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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

crise

L’Europe a traité la Grèce comme les Anglais traitèrent les bourgeois de Calais.

9 Mai 2010, 18:19pm

Publié par PCF Villepinte

Les clés

Par maurice Ulrich  

Bon anniversaire l’Europe, dont c’était hier la journée. Le 9 mai 1950, Maurice Schumann lançait son appel pour la création de la Communauté franco-allemande du charbon et de l’acier. Depuis ce temps, combien de voix pour vanter ce généreux projet, vouer aux gémonies les sceptiques, fustiger les hérétiques refusant de tout sacrifier sur l’autel du grand marché et de se laisser convaincre par le dogme de la concurrence ? Bon anniversaire l’Europe et l’Hymne à la joie ! On s’aperçoit aujourd’hui qu’elle a plus construit de châteaux en Espagne que de solides demeures pour les peuples. Et ce sont maintenant les peuples qui doivent payer ces châteaux que sont les banques. C’est pour payer les banques que l’on prête à la Grèce à un taux de 5 % qui va, pour l’essentiel, profiter aux prêteurs. Il faut calmer les marchés, donc il faut se plier à ce qu’ils attendent.

Oh, quand il s’agit de brandir une fois de plus un sabre de bois, les déclarations ne manquent pas ! Méfiez-vous, méfiez-vous ! Et Nicolas Sarkozy annonce que les spéculateurs en seront «  pour leurs frais  ». Angela Merkel y est allée de son couplet : «  Ceux qui sont à l’origine de ces excès sur les marchés devront rendre des comptes.  » Et comme il faut une mouche du coche pour activer l’attelage, Michel Barnier, commissaire européen chargé des services financiers, menaçait hier : «  Les sanctions seront de toute nature, y compris judiciaire, quand les preuves seront faites, et nous sommes prêts à augmenter ces sanctions contre tous ces mouvements spéculatifs anormaux.  » Sur la scène de son théâtre, Guignol est plus crédible. Mais c’est aussi une diversion. La crise serait le fait de certains excès, de mouvements anormaux qu’il s’agirait de corriger.

La réalité c’est que l’Europe a traité la Grèce comme les Anglais traitèrent les bourgeois de Calais. La réalité c’est qu’elle a obtenu les clés de la terre grecque, pour les remettre aux marchés. La finance a été sauvée par l’endettement des États mais elle attend maintenant que les États lui payent leurs dettes. Bon anniversaire l’Europe ! Mais ce qui est en passe de se mettre en place, c’est une gestion autoritaire de l’économie grecque avec une gouvernance par décrets. C’est une mise sous tutelle, depuis Bruxelles, des États les plus fragiles de la zone euro. C’est au total une économie dirigée depuis les centres de la finance, depuis les grandes places boursières. Il ne s’agit pas d’excès. C’est la réponse du capitalisme mondialisé à sa propre crise : la gestion de l’économie mondiale par le capitalisme lui-même.

C’est une phase nouvelle dans l’histoire. Les peuples sont sommés de se soumettre. En France, le plan de rigueur de François Fillon est une décision autoritaire et lourde de graves conséquences, prise au nom de l’urgence et jouant sur l’inquiétude réelle de l’opinion. C’est toujours au nom de l’urgence qu’on étouffe la démocratie mais son gouvernement, comme le chef de l’État, n’a en aucune manière l’intention de remettre en cause les privilèges fiscaux des plus riches. Le peuple grec résiste. Ce week-end, la puissante fédération des syndicats allemands, la DGB, rassemblant des millions de travailleurs, a publié une déclaration proche de la pétition que nous faisons circuler. C’est un fait considérable. «  Tout devait changer, rien ne change, écrivait samedi l’éditorialiste d’un quotidien, c’est désespérant.  » Ce le sera, si les peuples, en Europe pour une autre Europe, dans le monde contre sa gestion par le capital, ne prennent pas les clés.


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Pour soumettre les choix économiques à la délibération politique

9 Mai 2010, 07:15am

Publié par PCF Villepinte

 

Et si on commençait la démondialisation financière ?

 Les investisseurs étrangers — au tout premier rang desquels les banques françaises et allemandes— détiennent 70 % de la dette grecque. Une situation qui place la politique du pays sous tutelle des institutions financières, et qui pourrait s’étendre à l’Espagne, à l’Italie ou au Portugal. Il existe pourtant un moyen d’assurer la souveraineté de la délibération politique : renationaliser la dette.

