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Mme Vidal : encouragez-vous la calomnie et le fichage des universitaires ?

4 Mars 2021, 07:57am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 03/03/2021 par PCF

La Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, avait jeté l'opprobre sur la communauté universitaire, disant que celle-ci était gangrenée par des « islamo-gauchistes », sans avancer aucun argument ni aucun nom, englobant massivement la communauté derrière ces insultes mensongères. 

Quoi que l’on pense de certains travaux, on ne peut accepter qu'une ministre  du gouvernement d'Emmanuel Macron cherche par le procédé honteux de l'amalgame à détourner l'attention de l'opinion du démantèlement en cours de la recherche et de l'université publiques, pourtant cruciales dans la période difficile que vit aujourd'hui la France. En quelques heures seulement plus de 20.000 chercheurs et enseignants ont signé une pétition demandant sa démission :

https://www.wesign.it/fr/science/nous-universitaires-et-chercheurs-demandons-avec-force-la-demission-de-frederique-vidal

Et voilà que quelques jours plus tard, un site recensait les noms de ces signataires, les traitant de « gauchistes complices de l'islam radical », en renvoyant pour les premiers de la liste vers leur page web institutionnelle, permettant d'aller les trouver sur leur lieu de travail.

Quel est le but de ce fichage ? Intimider des universitaires, qui depuis leur résistance à Napoléon III, ont obtenu la liberté de parole, et qui ont dû se battre pour la conserver, durant l'affaire Dreyfus, sous l'Occupation et le régime de Vichy ?

 Les propos de la ministre, savamment flous dans l'injure, sont ici repris en portant la calomnie sur des personnes nominalement désignées. Elle en porte la responsabilité. En voulant détourner l'attention de la Loi de Programmation de la Recherche, qui va affaiblir les capacités de productions de connaissance de notre pays alors que la crise COVID montre que nous en avons tant besoin, elle alimente les fantasmes de tous les extrémistes.

Le comportement de Madame Vidal fait écho à la dérive autoritaire d'un pouvoir qui, ces derniers mois, a multiplié les lois et mesures portant sérieusement atteinte aux libertés publiques. Tout cela devient intolérable. 

Derrière les chercheurs et enseignants en première ligne, toutes les forces démocratiques et républicaines, le PCF propose aux associations, syndicats et partis de gauche et de progrès, de faire front pour défendre l'université publique française.

 Parti communiste français,

 

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Pour Jean-Michel Blanquer, on ne change pas une politique qui accroît les inégalités scolaires (PCF)

18 Février 2021, 07:11am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 17/02/2021 par PCF

https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/pcf/pages/12749/attachments/original/1613557022/visuel_ecole.jpg?1613557022

1883 postes d’enseignants seront supprimés à la rentrée prochaine en lycée et collège. La crise de la Covid-19 a mis en évidence l'impérieux besoin de moyens humains et matériels supplémentaires pour permettre à tous les enfants de réussir à l’école et pour pallier les conséquences de plusieurs mois de chaos organisé.

 Mais le gouvernement, toujours aussi irresponsable, fait le choix de poursuivre sa politique d’austérité dans l’éducation, notamment dans le second degré.

Cette politique poursuit l’objectif de casse d’une école commune et émancipatrice. Avec moins d’enseignants, des effectifs par classe de plus en plus lourds et une offre de formation qui se réduit comme peau de chagrin, l’Education nationale est transformée en service minimal, destiné à accueillir ceux qui n’ont pas d’autres choix. Les familles qui le peuvent sont encouragées à se tourner vers le privé.

 Pour le PCF, il n’est pas question de voir disparaître l’ambition d’une école commune à tous les enfants !

Il soutient les personnels, les parents et les élèves qui, dans bon nombre d'écoles et d'établissements se mobilisent pour garantir à chaque jeune des conditions d’enseignement dignes.

Il est à leurs côtés pour exiger des réponses à la hauteur de la crise que nous traversons. Depuis presque un an, le PCF a mis en débat un plan d’urgence pour l’école. Pour que tous les élèves puissent retrouver une scolarité sereine et à temps complet, il faut rapidement donner aux établissements des moyens humains et matériels supplémentaires. Au lieu de supprimer des heures d’enseignement, il faut engager immédiatement un plan de recrutement de grande ampleur.

