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devoir de memoire

Commémoration de la libération de Villepinte 1er septembre 2019

4 Septembre 2019, 07:01am

Publié par PCF Villepinte

Jean Porta Président de l'ARAC dépose une gerbe en hommage à Antoine CUSINO Francs-tireurs-partisans fusillé par les nazis en ce lieu le 18 août 1944.

Quand les Américains voulaient gouverner la France (Extraits)

 

 

C'est une page peu connue de l'histoire de la seconde guerre mondiale: dès 1941-1942, Washington avait prévu d'imposer à la France - comme aux futurs vaincus, Italie, Allemagne et Japon un statut de protectorat, régi par un Alfied Military Government of Occupied Territories (Amgot). Ce gouvernement militaire américain des territoires occupés aurait aboli toute souveraineté, y compris le droit de battre monnaie, sur le modèle fourni par les accords Darlan-Clark de novembre 1942.

 

A l'époque, les Etats-Unis redoutaient surtout que la France, bien qu'affaiblie par la défaite de juin 1940, s'oppose à leurs vues sur deux points, du moins si de Gaulle, qui prétendait lui rendre sa souveraineté, la dirigeait. D'une part, ayant lutté après 1918-1919 contre la politique allemande de Washington, Paris userait de son éventuel pouvoir de nuisance pour l'entraver à nouveau. D'autre part, la France répugnerait à lâcher son empire, riche en matières premières et en bases stratégiques, alors que les Américains avaient dès 1899 exigé pour leurs marchandises et leurs capitaux le bénéfice de la « porte ouverte » dans tous les empires coloniaux.

Peignant De Gaulle à la fois en dictateur de droite et en pantin du Parti communiste français et de l'URSS, Washington dut pourtant renoncer à imposer le dollar dans les «territoires libérés» et (avec Londres) reconnaître, le 23 octobre 1944, son Gouvernement provisoire de la République française: deux ans et demi après la reconnaissance soviétique du «gouvernement de la vraie France» un an et demi après celle immédiate du CFLN deux mois après la libération de Paris et peu avant que De Gaulle ne signât avec Moscou, le 10 décembre, pour contrebalancer l'hégémonie américaine, un « traité d'alliance et d'assistance mutuelle» qu'il qualifia de « belle et bonne alliance ».

Ecartée de Yalta en février 1945 dépendante des Etats-Unis la France s'intégra pleinement dans leur sphère d'influence.

La vigueur de sa résistance intérieure et extérieure l'avait cependant soustraite à leur protectorat.

Source: (Annie Lacroix-Riz, mai 2003)

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18 octobre 1961, la presse choisit son camp

17 Octobre 2018, 06:52am

Publié par PCF Villepinte

Près de 14 000 manifestants seront arrêtés dont 300 seront jetés à la Seine ou exécutés. Raymond Darolle/Europress/Sygma/Corbis

L’Humanité Mercredi, 17 Octobre, 2018

Olivier Morin

Au lendemain de la manifestation pacifiste des Algériens, réprimée dans le sang, seuls l’Humanité et Libération dénoncent cette nuit de massacre.

«Ray Charles pourra chanter ce soir. Après le passage du service de désinfection, le Palais des sports a retrouvé son aspect habituel.» C’est une des annonces que fait placidement France-Soir, dans son édition parue trois jours après l’assassinat de près de 300 Algériens, le 17 octobre 1961 à Paris. Avec le parc des expositions et le stade Coubertin, le Palais des sports avait été transformé en lieu de détention où la police avait parqué des Algériens dans des conditions inhumaines.

Les policiers se livrent à une véritable chasse à l’homme

Ce soir du 17 octobre, répondant à l’appel du FLN, 30000 « Français musulmans d’Algérie» manifestent sous la pluie dans les rues de Paris. Celles-ci leur sont interdites depuis l’infamant couvre-feu décrété par les autorités françaises douze jours plus tôt, avec l’aval du premier ministre, Michel Debré.

Le caractère pacifique du rassemblement est garanti par les organisateurs, qui vont jusqu’à fouiller les manifestants. Sur ordre de l’ancien fonctionnaire de Vichy Maurice Papon, devenu depuis préfet de police de Paris, les policiers vont pourtant se livrer à une véritable chasse à l’homme.

Papon exige aussi qu’aucun journaliste ne soit présent sur les lieux, contraignant ces derniers à ne disposer que des sources officielles, notamment les informations délivrées par la préfecture. Au total, près de 14000 manifestants seront arrêtés.

Près de 300 d’entre eux seront jetés à la Seine ou exécutés. Le lendemain, dans la presse, la majeure partie des titres vont appuyer ou relayer la version officielle tandis que d’autres journaux, plus rares, dont l’Humanité, refusent de fermer les yeux.

Ainsi le Figaro se fend d’un article retraçant le fil de la journée heure par heure et dans lequel on peut lire dès les premières lignes qu’«il y a eu des heurts, mais (que), grâce à la vigilance et à la prompte action de la police, le pire – qui était à craindre – a pu être évité». Il ne manque pas d’y adjoindre le communiqué officiel de la police après avoir titré en une: «Violentes manifestations de musulmans algériens hier soir à Paris».

«Sur le trottoir, sept corps étaient allongés»

Dans les kiosques, le quotidien à grand tirage Paris-Jour barre sa une d’un titre alarmiste: «20000 Algériens maîtres de la rue à Paris durant trois heures!», tandis que l’éditorialiste accable les Algériens qui «ont pu défiler en plein cœur de la capitale sans avoir demandé l’autorisation et en narguant ouvertement les pouvoirs publics et la population».

Pour l’historien Alain Ruscio, la majeure partie de la presse de l’époque se faisait nécessairement l’écho de la méfiance «et même du racisme vis-à-vis de la communauté algérienne», entretenu dans la population. «Mais des journaux comme Libération et l’Humanité dénoncent tout de suite les exactions de la police. Le journal France nouvelle, édité par le PCF, parle même de pogrom», souligne l’historien.

L’Humanité, souvent troué de grands carrés blancs depuis le début de la guerre d’Algérie, décrit la situation au début de la manifestation dans son édition du 18 octobre: «Il y avait des femmes qui scandaient des youyous, il y avait des enfants que les travailleurs algériens avaient amenés avec eux. Mais en plusieurs endroits les policiers et les CRS ont chargé et tiré.»

Le journal, qui précise ne pas pouvoir tout dire à cause de la censure gaulliste, titre en une: «Plus de 20000 Algériens ont manifesté dans Paris. Combien de morts?» En page 7, le journal communiste décrit ce qui se passe peu de temps après, à deux pas de son siège, situé à l’époque rue du Faubourg-Poissonnière, dans le 9e arrondissement, lorsque le cortège d’Algériens se retrouve face à un car d’agents de police.