Par Frédéric Lordon(extraits)
Conformément à la logique éternelle des faux débats, le tumulte de commentaires suscités par la crise grecque prend bien soin de maintenir étanche la séparation entre questions à poser (inoffensives) et questions à ne pas poser (plus gênantes), et notamment celle des façons d’envisager le financement des déficits publics. Interrogation que les traités européens s’efforcent de déclarer forclose : ce financement se fera exclusivement sur les marchés de capitaux, sous la tutelle des investisseurs internationaux, et pas autrement. La simple observation des dégâts qui naissent de l’exposition des finances publiques grecques aux marchés obligataires pourrait pourtant donner l’envie d’explorer des solutions moins désastreuses, comme, par exemple, le recours au financement monétaire des déficits .

Elle pourrait également inciter à méditer le cas singulier du Japon, un pays aussi superlativement endetté... qu’il est absent de la chronique des crises de dette souveraine. Car si l’on fait grand cas de la dette grecque, son encours (270 milliards d’euros, soit 113 % du produit intérieur brut [PIB] en 2009, 130 % prévus pour 2010) reste pourtant des plus modestes comparé à celui de la dette japonaise, dont le ratio atteindrait les 200 points de PIB en 2010 — record incontesté parmi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Comment comprendre que le détenteur de la plus importante dette publique au monde, affligé en outre de la solvabilité apparente la plus dégradée (si on lui donne pour mesure sommaire son ratio sur PIB), soit à ce point ignoré des investisseurs internationaux ?

La réponse, simplissime, est : parce que les investisseurs internationaux ne sont pas les souscripteurs de la dette publique japonaise. Laquelle est détenue à plus de 95 % par les épargnants nationaux. A l’exact inverse des Etats-Unis, le Japon affiche un taux d’épargne des ménages rondelet, largement suffisant pour couvrir les besoins de financement de l’Etat et, au-delà, des entreprises. Aussi les marchés (...)


Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique de mai 2010 actuellement en kiosques.

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Crise :

8 Mai 2010, 06:23am

Publié par PCF Villepinte

 Agissons ensemble pour obtenir une initiative politique européenne.

Par Patrick Le Hyaric

Chaque heure qui passe montre que les promoteurs de cette Europe ultralibérale ont enfanté avec leurs traités et leurs directives, d’un monstre dont ils n’ont même plus la maîtrise.

Il n’y a pas d’Europe politique. Les tenants de la haute finance internationale narguent les responsables européens parce que ceux-ci leur ont lâché la bride dès lors qu’ils ont décidé la liberté totale de circulation des capitaux. Voilà la cause essentielle de la spéculation internationale contre les budgets de plusieurs Etats européens. Les lettres communes de Mme Merkel et de M Sarkozy n’y changent rien ! Les réunions du Conseil européen non plus ! Ce ne sont que des opérations de façade couvrant les pieuvres de la finance. Il faut maintenant cesser ces comédies dont les seules victimes sont les peuples.

Ajoutons qu’au mépris de tout principe démocratique, de toute démocratie sociale, le gouvernement grec a décrété aujourd’hui par oukase les mesures antisociales dictées par le FMI et quelques politiciens européens (mesures que nous avons révélées hier dans nos colonnes). Cela constitue un véritable coup de force contre le peuple et la démocratie grecs, on impose contre la souveraineté populaire des mesures dramatiques qui font peser de graves menaces sur la démocratie et l’avenir même de la société grecque.

Et cette tragédie risque de se retourner contre l’idée européenne elle-même. Voilà pourquoi il est indispensable que les populations, les salariés, les organisations sociales et syndicales, les forces progressistes agissent pour obtenir une initiative politique européenne, de grande ampleur. Il est absolument nécessaire d’engager désormais des réformes structurelles progressistes de l’Union européenne.

1/ Un moratoire sur toutes les dettes des pays en difficulté est nécessaire. Durant ce moratoire, il convient de sortir des budgets toutes les dettes toxiques qu’il s’agisse de celles des Etats ou des collectivités territoriales.

2/ Il faut prendre la décision politique de dépasser les règles absurdes des traités pour activer la Banque centrale européenne comme un outil de refinancement des dettes en lien avec les banques nationales à un taux d’intérêt inférieur à 1%.

