de la situation, et non un aménagement de l’existant. Le Front de gauche refuse de penser sa politique éducative dans le cadre du budget contraint érigé en dogme par les politiques d’austérité. Son projet ne résulte pas d’une quelconque « convention-spectacle » ou d’une commission fermée réservée à quelques technocrates ; il résulte d’une réflexion menée avec la population elle-même, au cours des assemblées citoyennes, avec les enseignants, les chercheurs, les mouvements pédagogiques et les réseaux divers. Le projet se veut ouvert et non figé et construit autour d’une idée centrale : l’école de l’égalité. Trop souvent galvaudé et instrumentalisé, ce terme doit retrouver à présent tout son sens.

L’école de l’égalité c’est avant tout une école humaniste et progressiste, laïque, indépendante des logiques de marché et de l’utilitarisme économique. C’est une école qui renoue avec la culture, la connaissance et les idéaux collectifs. Elle permet à tous les élèves, scolarisés de 3 à 18 ans, d’acquérir une culture commune, une qualification reconnue et de s’émanciper. C’est une école où pas un jeune ne sort sans une qualification.

C’est une école qui affirme la capacité de tous les élèves à apprendre et réussir, et la place au centre des politiques éducatives et pédagogiques. Elle donne les moyens à toutes et tous de trouver sa place. Cette école est résolue à prendre le parti d’une réduction des inégalités et qui abroge les logiques de concurrence et de management en cours. C’est une école qui cesse de considérer ses personnels comme un fardeau, mais qui, récusant toute forme d’autoritarisme et s’appuyant sur des professionnels respectés et revalorisés, dotés des moyens de bien faire leur travail, redonne aux enseignants, à tous les personnels éducatifs, aux parents d’élèves et aux jeunes toute leur place et toute leur légitimité. C’est enfin une école qui traitera de l’urgence absolue de la refonte totale de la formation des enseignants et qui enrayera le cercle vicieux de la désaffection de la profession enseignante produite de toute pièce par le pouvoir actuel.

L’école de l’égalité s’inscrit dans le projet global du Front de Gauche et nécessite des ruptures radicales avec l’ordre établi.

Ce projet nécessite une mobilisation de toutes les forces de notre société à la fois pour en débattre, en préciser les grands axes et agir pour les faire aboutir. C'est un instrument essentiel pour répondre aux attentes et aux besoins et contribuer à construire une autre société.

Construisons l'école de l'égalité !

 

12 propositions pour refonder une politique nationale d'éducation.

1. Tous capables ! Parce que les différences entre les élèves ne sont pas naturelles mais socialement construites, que l’échec scolaire n’est pas une fatalité, l’affirmation de la capacité de tous les élèves à entrer dans les apprentissages scolaires est au fondement du projet éducatif.

2. L'urgence: un plan de lutte contre les inégalités. L’égalité scolaire implique la gratuité réelle des études pour tous. Des critères nationaux devront être (re)pensés et mis en œuvre pour mettre en place l'école de l'égalité quelles que soient les ressources des collectivités locales. Ainsi, les fonds sociaux et d'aide à la restauration seront rétablis à la hauteur des besoins. Des postes d'assistants sociaux scolaires seront créés. Nous mettrons en place des observatoires des inégalités rassemblant dans les territoires des élus, des parents, l’ensemble des personnels de l’éducation nationale et des élèves à partir du collège ainsi que des personnalités associées.

3. Un service public d'éducation national, pour garantir un même accès à l'éducation sur tout le territoire en éradiquant les logiques de concurrence qui sabordent notre système éducatif. Nous en finirons avec les politique d'autonomie libérale et mettrons un terme à la politique ségrégative de Nicolas Sarkozy en matière de carte scolaire en faisant primer l'intérêt général. Une sectorisation repensée sera mise en place fondée sur de nouveaux redécoupages, fidèle aux réalités locales, concertée avec tous les acteurs des territoires et encadrée par des observations locaux de la mixité sociale.

