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crise

Les quartiers populaires ne veulent pas payer la crise !

10 Décembre 2020, 07:34am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 09/12/2020 par PCF

 

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Les associations de solidarité alertent : le chômage, la perte de revenus, la précarité et la pauvreté jusqu’à la faim touchent des millions de personnes. Un Français sur trois a subi une perte de revenus, 38 % disent avoir connu la pauvreté. Pour une personne seule, le Smic ne permet plus d’échapper à la pauvreté. 29 % n’ont pas les moyens de consommer tous les jours des fruits et légumes. Les demandes de secours alimentaires croissent de manière alarmante. 300 000 personnes sont sans abri. L’école est un autre sujet d’inquiétude puisque 44 % des parents pensent que leur enfant a pris du retard pendant le confinement et 25 % des ouvriers qu’ils auront beaucoup de mal à le rattraper.

Une situation dramatique qui a poussé 150 maires et élus à demander à Emmanuel Macron qu’1 % des 100 milliards du Plan de relance soit sanctuarisé pour les "territoires en décrochage", dont les difficultés sont accentuées par la crise sanitaire et les ponctions gouvernementales sur les finances des collectivités locales.

Ces questions ont été largement abordées dans la récente réunion des secrétaires départementaux et le PCF a décidé de lancer du 5 au 11 décembre une semaine d’action contre le chômage et la pauvreté, pour l’emploi, la dignité et l’égalité républicaine. Le gouvernement doit entendre que ce n’est pas au peuple de payer la crise et prendre les mesures urgentes nécessaires.

Notre dernière réunion de la commission « quartiers populaires » s’est concentrée sur cette semaine d’action. Les participants ont confirmé l’aggravation des conditions de vie des habitants au travers de multiples exemples. En Seine-Saint-Denis la solidarité, à laquelle participent largement les communistes, évite les émeutes de la faim. À Marseille, mêmes difficultés sociales auxquelles s’ajoutent des conditions de scolarité difficiles par manque de personnels pour assurer le protocole sanitaire et du fait du grand nombre d’enseignants non remplacés.

Dans d’autres départements, les camarades s’inquiètent des difficultés à rentrer en contact avec les habitants.

Les communistes sont largement engagés dans la solidarité, mais comment lier la solidarité concrète et la discussion politique ? C’est le cœur du débat.

Des expériences sont avancées. Dans les Bouches-du-Rhône, un tract a été diffusé pour s’opposer au forfait de 18 euros aux urgences. En Mayenne, une pétition pour le droit au RSA des moins de 25 ans est largement signée. En Seine-Saint-Denis, une pétition contre la misère est lancée et elle sera envoyée au Président de la République. Dans le Var, des camarades des quartiers continuent autour d’eux le porte-à-porte et mobilisent avec une pétition pour sécuriser l’emploi, pérenniser l’entreprise industrielle et empêcher 1 200 suppressions d’emplois dans le groupe CNIM. Dans le Rhône, une section organise un rassemblement contre la précarité et la misère et plusieurs se sont unies pour un débat - en visio - sur le thème « Quartiers populaires, la politique à nous de la faire ». Dans cette période où se réunir physiquement est difficile, des expériences de réunion en visio s’organisent avec des points d’écoute collectifs à quelques-uns, permettant à ceux qui n’ont pas d’accès Internet de participer.

Dans les départements où elles ont lieu, les communistes participent nombreux aux manifestations du 5 décembre contre le chômage.

Un point commun à toutes ces expériences, le volontarisme et la ténacité. La semaine d’action, qui peut bien sûr être prolongée, met à disposition un tract et une pétition, des outils qui facilitent la discussion et l’action.

Des mesures d’urgences sont exigées autour des hausses des salaires et minima sociaux, le droit au logement et à l’énergie, le soutien aux collectivités locales, l’emploi et le contrôle des fonds publics, la taxation des profits, l’embauche massive à l’hôpital et à l’école, la sécurisation de l’emploi.

La proposition d’envoyer au Président de la République les pétitions en les déposant dans les préfectures est avancée.

Concernant l’école, l’annonce d’une possible disparition des REP au profit de contrats avec les rectorats sur la base de projets révolte autant qu’elle inquiète. Une première expérimentation est prévue dans trois académies, Lille, Nantes, Aix-Marseille. L’objectif est d’alerter et rassembler contre ces mauvaises mesures avec les parents d’élèves et les enseignants.

La sécurité reste toujours une préoccupation essentielle. La déclaration « Retirer le projet dit de sécurité globale et garantir le droit à la sécurité avec une Police nationale de proximité » est appréciée, le plan d’action attendu avec impatience et un tract sur la question des trafics de stupéfiants sera mis rapidement à disposition.

Marie-Christine Burricand, membre du CEN,

responsable aux quartiers populaires.