3/ Il est nécessaire de créer un fonds européen de solidarité et d’entraide entre pays et pour des programmes de relance.

4/ Il est nécessaire d’urgence d’inventer un mécanisme de taxation des transactions financières pour alimenter un tel fonds.

5/ Les plans d’austérité en cours ne sont qu’une fuite en avant qui aggrave encore la crise. Il faut au contraire, à l’échelle de l’Union européenne et pays par pays, élaborer avec les organisations syndicales, avec les collectivités territoriales des plans de relance interne seuls capables de commencer à juguler la crise.

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L’ardoise présentée aussi aux Français

7 Mai 2010, 06:00am

Publié par PCF Villepinte

Le premier ministre a annoncé un plan d’austérité marqué par le gel des dépenses de l’État, de 2011 à 2013. Cela représente, selon certains experts, une baisse de 50 milliards d’euros en rythme annuel. Au tour des retraites maintenant ?
 l’Humanité s’est procurée l’intégralité du texte de l’accord mortifère signé entre le FMI et la Grèce.

Gel des dépenses de l’État en valeur de 2011 à 2013 : c’est ce qu’a annoncé, hier, le premier ministre dans un communiqué, à l’issue d’un séminaire gouvernemental consacré à la lutte contre le déficit public. Matignon commence avec cette annonce à lever le voile sur le plan d’austérité qu’il entend imposer aux Français et qu’il concocte depuis des mois, instillant progressivement certaines de ses dispositions (réforme de l’hôpital, baisse du nombre de fonctionnaires), en préparant d’autres (retraites, collectivités territoriales). Que signifie cette annonce ? Auparavant, les dépenses de l’État augmentaient comme l’inflation chaque année. Avec le gel, elles resteraient d’un même montant d’une année sur l’autre, mais leur «  pouvoir d’achat  » serait amputé par la hausse des prix.

SUR QUI VA TOMBER LE COUPERET ?

Le «  programme de stabilité de la France 2010-2013  », qui correspond aux engagements de la France vis-à-vis de la Commission de Bruxelles afin d’en revenir aux règles du pacte de stabilité européen, table sur une augmentation des prix à la consommation de 1,5 % en 2011, 1,75 % en 2012, et autant en 2013. Chacune de ces années, les dépenses de l’État devraient donc être érodées d’autant. Pour ce qui est de 2010, François Fillon a demandé aux ministres «  de veiller à ce que la dépense soit strictement tenue au niveau prévu par la loi de finances votée par le Parlement  ». Hier matin, Jacques Attali a évalué le montant de cette purge à quelque 50 milliards d’euros sur une année. «  Les dépenses de fonctionnement courant de l’État diminueront de 10 % en trois ans, avec une baisse de 5 % dès 2011  », annonce également le communiqué de Matignon. La poursuite de la politique de non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique d’État est confirmée. Les aides économiques (à la construction de logements…), à l’emploi (contrats aidés…) et les aides sociales (aide au logement, allocation adulte handicapé…) seront soumises à «  un réexamen  », avertit aussi le premier ministre. Les niches fiscales, qui coûtent 37,49 milliards d’euros à l’État, sont particulièrement pointées du doigt par la droite au pouvoir. Parmi elles figurent le crédit d’impôt recherche (4 milliards), le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile (2,9 milliards), ou encore l’abattement de 10 % sur le montant des pensions et des retraites (2,67 milliards). On peut deviner sur qui tombera le couperet et l’on peut préjuger que cette agitation autour des niches vise à dissimuler le véritable «  chien  » à qui l’on veut s’en prendre : le citoyen de base qui vit de son travail.

POURQUOI EN ARRIVE-T-ON LA ?