4. À formation commune, qualification égale. Nous garantirons le droit à une qualification égale pour ceux qui ont suivi une même formation : défense du cadre national des diplômes, validation de toutes les années d’étude dans les conventions collectives.

5. Construire une culture commune ambitieuse. Le commun est porté par des valeurs laïques, les mêmes contenus de savoirs pour tous et par les modalités d’apprentissages, qui privilégient l’apprendre ensemble, l’exercice de la pensée et l’autonomie intellectuelle. Les mêmes programmes doivent être enseignés à tous jusqu'à la fin du collège pour que l'orientation dans les différentes voies du lycée, générale, professionnelle ou technologique, soit un vrai choix. Nous développerons les passerelles entre les voies. L'investissement de l'État dans l'enseignement professionnel sera augmenté de 50 % pour que les enseignements techniques professionnels et généraux soient d'égale qualité. Parce qu'il faut du temps pour apprendre à tous des savoirs plus complexes, la scolarité obligatoire sera portée à 18 ans.

6. Défendre et transformer l'école maternelle. L’école maternelle sera obligatoire à partir de 3 ans, accessible dès 2 ans pour les familles qui le souhaitent. Réduction des effectifs et refonte des programmes permettront à tous les enfants, en particulier ceux issus des classes populaires, de devenir élèves.

7. Refonder l'école sur le modèle de l'élève qui n'a que l'école pour apprendre. Les programmes et l'ensemble de l'école devront être refondés sur le modèle de l'élève qui n'a que l'école pour apprendre les savoirs scolaires afin de réduire l’échec scolaire, de donner à tous les clefs pour entrer dans les apprentissages scolaires, s’émanciper, et ce sur tous les champs de la connaissance. Le service public d'éducation nationale devra prendre en charge tous les apprentissages nécessaires pour réussir à l'école : il faut en finir avec la délégation aux familles, aux collectivités locales ou aux cours privés. L'école doit se faire à l'école.

8. Redonner sens au métier d’enseignant est une priorité. Une nouvelle réforme de la formation des enseignants articulera formation de haut niveau dans la ou les disciplines à enseigner, formation professionnelle et ouverture à la recherche et s'appuiera sur des pré-recrutements. Nous soutiendrons la relance de la recherche en éducation, la formation continue et la création de temps d’échanges pédagogiques, de réflexion et d’élaboration dans les établissements. Nous renégocierons les règles de gestion pour en supprimer tout arbitraire. Le statut de fonctionnaire d'État, garantie de la liberté pédagogique et de l'égale qualité du service public sur tout le territoire, sera renforcé. Il ne saurait être question d'accroître la charge de travail des enseignants ou de diversifier leurs tâches.

9. Tous les parents ont leur place à l'école. Nous créerons un statut de représentant de parents d’élèves pour permettre à tous les parents de participer à la vie des établissements. Des temps et des lieux aménagés pour les rencontres avec l’équipe éducative devront être mis en place.

10. Associations éducatives et pédagogiques laïques partenaires de l'école publique (associations complémentaires de l'école, mouvements pédagogiques et d'éducation populaire). Ces associations ont toujours agi avec, dans et autour de l’école. Elles contribuent à la promouvoir, à la rendre plus démocratique et font vivre les valeurs de laïcité et d’éducabilité de tous. Nous proposons de pérenniser leurs financements et promouvoir leur action.

11. La politique d'éducation doit aussi s'adresser aux jeunes en voie de délinquance ou de déscolarisation. Nous privilégierons la prévention et nous abolirons les lois sécuritaires dérogeant aux principes de l’ordonnance de 1945. Nous travaillerons à la protection des jeunes en créant des structures d’accueil et en formant des personnels éducatifs et judiciaires. Les collectivités locales doivent retrouver les moyens pour aider les travailleurs sociaux et les familles qui demandent l'aide éducative à domicile pour les mineurs comme pour les jeunes majeurs.