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Quoi qu’il en coût ​​​​​​​e... à la population

2 Décembre 2020, 13:41pm

Publié par PCF Villepinte

Publié le 02/12/2020 par PCF

 

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Les mesures de prévention attachées au deuxième confinement de fin octobre ont été prises par le gouvernement par nécessité. Mais le virus n’est pas le seul responsable de la gravité de la situation. Elle est largement causée par l’impact destructeur des politiques de santé conduites ces dernières années et aggravées sous la présidence Macron. La désorganisation, le manque de moyens, l’imprévoyance ont fait le lit de cette catastrophe. Le gouvernement fait tout pour masquer cette réalité et sa responsabilité.

Les informations journalières à la population se sont limitées au nombre de cas Covid-19 dépistés, au nombre d’hospitalisations, au nombre de lits de réanimation occupés et au nombre de morts sans faire la transparence sur le bien-fondé des mesures adoptées par un mystérieux conseil de défense. La non-anticipation chronique de la gestion de cette deuxième vague de crise sanitaire avec des mesures de confinement en demi-teinte - aucune régulation dans les transports, aucun contrôle des lieux de travail ne respectant pas les gestes barrières et la possibilité de télétravail, pas de politique de dépistage massif à la hauteur des enjeux, toujours pas d’embauche et d’ouvertures de lits dans les hôpitaux, pas de plan national de prise en charge dans les Ehpad etc. - a eu des conséquences catastrophiques et inédites sur la santé physique et psychique des Françaises et des Français.

 

Perspectives d’emplois quasi inexistantes, malnutrition, menaces d’appauvrissement avec la baisse des revenus due au chômage partiel, violences familiales, personnels hospitaliers épuisés, report de prise en charge de nombreuses pathologies, la liste est longue des effets délétères de cette deuxième vague entraînant aujourd’hui huit millions de nos concitoyens et concitoyennes à avoir recours à l’aide alimentaire dont une majorité de jeunes. Au printemps on nous demandait d’applaudir les premiers de corvée, cet automne on nous demande d’applaudir les associations caritatives qui gèrent comme elles peuvent et avec beaucoup de dévouement la pauvreté grandissante. Les salaires de misère et le bénévolat au secours de la pandémie, voilà l’alternative du gouvernement Macron pendant que les actionnaires du CAC40 continuent de se gaver !

Pourtant une autre politique de santé est possible face à cette crise. Au PCF nous continuons à demander une politique de formation massive des personnels de santé qui permettrait d’embaucher dans nos hôpitaux et nos Ehpad et l’arrêt des restructurations et fusions d’établissements de santé qui, malgré la crise sanitaire, se poursuivent. Nous demandons l’instauration d’une véritable démocratie en santé permettant de construire une stratégie collective face à cette pandémie, partagée par une majorité de la population en lieu et place de la stigmatisation individuelle actuelle. Nous demandons l’arrêt du hold-up sur la Sécurité sociale qui n’a pas à supporter les exonérations massives de cotisations patronales.

Concernant la vaccination, le Parti communiste demande la vaccination gratuite et sûre pour tous. Le vaccin, bien public commun, financé dans sa recherche et sa production par des fonds publics n’a pas à être payé deux fois. La Sécurité sociale, financée par nos cotisations, n’est pas là pour alimenter les profits des laboratoires pharmaceutiques. Il participe à l’Initiative citoyenne européenne « Pas de profit sur la pandémie » qui rassemble très largement une large coalition de travailleurs, d’ONG, de groupes de militants, d’associations, de partis politiques et d’experts de la santé au niveau français comme européen. L’objectif est de convaincre la Commission européenne de mettre en place toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que les droits de propriété intellectuelle, tels que les brevets, ne limitent pas la disponibilité des traitements et des vaccins contre la Covid-19.

 

Il faut rassembler un million de signatures dans l’ensemble de l’Europe. Un comité français de soutien s’est constitué rassemblant largement. L’heure n’est plus aux profits et au contrôle privés. Tout le monde a droit à un remède. La seule façon de surmonter cette pandémie est de trouver une solution collective, c’est-à-dire de faire des vaccins et des traitements anti-pandémie un bien public mondial, librement accessible à tous. Aucune entreprise n’est aujourd’hui en mesure de produire des quantités suffisantes pour tous ceux qui ont besoin de ce médicament, et ne devrait avoir le pouvoir de décider de son coût. Il existe une solution à ce blocage de nos vies. Nous l’avons déjà payée. Il est temps de la partager. C’est bien le sens de notre proposition de créer un pôle public du médicament.

Le Parti communiste français a décidé d’y adhérer et engage tous ses militants à signer et à faire signer la pétition à partir du 30 novembre 2020 midi : https://eci.ec.europa.eu/015/public

Maryse Montangon, membre du CEN, responsable collectif Santé, Protection sociale

Michel Limousin, médecin

 

 

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Contre le chômage et la pauvreté, pour l’emploi, la dignité et l’égalité républicaine –

28 Novembre 2020, 08:27am

Publié par PCF Villepinte

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Semaine de mobilisation du 5 au 11 décembre

La crise sanitaire et les choix du gouvernement conduisent à une explosion du chômage, de la précarité et de la pauvreté. Le pouvoir doit entendre les alertes ! Celle des travailleurs et travailleuses, de leurs syndicats et celles des associations, des femmes, des jeunes, des habitants des quartiers populaires, des enseignants. Celle de tous les acteurs de la solidarité. Et celle de nombreux maires dans une lettre ouverte au Président de la République, le 14 novembre dernier.