«Il y eut un moment d’hésitation, puis le chauffeur du véhicule descendit sur la chaussée et tira un coup de feu en l’air: ce fut le signal. Aussitôt, les agents descendirent du car et vidèrent les chargeurs sur les manifestants qui tentaient de trouver refuge dans le restaurant et l’immeuble contigu.» Et l’Humanité de poursuivre la description macabre: «Sur le trottoir, devant le restaurant, sept corps étaient allongés», remettant en cause les chiffres fournis par l’AFP.

Le Parisien libéré annonce lui aussi sept morts tout en décrivant un Paris envahi par «les meneurs et les tueurs». Des qualificatifs utilisés à l’époque par la droite populiste qui ne manque pas de pointer la seule responsabilité du FLN.

Même dans le Monde, pourtant plus mesuré dans sa description de la sanglante nuit, Jacques Fauvet pointera du doigt le FLN «puisque, ici et là, c’est le terrorisme musulman qui est à l’origine de ces drames». Et dans le quotidien l’Aurore, pro-Algérie française, les journalistes n’hésitent pas à dénoncer «la lâcheté habituelle» des meneurs qui «mettaient les femmes et les enfants en avant comme à Bizerte».

Des dizaines de cadavres d’Algériens repêchés dans la Seine

Le lendemain de la manifestation, Libération, journal issu de la Résistance et dirigé par Emmanuel d’Astier de la Vigerie, tentera d’envoyer un reporter pour pénétrer dans le parc des expositions, où il entendra des cris de douleur et d’effroi.

C’est aussi à partir de ce jour que des dizaines de cadavres d’Algériens seront repêchés dans la Seine. Le travestissement de la vérité n’est alors plus possible et un consensus gagne alors la presse, même réactionnaire. Dans le même temps, celle-ci chassera petit à petit le drame de ses colonnes, comme pour faire disparaître les Algériens une seconde fois.

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RESISTANCE

26 Mars 2013, 07:58am

Publié par PCF Villepinte

Une exposition pour mettre ses pas dans ceux des hommes et des femmes de la résistance d’Île-de-France

 

 

« Résistance en région parisienne », Hôtel de Ville de Paris,  salle des Prévôts,  accès par le parvis. Du 19 mars au 25 avril, du lundi  au samedi, de, de 10 heures à 19 heures Le parcours auquel est convié le visiteur de l’exposition « Résistance en région parisienne », organisée conjointement par le comité d’histoire de la Ville de Paris, le musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne et la Mairie de Paris, se déploie sur deux plateaux. Le premier, dans une atmosphère tamisée aux couleurs brunes et sépia, retrace les années noires, celle de l’Occupation. C’est l’époque de la clandestinité, celle où les hommes et les femmes de la Résistance, à Paris comme dans le reste du pays sous le joug nazi et fasciste, forment une armée d’ombres. Le second, partie claire, évoque la Libération, événement qui prend à Paris un statut particulier, l’émancipation de la capitale et de ses environs symbolisant, sous le soleil du mois d’août 1944, un an avant la capitulation allemande, celle de la France. « Nous tenions beaucoup à mettre en exergue la résistance de Paris et de la Seine », explique en ce sens Catherine Vieu-Charier, adjointe au maire de Paris chargée de la mémoire et du monde combattant dans le cadre de la présentation de l’exposition. « Car, poursuit-elle, il faut se souvenir que 1940 est surtout l’humiliation de la capitale avec les troupes de l’occupant qui défilent à l’arc de triomphe et, de cette image terrible qui a tant marqué les consciences, celle de Hitler qui contemple le Trocadéro et qui, par cette mise en scène, indique à la fois l’occupation de la capitale et du pays. » Pour Paris, l’année 1943 fut une année charnière dont sont commémorés les soixante-dix ans cette année avec la naissance du Comité parisien de la Libération regroupant les divers mouvements de résistance dans le mouvement de leur unification nationale, au sein du CNR. « Nous avons voulu mettre l’accent sur une histoire quotidienne, comment les résistants parisiens et de la petite couronne vivaient au jour le jour, les systèmes de rendez-vous, comment ils tiraient un journal ou un tract », explique Charles Riondet, commissaire de l’exposition. Une évocation sensible qui fait mettre à chaque visiteur ses pas dans ceux qui livrèrent le combat de la Résistance au fil des espaces dans lesquels documents, objets, photographies, tracts, affiches, films et témoignages font toucher du doigt l’époque. Un itinéraire, sur le vif, qui atteindra plus particulièrement le jeune public avec, en particulier, ce fac-similé de faux papier distribué à l’entrée et destiné à être estampillé à chaque étape du parcours. Parmi les trois lieux reconstitués, l’imprimerie clandestine est la première rencontre. Elle est suivie de celle d’un établi de faussaire et d’un intérieur avec poste émetteur. Sur une table éclairée dans la pénombre, une machine à écrire en caractères hébraïques du FTP-MOI. À son extrémité, un paquet ficelé d’exemplaires de l’Humanité qui attendent d’être emportés pour être distribués et passer de main en main.

Jérôme Skalski

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Pierre SEMARD( 15 février 1887- 7 mars 1942)

7 Mars 2013, 11:05am

Publié par PCF Villepinte

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Pierre Semard est né le 15 Février 1887. Son père était cantonnier au chemin de fer, sa mère a travaillé comme garde-barrières. En 1898, à 11 ans, certificat d’étude en poche, il commence à travailler pour un notaire dans l’Yonne.

Après avoir occupé divers emplois, notamment à Paris, il entre au chemin de fer en 1912. Il est alors employé à Valence au secrétariat du chef de gare. C’est au contact du monde cheminot que Pierre Semard rejoint l’action syndicale.

Pierre Semard est tombé à Evreux le 07 Mars 1942 sous les balles d’un peloton d’exécution sur décision de l’occupant nazi après une succession de mesures répressives prises à son encontre.

Ses combats, ses actions.

Pierre Semard, homme de Paix. Fondateur parmi d’autres du « comité d’action contre l’impérialisme et la guerre », il anime la lutte contre l’occupation de la Ruhr par les troupes françaises et sera arrêté en 1923, avec d’autres militants, puis incarcéré plusieurs mois.

La même procédure se renouvelle à son encontre en 1927 pour son action contre la guerre au Maroc. Dans un moment où les périls qui pèsent sur la Paix n’ont jamais été aussi lourds, il est des références bonnes à citer et des exemples à suivre.