12. Dépenser pour l'école, c'est investir dans l'avenir. Nous stopperons les suppressions de postes et engagerons un plan de recrutement dans l'Éducation nationale sous statut de la Fonction publique d’État rétablissant, notamment, tous les postes supprimés depuis 2007. Dans l'immédiat, nous proposons de porter la part du budget de l’état consacré à l’éducation de 5,6% à 7% du PIB.

 

Le Front de Gauche pour l’Education Membres du groupe "Le Front de Gauche pour l’Education" : Gérard Aschiéri, syndicaliste Nicole Sergent, syndicaliste Pierre Marsaleix, syndicaliste Christine Passerieux, militante pédagogique Choukri Benayed, sociologue Bertrand Geay, sociologue Stéphane Bonnéry, sociologue Marine Roussillon, PCF François Cocq, PG MagaliEscot, PG José Tovar, FASE Pascal Langlois, République et Socialisme

le 30 janvier 2012

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L’école de l’égalité (par le Front de gauche pour l'Education

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Éducation : retour sur cinq ans de casse

16 Janvier 2012, 19:20pm

Publié par PCF Villepinte

Société - le 16 Janvier 2012

 

 

 

 

 

Les multiples réformes lancées par Nicolas Sarkozy dans l’enseignement primaire et secondaire ont débouché sur un accroissement des inégalités scolaires, au profit des milieux les plus favorisés. Florilège.

 

  • Assouplissement de la carte scolaire.

Grand débat de la précédente présidentielle, « l’assouplissement » de la carte scolaire a été mise en œuvre dès septembre 2007 par Xavier Darcos. Cette réforme devait améliorer « la mixité sociale » dans les collèges et lycées en permettant aux parents de quartiers défavorisés de mettre leur enfant dans l’établissement de leur choix. La mesure a produit l’effet exactement inverse. « Dans les établissements les plus convoités il y a peu d’élèves de condition modeste ; dans les collèges les plus évités, ce sont les catégories favorisées qui ont disparu », souligne, dès 2008, un premier rapport de deux inspecteurs généraux. En 2009, la Cour des comptes confirme le bilan et parle de « ghettoïsation » des établissements fragiles. Sur un total de 254 collèges « ambition réussite » (anciennement ZEP), 186 ont perdu des élèves, principalement des enfants de classes aisées ou moyennes. En 2010, le SNPDEN, syndicat des chefs d’établissement confirme ces deux rapports et précise que la moitié des établissements affectés par la réforme sont des « collèges moyens de villes moyennes ». Selon le plan de marche de Nicolas Sarkozy, la carte scolaire aurait dû être totalement supprimée à la dernière rentrée. Le gouvernement préfère ne plus en parler...

 

  • Réforme de la formation des maitres.

Autre grand chantier du quinquennat, l’évolution de la formation des maîtres a bouleversé la profession. Obligation d’être titulaire d’un master 2 (bac+5) au lieu d’une licence (bac+3) et suppression de l’année de stage rémunéré en alternance : cette réforme a, paradoxalement, anéanti la professionnalisation de la formation qu’il s’agissait pourtant de renforcer... Les témoignages d’enseignants débutants, lâchés dans les classes à plein temps sans aucune expérience, se sont multipliés. Le nombre d’inscrits aux nouvelles formations de professeurs a également chuté de 30% (18000 candidats en 2010 contre 34.952 en 2009) et le recul de l’attractivité du métier s’est accéléré. En 2011, 20% des 4880 places offertes au CAPES externe n’ont pas été pourvues, faute de candidats au niveau en nombre suffisant. Lors de ses vœux 2011, Nicolas Sarkozy avait convenu qu’il fallait remettre cette réforme sur le métier. En 2012, il ne l’a même plus évoquée.
Lutte contre l’échec scolaire. «Je prends un engagement devant vous : nous allons diviser par trois, d’ici à la fin de la mandature, le taux d’échec scolaire à la fin du CM2», avait promis Nicolas Sarkozy. Passer de 15% à 5% ? La bonne blague. Les tests nationaux de janvier 2011 montrent que 30% des élèves de CM2 continuent d’avoir des acquis « fragiles » ou « insuffisants » en mathématiques et 26% en français. Et ce, malgré le retour aux « fondamentaux » des nouveaux programmes de 2008, marqués par une conception  mécaniste des apprentissages. Au niveau du collège, les chiffres sont également cruels pour la France. Entre 2000 et 2009, selon l’OCDE, la proportion d’élèves de 15 ans en grande difficulté est passée de 15% à 20% et l’écart de niveau entre le groupe des meilleurs et celui des plus faibles s’est accru. La France reste l’un des pays où les inégalités sociales pèsent le plus sur les destins scolaires. Entre 2000 et 2010, le nombre de 18-24 ans quittant le système scolaire sans diplôme n’a quasiment pas varié, autour de 13%.