La maladie et la faim font des ravages dans nos villes et nos quartiers populaires dans lesquels la surmortalité due à la Covid-19 est la plus forte, les ressources des familles baissent et les perspectives d’emploi sont quasi inexistantes. Sept millions de personnes sont privées d’emploi ou d’emploi stable ! Le chômage partiel entraîne la baisse de 16 % du revenu, voire plus. Huit millions de nos concitoyens ont recours à l’aide alimentaire ! 300 000 femmes et hommes sont sans domicile !

C’est une honte pour notre pays, la France, si riche, dans lequel les 500 plus grosses fortunes totalisent un patrimoine de 730 milliards d’euros, en augmentation par rapport à l’an passé, et dans lequel les multinationales prévoient de distribuer plus de 30 milliards de dividendes en 2020.

Pour nous, communistes, c’est inacceptable car il n’y a aucune fatalité à cette situation. Elle est le résultat des choix politiques capitalistes d’Emmanuel Macron et du gouvernement qui se poursuivent « quoi qu’il en coûte ».

Le choix de permettre aux actionnaires des grands groupes de licencier avec notre argent sans pouvoir d’intervention des travailleurs. Le choix de laisser les TPE et PME, les commerces faire faillite pendant que les GAFA se gavent. Le choix encore de refuser aux collectivités les ressources à la hauteur de leur mobilisation auprès de nos concitoyens. Le choix enfin d’une dérive autoritaire, au lieu de politiques sanitaires, sociales et économiques démocratiquement définies. Le choix de la répression et de la surveillance généralisée, au lieu du développement des capacités humaines.

Ce n’est pas au peuple, aux travailleurs, de payer la crise !

Le PCF exige un plan d’urgence contre le chômage et la pauvreté, pour l’emploi, la dignité et l’égalité républicaine autour de 6 exigences :

  • Augmenter les allocations, mettre en place le RSA pour les moins de 25 ans, augmenter les minima sociaux, salaires et retraites pour une vie digne pour toutes et tous et réaliser l’égalité professionnelle femmes-hommes, abroger la réforme du système d’indemnisation du chômage.
  • Interdire les expulsions locatives et les coupures d’eau, de gaz ou d’électricité. Relever les APL, créer un fonds d’aide au paiement des loyers pour les ménages en situation d’impayés et relancer la construction de logements sociaux.
  • Engager un plan de soutien aux collectivités locales, en restituant immédiatement les compensations qui leur sont dues, aux associations et à l’économie sociale et solidaire, permettant notamment la création d’emplois solidaires dans les quartiers populaires.
  • Interdire les licenciements des grands groupes bénéficiant de fonds publics et taxer fortement les GAFA.
  • Embaucher massivement à l’hôpital, dans les Ehpad, à l’école et dans l’ensemble des services publics, notamment par des pré-recrutements de jeunes, payés durant leur formation.
  • Créer un fonds de sécurisation de l’emploi, de la formation et pour la transition écologique, avec des déclinaisons régionales, une gestion démocratique partant des besoins exprimés au plus près des territoires, pour agir sur les décisions des grandes entreprises et des banques et faire contribuer le capital et les profits.

Fort de ces exigences, nous décidons la tenue du 5 au 11 décembre d’une semaine de mobilisation nationale des communistes.

Nous appelons toutes les organisations du PCF à participer aux mobilisations du 5 décembre à l’appel des syndicats dont nous soutenons les revendications, à commencer par l’abandon définitif des réformes de l’Assurance chômage et des retraites ; à faire vivre les propositions de l’appel des maires ; à organiser la solidarité concrète par des collectes de produits alimentaires et de jouets pour les enfants à l’approche de Noël, en lien avec les associations ; à rencontrer les organisations syndicales pour résister aux plans de licenciements et fermetures de sites, définir les besoins d’emploi et de formation dans le privé et les services publics ; à interpeller les préfets et les collectivités locales, le patronat, les banques et les assurances sur l’utilisation de l’argent.

Ensemble, nous pouvons prendre le pouvoir sur l’économie et sur la création de richesses.

Ne tombons pas dans le piège des divisions que le patronat, la droite, l’extrême droite et les intégristes, le gouvernement veulent creuser entre nous. Notre seul adversaire, c’est le capital qui exploite les hommes et les femmes et épuise la planète.

Le temps est venu d’en finir avec l’insécurité qui pèse sur chacune et chacun.

Résistons. Innovons en créant un système qui vise la sécurité d’emploi, de formation et de revenu de toutes et tous, une nouvelle liberté et une nouvelle maîtrise des temps de vie.

Construisons la France en commun.

Parti communiste français, 23 novembre 2020.

