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Rentrée 2022 de l’UEC : Une victoire et de nouveaux combats

7 Janvier 2022, 07:35am

Publié par PCF Villepinte

Sous la pression des mobilisations des étudiants et des étudiantes mais aussi des personnels universitaires, le gouvernement a reporté d’un an la mise en place du second Parcoursup avec la plateforme

 https://www.trouvermonmaster.gouv.fr/.

L’Union des étudiants et des étudiantes communistes, au travers de ses secteurs, s’est mobilisée partout en France pour mettre fin à cette sélection sociale et inégalitaire et à déjà récolté des milliers de signatures sur sa pétition : www.trouvermonmaster.lol.

Cependant, le projet de renforcement de la sélection en master n’est pas définitivement enterré et reste prévu pour l’année prochaine. Parcoursup en licence ou en master, cette année ou l’année prochaine, c’est non : le diplôme doit être le seul passeport attestant du droit à la poursuite d’études. En ce sens, l’UEC demande un investissement massif dans l’Enseignement supérieur et la Recherche (embauche d’enseignants, construction d’infrastructures) afin de permettre à chaque étudiant et étudiante d’accéder à des études de qualité et de proximité de son choix : en licence ou en master.

Vidal en retard pour la rentrée universitaire !

Cette rentrée est également marquée par les annonces gouvernementales sur l’épidémie. La ministre de l’Enseignement supérieur est sortie de son mutisme à moins d’une semaine des partiels pour la majorité des étudiants et des étudiantes. Elle a annoncé brièvement que tout était sous contrôle.

Or, de nouveau comme depuis le début de la crise sanitaire, c’est le grand flou. Encore une fois la ministre a appelé à la gestion au “cas par cas”, laissant les universités faire face sans consignes claires, alors que celles-ci étaient en congé. En bout de chaîne, ce sont les étudiants et les étudiantes qui sont sans réponse et qui subissent un stress d’examens incertains.   

Si certains revendiquent de passer les partiels en contrôle continu,    cest bien la solution des partiels en présentiel quil faut maintenir. Cela demeure la solution la plus égalitaire. En ce sens, nous voulons que les moyens soient mis en place pour permettre de passer nos examens en sécurité. Après cette session d’examens, nous ne voulons pas le retour du distanciel. L’annonce d’une deuxième session d’examen “covid” est un minimum, seulement rien n’est précisé. À qui seront destinées ces sessions ? Quand seront-elles organisées ? Les notes seront-elles prises en compte pour le premier semestre ? Sous quelles conditions. seront-elles décidées ?

Le ministère a eu deux ans pour apprendre, coordonner, anticiper et pourtant répète continuellement les mêmes erreurs.    LUEC exige que le gouvernement mette les moyens pour nous permettre de passer nos partiels dans de bonnes conditions : Des sessions Covid datées avec une organisation nationale, rapide et claire, la fin du “cas par cas” : l’égalité doit être garantie entre tous les étudiants et étudiantes, peu importe où ils étudient. Enfin, il faut distribuer dans les universités des masques FFP2, et faire tester les étudiants et les étudiantes plusieurs fois par semaine et ce même à la reprise des cours.

 

Jeanne Péchon

secrétaire nationale de l’UEC

 

 

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Besoin de plus d’école

9 Décembre 2021, 08:20am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 08/12/2021 par PCF

Besoin de plus d’école

Fabien Roussel fait de la jeunesse et de l’éducation un des axes de la campagne présidentielle. La rencontre de Vénissieux, consacrée à l’éducation, ce vendredi 3 décembre était la dernière d’une série de 6 rencontres dans toute la France.

 La salle remplie, les nombreuses questions témoignent de l’enjeu que représente l’école dans un contexte qui a aggravé les inégalités de réussite scolaire.

La proposition du candidat communiste d’allongement du temps scolaire, parce qu’elle tranche avec près de 15 ans de réduction du temps de classe pour les élèves, suscite le débat.