Pierre Semard était un homme politique attaché à l’indépendance et à la reconnaissance de la spécificité du syndicalisme, prônant l’indépendance entre parti et syndicat, tout en refusant que le syndicalisme, plus largement le mouvement ouvrier, soit subordonné au système capitaliste. Il était soucieux de préserver l’originalité et la spécificité de lutte syndicale et politique dans chaque pays.

1936, le Front populaire triomphe. Pierre Semard en négociant avec Léon Blum, obtient que ce dernier fasse pression auprès des compagnies de chemin de fer pour l’obtention de 21 jours de congés payés et la semaine de 40 heures. Le 1er janvier 1938, lors de la création de la SNCF, Pierre Semard, devient l’un des quatre administrateurs salariés, pour une courte durée. En décembre 1938, il est révoqué de son poste pour avoir appelé à une grève.

Un visionnaire…

Pierre Semard proposait, dès la création de la SNCF en 1937 et dans les mois qui suivirent une réorganisation des réseaux, accompagnée d’une coordination de tous les moyens de transport, dans l’intérêt des usagers et de la collectivité, avec une répartition du trafic en considération du rôle primordial du rail et une égalisation des charges sociales dans tous les transports.

Il n’a cessé de plaider pour l’établissement de solidarités entre les salariés de la route et du rail afin de mieux défendre leurs revendications mais aussi celles des usagers. A cet égard, il aimait rappeler que notre fédération avait à l’époque déposé un projet de statut des personnels routiers dont le contenu était équivalent à celui des cheminots.

Des idées révolutionnaires…

Au moment où la France, l’Europe, le monde sont affectés par les conséquences de la crise du système capitaliste, la lutte pour défendre le concept de service public qui a toujours été au centre de l’action syndicale de la Fédération CGT des Cheminots français prend, une dimension nouvelle. Cette conception du syndicalisme CGT où le fait syndical est indépendant mais pas neutre, donc pas spectateur, est un des héritages de Pierre Semard tout comme l’était son exigence marquée d’harmoniser par le haut les conditions de l’intermodalité dans les transports et de s’opposer à la remise en cause des acquis sociaux, à la détérioration du Service Public, à la fermeture de lignes, en recherchant l’implication des citoyens dans la démarche.

Le combat et l’engagement de Pierre Semard, celui de la classe ouvrière, portés par la CGT et le PCF interdits se retrouvent dans le programme du Conseil National de la Résistance baptisé «Les jours heureux». Ce programme porté par les forces rassemblées de la résistance intérieure et présidé par Jean Moulin, outre le plan d’action militaire pour libérer le pays, prévoyait le programme économique, politique social et démocratique pour la reconstruction du pays. Un pays ruiné par 6 années de guerre mais qui a mis en place sur plusieurs années la nationalisation des entreprises dont les patrons avaient collaboré, (Renault en tête), la création des comités d’entreprise, la création de la sécurité sociale, la retraite par répartition, le retour à la semaine de 40h (abolie par Pétain), la nationalisation du gaz et de l’électricité, le droit de vote des femmes, 3e puis extension de la 4e semaine de congés payés, la création du SMIG, des ASSEDICS, du Statut de la Fonction Publique, le prélèvement exceptionnel des hauts revenus financiers, l’augmentation immédiate de 18% des salaires.

TOUJOURS D’ACTUALITE

Souvenons-nous : à peine Sarkozy était-il élu que Kessler, alors numéro 2 du MEDEF, lui traçait sa feuille de route en prônant l’abrogation de tous les textes législatifs issus du Conseil National de la Résistance et lui demandant de tourner définitivement la page de mai 68.

 

Aujourd’hui les déclarations du président de la République concernant « Le changement, c’est maintenant » ont bien du mal à trouver  un chemin car son gouvernement social démocrate continue de mettre en œuvre une politique libérale au service des grandes fortunes. Il faut mener une bataille très rude pour obtenir l’amnistie des syndicalistes sanctionnés parce qu’ils défendent leurs droits. La bataille contre l’accord sur l’emploi honteusement signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC devra être ardente également pour imposer aux parlementaires, majoritairement de gauche de rejeter  ce projet honni.

 

La reconduction à son poste du président Guillaume Pépy qui n’a eu de cesse d’affaiblir  et  d’éclater l'entreprise  nationale SNCF n’est pas un signe favorable alors que vient le débat sur la réforme de structure de la SNCF. Cette reconduction est d’autant plus inappropriée  après l’attitude et les propos du Président de la SNCF sur le territoire américain mais aussi à Bobigny.

Ces discours ont choqué à juste titre de nombreux militants CGT. Il est scandaleux que Guillaume PEPY soit allé présenter ses excuses aux Etats-Unis pour le rôle tenu par les chemins de fer français dans l’acheminement des déportés vers les camps de la mort sans évoquer la place prise par les cheminots - et notamment les militants CGT et communistes - dans la résistance française contre l’occupant nazi et le gouvernement de Vichy.

Dans ce domaine aussi, ce sont uniquement des objectifs financiers et le marché de la grande vitesse ferroviaire dans l’ouest des Etats-Unis qui l’ont conduit à prendre de telles positions. Pas un mot pour les 8 938 cheminots morts dans des actes de résistance, pas un mot pour les 15 977 blessés dont nombre d’entre eux furent amputés dans cette guerre de l’ombre, pas un mot pour quelques 2 000 cheminots morts en camps de concentration.

A travers cette exigence réclamée à la Direction de la SNCF, c’est le service public répondant aux besoins de tous qui est visé, c’est le statut social des cheminots et l’entreprise publique qui sont dans le collimateur des puissances financières et de certains lobbyings très conservateurs, c’est aussi la place et le rôle de la CGT dans le paysage social en France et à la SNCF , qui viennent d’être confortés lors des élections au conseil d’administration, qui leur sont intolérables.

Alors OUI, honorer la mémoire de Pierre SEMARD en 2013, 71 ans après son assassinat, n’a rien d’archaïque ou de passéiste comme certains pourraient le laisser penser. Bien au contraire, se souvenir de ce combattant, de ce militant syndical et politique , c’est s’engager à poursuivre les mêmes combats.

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Delphine Renard : "Les apologistes de l’OAS continuent de brandir des idéaux racistes et fascisants"

8 Février 2013, 07:51am

Publié par PCF Villepinte

La "Une" de l'Humanité du 28 février 1962 avec en haut à droite le visage de Delphine Renard défiguré.