Il est à leurs côtés, enfin, pour refuser la mise en concurrence des disciplines et des établissements. Partout, les communistes refusent de céder à la division et s'engagent en faveur de l'unité de toute la communauté éducative face aux tenants du néomanagement et du néolibéralisme.

C’est pourquoi nous appelons tous les acteurs de l’éducation à s’engager dans la démarche des états généraux de l’éducation pour construire ensemble le projet de progrès dont l’école a besoin.

 

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Éducation nationale. Carte scolaire, le ministère a vraiment perdu la boussole

11 Février 2021, 09:23am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mercredi 10 Février 2021

Olivier Chartrain

https://www.humanite.fr/sites/default/files/styles/amp_metadata_content_image_min_696px_wide/public/images/82518.HR.jpg?itok=uw0YQlSE

Malgré la crise sanitaire et ses conséquences sur la scolarité des élèves, les dotations des collèges et lycées pour 2021 s’annoncent parmi les pires de ces dernières années.

Malmenée par la crise sanitaire, l’école est exsangue. Partout, les inégalités se sont creusées, au détriment des plus faibles. Partout, les enseignants eux-mêmes sont au bord de la crise de nerfs, secoués par la succession des protocoles sanitaires qui les empêchent d’exercer dans de bonnes conditions...

Villepinte «Nos enfants ne sont que des chiffres»

Mercredi 10 Février 2021

Olivier Chartrain

Quatre classes supprimées au collège Dolto: une saignée qui met profs et parents en ordre de bataille, contre ce mépris qui menace l’avenir des élèves.

Le 27 janvier, c’est comme si la foudre était tombée sur le collège Françoise-Dolto, à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Au lendemain de la journée de mobilisation du secteur, l’équipe éducative apprend ce matin-là que la dotation de la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) pour la rentrée de septembre 2021 aboutirait à la fermeture de… quatre classes. Soit une par section, de la 6e à la 3e – ou, pour le dire autrement, plus d’une classe sur six dans cet établissement qui en compte 23. Face à cette menace, ni une ni deux, les profs se mettent en grève. Pour justifier cette coupe claire, la DSDEN explique que, selon ses prévisions, le collège devrait subir une baisse de ses effectifs d’environ 40 élèves.

https://www.qiota.com/assets/qiotasession.gif?ts=1613035218

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Grève du 26 janvier – De la maternelle à l’université, pas de génération sacrifiée !

20 Janvier 2021, 16:42pm

Publié par PCF Villepinte

Publié le 20/01/2021 par PCF (extraits)

Grève du 26 janvier – De la maternelle à l’université, pas de génération sacrifiée !

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Depuis des mois, la colère monte dans les établissements scolaires. Ce mardi 26 janvier, les syndicats de l’éducation et de l’enseignement supérieur appellent à la grève, de la maternelle à l’université. Les communistes seront à leurs côtés pour défendre les services publics d’éducation et d’enseignement supérieur, porter des réponses à la crise qu’ils traversent et construire une politique éducative de progrès.

 

Ce gouvernement est irresponsable : impeachment pour Blanquer et Vidal ! Cela fait maintenant presque un an que nous vivons au rythme de la crise sanitaire. Un an qui aurait pu être mis à profit pour prendre des décisions politiques, lutter contre le virus et renforcer nos sociétés. Dès le mois de mars, le PCF a proposé un plan d’urgence

(https://www.pcf.fr/plan_d_urgence_pour_l_cole)

 qui devait permettre de garantir l’éducation de toutes et tous dans des conditions sereines. Le gouvernement a préféré faire comme si de rien n’était. C’est irresponsable !

Face à la progression du virus, face à la souffrance d’une génération sacrifiée, le gouvernement fait l’autruche. Refus de compter les élèves et les personnels malades, publication de chiffres faux, manque de vaccins…, croient-ils pouvoir éradiquer le virus simplement en répétant qu’on « ne tombe pas malade à l’école » ? Quelle réponse comptent-ils apporter à la souffrance des étudiantes et des étudiants isolés, privés de formation et de perspectives d’avenir ?

Blanquer et Vidal ignorent la souffrance des personnels et des jeunes. Ils organisent le chaos pour mieux faire passer leurs réformes libérales et détruire l’éducation publique.

Ne laissons pas faire ces irresponsables. Il est urgent de reprendre la main sur notre éducation, nos métiers, notre avenir ! L’autoritarisme de Blanquer et Vidal conduisent l’éducation nationale et l’université dans le mur. Avec leurs politiques, c’est toute une génération qui va être sacrifiée. Il est urgent d’agir.