Comme ils en ont pris l’engagement auprès de l’Allemagne, l’Élysée et Matignon entendent ramener le déficit public à moins de 3 % en 2013. Cet objectif est présenté comme indispensable pour permettre à l’Europe de sortir de la crise qui la déstabilise, et à l’euro de se refaire une santé. Le véritable motif a en fait été révélé par le premier ministre, mercredi soir, lors de son intervention sur le plateau de TF1. Il a déclaré : «  La France est à l’heure actuelle avec l’Allemagne la meilleure signature en Europe et nous devons tout faire pour conserver cette signature.  » Qui donc valide celle-ci ? Les agences de notation, c’est-à-dire les entreprises chargées par les marchés financiers, les banques, de déterminer la capacité des États à rembourser leurs dettes. C’est clair, dès lors : le plan d’austérité annoncé est destiné à répondre aux exigences des marchés financiers. Le gouvernement français se plie à leurs desiderata dans l’espoir qu’ils continueront à financer la dette publique du pays. Le scandale tient, notamment, au fait que cette dette publique a gonflé sensiblement en peu de temps parce que ce même gouvernement français a dû voler au secours des banques et des marchés financiers qui, en 2008, se sont effondrés. Palme de l’hypocrisie, François Fillon, mercredi soir sur TF1, a osé déclarer que ces «  mesures difficiles  » de baisse de la dépense publique ne constituent pas un plan d’austérité. Il en voit pour preuve dans le fait que L’État n’entend pas remettre en cause ses aides à l’investissement des entreprises. Mais le fait confirme plutôt la chose : le plan d’austérité vise à soutenir encore plus les grands groupes et le capital, et à cette fin, à présenter l’addition au peuple français. C’est de mauvais augure pour le dossier retraite.

PIERRE IVORRA

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Solidarité avec le peuple grec

5 Mai 2010, 04:43am

Publié par PCF Villepinte

 
Grève générale et manifestations, la journée de mercredi s’annonce comme un grand moment de résistance du peuple grec au superplan d’austérité que veulent lui infliger l’UE et le FMI.     Bruno ODENT

Le peuple grec, menacé par le plan d’austérité de l’UE et du FMI, résiste. Les manifestations et la grève générale d’aujourd’hui (la cinquième en l’espace de quelques semaines) devraient donner la mesure de sa colère et de sa volonté de ne pas se laisser empoisonner sans réagir. Le traitement imposé par les spécialistes dépêchés de Bruxelles et de Washington pour traiter la faillite de l’État menace d’emporter le malade. Le plan de 110 milliards d’euros de crédits sur trois ans est assorti en effet à des coupes dans les salaires des fonctionnaires, dans les investissements publics, ou encore à un programme renforcement de la précarité. Dans le seul secteur public, le syndicat Adedy évalue à 30 %, en moyenne, la perte de pouvoir d’achat que vont subir les salariés. Plusieurs primes, une partie des congés payés, tout serait passé à la moulinette du superplan d’austérité.

Un poison injecté

Le mot-clé tout en haut de cette ordonnance de choc, c’est la déflation. Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, l’a présentée comme le seul moyen pour la Grèce de retrouver si elle n’entendait pas sortir de l’euro compétitivité et crédibilité auprès des marchés financiers. Du côté de la Banque centrale européenne (BCE), on vantait encore hier le mérite de politiques de « consolidation budgétaire déflationniste ». Cette déflation signifie une baisse sensible des prix et des salaires. Elle serait le seul moyen de retrouver les niveaux de rentabilité financière conformes à ce que souhaitent les marchés. En réalité, c’est un poison que l’on injecte ainsi de force dans les veines du peuple grec. Car les pertes massives de pouvoir d’achat vont peser sur la demande intérieure, provoquant de nouvelles faillites et des licenciements massifs. D’ailleurs, après avoir pris connaissance du superplan d’austérité, la Banque centrale grecque a dû rabaisser, dimanche, sa prévision de croissance de 2 % à 4 %.

La soumission à l’UE

Il y va donc d’un peuple en danger. Mais le soutien à la lutte qu’il a engagé contre le plan de l’UE et du FMI pour sa survie va bien au-delà du devoir d’assistance. Des mesures analogues à celles infligées à la population grecque sont déjà engagées au Portugal, en Espagne, en Irlande. En France, la ministre des Finances, Christine Lagarde, a promis de ramener le déficit public, dès 2012, dans les clous du pacte de stabilité, et le lancement de la contre-réforme des retraites entre dans cette logique d’austérité. Même en Allemagne un nouveau rationnement des dépenses publiques est programmé et les salariés germaniques subiraient les premiers, sur leurs rémunérations, « les pressions déflationnistes » si chères à la BCE. C’est dire combien la solidarité exprimée à l’égard des Grecs est en fait fondée sur les intérêts convergents des différents peuples.