 

 

 

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Pactoles

28 Novembre 2020, 08:26am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 25/11/2020 par PCF

Pactoles

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Les informations qui filtrent sur les arrangements entre les labos et les États sur le futur vaccin sont maigres. Les profits s’annoncent énormes mais les contrats sont opaques. Ce que l’on sait : ce sont les fonds publics qui financent largement, en Europe, aux États-Unis, cette recherche ; d’ores et déjà les dirigeants des labos empochent des pactoles (mais attention : cela n’a strictement rien à voir avec un délit d’initié). C’est le secret le plus absolu sur le prix des futurs vaccins mais on parle de « marché du siècle » pour les labos. Cerise sur la gâteau : l’affaire est sans risque pour eux car, en cas de procès pour effets secondaires graves, c’est l’Europe qui paiera les indemnités aux patients. Pas belle la vie ? Bref, comme le dit l’ONG Action santé mondiale, « ce vaccin devrait être classé bien public de l’humanité ». Au fait, le 9 décembre prochain, doit être discutée au Sénat la proposition de loi communiste portant création d’un pôle public du médicament.

Gérard Streiff

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Covid-19 / Macron : Face à une gestion inefficace, autoritaire et sécuritaire de la crise, imposons d'autres choix !

25 Novembre 2020, 10:27am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 24/11/2020 par PCF

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Après le fiasco des masques, des tests, du manque de moyens pour nos hôpitaux, la politique du pouvoir lors de ce deuxième confinement éprouve très durement notre pays.

Surmortalité dans les quartiers populaires, soignant.e.s épuisés, enseignant.e.s méprisés, vague de pauvreté et de misère, détresse psychologique, violences faites aux femmes et aux enfants en augmentation, commerces en faillite pendant qu'Amazon et autres GAFAM se gavent, collectivités privées de ressources et associations abandonnées, plans de licenciements par de grands groupes bénéficiant d'aides publiques : voilà la réalité de la politique Macron-Castex !

Les annonces du Président ce soir ne sont pas à la hauteur de la crise que vit notre pays. Si l'allègement progressif du confinement était attendu, l'annonce d'un calendrier ne définit pas une politique sanitaire efficace.

 Ces annonces ne permettront pas de faire reculer durablement l'épidémie et de répondre aux exigences de protection, de liberté et d'égalité des français.e.s. Le Président de la République s'obstine à imposer une gestion inefficace, autoritaire et sécuritaire de la crise !

 Le Parti communiste français exige que le Conseil de défense soit remplacé par un Comité d'urgence nationale, prenant appui sur des structures similaires dans les territoires, pour une démocratie sanitaire impliquant tous les acteurs. Le PCF appelle à relever deux défis majeurs :

  • Le défi d'une stratégie sanitaire efficace pour faire reculer durablement l'épidémie, d'une maîtrise publique du vaccin et la garantie de sa gratuité.
  • Le défi de la lutte contre le chômage et la pauvreté, par l'emploi et la formation, le soutien à l'école et à la culture, pour une vie digne et l'émancipation de chacun.e.

Cela implique de mettre en œuvre d'autres choix. C'est une urgence pour des millions de français.e.s, notamment pour les jeunes de notre pays, abandonnés par ce pouvoir alors qu'ils sont l'avenir de la France.

 Agir et rassembler pour d'autres choix politiques, c'est le sens de l'engagement du PCF dans l'initiative citoyenne européenne qui sera lancée le 30 novembre prochain pour faire passer la santé publique avant les profits privés et garantir que les vaccins et traitements anti-pandémiques deviennent un bien public mondial, librement accessible à tous. C'est aussi le sens des propositions portées par le PCF et qui seront diffusées lors de la semaine nationale d'action « contre le chômage et la pauvreté, pour l'emploi, la dignité et l'égalité républicaine » que nous organisons du 5 au 11 décembre.

 

 

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Élections départementales et régionales : La démocratie doit être respectée

25 Novembre 2020, 10:23am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 25/11/2020 par PCF

Élections départementales et régionales : La démocratie doit être respectée

Au regard de l’expérience chaotique de l’organisation des élections municipales et au regain de la pandémie de la Covid-19, face aussi à l’hostilité de la majorité des forces politiques du pays, le gouvernement a été contraint à revenir sur son intention initiale de tenir coûte que coûte les élections départementales et régionales au mois de mars. Le Premier ministre a donc dû confier à Jean-Louis Debré un rapport de mission portant sur « Quelle date et quelle organisation pour les élections régionales et départementales ».

 

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Jean-Louis Debré, après avoir consulté toutes les forces politiques, les présidents de groupes parlementaires, des constitutionnalistes et le Conseil scientifique, a émis neuf recommandations à la fois sur la tenue du scrutin mais aussi sur le déroulement de la campagne. En ne limitant pas sa mission et ses recommandations à la tenue du scrutin et insistant sur la nécessité démocratique que toutes les forces politiques soient mises en situation de mener une campagne effective, le rapport rejoint la préoccupation du PCF que ces élections, en respectant drastiquement les mesures sanitaires nécessaires, se déroulent dans des conditions où toutes les électrices et tous les électeurs puissent exprimer leurs choix politiques en toute connaissance de cause.