 

 Michelle Piccard, maire de Vénissieux, rappelle en préambule l’urgence de répondre aux besoins des catégories populaires, le besoin d’école, et que l’État joue son rôle en la matière pour permettre aux communes de répondre aux besoins en matière d’équipements scolaires et de loisirs éducatifs. En supprimant 13 milliards de dotation aux communes, l’État prive les collectivités de moyens de développer des politiques ambitieuses pour le loisir éducatif.


Claire Pontais, professeur d’EPS, syndicaliste et formatrice, interroge : Comment donner à des enfants de catégories populaires ce qu’un enfant, qui a par sa famille les ressources nécessaires, trouve normal : l’accès aux savoirs, l’accès à la culture, au sport, et aux loisirs.


La proposition d’allongement du temps scolaire, 27 h en primaire, 32 h, voire plus au collège et au lycée, est alors développée par Fabien Roussel. Puis Paul Devin, président de l’Institut de recherche FSU, témoigne du besoin de plus d’école pour élever le niveau de connaissance d’une classe d’âge, combattre les inégalités, et transformer l’école pour qu’elle soit réellement émancipatrice. Pour cela il faudra créer des postes en nombre (90 000) et des équipements scolaires de qualité.


Il ne s’agit pas seulement d’allonger le temps scolaire, mais d’améliorer les conditions d’accueil et d’étude des élèves et transformer l’école, donner du temps aux enseignants pour exercer leur métier.


Le témoignage d’un directeur d’école et celui d’une enseignante du second degré révèlent les difficultés que rencontre aujourd’hui le monde enseignant. Difficultés à faire leur métier dans un contexte dégradé, avec de moins en moins de moyens et des réformes menées par le gouvernement qui vont à l’encontre de ce qu’il faudrait faire ; La réforme du Bac, Parcoursup ont accéléré l’individualisation des parcours scolaires, mettant établissements et élèves en concurrence, tout en livrant au marché une partie des enseignements.


Ce sont bien entendu les jeunes qui réussissent le moins et ceux de catégories populaires, ceux qui n’ont que l’école pour apprendre, qui sont les premières victimes de la mise en place de cette sélection.


Alors que l’école inclusive est au cœur du discours gouvernemental, les AESH, ces assistants d’éducation qui accompagnent les élèves en situation de handicap, exercent une mission essentielle. Une formation, des salaires dignes de ce nom, et un statut au sein de l’Éducation nationale est indispensable comme le propose Fabien Roussel.


Tout comme le nécessaire réengagement de l’État auprès des collectivités pour construire des écoles, des collèges et des lycées, comme Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire, l’évoque, en même temps qu’elle dénonce la précarisation de l’ensemble des personnels de l’éducation.


Enfin, Séverine Brelot, professeur en lycée professionnel et syndicaliste, parle de ceux dont on ne parle jamais, alors qu’ils représentent 43 % des lycéens, les jeunes de lycées professionnels. Ce sont les futurs premiers de corvée. On leur a volé une année d’études sous Sarkozy en supprimant le BEP et en imposant le bac pro en 3 ans. Autant de temps d’école en moins pour apprendre un métier, saisir les enjeux auxquels doit répondre le monde du travail.


Construire une école émancipatrice qui combatte les inégalités et élève le niveau de connaissance de toute la jeunesse est un enjeu de société, un enjeu démocratique, et cela coûte de l’argent. Le budget de l’Éducation sera augmenté de 45 %, précise Fabien Roussel en engageant un recrutement massif d’enseignants, pré-recrutés au niveau du bac et en licence et recevant une formation à bac +5 de qualité, permettant d’être formés sur les contenus d’enseignement, leur métier, mais aussi sur les enjeux de l’école aujourd’hui en lien avec les courants pédagogiques, la recherche et ses avancées.

 

Sébastien Laborde
secrétaire départemental PCF

 

 

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21 Octobre 2021, 11:23am

Publié par PCF Villepinte

 

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Le dégât de la rentrée universitaire ! Le 5 octobre on se mobilise pour notre avenir !

25 Septembre 2021, 07:46am

Publié par PCF Villepinte

Après un an et demi de calvaire dû à la fermeture des universités et l’instauration du tout à distance, la rentrée universitaire était attendue avec impatience autant par les étudiants et étudiantes, que par les enseignants et les enseignantes. La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, avait annoncé dès le mois de mai que cette rentrée se ferait 100% en présentiel.