 

  • Politique d’éducation prioritaire.

« Dans les quartiers où s’accumulent tous les problèmes de l’exclusion et du chômage, je propose de créer des classes de quinze élèves dans les collèges et les lycées », avait promis Nicolas Sarkozy en 2006. De ce point de vue, les établissements de l’éducation prioritaire n’ont rien vu venir. Au contraire. Depuis cinq ans, ils sont parmi les plus touchés par les restrictions budgétaires. A la rentrée 2011, ils ont perdu, en moyenne, 2,5% de leurs moyens horaires tandis que les établissements favorisés en gagnaient 0,4%. En guise de politique, le gouvernement y a, en revanche, expérimenté son programme Eclair, véritable tête de pont de la déréglementation du système scolaire dont rêve la droite. L’autre grande fierté sarkozienne est la création d’internats d’excellence censés promouvoir « l’égalité des chances ». Des places sont ainsi réservées dans de bons établissements à des élèves « méritants » venus de quartiers défavorisés. Une « excellence » pour peu d’élus. On compte actuellement 10 000 places, le but étant d’atteindre 20000 soit à peine plus de 3% des élèves relevant de l’éducation prioritaire. Ce dispositif élitiste a surtout un effet pervers : il pousse les enfants les plus motivés à quitter les établissements défavorisés, privant ces derniers de leurs « têtes de classe ». Privilégier quelques-uns au détriment du plus grand nombre : telle est la logique à l’œuvre.

 

  • Appauvrissement de l’éducation nationale.

L’effort global de financement de l’éducation a reculé ces dernières années. La Dépense intérieure d'éducation (DIE) a baissé de près d'un point de PIB entre 2000 et 2009. Quant au budget du ministère de l'Education nationale, il ne représentait plus que 21% du budget de l'Etat en 2010 contre 28% en 2007. Signe de son désengagement, la part de l’Etat dans le financement global de la DIE est passée de 67% en 1985 à 56,1% en 2009. Trame de fond de ce quinquennat, la suppression de 80 000 postes dans l’éducation nationale pose de multiples problèmes. Les absences de profs non remplacées se sont systématisées, notamment dans certains quartiers populaires, comme en Seine-Saint-Denis, où des dizaines de parents d’élèves ont saisi le tribunal administratif. Elles ont également entraînées un recours accru à des emplois précaires (étudiants, vacataires recrutés à Pôle emploi…) pour palier le manque d’enseignants. Les suppressions de postes ont également asséché l’offre scolaire. Les effectifs d’élèves par classe ont mécaniquement augmenté, dégradant les conditions d’enseignement. Les économies ont surtout mis en péril certains postes « hors classe ». Les assistants de langue, en primaire, sont en voie de disparition. L’avenir des réseaux d’aide aux enfants en difficulté (RASED), avec leurs enseignants spécialisés et psychologues scolaires, est incertain : 3000 postes ont été supprimés depuis 2007. Faute d’enseignants suffisant, le taux de scolarisation des enfants de moins de trois ans a également lourdement chuté, passant de 34,3% en 2001 à 13,6% en 2010. Et ce, alors même que le ministère a reconnu lui-même, en 2003, les effets positifs de la scolarisation précoce sur l’apprentissage de la lecture en CP, notamment pour les enfants de milieux défavorisés. Donner moins à ceux qui ont moins : sur l’éducation, la philosophie gouvernementale a le mérite d’être clair.