 

Certains prêchent pour des campagnes exclusivement digitales. Une telle proposition fait l’impasse sur les profondes fractures numériques qui traversent notre société. Si le numérique est une boîte à outils incontournable pour démultiplier les contacts et susciter de l’engagement, il ne peut se substituer aux contacts humains. Au contraire, la raison d’être de l’usage du numérique dans les campagnes électorales est in fine de déboucher sur du contact humain et de l’engagement in vivo. Ces conditions démocratiques, qui passent en particulier par la possibilité de faire pleinement campagne auprès de la population, n’ont pas été réunies lors des dernières législatives partielles qui ont été marquées par des taux d’abstentions record même pour ce type d’élection. Il s’agit d’une question politique qui ne peut être seulement résolue par des dispositions techniques.

 

Le rapport Debré somme le gouvernement d’annoncer la date des scrutins début décembre pour mettre fin à l’incertitude qui nuit au processus démocratique. Il suggère la date de fin juin 2021 et demande la validation de cette date par une loi par le Parlement, celui-ci étant de plus informé par le Conseil scientifique de la situation sanitaire avant la tenue effective du scrutin. Juin constitue en effet la moins mauvaise fenêtre de tir compte tenu de la saisonnalité du virus et de l’arrivée potentielle d’un vaccin. Cela ouvrirait l’espérance d’avoir au moins deux mois de campagne dans un cadre où il serait possible d’organiser des réunions publiques, des points de rencontre et du porte-à-porte.

 

Mars poserait un grave problème à la fois sanitaire avec le risque d’une 3e vague et démocratique, car comment faire campagne lorsqu’on incite chacun à avoir une vie sociale minimaliste. Septembre-octobre implique un risque de collision avec une possible nouvelle vague de la Covid et le début de la campagne de la présidentielle. 2022 serait un déni de démocratie qui conformerait les mécanismes de la toxique inversion de calendrier entre présidentielle et législatives. Il est positif que le rapport Debré recommande que le Parlement joue un rôle central dans la prise d’une décision qui est in fine politique.

 

Le rapport propose aussi de majorer le plafond des dépenses de campagnes dans la même proportion de ce qui a été fait pour les municipales, de réduire les délais de remboursement et de doubler le format des professions de foi. Ces propositions constructrices vont rencontrer une hostilité farouche de Bercy qu’il faudra combattre. Rappelons que les comptes de campagne sont ouverts depuis septembre 2020 et que les règles de communication institutionnelle en période électorale sont effectives depuis cette date.

 

Le rapport, sans trancher et en appelant à la prudence, introduit l’éventualité pour le législateur de rendre possible de sponsoriser des publications sur les réseaux sociaux, d’acheter des prestations de référencement ou de ciblage. Cette question doit en effet être discutée avec esprit d’ouverture, car d’assimiler ce type de prestation à de la publicité électorale audiovisuelle Internet n’est pas une télé améliorée ! Car d’assimiler ce type de prestation à de la publicité électorale audiovisuelle revient à considérer Internet comme une télé améliorée !

 

Le rapport, sans faire de préconisations précises, évoque aussi un meilleurs accès des candidats à « l’expression par voie audiovisuelle » (TV, radio). Il faut s’appuyer sur les pistes évoquées pour réclamer le retour à l’égalité de traitement des forces politiques représentées au Parlement, ainsi que plus de temps d’antenne compte tenu des circonstances.

 

Il est aussi prévu de permettre l’inscription électorale jusqu’au 6e vendredi précédent le 1er tour, de maintenir la possibilité qu’un électeur soit mandataire de 2 procurations, et permettre aux personnes présentant des facteurs de vulnérabilité à la Covid-19 de demander aux autorités compétentes de se déplacer pour établir les procurations. Tout cela va dans le bon sens, même si cela ne règle pas le problème politique de fond de l’abstention massive, en particulier sur les quartiers populaires.

 

Le rapport ouvre aussi le débat sur le vote par correspondance et le vote par Internet. Cette recommandation ne peut tenir lieu de réponse au problème politique de l’augmentation spectaculaire de l’abstention dont la cause est loin de se réduire à la pandémie. Ces types de vote doivent être absolument récusés, car ils ne garantissent pas le contrôle populaire de la sincérité du vote. Pire, ils risqueraient d’ouvrir un boulevard aux pratiques mafieuses d’achat de voix qui sévissent déjà dans nos banlieues. De plus, dans le cas de vote par correspondance dans un scrutin à deux tours, vu la casse du service public postal et le recours à des prestataires privés peu scrupuleux pour la mise sous pli, rien n’assure que les votes arrivent en temps et en heure.

 

 Déjà, depuis plusieurs années les électeurs reçoivent des plis électoraux incomplets où il manque des professions de foi et des bulletins de vote. Rappelons que le vote par Interne prévu pour les Français expatriés à l’étranger lors des élections de 2017, a été annulé en raison des risques de piratage informatique. Notons que c’est en 1974 que le vote par correspondance a été interdit en raison des très nombreux cas de fraudes constatés.