 

Pourtant, comme chaque année, aucun moyen supplémentaire n’a été mis en place pour tenir cette promesse. En effet, du fait de l’autonomie des universités et du manque de moyens pour nombre d’entre elles, certaines ont fait le choix de maintenir des cours magistraux à distance.

Dans la même logique qui est celle d’un budget insuffisant, nombre de néo-bacheliers n’ont pas pu faire leur rentrée dans la filière de leur choix ou leur rentrée tout court. En effet, avec la sélection à l’entrée de l’Université, des milliers de jeunes se retrouvent sans affectation pour cette rentrée, ou à devoir s’installer dans une autre région pour suivre leur filière de leur choix sans avoir accès à un logement étudiant du fait de la pénurie de ceux-ci, ou tout simplement à devoir suivre des cours dans une filière par défaut.

Le nombre d’étudiants sans Master lors de cette rentrée a également explosé. En effet, des milliers de diplômé·e·s en licence ou en Master 1 se retrouvent recalés du fait du manque de places en Master qui pousse à une sélection à l’extrême.

A cette rentrée, la leçon du décrochage ne semble pas avoir été retenue. Alors que près de 450 000 étudiants étaient en situation de décrochage depuis le début de la crise, le gouvernement n’a rien fait pour rattraper le retard accumulé, mettre fin à la sélection qui pousse au décrochage, mais aussi proposer une formation aux milliers de décrocheurs.

Il est urgent d’ouvrir de nouvelles places à l’université en augmentant les capacités concrètes d’accueil via l’embauche de personnel éducatif et administratif, mais aussi la construction de nouvelles infrastructures sur tout le territoire. Quelle que soit la situation, l'éducation de qualité et de proximité est un droit ! A ce titre, l’UEC appelle les étudiants et les étudiantes à se mobiliser le 5 octobre prochain partout en France.

Jeanne Péchon, secrétaire nationale de l’UEC

 

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Baccalauréat: Une réforme toujours plus inégalitaire

9 Juillet 2021, 08:12am

Publié par PCF Villepinte

Les résultats du baccalauréat 2021 viennent de tomber. Cette année, les épreuves se sont tenues dans des conditions exceptionnelles. Jean-Michel Blanquer a annulé les évaluations communes prévues au mois de mars au profit des notes obtenues en contrôle continu. Pour les épreuves terminales, il a décidé que ce serait la meilleure note obtenue qui prévalait entre celles obtenues en contrôle continu et celles obtenues lors des épreuves terminales.

Pour la deuxième année consécutive, Jean-Michel Blanquer instrumentalise la crise sanitaire pour avancer tambour battant sur son projet d’un baccalauréat en contrôle continu. C’est désormais officiel, le ministre souhaite passer à un baccalauréat dont les évaluations communes seraient remplacées par un “réel” contrôle continu, comptant pour 40 % de la note finale au baccalauréat.

Dès le début, ce projet avait été vivement contesté par l’ensemble des acteurs de l'éducation, en premier lieu les lycéennes et les lycéens. Ce baccalauréat à la carte vient casser le caractère national du diplôme. En lieu et place d’un même diplôme national, nous aurons des baccalauréats locaux, donc la valeur dépendra de la réputation de l’établissement d’origine. Peu importe la note obtenue, un baccalauréat obtenu au prestigieux lycée Henri IV à Paris, aura toujours plus de valeur que celui obtenu dans un lycée dit de “périphérie”. En parfait accord avec Parcoursup ce système discriminant vient approfondir le mécanisme de sélection sociale à l’entrée de l’enseignement supérieur. Cette réforme vient enfoncer le clou de l'assignation à l’origine sociale et géographique, qui est l'inverse de la mission d’une école républicaine qui devrait au contraire servir à gommer les discriminations.