Dans cette perspective, engageons-nous dans le cadre de l’appel à des États généraux de l’éducation pour l’égalité, l’émancipation, la démocratie paru dans l’Humanité ce mercredi 20 janvier et signé par plus de 100 personnalités issues de différents syndicats, mouvements politiques et associations, du monde de la recherche et de la culture

(https://etatsgeneraux.carnetsrouges.fr/).

Marine Roussillon

Membre du CEN, responsable secteur Education

 

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Des moyens pour apprendre, on y a le droit !

11 Novembre 2020, 08:34am

Publié par PCF Villepinte

Dans plusieurs villes du département des enseignants et élèves se mobilisent pour le respect de leur dignité, pour exiger des mesures concrètes qui permettent de concilier, autant que possible, protection sanitaire et enseignement de qualité.

De nombreux jeunes lycéennes et lycéens de Seine Saint-Denis se sont vus matraquer et interpeller par la police pour avoir simplement exprimé ces revendications. Il est inadmissible que des jeunes puissent être traités de la sorte pour avoir exigé des conditions décentes d’apprentissage.  La répression ne peut pas s’ajouter aux inégalités flagrantes qui touchent les jeunes de notre département.

Le président et ses ministres se succèdent sur les antennes pour rendre publiques les mesures qu’ils décident seuls, au mépris des enseignantes et enseignants, des parents d’élèves comme des élèves eux-mêmes. Disons-le clairement, dans de nombreux établissements de notre département, la mise en place du protocole sanitaire est matériellement impossible faute d’effectifs suffisants. Ainsi, on a permis la continuité des cours dans les lycées et collèges, mais sans prendre partout les mesures qui permettraient la distanciation physique indispensable à la sécurité sanitaire de tous.

Cette situation de pénurie choisie et assumée par le ministre M. Blanquer est flagrante lors des regroupements d’élèves et de personnels dans les lieux de cantine scolaire.

Face à cette situation, le PCF, qui s'oppose depuis des années à l'assèchement de l'enseignement public, réclame depuis le mois d’avril 2020 la mise en place d’un plan d’urgence dans l’Éducation nationale avec des recrutements massifs pour pouvoir dédoubler les classes, augmenter le nombre d’adultes, et remettre en place une vraie médecine scolaire. Il convient également d’aménager les programmes scolaires pour ne pas créer davantage d’inégalités. Ces avancées doivent se faire en lien avec les enseignants, les élèves et les parents d’élèves.

Force est de constater que la réalité rattrape et met en lumière l’aveuglement idéologique du gouvernement et du ministre de l’Éducation nationale. Les files d’attentes de près d’une heure pour manger le midi, provoquent des tensions et des brassages d'élèves incompatibles avec la situation sanitaire dans les établissements.

Face à cette situation les lycéens, les enseignants… se mobilisent. Le PCF 93 adresse son soutien à ces mouvements juste et responsable. C’est en effet le seul moyen qui existe pour ne pas subir la contamination de centaines de jeunes, personnels et enseignants, à cause de l’irresponsabilité du pouvoir.

Le temps est venu d’engager des décisions qui construisent un « Monde d’Après » qui renoue enfin avec le principe d’égalité et garantit la réussite de tous.

Pour ces raisons, nous serons présents aux côtés des enseignants et du personnel éducatif le 10 novembre pour la journée de mobilisation à l’appel de plusieurs syndicats.

PCF Seine Saint Denis

Le 9 novembre 2020

 

 

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L’éducation n’est pas une option !

15 Octobre 2020, 07:03am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 14/10/2020 par PCF

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La semaine dernière, le gouvernement a annoncé la mise en place d’une jauge de capacité à hauteur de 50 % des étudiants et des étudiantes pour les universités situées en zone d’alerte maximale. Certaines universités avaient déjà anticipé dès la rentrée une séparation des cours dits en “présentiel” et une autre partie en “distanciel”. Cela a conduit aux mêmes difficultés que celles rencontrées par les étudiant·e·s lors du confinement : inégal accès aux ressources numériques, organisation de l’université défaillante, difficulté à suivre les cours sans réel accompagnement pédagogique.

 

Les étudiant·e·s concerné·e·s par les travaux pratiques en sont d’autant plus affectés. Le risque de décrochage, en particulier pour les nouveaux et les nouvelles entrantes dans l’ESR et qui ont déjà subi une année de terminale plus que complexe, est très grand.