 - le 7 Février 2013

 

Mots clés : guerre d'algérie, charonne,

 

 

 

Elle avait quatre ans lorsqu’elle fut grièvement blessée dans un attentat de l’OAS visant André Malraux. Le sort de l’enfant mutilée, aveuglée, souleva alors une grande émotion. C’est après cet attentat que fut organisée la manifestation sauvagement réprimée au Métro Charonne. Aujourd’hui psychanalyste, Delphine Renard entretient la mémoire des victimes de l’organisation criminelle. Elle demande que soit officiellement reconnue par l’État la brutale répression qui coûta la vie à neuf manifestants, communistes et syndicalistes, le 8 février 1962.

Vous vous étiez élevée, il y a un an, dans une tribune, contre les multiples hommages rendus à des criminels de l’OAS. Certains d'entres eux ont été déchus, ces dernières semaines, des décorations attribuées par le précédent pouvoir. Ce la signe-t-il, selon vous, une rupture ?

Delphine Renard. En effet, Jean-François Collin a été exclu en début d’année, par décret, de l’Ordre national de la Légion d’honneur dans lequel le président Sarkozy l’avait nommé chevalier le 5 mai 2011 (avec attribution de la Croix de la valeur militaire). Cette déchéance manifeste clairement une position nouvelle de l’Etat sur la question de la mémoire de la guerre d’Algérie. Cet ancien factieux de l’OAS s’acharne à entretenir la haine, honorant régulièrement, avec son association d’anciens criminels, la mémoire d’officiers putschistes, tels le colonel Argoud. Le fils de ce dernier, qui lui aussi fait l’apologie de l’OAS dans les médias, s’est vu retirer, l’été dernier, ses fonctions de rapporteur public au tribunal administratif de Marseille. Il s’agit là de signaux plutôt encourageants. L’accession de François Hollande à la présidence de la République a marqué une inflexion dans la politique de l’État français à l’égard de cette mouvance qui continue à brandir, en guise de valeurs, l’assassinat et la torture au nom d’idéaux racistes et fascisants, bien loin des sentiments de la grande majorité des rapatriés d’Algérie. Le discours qu’il a prononcé à Alger en décembre dernier a posé les bases d’une réorientation, avec la volonté affirmée d’ « ouvrir un nouvel âge dans la relation entre la France et l’Algérie » grâce à la reconnaissance des « souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien », et en particulier lors du massacre de Sétif, ouvrant la voie à la vérité sur la torture. Mais sur le plan intérieur, il reste encore beaucoup à faire pour parvenir à « la paix des mémoires » que le président a appelée de ses vœux. La « reconnaissance du passé dans le respect des mémoires, de toutes les mémoires », pour reprendre ses mots, passe par le choix de dates symboliques. En décembre dernier, au Sénat, un vote intervenant à l’issue d’un débat houleux a montré combien restait difficile l’acceptation de certaines réalités historiques : il s’agissait de la proposition de loi sur la reconnaissance de la date du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. Cette date désormais légale devra, un jour ou l’autre, se substituer à celle du 5 décembre, dénuée de toute justification historique et procédant d’une simple mesure réglementaire arrachée par des groupes qui ne peuvent tolérer une date annonçant l’indépendance de l’ancienne colonie.

 

Vous citiez Elie Wiesel, « Tolérer le négationnisme, c’est tuer une seconde fois les victimes. » Des premières lois d’amnistie, en 1965, jusqu’aux stèles dédiées à ces criminels, ceux qui cultivent leur mémoire les présentent comme des victimes. Comment une telle inversion des valeurs a-t-elle pu se produire ?

Delphine Renard. S’il s’agissait d’individus, on parlerait de perversion. Mais à l’échelle collective, c’est très inquiétant et cela rappelle de sombres périodes. Des argumentaires habiles flattent toujours les tendances les plus basses, et l’extrême-droite a beau jeu d’instrumentaliser, depuis cinquante ans, le traumatisme qu’a été l’indépendance pour les Français qui résidaient en Algérie. Pendant ce temps, des actes de vandalisme continuent à se produire contre des stèles à la mémoire de ceux qui, pendant la guerre d’Algérie, se sont opposés à la terreur et au jusqu’au-boutisme de l’OAS. Ainsi tout récemment, le 3 janvier dernier, une cérémonie organisée à la mémoire d’Alfred Locussol, ce fonctionnaire assassiné cinquante-et-un ans plus tôt par l’OAS à Alençon pour avoir œuvré à l’indépendance de l’Algérie, a dû se dérouler en l’absence de la plaque commémorative, volée…

 

L’extrême-droite française, dans sa version lepéniste, a fait de la nostalgie de l’Algérie française un fonds de commerce. La réhabilitation de l’OAS est-elle, selon vous, un symptôme du poids de l’extrême-droite en France ?

Delphine Renard. Certainement. Dans « La Gangrène et l’Oubli », Benjamin Stora qui, depuis plus de trente ans, fait un travail remarquable pour dégager l’histoire des haines partisanes et œuvrer à la réconciliation des mémoires, écrivait : « Le Front national poursuit sa progression, s'alimentant aux sources du refoulé de cette guerre. La perte de l'Algérie française apparaît comme la justification a posteriori du système colonial, par construction d'une mémoire de la revanche. » Je crois que cette analyse, qui date de 1991, demeure toujours valable aujourd’hui. On en a eu encore une illustration l’été dernier, lorsque la maire d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains, a brutalement mis fin au projet d’exposition Albert Camus jusque là confié au même Benjamin Stora, dont les vues équilibrées ne pouvaient satisfaire la vision nostalgérique de la municipalité.

 

Symbole de la barbarie de cette organisation terroriste, vous ne vous êtes exprimée publiquement qu’à l’occasion des cinquante ans du massacre de Charonne, l’an dernier. Pourquoi avez-vous choisi de sortir du silence ?

Delphine Renard. Je raconte ce cheminement dans un livre qui va sortir chez Grasset le mois prochain, et qui s’intitule « Tu choisiras la vie ». De par ce qui m’est arrivé, je porte une responsabilité à l’égard de tous ceux qui, atteints par le terrorisme de l’OAS, y ont perdu la vie et ne sont plus là pour en témoigner. Je me sens tout particulièrement redevable envers les neuf personnes massacrées par la police de Papon au métro Charonne, le 8 février 1962, alors qu’ils manifestaient pour la paix en Algérie et clamaient leur indignation contre les méthodes de l’OAS, au lendemain de l’attentat contre André Malraux dans lequel, enfant de quatre ans, j’avais été grièvement blessée.  

 

Comment mesurez-vous la responsabilité de l’État français dans le massacre de militants anti-OAS le 8 février 1962 ?