La technique utilisée par J.-M. Blanquer est connue, il a tout au long de ces années fait en sorte d’organiser l’échec des examens nationaux pour mieux faire passer une nouvelle réforme. Tout en organisant l’impossibilité pour les jeunes et le personnel éducatif de manifester et de faire connaître leur mécontentement face à la réforme des lycées. L’annonce d’une nouvelle réforme, alors que la session 2021 est en cours et avec un débat qui aurait cours au cœur de l’été, est une nouvelle fois un passage en force démocratique. Le MJCF ne l’entend pas de cette façon. Dès la rentrée de septembre nous organiserons les lycéennes et les lycéens contre cette réforme injuste et toute forme de sélection.

Après deux ans de perturbations majeures dans le système scolaire, c'est la mise en place de conditions d'enseignement de qualité afin de rattraper le retard accumulé qui devrait occuper le ministre. L’heure est au contraire à l’harmonisation par le haut de l’enseignement. La crise a été un catalyseur de l’inégalité entre les lycées et les élèves, il faut en tirer les leçons et proposer une tout autre politique. La mise en place d'examens nationaux et terminaux anonymes est la seule façon de garantir l’égalité.

Le Mouvement jeunes communistes de France revendique :

- Un retour à un baccalauréat national en abandonnant toutes les réformes mises en place par Jean-Michel Blanquer sur le sujet.

- L’abandon de Parcoursup ; le seul critère pour entrer à l'université doit être l'obtention du baccalauréat.

- Un investissement massif permettant de recruter des enseignants et de construire de nouveaux locaux pour offrir une formation et des diplômes de qualité sur l’ensemble du territoire.

Notre avenir, nos choix, l’éducation est un droit ! µ

Clémentine Le Duey

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Les futurs bacheliers sont aujourd'hui victimes des choix du ministère de l'Éducation nationale

13 Juin 2021, 18:49pm

Publié par PCF Villepinte

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Education • La conception du métier d’enseignant

11 Juin 2021, 07:18am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 09/06/2021 par PCF

« Face aux tentations managériales et autoritaires qui se développent pour encadrer et corseter le métier d’enseignant au service d’une politique néolibérale, le statut de fonctionnaire dont relèvent les enseignants est à la fois la garantie d’un exercice responsable et citoyen de leur métier et la réponse aux besoins d’un service public assurant à tous l’accès à une éducation de qualité. (1) » C’est ainsi que débute le premier article du numéro 22 de la revue Carnets Rouges qui vient de paraître sous le titre Libertés et responsabilités pour une école démocratique.

La problématique est ainsi posée qui rétablit, et cela est de plus en plus nécessaire, un cadre de réflexion sur un sujet très largement instrumentalisé par le ministre de l’Éducation nationale et ceux qui le servent : c’est bien le projet politique qui définit la conception du métier d’enseignant en tant qu’elle est indissociable d’une réflexion sur la démocratisation scolaire. Ce numéro de la revue s’attache aux relations dialectiques entre libertés, responsabilités, démocratie scolaire en cette période d’accélération des mécanismes de contrôle du métier d’enseignant, de chasse aux sorcières à l’université et de creusement des écarts entre les élèves selon leur origine socio-culturelle.

En tant que fonctionnaires, les enseignants ont des droits et des devoirs indissociables. Les modalités d’exercice de leur métier ne relèvent pas de leur bon vouloir mais s’inscrivent dans une histoire collective, où l’intérêt général est garanti par le service public d’éducation : l’accès aux savoirs de tous les élèves implique une conception de la liberté pédagogique, fondée sur l’indépendance de l’enseignement (savoirs académiques, didactique et pédagogie), la construction d’une culture professionnelle en mesure de répondre aux exigences démocratiques.

Encore faut-il que le statut de la fonction publique soit respecté pour que les enseignants puissent exercer leur métier en pleine responsabilité, qu’ils soient considérés comme des citoyens à part entière, en charge de la formation des futurs citoyens.