 

  • À Lire également :

Marine Roussillon, responsable du réseau école-université du PCF : « La LRU, c’est d’abord un coup de force »
Le Snuipp tire « l’alarme sociale »
Décryptage du sociologue Thomas Lamarche : "L’État tente d’imposer une logique de caporalisation"

 

 

  • Pour tout savoir :

Notre dossier sur l'éducation

Laurent Mouloud

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Éducation : Henriette Zoughebi dénonce les suppressions de postes en Île-de-France

10 Janvier 2012, 15:54pm

Publié par PCF Villepinte

Société - le 10 Janvier 2012

 

 

 

La région Ile-de-France, par la voix d'Henriette Zoughebi, vice-présidente (PCF) chargée des lycées et aux politiques éducatives, a dénoncé mardi les nouvelles suppressions de postes prévues à la rentrée 2012 dans l'éducation nationale, craignant ses effets sur les fermetures de classe.

"Sur les trois académies que compte la région, 988 suppressions sont annoncées dans le second degré, ce qui porte à 6.513 le nombre d'emplois supprimés dans les lycées et collèges franciliens depuis 2007", précise la conseillère régionale communiste de Seine-Saint-Denis. Pour les écoles, les académies de Versailles et de Créteil font partie de celles qui perdront le plus de postes à la rentrée 2012 (260 pour Versailles et 233 pour Créteil). Il en est de même pour les collèges et les lycées, 495 pour Versailles et 362 pour Créteil. Le ministère de l'Education nationale prévoit en tout la suppression de 14.000 postes d'enseignants.

Selon Henriette Zoughebi, cette situation risque d'entraîner "une augmentation des effectifs d'élèves par classe au détriment de la réussite de toutes et tous". L'élue déplore également que la mise en oeuvre de la réforme de la filière technologique tertiaire à la rentrée 2012, après celle des voies technologiques industrielles en 2011, "s'accompagne du projet de fermeture de 30 classes". Dans la seule académie de Versailles, cette mesure "conduit à la disparition pure et simple de cette formation dans de nombreux établissements", affirme-t-elle.

Elle rappelle par ailleurs que la région "n'est pas favorable à la création de formations en apprentissage si elles se substituent à des formations existantes sous statut scolaire" et "ne souhaite pas développer des classes mixtes mêlant lycéens sous statuts scolaire et salarié".

 

  • À lire aussi :

École : le chef de l’état mise sur la voie libérale
Henriette Zoughebi : « À Versailles ou à La Courneuve, tous les élèves veulent réussir »
Vœux du président aux enseignants : bon courage

Ils imaginent le lycée de demain

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Le mammouth n’aura bientôt plus que la peau sur les os

20 Décembre 2011, 10:40am

Publié par PCF Villepinte

Société - le 19 Décembre 2011

Education nationale

 

Le ministère de l’Éducation nationale a dévoilé vendredi dernier ses réductions d’effectifs. Près de 14 000 suppressions de postes sont prévues en 2012.