Du côté de l’enseignement secondaire, l’absence de réelles mesures pour la rentrée, telles que la réquisition de locaux ou l’augmentation des effectifs enseignants, a rendu très difficile l’accès à l’éducation pour toutes et tous. Pour cause de maladie, ou parce qu’ils sont cas contact, de nombreux élèves et professeurs ne peuvent pas se rendre dans leurs établissements.

Alors que la fermeture des établissements l’année passée aurait dû imposer un renforcement de l’action scolaire à la rentrée pour rattraper le retard dû au confinement et à la “continuité pédagogique”, c’est une rentrée hachée avec un fort taux d’absentéisme que subissent les élèves.

L’éducation n’est pas une option, et son accès à toutes et tous doit être garanti. Toutes les solutions doivent être mobilisées pour permettre à l’ensemble des élèves de France, qu’ils soient dans le secondaire ou dans l’enseignement supérieur, d’assister à leurs cours. Les cours en “distanciel” ont montré leurs limites, le numérique ne peut pas égaler la qualité du “présentiel”. Les étudiant·e·s et les élèves ne veulent pas d’un diplôme au rabais, conséquence d’une nouvelle année sacrifiée. C’est d’un réel encadrement dont ont besoin les élèves, pas d’un ministre occupé à sauver les apparences et à préparer les élections régionales quand l’enseignement coule.

Le Mouvement jeunes communistes de France revendique un plan d’urgence pour l’éducation.

Les moyens doivent être mis pour embaucher massivement dans l’éducation primaire, secondaire et supérieure. Cela passe notamment par le recrutement des candidats et des candidates sur liste complémentaire aux concours de l’enseignement. Il est aussi urgent de réquisitionner des locaux permettant autant que possible de dédoubler les classes plutôt que de les fermer.

Aussi, un investissement dans la médecine et la prévention scolaire est nécessaire afin d’établir des protocoles pour mieux protéger les élèves sans avoir à fermer les établissements. Dans le cas où des fermetures exceptionnelles devraient avoir lieu, le gouvernement doit fournir aux établissements et aux élèves les moyens de suivre des cours en distanciel.

Clémentine Le Duey, coordinatrice à la vie des départements du MJCF.

 

 

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Une rentrée scolaire tout sauf “normale”

8 Octobre 2020, 10:29am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 07/10/2020 par PCF

Une rentrée scolaire tout sauf “normale”

 

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Cela fait aujourd’hui un mois que les élèves ont repris le chemin des cours. Alors que le ministre de l'Éducation nationale a déclaré que la rentrée s’était passée “dans la joie”, la réalité du terrain vient le contredire fortement.

 

Non Monsieur Blanquer, la rentrée ne s’est pas passée “dans la joie” pour des milliers de familles qui, une fois de plus, n’ont pas eu les moyens de financer le matériel nécessaire à la réussite des études de leurs enfants. À ce budget déjà important habituellement, il a fallu ajouter cette année pour les plus de 11 ans l’achat de masques, que le gouvernement a refusé de fournir gratuitement.

La rentrée ne s’est pas non plus passée “dans la joie” dans les classes toujours aussi surchargées. Alors que le ministre promettait que cette rentrée ne verrait pas des effectifs supérieurs à 30, on ne compte plus les classes largement au-dessus de ce seuil dans les collèges et dans les lycées.

Comment, dans ces conditions, faire respecter les règles sanitaires, alors même que le protocole ne cesse d’être allégé ?

Tandis que le gouvernement annonce des mesures très restrictives pour les bars et restaurants, celui-ci ne semble pas considérer un tiers des clusters détectés le sont en milieu scolaire.

Au-delà de l’aspect sanitaire, le nombre d’élèves trop élevé dans les classes a rendu impossible le nécessaire rattrapage des élèves ayant été les plus en difficulté durant le confinement. La rentrée n’a absolument pas été préparée par ce gouvernement, puisque celui-ci n’a pas massivement recruté de nouveaux enseignants, ce qui aurait permis de constituer des petits groupes de travail pour les élèves qui en avaient le plus besoin.

Après un mois de reprise des cours, le bilan du gouvernement est donc catastrophique, tant d’un point de vue sanitaire qu’éducatif.

Il est encore temps d’agir.