Delphine Renard. Il est scandaleux que les recours intentés par les proches des victimes se soient toujours soldés par une non-reconnaissance de la responsabilité de l’État dans ce massacre. Comment comprendre que les victimes, écrasées sous les grilles d’arbre jetées par les policiers ou tabassés à coups de « bidules » n’aient pas reçu un franc d’indemnisation, alors que d’anciens terroristes aux mains pleines de sang se soient vus, après leur amnistie, attribuer de confortables pensions ?

 

Un demi-siècle après les faits, pourquoi ce massacre et celui des Algériens, le 17 octobre 1961 ne sont-ils  toujours pas reconnus comme des crimes d’État ?

Delphine Renard. J’avais été très émue que le premier geste du candidat François Hollande ait été, le 17 octobre 2011, d’aller jeter des roses dans la Seine en hommage aux Algériens noyés par la police française, le 17 octobre 1961. En 2012, à l'occasion du 51e anniversaire de cette manifestation, le président Hollande a reconnu au nom de la République la « sanglante répression » au cours de laquelle ont été tués « des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ». Avec le Comité Vérité et Justice pour Charonne, j’attends, en confiance, un geste au moins équivalent pour les victimes de la tragédie du 8 février 1962.

A la mémoire des victimes de la répression du 8 février 1962, un rassemblement aura lieu ce vendredi à 12h, à Paris, au métro Charonne.  

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui

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Avec Stalingrad, la Seconde Guerre mondiale bascule

3 Février 2013, 07:54am

Publié par PCF Villepinte

Culture - le 1 Février 2013

Histoire

 

 

 

Plus que le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942) ou que la conquête américaine de l’île de Guadalcanal (8 février 1943), la victoire soviétique de Stalingrad (2 février 1943) est bien le « tournant » de la guerre. Mais la victoire est plus encore politique que militaire.

Du 31 janvier au 2 février, malgré l’interdiction d’Hitler, la VIe armée allemande capitule après deux mois et demi d’encerclement, isolée malgré les raids de la Luftwaffe, pilonnée nuit et jour, épuisée par la faim, le froid, la neige. Des 330 000 encerclés ne survivent que 120 000 prisonniers. Les forces de l’Axe ont perdu au total 800 000 hommes à Stalingrad, le quart des forces du front oriental. Le mythe de l’invincibilité allemande est détruit.

L’enjeu de Stalingrad

Pour pallier les besoins en carburant de l’économie de guerre allemande, Hitler déclenche, le 8 mai 1942, un nouveau Blitzkrieg en vue de conquérir les champs pétrolifères du Caucase. La moitié des troupes engagées en URSS, 100 divisions allemandes et 50 alliées (roumaines, italiennes, hongroises), sont concentrées sur le front sud-est. Les forces de l’Axe conquièrent la Crimée et Sébastopol, puis l’est de l’Ukraine et Rostov. Mais Hitler commet alors la même erreur qu’à l’automne 1941. Grisé par ses victoires, il divise ses forces selon deux axes : pendant que des divisions fonceront vers le Caucase, le gros des forces remontera la vallée du Don pour prendre Stalingrad, isoler l’Oural et ensuite, avec les armées du centre, encercler Moscou.

Dès le 23 août, la VIe armée de Von Paulus atteint la Volga et bombarde la ville charnière. Le 12 septembre, disposant de forces deux fois supérieures, les Allemands lancent ce qu’ils pensent être l’assaut final. Des combats acharnés se déroulent jusque dans le centre et le sud de la ville, maison par maison, cave par cave. Les usines Octobre rouge et Barricades sont prises et reprises. Vassili Grossman traduit bien l’acharnement des combats dans Vie et destin. Hitler veut prendre à toute force la « ville de Staline » mais Stalingrad ne tombe pas.

Le 19 novembre, le maréchal Joukov, qui seconde le commandant suprême Staline, lance la contre-offensive préparée depuis septembre. Le plan « Uranus » doit couper « le doigt de gant » allemand enfoncé entre Don et Volga. Deux groupes d’armées soviétiques partent simultanément du nord-ouest et du sud de Stalingrad. Dès le 22, elles réussissent leur percée et réalisent leur jonction. Les forces soviétiques enserrent dans une « ceinture rouge » la VIe armée et une partie de la IVe armée blindée. Une tardive contre-offensive allemande échoue et les forces de l’Axe sont repoussées bien au-delà du Don, ce qui rend très difficile le ravitaillement aérien des encerclés. Les conséquences militaires sont immédiates. Les armées allemandes du Caucase reculent de 600 kilomètres jusqu’à Rostov et s’échappent de justesse. L’Armée rouge reprend l’offensive sur tous les fronts. Ce qui la mènera jusqu’à Berlin. Voilà pourquoi il ne faut pas sous-estimer le rôle de la victoire de Stalingrad alors que les médias ont tendance à valoriser le rôle des Anglo-Saxons dans ce conflit.

Les trois raisons 
de la victoire

À ce tournant de l’histoire, l’URSS a tout juste achevé la reconversion de son économie de guerre après avoir replié vers l’est 1 360 usines : fin 1942, la production industrielle de l’Oural a été multipliée par cinq et plus encore celle de la Sibérie. Si le nombre d’ouvriers a baissé de 10 %, la productivité du travail a crû de 40 % : la journée de travail est passée de huit à douze heures, six jours sur sept. L’URSS produit déjà deux fois plus de chars et quatre fois plus de canons que l’Allemagne. L’aide alliée est encore aléatoire : les livraisons américaines ont été interrompues de juillet à octobre. À Stalingrad, si l’Armée rouge a une nette supériorité en artillerie, elle n’aligne guère plus de chars que la Wehrmacht (790 contre 770) et moins d’avions que la Luftwaffe (1 035 contre 1 066). Mais cet armement est de bonne qualité : le char léger T 34 s’impose déjà face au « Tiger » allemand. Stalingrad n’est cependant pas une victoire du matériel comme le sera la gigantesque bataille de chars de Koursk en juillet 1943.

La victoire de Stalingrad est en effet le fruit d’une mobilisation humaine exceptionnelle. Dès septembre 1941, pour compenser les immenses pertes en hommes, le Conseil d’État pour la défense, présidé par Staline, a lancé un vaste plan d’instruction militaire générale qui allait former sept millions de soldats en trois ans. Les généraux de l’état-major ont restauré leur autorité et l’unité de commandement avec la suppression des commissaires politiques aux armées rendus responsables des échecs antérieurs. Joukov persuade Staline de regrouper le maximum de forces à Stalingrad et l’Armée rouge réussit à y aligner, en novembre 1942, 854 000 recrues face aux 846 000 soldats des forces de l’Axe (deux tiers d’Allemands plus des Roumains et des Italiens).