«Le projet ne fait pas dans la dentelle », résume un communiqué du Snuipp-FSU, syndicat majoritaire des établissements du secondaire. À quatre mois de la présidentielle, la répartition des suppressions de postes dans l’éducation nationale pour la rentrée 2012 a fait, vendredi, l’effet d’un couperet. À l’exception notable de la Guyane, qui glane 50 postes, 14 000 suppressions sont en effet prévues dans l’ensemble des académies françaises, dont un millier dans le seul Nord-Pas-de-Calais, au motif d’une démographie en baisse. « Un podium dont la région se serait volontiers passée », pouvait-on lire, hier, dans les colonnes de la Voix du Nord. Pour les écoles, les académies qui perdront le plus de postes sont Lille (399 suppressions), Nancy-Metz (367), Versailles (260), Amiens (235), Créteil (233), Toulouse (227) et Aix-Marseille (219). Concernant les collèges et les lycées, ce sera Lille (589), Versailles (495), Nancy-Metz (425), Créteil (362), Aix-Marseille (285), Lyon (263) et Grenoble (260).

Un choix stratégique de l’UMP

L’annonce de ce « dégraissage » massif n’a pas tant surpris par son contenu, qui s’inscrit dans la continuité des 66 000 suppressions diligentées par le gouvernement depuis le début de son quinquennat, que par sa précocité. D’ordinaire, la « douloureuse » tombe plutôt fin décembre ou début janvier. Mais cet hiver, l’austérité est de mise, et à l’heure où le budget n’est pas encore définitivement adopté par le Parlement, point de trêve de Noël pour la majorité de gauche au Sénat ni pour les syndicats. Pour le secrétaire général du SE-Unsa, Christian Chevalier, cette accélération est un choix stratégique de l’UMP, visant à « dégager le terrain pour la campagne ».

Un « dégagement » pour le moins retentissant, puisque l’écrasante majorité des académies affectées par ces restrictions drastiques s’apprêtent à enregistrer une hausse du nombre d’élèves à la rentrée prochaine. Et le ministre de l’Éducation a beau marteler qu’il reste de la marge dans l’ensemble du système scolaire, avec « 35 000 professeurs de plus et 500 000 élèves de moins » qu’en 1990, l’argument ne prend plus. « On va tasser les élèves par classe, donc je ne vois pas comment on va faire l’individualisation des parcours voulue par Luc Chatel », ironise Christian Chevalier.

Le snuipp appelle à des « mobilisations unitaires »

Les « leviers » à actionner pour tenir les engagements budgétaires ont, en effet, déjà fait long feu : fermetures de classes, suppressions de remplaçants, d’intervenants en langue, de Rased spécialisés dans la lutte contre l’échec scolaire, baisse de la scolarisation des enfants de deux à trois ans, dont le taux est déjà passé en dix ans de 34 % à 13 %.

« Le ministère s’acharne contre l’école primaire alors même que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pointe la faiblesse du taux d’encadrement du premier degré », alerte le Snuipp, qui appelle à des « mobilisations unitaires » dès que seront connues, début janvier, les suppressions école par école. Une impression de déjà-vu qui laisse un goût amer.

  • Tour d'horizon des postes supprimés dans le secteur public à la rentrée 2012

 

  • A lire :

Evaluation des profs : Lettre ouverte à Luc Chatel d'un inspecteur de l'éducation nationale
Évaluation, les profs ne se défilent pas
Les profs refusent la dérive managériale

Flora Beillouin

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Le PCF soutient la grève unitaire dans l'éducation nationale, jeudi 15 décembre

14 Décembre 2011, 19:14pm

Publié par PCF Villepinte

 

Le PCF et ses partenaires du Front de gauche, affirment leur entière solidarité à l’égard de l’intersyndicale, appelant l’Éducation nationale à la grève jeudi 15 décembre prochain.

L’Éducation nationale a perdu, en 10 ans, plus de 150.000 postes statutaires et les postes aux concours diminuent. C’est autant de millions économisés dans le cadre de la désastreuse RGPP (réduction générale des politiques publiques).

La question de l’école dans notre société est devenue un enjeu politique essentiel. Toutes les réformes et cures d’amaigrissement dont elle fait l’objet depuis une vingtaine d’années la conduise à être moins égalitaire, plus concurrentielle et plus sélective.