Le Mouvement jeunes communistes de France revendique la gratuité des masques pour toutes et tous. Si ceux-ci sont obligatoires, alors ils doivent être fournis et ne pas peser sur le budget des familles.

Nous revendiquons aussi le recrutement massif d’enseignants dès maintenant, en recrutant les candidats sur liste d’attente des concours de l'enseignement.

 

Léo Garcia, coordinateur national à la vie des départements.

 

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L’éducation a besoin  d’un plan d’urgence

2 Septembre 2020, 07:59am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 02/09/2020 par PCF

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Depuis des mois nous savons que la rentrée 2020 ne sera pas une rentrée comme les autres. D’abord parce que le virus circule toujours, et qu’il faut assurer la sécurité sanitaire des enfants, des personnels et de leurs familles ; ensuite parce que les élèves ont été privés d’école pendant près de six mois, et que cette interruption les a éloignés de la culture et des habitudes scolaires, tout en accroissant les inégalités. Pourtant, rien n’a été fait pour répondre à ce double défi.

Le ministre annonce une rentrée « comme les autres » : il préfère ignorer les difficultés plutôt que de donner au service public d’éducation nationale les moyens de les surmonter. C’est irresponsable !

L’impréparation de cette rentrée pousse les familles qui ont le choix vers l’enseignement privé, tandis que le risque de déscolarisation des élèves les plus éloignés de l’école est réel. Le service public d’éducation nationale risque de devenir un service minimal pour ceux qui n’ont pas d’autre choix. C’est la stratégie du choc : le gouvernement prend prétexte de la crise sanitaire pour en finir avec l’ambition d’une école commune à toutes les classes sociales.

Que se passera-t-il dans quelques jours, dans quelques semaines, quand des élèves tomberont malades ? Le ministère s’en lave les mains : aux collectivités locales de décider quand et comment fermer les établissements et d’organiser l’accueil des enfants, aux familles de s’organiser si elles comptent des personnes vulnérables. Le virus sert de prétexte pour en finir avec le cadre national du service public d’éducation : à chaque commune son école ! Dans tel département, les masques seront gratuits, dans le département voisin, les familles des collégiens et des lycéens devront les payer. Les collectivités locales sont mises dans une situation impossible : comment répondre aux attentes légitimes des populations et assurer la sécurité des enfants, sans moyens supplémentaires ? Comment pallier la défaillance de l’État sans faire le jeu de la dénationalisation de l’éducation ?

Pour défendre et renforcer l’école commune, cette rentrée doit être une rentrée de luttes. Face à la crise, l’éducation a besoin d’un plan d’urgence.

L’État doit prendre ses responsabilités : les conditions de l’enseignement doivent être définies et financées nationalement ; la gratuité des masques doit être garantie et un fonds national doit être mis en place pour aider les collectivités locales à faire face aux dépenses nouvelles occasionnées par la crise.

Les programmes scolaires doivent être aménagés pour tenir compte de l’interruption scolaire et permettre un rattrapage progressif. Quand M. Blanquer affirme que le retard sera rattrapé en un trimestre, il se moque du monde ! Élèves et enseignants ont besoin de temps. Cela fait des années que les réformes successives réduisent le temps dédié aux apprentissages. Aujourd’hui il est évident que profs et élèves ont besoin de plus de temps, qu’il faut revenir sur ces réformes et augmenter le temps scolaire.

Pour assurer la sécurité des élèves et pour permettre à toutes et tous de rattraper le retard pris ces derniers mois, les effectifs doivent être réduits. Il faut donc recruter d’urgence des personnels nouveaux : plus d’enseignants, de personnels éducatifs, mais aussi administratifs et techniques, de personnels de santé pour reconstruire une médecine scolaire... Commençons par recruter l’ensemble des admissibles au concours et par titulariser les contractuels, tout en développant la formation continue. Ces recrutements d’urgence doivent s’inscrire dans un plan pluriannuel, appuyé sur une revalorisation des salaires.

Dès maintenant, nous revendiquons le recrutement de milliers de jeunes sous le statut de MISE pour soutenir les enseignants et accompagner les élèves.

La crise révèle à quel point les politiques libérales imposées ces dernières années ont affaibli le service public d’éducation nationale. Au-delà de mesures d’urgence, c’est d’un changement radical de politique dont notre école a besoin. Il faut en finir avec les logiques d’individualisation et de sélection pour construire une école véritablement commune, dans laquelle tous les enfants pourront s’approprier des savoirs complexes et construire une culture commune.