Or, de la maternelle à l’université, les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ne cessent de mettre sous tutelle l’agir enseignant, de museler la parole des chercheurs, de mener une honteuse chasse aux sorcières. Les enseignements eux-mêmes sont instrumentalisés à des fins politiciennes tel l’enseignement du « roman national », ou encore parcellisés, fragmentés, interdisant toute réflexion critique. Les programmes se succèdent dans une accumulation grandissante de connaissances. Le pilotage du système par l’évaluation et la conception cumulative des savoirs participent de logiques de concurrence effrénée pour une sélection plus efficace. C’est au nom de « vérités scientifiques » soigneusement sélectionnées que sont imposés des choix didactiques et pédagogiques dénoncés par les professionnels, jusqu’à imposer des méthodes officielles (l’apprentissage de la lecture). Les libertés académiques sont entravées avec une violence inégalée (accusations de séparatisme, de complicité terroriste qui abîme les personnes. La pensée n’est plus à l’ordre du jour et les menaces de sanctions disciplinaires sont là pour le rappeler.

De la maternelle à l’université et dans des formes différentes, le message est clair : perdant toute souveraineté sur leur métier, empêchés d’exercer leurs droits de citoyens, les enseignants sont assignés à exécuter la politique ministérielle. À l’ordre du jour, l’assujettissement et la prolétarisation.

Au-delà de la nécessaire dénonciation d’une politique éducative particulièrement dangereuse, peu respectueuse des cadres institutionnels légaux, les contributions à ce numéro mettent en débat une dynamique collective de transformation (curricula ou programmes, coopération, restauration de liens entre professionnels de terrain et chercheurs, légitimation du genre professionnel, mise en place de collectifs de travail souverains, mission d’acculturation de l’école, afin que les inégalités sociales ne deviennent des inégalités scolaires et réciproquement…). La souveraineté dans le travail ouvre des possibles pour une école démocratique qui favorise la construction d’histoires individuelles et collectives, dans une perspective d’émancipation intellectuelle et sociale.

Christine Passerieux

___________________________

1. Gérard Aschieri, enseignant, fonctionnaire et citoyen, Carnets Rouges n° 22.

Libertés et responsabilités pour une école démocratique N° 22 de la revue Carnets Rouges

 

 

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Bac 2021. Maintien des épreuves, grand oral... Jean-Michel Blanquer fait le choix du pire

6 Juin 2021, 07:08am

Publié par PCF Villepinte

Des élèves mal préparés, dans le « flou total ». L’angoisse monte à l’approche du « grand oral », épreuve phare de la réforme, maintenue coûte que coûte. © SYSPEO/SIPA

Samedi 5 Juin 2021

L'Humanité Olivier Chartrain

Fallait-il maintenir certaines épreuves après une année si perturbée? En méprisant les demandes des élèves et des enseignants, le ministre abîme un peu plus le baccalauréat, au risque de dévaloriser cet examen fondateur. Du côté des profs et des lycéens, le grand oral cristallise toutes les inquiétudes. TÉMOIGNAGES

Une année folle, avec le bac pour apothéose. Voilà ce qui vient à l’esprit quand on essaie de se représenter cette année scolaire 2020-2021. Jamais, sans doute, une session du bac n’aura été préparée dans des conditions aussi chaotiques. Élèves et enseignants le vivent très mal. Au point que dans plusieurs centaines de lycées, des mouvements et blocages ont eu lieu pour demander l’annulation des épreuves. L’angoisse de ces jeunes n’aura certainement pas été adoucie par les premiers résultats de Parcoursup, publiés le 27 mai, nombre d’entre eux ayant appris que leurs vœux étaient refusés…

À lire sur le sujet : Universités. Parcoursup 2021 : comme 2020, en pire...

Alors que déjà la plus grande partie des lycées de France était en demi-jauge depuis novembre 2020, les évaluations communes portant sur les matières de spécialité restaient maintenues comme prévu, en présentiel. Mi-janvier, Jean-Michel Blanquer les bascule finalement en contrôle continu: bien tard pour des élèves et des profs qui, prévenus plus tôt, auraient pu préparer plus sereinement la nouvelle épreuve du grand oral – portant elle aussi sur les matières de spécialité. Et ces conditions chaotiques ne concernent pas que les élèves de terminale. En première à Paris, Youcef en témoigne: «Dans mon lycée, le bac blanc de français a été annulé alors que les vrais examens, eux, sont maintenus. En plus jai raté des cours en visio parce que l’ENT (espace numérique de travail – NDLR) fonctionnait mal… Je ne me sens pas du tout prêt, je suis super stressé.»