 

Il faut exploiter les contenus positifs du rapport Debré et les débats qu’il ouvre afin qu’on ne vole pas en 2021 aux Françaises et aux Français les élections départementales et régionales. Plus que jamais notre pays a besoin de débats politiques de fond, d’interventions populaires et citoyennes. C’est pourquoi le PCF réaffirme que les élections départementales et régionales doivent se dérouler à la fois dans un contexte de sécurité sanitaire maximum et sans rien en rabattre sur la démocratie.

 

Yann Le Pollotec, membre du CN, secteur Élections.

 

 

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Associations : face à l'offensive libérale

25 Novembre 2020, 10:22am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 25/11/2020 par PCF

Associations : face à l'offensive libérale

La pandémie et les conséquences désastreuses qui l’accompagnent dans le domaine économique social et humain ont mis en lumière le rôle irremplaçable du secteur associatif.

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Ce secteur associatif intervient dans la vie quotidienne de millions de personnes, auprès de toutes les générations, dans une démarche d’éducation populaire et avec pour principe l’accès aux droits pour tous. Il agit dans de très nombreux domaines, le social, le médical, l’éducation, le sport, les loisirs, le tourisme, la culture et les spectacles, l’environnement…

Lors du premier confinement et dès celui d’octobre, la réactivité des associations pour secourir, sécuriser, protéger, aider a été saluée et nos concitoyens ont jugé leur action efficace pour répondre aux urgences liées à la situation.

Aux côtés du service public, le secteur associatif, riche de l’engagement de ses 13 millions de bénévoles et de ses 1,8 million de salariés, a rapidement pallié les défaillances de l’État. Pour autant, un pan du milieu associatif a subi un vrai coup d’arrêt, le sport, les loisirs, le tourisme, la culture, alors que les associations de lutte contre l’exclusion, du médico-social se sont retrouvées avec un surcroît d’activités, sans moyens supplémentaires.

Malgré une reconnaissance qui reste verbale et un soutien réel pour le moins timide de la part du gouvernement, les bénévoles et les salariés des associations redoublent d’une présence précieuse auprès des plus précaires et des plus pauvres, près de 10 millions en France.

Les fermetures d’entreprises, les licenciements se multiplient, la crise de la faim se double d’une crise psychologique. La situation est porteuse de lourdes inquiétudes et nécessite de rassembler toutes les forces pour y faire face. C’est avec l’engagement des personnels du service public, de l’hôpital, de l’école et avec l’apport du tissu associatif que s’est maintenue la cohésion nationale face aux carences de l’État et du gouvernement. Or, celui-ci s’entête à les priver des moyens indispensables à la conduite de leurs missions.

Pour les associations dont l’équilibre financier est souvent délicat et déjà fragilisé avant la crise, les conséquences de la politique du gouvernement ne se sont pas fait attendre. Philippe Jahshan, président du Mouvement associatif, indique qu’à la rentrée 4 000 associations employeuses étaient menacées de disparaître et près de 30 000 au bord du dépôt de bilan. Au 1er semestre, une diminution de 3,5 % des effectifs a été enregistrée, soit 60 000 emplois.

Laisser faire serait mettre en cause de très nombreuses activités humaines, menacer des milliers d’emplois supplémentaires et ouvrir la porte à l’explosion des inégalités.

Les militants communistes, leurs élus savent à quel point le tissu associatif concourt au dynamisme des territoires et considèrent ses acteurs comme des partenaires essentiels à l’échelle des collectivités pour lutter contre les injustices sociales, économiques et animer le territoire.

Le secteur associatif, son organisation et son rayonnement, ses valeurs de solidarité et de partage constituent une véritable richesse, unique en Europe. Il résulte de conquêtes citoyennes et trouve son fondement dans la loi de 1901 qui a ouvert le droit et la liberté à toute personne de s’associer sans autorisation préalable. Cette loi est venue prolonger celle de 1884 qui a donné lieu à d’âpres combats et a abouti à la légalisation des syndicats. Autant de mobilisations victorieuses qui ont fait notre modèle de société et qu’il faut défendre face à un pouvoir qui encourage l’individualisme et met tout en œuvre pour restreindre les libertés.

L’existence des associations, c’est la possibilité pour des millions d’adhérents de pratiquer des activités de leurs choix, d’acquérir des compétences, de porter un projet collectif, de s’épanouir, et pour un coût d’adhésion avec lequel jamais le privé ne pourra rivaliser.

Fondées sur la recherche de l’émancipation et l’engagement citoyen, gérées selon la règle égalitaire « une personne une voix », les associations sont aussi historiquement des espaces, des écoles de la démocratie aujourd’hui menacées par les dérives autoritaires du pouvoir, comme le montre la récente étude de l’Observatoire des libertés associatives dans lequel est engagé le CNRS.

Elles sont donc des structures à défendre contre l’offensive libérale et un enjeu pour les communistes dans la rencontre de milliers et de milliers de femmes et d’hommes engagé·e·s.

 

Marie-Jeanne Gobert, membre du CEN, responsable des relations avec les associations.