C’est pourquoi nous appelons à un moratoire sur l’ensemble des réformes en cours et à l’ouverture d’un grand débat national sur l’école dont nous avons besoin. Dans les salles des maîtres, dans les préaux, dans nos villages et dans nos cités, il est temps de reprendre la main sur l’avenir de l’éducation et de dessiner ensemble le projet d’une école véritablement commune, qui donnera aux citoyennes et aux citoyens de demain les moyens de maîtriser leur avenir. 

Marine Roussillon, membre du CEN, responsable du collectif Révolution de la connaissance, éducation, enseignement supérieur et recherche.

 

 

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Contre Blanquer, un réquisitoire au vitriol… venu de l’intérieur

19 Mai 2020, 09:23am

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité Olivier Chartrain

Un groupe de hauts fonctionnaires de l’éducation nationale saisit la plume pour dénoncer, de manière féroce, la politique «conservatrice» de leur ministre et son projet «néolibéral». Une initiative sans précédent dans lhistoire.

«Nous ne pouvons plus nous taire», face à «un système éducatif détourné de ses fondements républicains et de ses valeurs»: voici comment un groupe de cadres et de hauts fonctionnaires du ministère de l’Éducation nationale, qui préserve son anonymat en se faisant appeler «groupe Grenelle», justifie la tribune qu’il a publiée, jeudi 14 mai, sur le site spécialisé du Café pédagogique. Dire de ce texte qu’il est accusateur envers le ministre et la politique qu’il mène depuis 2017 est un doux euphémisme: il sagit dun véritable réquisitoire, dense, précis, dautant plus ravageur quil vient de lintérieur et, plus précisément, de celles et ceux censés faire fonctionner le système éducatif en appliquant la politique voulue par le ministre.

«Immense mensonge» et «management autoritaire»

Que dénonce donc ce groupe Grenelle? Dabord «un immense mensonge». Celui d’un ministre qui promet aux enseignants le «bonheur professionnel», qui a fait de «l’école de la confiance» une quasi-obligation légale, qui promeut le «respecter autrui» comme quatrième pilier du triptyque républicain «Liberté, égalité, fraternité»… et qui fait régner dans son administration «un authentique climat de défiance». Le groupe Grenelle décrit «un management autoritaire, fondé sur la suspicion, la menace, le verrouillage de toute expression qui ne serait pas dans la ligne». Il dénonce la perte d’autonomie des recteurs et directeurs académiques, la «mise au pas» des instances, des inspecteurs «que lon veut caporaliser» ou que l’on somme «de relayer des injonctions paradoxales et de nier la réalité des difficultés».

Une première alerte en février dernier

Secrétaire général du SNPI-FSU (Syndicat national des personnels d’inspection), Paul Devin confirme: «Cest un constat exprimé par nombre de mes collègues, parfois avec amertume, parfois avec colère.» Le syndicaliste pointe «un immense gaspillage de compétences et de travail», qui débouche sur «le sentiment d’une perte de sens». L’alerte avait déjà été donnée en début d’année quand, en février, avait été publié un audit de la Dgesco (Direction générale de l’enseignement scolaire), réalisé à la demande du CHSCT du ministère. Ce rapport pointait de nombreuses situations de souffrance au travail, un «management brutal, infantilisant, pinailleur», voire «humiliant», se traduisant, depuis 2017, par une augmentation des visites médicales et du nombre de postes vacants. 80 % des personnels interrogés y affirmaient connaître des collègues en souffrance. Et l’on sait au moins depuis septembre 2019 et le suicide accusateur de Christine Renon, la directrice d’école de Pantin (Seine-Saint-Denis), que les effets de ce management dévastateur se font sentir jusque dans les écoles.