Mixité sociale, autonomie des établissements sont autant de grands travaux conduits par un gouvernement qui cherche à accélérer la casse de ce service public avant les élections. Le ministre Luc Chatel avait affirmé, en septembre, son mépris envers l’égalité républicaine de notre système scolaire. En cette fin d’année, par décret, il poursuit en prévoyant de donner plein pouvoir aux chefs d’établissements pour évaluer les enseignants, les personnels d’éducation et d’orientation.

 

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De 2003 à 2011 dans l’éducation : 14,4% de postes en moins

3 Décembre 2011, 07:51am

Publié par PCF Villepinte

Société - le 2 Décembre 2011

 

 

 

 

 

Les commissions des Finances et de l’Education du Sénat, dans leurs rapports respectifs sur le budget 2012 de l’Education nationale, ont sévèrement critiqué la politique menée, mettant en avant que le ministère avait perdu 165437 postes, soit 14,4% des effectifs.

Les crédits de l'enseignement scolaire pour 2012 devaient être examinés jeudi soir en séance au Sénat, et la majorité de gauche devait voter contre. Dans son rapport, la commission des Finances évoque "une logique d'affichage qui ne permet pas de lutter efficacement contre l'échec scolaire", "une gestion des ressources humaines qui a échoué à revaloriser le métier d'enseignant", "des élèves trop nombreux par classe et un taux d'encadrement médiocre".

"La vérité des chiffres" de 2003 à 2011, c'est "une baisse nette des effectifs du ministère de l’Education nationale" de "165437 ETP (emploi temps plein), soit 14,4% des effectifs". "Il s'agit de données sur le nombre de postes, en partie exercés à temps partiel, et non d'emplois temps plein travaillé (ETPT)", précise le rapport. Et entre 2007 et 2009, 93424 emplois de personnels techniciens, ouvriers et de service (TOS) ont été transférés aux collectivités locales.

"Les dépenses relatives aux heures supplémentaires (1,31 milliard d'euros en 2010-2011) représentent l'équivalent de 40000 d'emplois temps plein travaillé", selon les rapporteurs qui "recommandent de ne plus imposer d'heures supplémentaires qui alourdissent la charge de travail des enseignants qui ne le souhaitent pas, en augmentant parallèlement le nombre de postes offerts aux concours".

Le 17 novembre, lors de la discussion générale sur le budget, le rapporteur général de la commission des Finances, Nicole Bricq (PS), citait ce rapport en évoquant les "méfaits de la RGPP" (Révision générale des politiques publiques). Elle souligne aussi que les heures supplémentaires "tendent à devenir une variable d'ajustement de plus en plus utilisée pour combler la désorganisation du service public qui résulte de la suppression de 66000 postes depuis 2007".

La commission de la Culture et de l’Education a critiqué l'"absence d'ambition éducative", "une politique financière décorrélée des enjeux ", "une évolution des crédits en trompe-l'oeil", "un schéma d'emploi intenable après l'épuisement des leviers d'optimisation".

Conséquences de ce manque d’effectif, selon les rapports: "un système éducatif déboussolé" et "des performances insuffisantes et des personnels fragilisés".

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Chatel invente l’étiquetage des élèves de maternelle

14 Octobre 2011, 07:20am

Publié par PCF Villepinte

Société - le 13 Octobre 2011

éducation 

Mots clés : Education,

 

 

Le ministère de l’Éducation nationale a proposé hier à ses inspecteurs un projet d’évaluation des élèves en fin d’école maternelle afin de repérer les cas « à risque » et à « haut risque ». Tollé chez les enseignants et les parents d’élèves.