La philo, une épreuve qui ne compte pas

Seule solution, pour quatre syndicats d’enseignants (Snes-FSU, SUD Éducation, CGT Éduc’Action et Snalc), des syndicats lycéens (UNL, MNL), une douzaine d’associations disciplinaires et la FCPE: au minimum lannulation du grand oral, voire le passage total du bac en contrôle continu. Mais, le 5 mai, le ministre de l’Éducation nationale annonce le maintien des épreuves, moyennant quelques aménagements. «La multiplication des sujets en français est assez satisfaisante», reconnaît Claire Guéville, chargée des lycées au Snes.

Elle se montre en revanche très critique sur la possibilité, pour la philosophie, de ne retenir que la meilleure des deux notes entre celle de l’épreuve et celle du contrôle continu: «La note de contrôle continu va lemporter. On invente l’épreuve du bac qui ne compte pas!» De fait, pourquoi les élèves ayant obtenu des notes satisfaisantes en contrôle continu sinterdiraient-ils de faire l’impasse sur l’épreuve terminale?

Sauver le grand oral, une obsession

Mais c’est surtout le grand oral qui cristallise les angoisses. Épreuve inédite, où le candidat devra d’abord présenter à l’oral une question portant sur une de ses deux spécialités, puis en discuter avec les deux examinateurs, et terminer en abordant son projet d’orientation, elle a été très critiquée dès l’origine pour son caractère discriminant. Reposant sur l’éloquence, la présentation, l’aisance à l’oral, la confiance en soi, le grand oral est suspecté d’avantager les élèves issus de milieux favorisés sur le plan socioculturel. Mais «il fallait sauver le grand oral, ironise Claire Guéville, cest l’obsession du ministre, le symbole de sa réforme».

Icon QuoteOn doit préparer un oral dont on ne sait rien. Même nos profs ne savent pas nous répondre! Résultat: à quelques semaines du bac, beaucoup nont pas encore choisi les questions quon doit présenter. BAPTISTE Lycéen

Ainsi, à moins d’un mois de l’épreuve, élèves et professeurs restent dans le flou. «On ne sait ni ce quon évalue, ni comment on va le faire», résume la syndicaliste. «On doit préparer un oral dont on ne sait rien, confirme Baptiste, en terminale à Lyon. Même nos profs ne savent pas nous répondre! Résultat: à quelques semaines du bac, beaucoup nont pas encore choisi les questions quon doit présenter.»

Prof dhistoire-géographie aux Lilas, en Seine-Saint-Denis, Servane Marzin a pu faire passer des grands oraux blancs à une partie de ses élèves. L’expérience ne l’a pas vraiment rassurée: «Une partie des élèves est démotivée. Cest un oral qui met en jeu des compétences peu travaillées, et quon na pas eu le temps de travailler parce que nous navons ni moyens ni espace horaire pour le faire.»

Lire aussi : Bac 2021. Claude Lelièvre : « On raconte des histoires aux élèves »

Elle a constaté l’aspect discriminant de l’épreuve: «On voit les élèves qui ont déjà le bagage nécessaire et ceux qui ne lont pas, ceux qui ne sont pas assez scolaires, pas assez impliqués, ceux qui ne sont pas assez aidés à la maison Certains s’égarent dans des sujets trop larges, partent dans tous les sens, d’autres à l’inverse se perdent dans les détails. Il faudrait pouvoir les accompagner correctement, déjà dans le choix des questions. Mais avec le confinement, le travail à distance, toutes les complications que cela génère, comment pourrions-nous préparer deux sujets avec chacun de nos quelque trente élèves?»

Certains, habituellement brillants à l’écrit, se retrouvent paralysés face à cette épreuve. Et l’enseignante rappelle que «cette génération na déjà pas passé loral de français l’an dernier», tout le bac ayant été basculé en contrôle continu. Difficile de rattraper cela en quelques semaines perturbées, alors que le grand oral a été «vendu» comme devant être préparé tout au long des trois années de lycée

La démonétisation d’un commun

Au final, la bienveillance des jurys risque de constituer la seule planche de salut des néobacheliers. «On va aller vers les 95 % de réussite, comme lan dernier», prédit Claire Guéville. Mais pour quelle intégration dans lenseignement supérieur, ensuite? Sans création de places supplémentaires, Parcoursup risque de ressembler encore plus à une sanglante loterie. Dans ces conditions, certains sinquiètent grand classique pour la valeur du bac.