 

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Pirates

21 Novembre 2020, 07:26am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 18/11/2020 par PCF

Pirates

On a connu des avocats marrons, voici des avocats Macron et ça vaut pas mieux. Des cabinets d’avocats, en effet, spécialisés dans le conseil aux patrons, proposent aux entreprises de baisser les salaires grâce au Covid. Voici par exemple le message qu’affiche (jusqu’à ce jour en tout cas) sur sa page d’accueil le cabinet parisien Redlink : « Covid 19 : comment réduire très rapidement les salaires, supprimer des variables, un 13e mois, des reliquats de congés ou de RTT ». Plusieurs dizaines de patrons ont d’ores et déjà répondu « Présent ! » Ces avocats pirates répliquent que le monde des entreprises, ce n’est pas le monde de Bisounours. Et puis, paraît-il, ils ne sont même pas hors-la-loi puisqu’ils fondent leurs propositions sur l’APC (Accord de performance collective), créé en septembre 2017 par les ordonnances… Macron !

Gérard Streiff

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Conspirationnisme(s)

20 Novembre 2020, 08:45am

Publié par PCF Villepinte

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Une démocratie rongée de l’intérieur…

Complot.

 S’ils mènent parfois quelque part, les raccourcis sont trompeurs. Toujours cette impression de manquer l’essentiel ou d’abandonner quelqu’un. Les frustrations, l’humiliation, l’injustice déchaînent la contagion et la surenchère des violences. Et elle nous paraît lointaine cette brûlure de l’histoire qui enflamme les peuples sur des lignes de front idéologiques que nous regardons avec une sorte de fatalisme résigné.

Nous jouons avec les concepts, comme aux osselets: chacune de nos peurs a droit à sa case bien rangée dans la bibliothèque de nos idées, berceau doré où l’on s’endort d’intranquillités. Tels des derviches en toupie, nous tournons en rond. Entre le Covid-19 et les perspectives de vaccin, les attaques terroristes, la défaite de Donald Trump, la mort sociale programmée de centaines de milliers de travailleurs, etc., les théories conspirationnistes foisonnent dans le débat public. Ces phénomènes détestables n’ont pas de quoi nous étonner, bien au contraire.

À condition de ne pas confondre la critique vive et la déconstruction impitoyable de ce qui nous environne avec ­l’esprit étriqué de «complot mondial» guidé par des mains invisibles. Le bloc-noteur le sait trop: dans les périodes de crises majeures, où les repères individuels et collectifs se perdent dans le chaos et l’à-peu-près, les «théories» conspirationnistes offrent des «clés» de compréhension, certes simplifiées à l’extrême, mais néanmoins «palpables» et immédiatement «classifiables» pour juger à la va-vite des événements qui nous paraissent incontrôlables, ­intolérables… et, par définition, inexplicables en grande partie.

Détresses.

 Drame de notre époque, qui s’essouffle à courir n’importe où. Mais réfléchissons un peu. Le plus surprenant est-il vraiment le surgissement symptomatique dans le paysage des réseaux sociaux du film Hold-up, pour qui la pandémie de Covid-19 se résume à une tentative de «dématérialiser l’argent au travers de nanoparticules activées par le biais du déploiement de la 5G, et injectées par des vaccins contre le Covid-19 (ou des épidémies ­futures) chez les citoyens, dont les libertés individuelles seraient par conséquent supprimées»?

Après tant d’atermoiements du gouvernement français, après tant d’accommodements à la réalité pour masquer les ratages, comment ne pas imaginer toutes les formes de complot? Pour un peu, la vraie question serait plutôt: pourquoi ce film dangereux survient-il si tardivement? Dans de telles circonstances surréalistes, le recours à ces procédés peut passer pour une échappatoire. Place aux détresses intellectuelles, à la séduction de l’apaisement: trouvons des coupables, puisque nous sommes tous des victimes supposées.

Une étude de la Fondation Jean-Jaurès détaillait, cette semaine, ce qui court dans les têtes, de manière faramineuse: «Du coronavirus, qui aurait été fabriqué dans un laboratoire chinois au port obligatoire du masque qui en fait serait un rituel pédo-satanique, en passant par les fermetures de restaurants et de bars à Marseille dont la vraie motivation serait de se venger du professeur Raoult, le développement des théories conspirationnistes a connu une forte augmentation. Et l’assassinat du professeur Samuel Paty aurait été commandité par l’État pour décrédibiliser la religion musulmane et/ou justifier encore davantage la mise en place d’un couvre-feu…»

Chevet.

 Quand s’écroule un imaginaire politique moderne hérité du sens de l’histoire, de confiance dans l’avenir prométhéen de l’humanité et d’espoir de justice, quand les inégalités explosent et que la raison ne maîtrise plus nos destins, quand l’autorité des institutions s’effondre à ce point, dans quelle démocratie vivons-nous, sinon une démocratie rongée de l’intérieur par une société travaillée par la peur?