«Aveuglement scientiste» et «pensée néolibérale sommaire»

«Jai travaillé un an avec ce ministre: cest pour ça que je suis parti», confirme Marc Bablet, responsable de l’éducation prioritaire au ministère de 2012 à 2018, et qui avait démissionné en septembre de cette année-là. «Jaurais pu rester si ça avait été passionnant, poursuit-il, mais il n’y avait pas de réel travail collectif autour des décisions. C’est cette dépossession que traduit aussi le texte du groupe Grenelle. Il n’y a pas de réflexion partagée… mais bien un projet politique, à la fois passéiste – comme si les pédagogies nouvelles n’avaient jamais existé – et néolibéral.» L’ex-haut fonctionnaire rejoint là le second axe du réquisitoire du groupe Grenelle, qui porte sur le fond de la politique mise en œuvre. Dénonçant «un aveuglement scientiste» et des neurosciences «érigées au rang de nouvelle doctrine pédagogique», avec un ministre qui clame que «tout se joue dans le cerveau!», le texte y voit avant tout l’habillage «de mesures idéologiques marquées du sceau dune pensée conservatrice et néolibérale sommaire». Pas besoin d’aller très loin pour en trouver un exemple éclatant: celui du confinement, avec cette fameuse «continuité pédagogique» assurée par un recours massif et désordonné aux outils numériques, aggravant encore des inégalités sociales, territoriales et scolaires profondes. «Le numérique éducatif, écrivent les auteurs du texte, sert de cheval de Troie pour infiltrer les pratiques pédagogiques et offrir l’échec scolaire en marché aux éditeurs numériques et opérateurs privés.»

La réforme du bac, un coup de com’

Et le groupe Grenelle ne s’arrête pas là. La réforme de la voie générale du bac? Elle établit «une culture élitiste qui trie, hiérarchise et sélectionne les élèves, mettant en place la compétition de tous et l’élimination des plus faibles», avec les E3C qui soumettent jeunes et enseignants «à une pression certificative permanente» et une carte des spécialités qui crée «des inégalités territoriales de fait». La voie professionnelle, quant à elle, se voit affaiblie et transformée en impasse pour ceux qui s’y engagent, avec la diminution des enseignements généraux qui «interdit désormais tout projet de poursuite d’études». En favorisant l’apprentissage, il s’agit de «séparer les LP (lycées professionnels) du paysage scolaire français en les arrimant au monde de lentreprise». Ce qui scelle, écrivent les hauts fonctionnaires, la «disparition progressive du lycée professionnel, mis en concurrence avec des organismes de formation privés».

 Pour Paul Devin, il s’agit bien «de renoncer à former les citoyens, pour adapter le futur employé aux exigences de lentreprise», en remettant la formation entre les mains des branches professionnelles. Le tout, conclut-il, «sous un vernis communicationnel de réussite, dexcellence, de talents»… Un «double discours permanent» qui signe la «duplicité chronique» du ministre, écrit le groupe Grenelle. Comme avec la priorité réaffirmée au primaire, tandis que la loi Blanquer, avec l’obligation scolaire à 3 ans, offre une manne d’argent public aux maternelles privées; comme avec l «instrumentalisation de la thématique de l’échec scolaire pour rogner sur les moyens attribués à l’éducation prioritaire».

 Le ministre «na aucune intention de rompre avec les logiques de la reproduction sociale», assure Paul Devin. Il faudrait pour cela «un investissement global» qui irait «du développement des Rased (réseaux daide et de soutien aux élèves en difficulté) à la formation des enseignants». Mais, ajoute-t-il, «un tel investissement nest absolument pas au rendez-vous».

Un ministre qui ne cesse d’être contredit

Ce réquisitoire sans appel intervient à un moment où le ministre, objet d’un rejet croissant de la part des enseignants, a vu sa cote baisser. Dégringolade encore accrue par sa gestion catastrophique de l’épidémie de Covid-19. Depuis trois mois, Jean-Michel Blanquer n’a cessé d’être contredit. Soit par les faits, comme lorsqu’il affirmait que l’école était «prête» pour passer à l’enseignement à distance; soit par le premier ministre ou le président de la République, comme quand ce dernier annonçait le 12 mars la fermeture de tous les établissements scolaires, quelques heures après que le ministre avait assuré qu’il n’en était pas question.

Avec quelles conséquences? Marc Bablet y voit le risque que Jean-Michel Blanquer se pose «en victime des extrémistes, des passéistes». Surtout, il estime qu’au sein de l’éducation nationale, «beaucoup pensent tout bas» ce qu’écrit le groupe Grenelle. Et espère que cette prise de position, venue du cœur même du système, «contribuera à enclencher quelque chose». Le succès de la tribune sur les réseaux sociaux enseignants constitue peut-être un début de réponse…

éducation nationale

jean-michel blanquer

coronavirus covid-19

réforme du baccalauréat

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7 Février 2020, 09:44am

Publié par PCF Villepinte

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