La syndicaliste ne leur donne pas complètement tort: «Le bac est et reste ce diplôme qui donne accès au supérieur pour ceux qui nont ni réseau ni moyens pour soffrir des certifications à l’étranger, des écoles privées Mais il est démonétisé par les réformes Blanquer, il tend à se résumer à un rite de passage, ce que le grand oral résume bien.» Et ce nest pas la première fois depuis le début de la crise sanitaire quon constate que celle-ci est utilisée par Jean-Michel Blanquer pour faire avancer ses projets, au détriment de tous ceux qui concourent au service public d’éducation… et, au final, des élèves.

 

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Classement annuel des lycées : L’inégalité au grand jour

31 Mars 2021, 09:29am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 31/03/2021 par PCF

Cette année comme les années précédentes le journal L’Étudiant publie son “classement des lycées”. Ce classement, indépendant de l’Éducation nationale, prend notamment en compte le taux de réussite au baccalauréat ou le taux de mentions obtenues dans l’établissement.

Il est révélateur des inégalités scolaires et territoriales à l’œuvre dans le pays. Il renforce aussi une stratégie des familles les plus aisées pour inscrire leurs enfants dans le “meilleur” établissement.

Territoires sous dotés, inégalités des moyens, projets d’établissements différenciés, à travers ce classement on retrouve une politique de longue date menée dans l’Éducation nationale. Des établissements qui ne relèvent plus d’une politique nationale commune mais qui doivent prouver leurs chiffres et leurs rendements comme des entreprises. Une stratégie de différenciation des établissements qui fait écho à l’individualisation extrême des parcours des élèves eux-mêmes.

La mise en place de la réforme Blanquer du bac vient de nouveau consacrer cette différenciation entre les lycées, notamment à travers l’accès ou non aux spécialités, ainsi que la quasi-destruction du caractère national du baccalauréat.

La valeur du diplôme ne sera plus évaluée en fonction de la note obtenue à une épreuve commune et nationale, mais de la réputation de l’établissement d’origine de l’élève. La finalité se retrouve dans l’application de parcoursup qui, une fois la différenciation faite, trie les élèves en fonction des établissements dont ils proviennent

Le classement de l’année 2019-2020 est d’autant plus inégalitaire que le ministre de l’Éducation nationale a profité de la pandémie pour avancer encore plus vite dans la destruction d’une éducation nationale uniforme sur le territoire.

En supprimant purement et simplement les dernières épreuves nationales du baccalauréat et en appliquant le contrôle continu, Jean-Michel Blanquer a laissé libre cours à la hiérarchisation des lycées. Pour l’année 2020-2021, nous pouvons déjà mesurer les conséquences de laisser librement les établissements choisir leur “protocole sanitaire”. Les lycées ne respectant pas le protocole sanitaire se trouvent avantagés car en avance sur le programme.

La possible annonce d’un nouveau confinement et d’une fermeture de l’ensemble des établissements scolaires laisse planer une aggravation des inégalités. Depuis six mois, les témoignages d’enseignants et d’élèves se multiplient pour dénoncer la non mise en place de protocole sanitaire dans leur établissement.

Les résultats de cette désinvolture ne se sont pas fait attendre, et pour cause, le taux de contamination explose dans les lieux d’enseignements. En refusant de mettre en place des directives strictes à l’ensemble des établissements, Jean-Michel Blanquer porte la responsabilité de la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les établissements scolaires.

Depuis des mois, le gouvernement annonce vouloir faire de l’école sa priorité. Pourtant, les actes se font attendre. Où est le plan de rattrapage ? Où sont les recrutements d’enseignants et la construction de nouveaux locaux pour dédoubler les classes ?