Le généticien Axel Kahn se demande: «Qu’avons-nous manqué, nous les scientifiques et intellectuels de mon âge, pour laisser se développer un tel désastre?» Camus disait: «Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet, mais ce n’est pas pour prendre de ses nouvelles.»

 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 20 novembre 2020.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

 

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Forum européen –

19 Novembre 2020, 09:47am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 18/11/2020 par PCF

 Une autre utilisation de l’argent pour lutter contre la logique libérale-capitaliste de l’UE au cœur des débats du forum européen.

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La séance d’ouverture du forum européen, le 8 novembre dernier, est largement revenue sur l’urgence d’une autre utilisation de l’argent pour lutter contre la domination du capital en Europe et pour ouvrir des brèches dans la construction capitaliste de l’UE.

La semaine passée fut marquée par deux évènements importants de ce point de vue. L’ « accord », présenté comme « historique », entre le Conseil et le Parlement européen, se solde par l’ajout de 16 milliards au budget pluriannuel de l’UE pour les années 2021-2027. Cela demeure insuffisant par rapport à l’ampleur de la crise européenne, sanitaire, économique et sociale. Les fonds alloués pour la santé avaient été quasiment supprimés du budget de l’UE et transférés dans le programme de « relance » de 750 milliards d’euros, limité dans le temps, par la décision du Conseil européen du 20 juillet dernier.

La nouvelle mouture adoptée la semaine dernière alloue seulement, au total, et pour six ans, la somme de 5 milliards d’euros à la santé, contre les 9,4 milliards qui figuraient dans la toute première proposition. L’accord soi-disant « historique » se traduit donc par une division par deux du budget européen sur la santé et reste dans la logique initiale d’un budget de l’UE adossé à un plan de relance gravement sous-dimensionné, et financé en grande partie par un endettement remboursable sur les marchés financiers. Les demandes formulées, par exemple, par le gouvernement espagnol en avril dernier, d’un plan de relance chiffré à 1 500 milliards et financé par de la dette perpétuelle, donc non remboursée, demeurent lettre morte.

Cet « accord » a été précédé par un appel commun, passé inaperçu, de trois gouvernements, les Pays-Bas, la Suède et la Roumanie, à constituer une nouvelle institution de l’UE, une « structure permanente de coordination de crise » dont l’objectif n’est pas de répondre aux besoins des peuples mais d’empêcher « des ruptures du Marché unique », c’est-à-dire de protéger la sacro-sainte règle capitaliste de la concurrence libre au sein de l’UE. Cette proposition provient de gouvernements qui s’opposent à l’émission de dettes communes à l’UE et qui cherchent à en proposer une alternative.

Ces deux évènements illustrent à la fois l’absence de projet commun des bourgeoisies européennes pour sortir de la crise européenne et la volonté de protéger, voire de relancer, l’intégration capitaliste européenne, par des biais contradictoires. les divergences s’accentuent dans les classes dirigeantes européennes.

E. Macron cherche à faire du plan de « relance » une ébauche de la « souveraineté européenne » et qui prépare une conférence européenne fin 2021 dans l’espoir de lancer le processus d’un nouveau traité européen. A. Merkel et la bourgeoisie allemande  cherchent à éviter l’effondrement de la zone Euro et  sont contraints à des bougés tactiques et, espèrent-ils, temporaires. Un ensemble de bourgeoisies au nord du continent  veulent à tout prix défendre le libre-échange, des gouvernements d’Europe de l’Est et piétinent en même temps les droits fondamentaux. Enfin, la crise renforce le caractère périphérique des pays du sud,

 Mais tous se retrouvent sur la nécessité de maintenir la domination du capital sur l’Europe et la logique néolibérale de la construction européenne, représentée par les traités européens, l’indépendance et les missions de la BCE, les règles de surveillance budgétaires, qui sont atténuées mais maintenues, et le carcan de la dette publique.

La question de l’utilisation de l’argent, qu’il procède de l’UE ou de la BCE, celle de la dette publique, et celle de la lutte contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux sont plus centrales que jamais. La fraude et l’évasion fiscale représentent en Europe une somme bien supérieure au plan de « relance » de l’UE. Tout comme est centrale la nécessité du contrôle démocratique, par les peuples et des nations, sur l’argent, pour le réorienter des banques aux citoyens, vers la santé, l’emploi et les services publics. C’est une bataille centrale de rapports de force de classes en Europe. 

Le 4e forum européen des forces de gauche, progressistes et écologistes a vocation à poser ses questions centrales et à travailler à des initiatives communes montrant qu’il est possible de changer de logique, d’ouvrir des brèches dans la construction libérale-capitaliste européenne en associant la question sociale, la question écologique et la question de l’exercice de la souveraineté démocratique des peuples et des nations, et de faire bouger les rapports de force.

Un débat sera donc important dans le calendrier : le 26 novembre, de 18 h à 20 h, sur « Quel nouveau modèle de production et de travail face à l’explosion du chômage ? » avec la participation de Fabien Roussel.

Le programme complet est à retrouver et les inscriptions se font sur le site du forum : https://europeanforum.eu/ 

Vincent Boulet, adjoint au secteur international/Europe

 

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