La mobilisation de nouveaux soldats compliquait pourtant le problème de la main-d’œuvre ouvrière et paysanne. Dès février 1942, 830 000 adolescents scolarisés ont été versés dans les usines pour être rapidement formés comme ouvriers qualifiés par des spécialistes démobilisés. Pour les autres travaux, il est fait appel massivement aux femmes, aux vieux et aux détenus. C’est toute la population urbaine, puis rurale, qui est mobilisée. À Stalingrad, les comités locaux du Parti ont levé une immense milice populaire pour édifier des lignes de fortification alors que les usines produisaient sans relâche armes et munitions et que des groupes de partisans coupaient les lignes de ravitaillement trop étirées des envahisseurs à l’arrière du front. Stalingrad n’est pas qu’une victoire de militaires.

Stalingrad s’explique encore par la démoralisation des forces de l’Axe et la sacralisation de l’amour de la patrie pour les Soviétiques. Les lettres des soldats encerclés ou les mémoires des officiers allemands révèlent combien brutale fut pour eux la découverte de l’aveuglement d’Hitler et de l’absurdité de ses ordres de mourir sur place plutôt que de capituler : « Nous sommes tout seuls, sans aucune aide. Hitler nous laisse tomber », écrit l’un deux. Les Italiens et les Roumains repliés derrière le Don sont encore plus démotivés.

Par contre, Staline ne cesse d’exalter la « guerre sacrée » et d’inviter tout le peuple soviétique au sacrifice commun. La guerre est sacrée parce qu’elle est une guerre juste de défense de la patrie et de libération de la terre des ancêtres. Le 22 décembre 1942, un nouvel hymne national remplace l’Internationale. La guerre est sacrée aussi parce qu’elle permet la réconciliation de l’Église orthodoxe et de l’État soviétique. Le 7 novembre 1942, le métropolite Serge s’adresse à Staline : « Au nom du clergé et de tous les fidèles de l’Église orthodoxe, fidèles enfants de notre patrie, je salue en votre personne le chef choisi par Dieu de toutes nos forces civiles et militaires, qui nous conduit à la victoire sur les envahisseurs barbares, à la prospérité dans la paix de notre pays, et à l’avenir radieux de ses peuples. »

La guerre est certes encore présentée comme une guerre du droit contre le « fascisme », pour la démocratie et le socialisme, mais, par une série de glissements progressifs, la guerre est vécue comme la communion des patriotes russes, des citoyens des autres peuples soviétiques et des communistes de toutes générations, tous « frères et sœurs » aux yeux de Staline depuis son premier discours à la radio le 3 juillet 1941. Jamais le peuple soviétique n’a été aussi uni derrière son chef charismatique.

Les conséquences 
de Stalingrad

Alors qu’Hitler décrète trois jours de deuil national en Allemagne, les Alliés, les résistants et les communistes du monde entier témoignent de leur reconnaissance au peuple soviétique. Bien avant la victoire, l’Humanité clandestine salue l’Armée rouge et appelle tous les résistants à l’unité et à l’action. Désormais l’espoir a changé de camp.

La coalition des Nations unies en est renforcée. Le 21 février, le roi George VI d’Angleterre déclare que « la ferme résistance de Stalingrad a changé le cours des événements » et offre une épée d’honneur à la ville héroïque en témoignage de l’admiration « de tout le monde civilisé ». Le président Roosevelt salue ses « valeureux défenseurs » dont « la victoire glorieuse a représenté un tournant dans la guerre des nations alliées contre les forces de l’oppression ». Stalingrad soude plus que jamais les Alliés jusqu’à Yalta.

En position de force, Staline se permet de faire quelques concessions diplomatiques. Après l’opération « Torch » en Afrique du Nord, il ne réclame plus aussi fortement l’ouverture d’un second front en Europe, et il ne dénonce pas encore le danger d’une paix séparée à l’Ouest. L’essentiel est alors pour lui d’obtenir le plus d’aide matérielle possible car l’URSS continuera longtemps à supporter l’essentiel du poids de la guerre contre l’Allemagne nazie. Mais s’il s’est engagé à dissoudre officiellement l’Internationale communiste, c’est moins pour rassurer ses alliés sur les objectifs des Partis communistes européens que pour ne pas cautionner la stratégie politique de Tito en Yougoslavie.

Stalingrad a eu cependant des effets ambivalents à moyen terme. Staline s’est attribué tous les mérites de Joukov et sera gratifié du titre de « plus grand stratège de tous les temps » et de « guide suprême ». Le culte de sa personnalité prend des dimensions inimaginables masquant sa responsabilité dans la désorganisation de l’armée depuis 1937 et les désastres de 1941. Khrouchtchev, dernier commissaire politique à Stalingrad, lui en fera reproche en 1956.

Staline n’a pas compris les véritables raisons des succès de l’économie de guerre soviétique manifestes dès Stalingrad. Voznessenski, le président du Gosplan depuis 1938, avait mis en œuvre la décentralisation des décisions, les relations directes entre entreprises, la mobilisation morale des ouvriers, le développement de la production familiale dans les campagnes. Dès 1945, il s’opposa au retour aux plans quinquennaux bureaucratiques d’avant-guerre, mais il sera condamné et exécuté en 1948. Staline et les militaires imposeront à nouveau une priorité absolue à l’industrie lourde au nom de la défense du camp socialiste et de la « mémoire de Stalingrad ».

ce qu’écrivait l’humanité clandestine n° 200, 21 janvier 1943 (extraits) Grande victoire soviétique sur tout le front de l’est
Les troupes soviétiques ont pris Schlusselbourg, mettant ainsi fin au siège de Leningrad (1), quelques jours avant la commémoration de la mort du grand Lénine. L’Armée rouge continue à avancer dans le Caucase (et) dans la région du Don moyen… Devant Stalingrad, la VIe armée hitlérienne est en voie d’anéantissement ; sur 200 000 hommes, il n’en reste plus que 70 000, un butin énorme a été capturé, le dernier aérodrome des nazis a été occupé… Partout, l’Armée rouge, sous la conduite de notre grand camarade Staline, est passée à l’offensive et devant les exploits de cette héroïque armée qui, le 23 février prochain, célébrera son 25e anniversaire, des millions d’hommes de tous les pays crient avec enthousiasme et confiance : Vive la glorieuse et héroïque Armée rouge ! Vive le grand Staline !

(1) Il faudra attendre, en fait, le 27 janvier 1944.