Alors que nous sommes à la veille de la fermeture des écoles, nous attendons toujours la mise à disposition du matériel informatique pour chaque élève. Un discours ne suffit pas à masquer l’incompétence du gouvernement. Si l’école était réellement leur priorité, tout aurait été fait depuis la rentrée pour permettre de rattraper le retard et éviter que les écoles ne deviennent des clusters.

Le MJCF revendique le droit à une éducation de qualité, donnant les mêmes moyens de réussite à l’ensemble des élèves et cela sur l’ensemble du territoire. Cela nécessite un investissement massif dans l’Éducation nationale pour créer des classes et non en supprimer comme c’est le cas actuellement.

Pour empêcher la hiérarchisation et l’assignation des élèves nous exigeons l’arrêt immédiat de la plateforme parcoursup ainsi que l’abrogation de la réforme Blanquer et le retour à bac national. 

 

 

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Enseignants. Les Stylos rouges portent plainte contre Jean-Michel Blanquer

28 Mars 2021, 06:48am

Publié par PCF Villepinte

Les Stylos rouges ont déposé plainte contre Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, ici lors de la conférence de presse de rentrée en septembre 2020. Photo d'illustration Alain Jocard/AFP

 

L'Humanité Vendredi 26 Mars 2021

Olivier Chartrain

Le groupe d’enseignants a déposé une plainte pour «mise en danger délibérée de la vie dautrui» contre le ministre de l'Education. Il dénonce les mensonges et labsence daction du gouvernement.

«Aller à l’école, cest rester en bonne santé.» La nouvelle campagne du ministère de l’Éducation nationale, sortie au moment où le gouvernement lui-même n’arrive plus à cacher l’explosion des cas de Covid en milieu scolaire, n’a pas fait rire grand monde. Et surtout pas les Stylos rouges, ce groupe d’enseignants constitué fin 2018 pour faire entendre une voix plus réactive et plus «musclée» que les syndicats.

Voir aussi : Ecoles, collèges, lycées : la carte des cas de Covid

Forts de leurs 72 000 adhérents à leur groupe fermé sur Facebook, les Stylos rouges viennent de déposer une plainte en nom collectif contre Jean-Michel Blanquer, auprès de la CJR (Cour de justice de la République), pour «mise en danger délibérée de la vie dautrui.»

«La situation est devenue intenable »

«Aujourdhui tout le monde sait que les enfants sont contaminés et contaminants, dénonce Nicolas Glière, professeur de français, au nom des Stylos rouges. Depuis 6 mois on nous sert une fable, mais les mensonges du gouvernement sur ce sujet sont des mensonges mortels. Nous demandons depuis juin 2020 le passage en demi-groupes partout, et la fermeture des établissements dans les zones les plus touchées. Nous n’avons eu aucune réponse, le gouvernement reste enfermé dans l’alternative «ouvert/fermé».»

Nous avons sélectionné cet article pour vous : Inégalités, déni et mépris : l’école cabossée après un an de crise du Covid

Le groupe est donc passé à l’action, en déposant le 25 mars cette plainte en nom collectif, l’association des Stylos rouges figurant en tant que telle parmi les plaignants. «Jean-Michel Blanquer est le fer de lance de cette politique et du refus de fermer, reprend l’enseignant. C’est un libéral fanatique pour qui tout ce qui compte, c’est que les entreprises continuent à fonctionner. Mais la situation est devenue intenable. Les enfants se contaminent dans les établissements et rapportent la maladie à la maison. Tout le monde est très inquiet, beaucoup de collègues sont arrêtés soit parce qu’ils sont malades, soit parce qu’ils craquent.»

Depuis la création des Stylos rouges en décembre 2018

Il est bien entendu trop tôt pour connaître le devenir de la démarche des Stylos rouges et si leur plainte sera, en premier lieu, considérée comme recevable. Mais une chose est sûre: il est loin le temps où, à la création des Stylos rouges en décembre 2018, ceux-ci avaient été immédiatement reçus rue de Grenelle où l’on espérait les instrumentaliser contre les syndicats – à l’image de ce qui a été tenté, côté élèves, avec «Avenir lycéen». Et pour le ministre, le temps de rendre des comptes pourrait finir par arriver.

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