Apparemment, le funeste rapport du député UMP Jacques-Alain Bénisti, qui proposait de repérer les comportements « à risque » dès la crèche, a fait des émules du côté du ministère de l’Éducation nationale. Selon des révélations du site lemonde.fr, la rue de Grenelle travaillerait à la mise en place d’une évaluation très tendancieuse de tous les élèves de grande section de maternelle. Une idée qui a soulevé l’indignation des syndicats enseignants et des parents d’élèves.

Classés en trois catégories, dès l’âge de cinq ans !

Ce projet, dévoilé hier aux inspecteurs de l’éducation nationale, se présenterait sous la forme d’un livret, appelé « Aide à l’évaluation des acquis en fin d’école maternelle », et se déroulerait en trois phases. Première : le « repérage ». Entre novembre et décembre, les professeurs seraient chargés de passer au crible le comportement à l’école (« respecte les autres », « contrôle tes émotions »…), le langage, la motricité et la « conscience phonologique » des élèves, âgés, rappelons-le, d’environ cinq ans. À l’issue de ce processus, ils seront classés en trois catégories : « RAS (rien à signaler) », « à risque », ou « à haut risque ». Deuxième phase : les élèves des deux dernières catégories auront droit à des « séances d’entraînement » quotidiennes. Enfin, troisième phase : le bilan. Passé entre mai et juin, il permettrait de faire le point sur les acquis des élèves par des « séries d’épreuves collectives ou en petits groupes – d’une durée d’environ trente minutes par série ».

Les parents de la FCPE ont failli s’étrangler en découvrant ce projet qui, bien entendu, n’a fait l’objet d’aucune concertation. « Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un dispositif de normalisation des enfants dès cinq ans ! a dénoncé hier la fédération dans un communiqué. Plutôt que de privilégier la pédagogie et des effectifs raisonnables en classe, on colle une étiquette extrêmement anxiogène sur des enfants qui peuvent, un jour donné, être fatigués ou malades, récalcitrants, impressionnés et ne pas réussir les “épreuves” imposées. »

La FCPE parle de « projet honteux ». Certains tests ressemblent fort à ceux réalisés en CP par les médecins scolaires – de manière confidentielle – pour établir le bilan de santé. Ce que ne nie pas le ministère puisque son protocole prévoit, noir sur blanc, d’« articuler le bilan de santé et l’évaluation des acquis »… Les enseignants pourront ainsi passer de la blouse noire à la blouse blanche !

Pour le Snuipp-FSU, principal syndicat du premier degré, ce dispositif est « inacceptable ». « En maternelle, il n’existe pas d’élève à risque. Les différences de maturité et de développement ne peuvent pas être regardées sous le seul prisme de la difficulté scolaire et encore moins de celui des troubles du comportement. Les apprentissages se construisent progressivement. La maternelle n’est pas une école de la compétition et du tri. » Pour le Sgen-CFDT, ce projet est « à la fois absurde, contre-productif, et pour tout dire, un peu effrayant. Le ministère enferme tous les petits Français de cinq-six ans dans des catégories dont tous les adultes de bon sens savent qu’elles ne peuvent avoir que des effets ravageurs sur la motivation et la capacité de grandir et d’apprendre ».

Cette politique d’étiquetage risque de ne pas se limiter aux seuls élèves. « Le taux de réussite » de chacun devrait être diffusé pour lui permettre « de se situer par rapport à une valeur nationale ». Et d’élaborer un palmarès des meilleures maternelles ?

 

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Une vieille tentation à droite. Repérer les « déviances » dès le plus jeune âge ? La tentation resurgit régulièrement à droite. Ce fut le cas en 2005 avec 
le rapport controversé de l’Inserm suggérant une détection précoce des « troubles du comportement » dès trois ans pour « prévenir la délinquance ». Une idée défendue ensuite par le député UMP Jacques-Alain Bénisti, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, 
le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre ou encore, en 2010, 
le secrétaire d’État à la Justice Jean-Marie Bockel. Une offensive qui a donné lieu à la création du collectif Pas de zéro de conduite.

Laurent Mouloud

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