Jean-Paul Scot, historien

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Josette Audin: Hollande a dit "le minimum du minimum"

21 Décembre 2012, 12:54pm

Publié par PCF Villepinte

Maurice Audin, par Mustapha Boutadjine, Paris 1996, Graphisme-collage, Extrait de «Partisans», Collection de Mme Josette Audin

 - le 20 Décembre 2012

 

 

 

 

"Je n'apprécie pas du tout son discours qui me semble le minimum, du minimum, du minimum de ce qu'il aurait dû faire", a déclaré la veuve de Maurice Audin ce jeudi quelques heures après que François Hollande a reconnu devant le Parlement algérien les "souffrances que la colonisation française" a infligées au peuple algérien.

"C'est tout à fait insuffisant à mon sens. Le mot torture a été prononcé entre deux ou trois autres, mais en passant très vite alors qu'il aurait été bien qu'il ne passe pas sous silence ce genre de choses hautement répréhensibles", a ajouté, la veuve du mathématicien communiste disparu à Alger en 1957 après avoir été arrêté par des militaires français.

Ne pas oublier la guerre

"Il y a des précédents, le président Chirac a fait une déclaration sur la Rafle du Vel d'Hiv', il me semble qu'Hollande aurait pu faire une déclaration disant: "La République française a commis des actes qui sont injustifiables, la torture, les exécutions sommaires, pendant la guerre d'Algérie. Je demande simplement la reconnaissance des faits", a-t-elle ajouté, regrettant que le discours de Hollande occulte quasiment la guerre. "C'est très bien de reconnaître les méfaits de la colonisation mais il ne faut pas oublier la guerre".

Place Maurice Audin

Après son discours, le président français a consacré la dernière partie de sa visite à Alger à des sites historiques dans cette capitale qu'il connaît bien pour y avoir vécu. Accompagné du Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal, il a rendu un hommage au martyr Maurice Audin, sur la place éponyme, devant la plaque apposée en souvenir de ce mathématicien de 25 ans, communiste, qui militait pour l'Algérie indépendante. Arrêté par les paras français en 1957, en pleine bataille d'Alger, puis torturé, son corps n'a jamais été retrouvé mais sa veuve vient de se voir promettre la diffusion des archives françaises sur sa disparition.

Cimetière européen

François Hollande s'est ensuite rendu au cimetière européen de Bologhine, en bordure de mer. Ce cimetière anciennement baptisé du nom du quartier, Saint-Eugène, abrite des centaines de tombes de Français d'Algérie, de consuls de la période ottomane, le tombeau de la reine Malgache exilée à Alger, Ranavalona. Le chef de l'Etat a salué le monument aux soldats de l'Armée d'Afrique, armée coloniale française formée notamment de milliers de Maghrébins et d'Africains de l'Ouest.

A la sortie du carré militaire, le cortège s'est arrêté dans la partie juive devant le mausolée de deux grands saints: Isaac, fils du rabbin Chechat Barfat, né à Valence et mort à Alger en 1408, et Simon, fils du rabbin Semah Duran, né à Barcelone et mort dans cette ville en 1444.

Monument des Martyrs

Ce retour vers le passé a aussi inclus les centaines de milliers d'Algériens morts pour l'indépendance. Dans une cérémonie solennelle au Monument des martyrs, sur les hauteurs d'Alger, François Hollande a déposé une immense gerbe sur la stèle érigée à leur mémoire, située au centre d'un monument de 92 mètres de haut.

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Colonisation, guerre d'Algérie, Hollande remplit son "devoir de vérité" à Alger

20 Décembre 2012, 14:51pm

Publié par PCF Villepinte

François Hollande accueilli par son homologue Abdelaziz Bouteflika à son arrivée en Algérie mercredi

 

Au deuxième jour de sa visite d'Etat en Algérie, le président français a pris des positions fortes sur "les souffrances" infligées par la colonisation française au peuple algérien, lors d'un discours chaleureusement applaudi par le parlementaires algériens ce jeudi matin.

Ses principales prises de position.

"Pendant 132 ans, l'Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal", a lancé, au deuxième jour de sa visite d'Etat, le président aux parlementaires algériens, qui l'ont applaudi. "Ce système a un nom: c'est la colonisation et je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien."

"Parmi ces souffrances", il a cité "les massacres de Sétif, de Guelma, de Kherrata" qui "demeurent ancrés dans la conscience des Algériens mais aussi des Français. A Sétif, "le 8 mai 1945, le jour même ou le monde triomphait de la barbarie, la France manquait à ses valeurs universelles". "La vérité doit être dite aussi sur les conditions dans lesquelles l'Algérie s'est délivrée du système colonial, sur cette guerre qui, longtemps n'a pas dit son nom en France, la guerre d'Algérie", selon le président.

"Nous avons le respect de la mémoire, de toutes les mémoires. Nous avons ce devoir de vérité sur la violence, les injustices, les massacres, la torture. Connaître, établir la vérité c'est une obligation, elle lie les Algériens et les Français. C'est pourquoi il est nécessaire que les historiens aient accès aux archives". "Une coopération dans ce domaine" doit être "engagée, poursuivie et que progressivemnt cette vérité puisse être connue de tous". "La paix des mémoires à laquelle j'aspire repose sur la connaissance et la divulgation de l'histoire", a-t-il dit.

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Hollande à Alger : « Reconnaître enfin la réalité du colonialisme et des crimes d'État »

19 Décembre 2012, 10:14am

Publié par PCF Villepinte

 

 

 Hollande à Alger : « Reconnaître enfin la réalité du colonialisme et des crimes d'État »

 

 

François Hollande se rend  à Alger. Il est vraiment temps de construire une relation franco-algérienne d'égalité et de maturité. 50 ans après l'indépendance de l'Algérie, l'avenir commun a besoin d'un regard français exigeant et lucide sur la vérité de son propre passé colonial, mais aussi sur l'intérêt des deux pays à tisser les liens nécessaires d'un véritable partenariat humain, social, culturel, politique, économique… La visite de François Hollande à Alger doit être l'occasion de refonder le rapport entre la France et l'Algérie et pour cela de reconnaître enfin la réalité du colonialisme et des crimes d'État qui l'ont caractérisé.

 

L'État français, par la voix de ses plus hauts dirigeants, n'a jamais eu le courage d'assumer clairement, pour la dignité de la France, une aussi lourde histoire. François Hollande doit le faire maintenant. C'est à lui de tendre la main et de prononcer solennellement les mots pour cela. Au cours de cette visite d'État il doit montrer la hauteur de vue qui s'impose pour reconnaître la blessure historique infligée à la nation algérienne par 130 ans de domination et de violence coloniale et par 8 ans de répression et de guerre. Un geste de cette portée montrerait une volonté de faire reculer tous ceux qui, dans notre pays, instrumentalisent le passé colonial pour nourrir le racisme, les haines et les idéologies les plus réactionnaires. Cela grandirait la France, et sa voix dans le monde n'en serait que plus respectée.

Une nouvelle période de l'histoire franco-algérienne doit s'ouvrir pour permettre de régler l'ensemble des questions bilatérales mais aussi pour chercher des convergences face aux crises et aux problèmes des relations internationales et régionales que ce soit au Sahara occidental ou au Mali.

 

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Ce vendredi dans l'Humanité : Hollande va-t-il lever le voile sur l'affaire Audin ?

14 Décembre 2012, 11:05am

Publié par PCF Villepinte

 

Plus de cinquante-cinq ans après l’assassinat de Maurice Audin, dont on n’a jamais retrouvé le corps, le chef de l’État vat- il faire ce geste qu’aucun de ses prédécesseurs n’a su faire, en reconnaissant officiellement que le jeune mathématicien communiste est mort sous la torture ? , Pour Josette Audin, la veuve de Maurice Audin, dans un entretien à lire ci-dessous  : "Il  faut une condamnation de ce qui a été fait au nom de la France en Algérie".

Qui était Maurice Audin ?

Josette Audin. Qui était Maurice Audin ? C’était mon mari… Nous vivions à Alger. Il était mathématicien à la faculté d’Alger. Nous avions trois enfants. Il était engagé auprès des Algériens dans 
la lutte pour l’indépendance.

Pourquoi le jeune intellectuel européen qu’il était s’est-il engagé pour l’Algérie algérienne ?

Josette Audin. Nous étions membres du Parti communiste algérien, 
qui luttait pour l’indépendance, aux côtés de ce peuple. Nous 
ne supportions pas le racisme, 
la façon dont les Algériens étaient traités, ou plutôt maltraités.

Comment s’est passé l’enlèvement 
de Maurice Audin par 
les parachutistes à votre domicile ?

Josette Audin. Ce jour-là, des pieds-noirs ultras avaient manifesté 
toute la journée. Il y avait eu 
des ratonnades monstrueuses dans toute la ville. À la fin de cette journée, il était tard, aux alentours de 23 heures, alors que nous étions sur le point d’aller nous coucher, des parachutistes sont venus tambouriner à la porte. C’était Maurice qui était recherché, 
pas ceux qui se livraient à la chasse aux Algériens et venaient 
de commettre des meurtres.

Lorsque les autorités vous signifient que Maurice Audin s’est « évadé », les croyez-vous ?

Josette Audin. Évidemment non. Tout le monde savait que ces prétendues évasions étaient en fait des exécutions. C’était connu de tout le monde, pas seulement des familles algériennes dont un membre avait subi ce sort. La plupart des pieds-noirs savaient et s’en réjouissaient.

Il y a eu, tout au long de la guerre d’Algérie, des milliers de Maurice Audin. En quoi cette affaire illustre-t-elle la violence inouïe déployée 
alors par la France coloniale ?

Josette Audin. Cette affaire a eu un grand retentissement en France comme, auparavant, l’assassinat 
de l’avocat Ali Boumendjel. Maurice était européen, il avait 
des connaissances en France, 
dans le domaine des mathématiques. Un comité Audin a été créé, 
avec Pierre Vidal-Naquet, Laurent Schwartz et d’autres intellectuels qui ont tout de suite exigé la vérité. Ils n’ont pas lâché, ils ont dénoncé sans relâche la torture. Je pense 
que l’action de ces gens en France au sujet de l’Algérie a peut-être 
aidé par la suite à accélérer 
le processus de paix.

De quelle façon la vérité peut-elle être connue, plus d’un demi-siècle après ce crime ?

Josette Audin. Dans la lettre que 
j’ai adressée en août au président de la République, je ne demande pas seulement la vérité. Bien sûr, 
je voudrais qu’on connaisse 
la vérité, c’est évident, même si 
je suis de plus en plus sceptique 
sur le fait qu’on l’obtienne vraiment un jour. Ce que je demande au président Hollande, c’est une condamnation 
de ce qui a été fait au nom 
de la France en Algérie. Je ne demande pas qu’il s’excuse : 
il s’est produit en Algérie des choses qui ne sont pas excusables. Je demande une reconnaissance et une condamnation. On peut condamner l’usage de la torture. On dit toujours que la France est 
le pays des droits de l’homme. Mais comment continuer à se qualifier ainsi, quand ces droits de l’homme ont été piétinés, sans que leur violation ait été condamnée ?

Comment jugez-vous le récent hommage officiel rendu à Fréjus 
au général Bigeard, symbole 
de l’institutionnalisation de la torture durant la guerre d’Algérie ?

Josette Audin. Cet hommage 
est scandaleux. Le ministre de 
la Défense aurait pu se dispenser d’aller jeter des fleurs à ce militaire, qui a peut-être fait de belles choses lorsqu’il s’agissait de libérer 
la France, mais qui a pratiqué la torture en Indochine puis en Algérie. Le glorifier est scandaleux.

Pourquoi la France a-t-elle tant de mal à reconnaître officiellement ces crimes de guerre ?

Josette Audin. Je ne l’explique pas, je ne le comprends pas. À de nombreuses occasions, nous avons demandé cette reconnaissance 
et cette condamnation officielles de la torture, des crimes de guerre. Sans jamais être entendus.

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui

Également dans l'Humanité de ce vendredi 14 décembre

  • Troisième rencontre de préparation du congrès du PCF à Marseille
  • Le Grand Paris Express touché par la rigueur
  • ArcelorMittal : FO et la CGT quittent les négociations
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  • Afrique du Sud : les enjeux du congrès de l'ANc par notre envoyé spécial
  • Rencontre avec Nolwenn Leroy à l'occasion de la sortie de Ô filles de l'eau
  •  Le chronique média de Claude Baudry : Télérama et sa vision de la presse de gauche

Et dans l'Humanité des débats :

  • Les jeunes, condamnés au travail précaires ? Table ronde avec Gérard Filoche, inspecteur du travail, Michel Fize, sociologue et Nordine Idir, secrétaire général de la MJCF
  • Le naming des stades est-il une solution ? Face-à-face entre Frédéric Bolotny, économiste du sport et Laurent Garrigues, rédacteur adjoint du site Sporttéco.
  • Quelles dépenses pour quel modèle social ? Les points de vue d'Agnès Verdier-Molinié, directrice de la fondation Ifrap, Think Thank, de Gérard Dussillol, président du pôle finances publiques de l'institut Thomas-More et d'Alain Obadia, président de la fondation Gabriel Péri.

 

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