C’est la soumission, contre vents et marées, au principe de la construction actuelle de l’UE s’accordant si bien avec les intérêts des grands groupes germaniques qui conduisait, hier, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble, à se montrer ouvertement menaçant : « S’il y avait des manquements » au programme d’austérité « les versements seraient stoppés », a-t-il déclaré, ajoutant : « Et alors le défaut de paiement menacerait à nouveau Athènes ».

Ces propos d’adjudant-chef à l’encontre du turbulent soldat grec trahissent l’inquiétude face à une montée des résistances sociales et des contradictions attachées au plan UE-FMI. Ce sentiment, ajouté à la montée des doutes sur la capacité de Madrid à réduire son endettement, a fait flancher, hier, toutes les Bourses. Un retour de crise qui souligne a contrario le besoin urgent de faire émerger une Europe vraiment solidaire. Avec forcément à la clé, l’émancipation de la dictature des marchés financiers.

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Grèce

30 Avril 2010, 17:59pm

Publié par PCF Villepinte

 

"Ce qui se passe est une preuve de l’échec de l’UE"

 Economiste à l’Université Pantheion d’Athènes, Apostolos Dedoussopoulos propose des alternatives. Il trouve la proposition de l’Humanité « bonne et juste ».

Les libéraux allemands proposent que la Grèce sorte de la zone euro. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas à nous, ni à d’autres pays de la zone euro, de sortir de la zone euro. Ce qui se passe est une preuve de l’échec de l’Union Européenne, et plus particulièrement de l’euro en tant que monnaie unique. Il vaut mieux de regarder les évolutions sur le long terme pour en tirer la conclusion qui s’impose : il faut réajuster le cadre constitutionnel de l’UE et celui de la zone euro. Aujourd’hui, la Grèce est visée, mais demain, ce sera le Portugal, puis l’Espagne et sans doute l’Italie. Ces pays rencontrent des problèmes similaires aux nôtres. La sortie d’un pays de la zone euro signifierait en fait une faillite de l’UE. Aujourd’hui, certains proposent que l’Allemagne, qui poursuit une stratégie économique ne servant que ses propres intérêts, sorte de la zone euro. Ce serait aussi une possibilité que nous pourrions envisager. Mais la meilleure voie à suivre est de revoir les cadres institutionnels européens, d’y introduire des règles sociales, et non de poursuivre uniquement dans la voie de ces politiques économiques libérales et de la compétitivité, y compris entre les Etats-membres.

Certains, comme l’Humanité qui a lancé une pétition, proposent que la Banque centrale européenne puisse prêter à 1%, directement aux Etats. Quel est votre avis ?

Même si elle implique de modifier les traités, cette proposition est bonne et juste. La banque centrale américaine, la FED, le fait déjà. Or, en Europe, aujourd’hui, les banques commerciales peuvent emprunter à 1% mais prêtent aux Etats à 5%, 9% et même maintenant 11% à la Grèce ! Le système monétaire européen, tel qu’il est organisé, conduit à une spéculation dramatique. Nous proposons aussi que la BCE puisse émettre des obligations européennes et que la BCE prête aux différents Etats à des conditions qui prennent en compte le résultat social, dans le cadre d’une stratégie sociale européenne. Cette proposition peut être mise en œuvre rapidement. Comme les choses se passent aujourd’hui, la base productive stagne dans l’économie. Quelque soit les formes de l’intervention, il faut développer cette base productive. L’argent doit être utilisé à développer l’économie plutôt qu’à la contracter et qu’à nous placer dans le cercle infernal de la déflation. Je crois qu’il faut retrouver un équilibre des dépenses publiques en développant les services publics, notamment sociaux.

Quels sont les impacts du plan d’austérité appliqué en Grèce actuellement ?

Selon les calculs du FMI, la dette publique de la Grèce s’élèvera à 150% du PIB dans deux ans. Ce qui veut dire que le plan d’austérité est un échec. Le FMI estime aussi que la déflation sera de 5% au cours des prochaines années et qu’il y aura une hausse importante du chômage qu’ils ne pronostiquent pas – parce que personne ne sait exactement quel taux il atteindra mais probablement 18 à 20%. Je ne vois rien de bon dans ce plan d’austérité. Je dirais même que le remède est pire que la mal.

La BCE est actuellement indépendante. Doit-elle le rester ?

Elle doit être effectivement placée sous le contrôle politique des citoyens. Un premier pas semble avoir été effectué avec la proposition du Conseil européen de mieux réguler les marchés financiers. Il faut le mettre en pratique. Ce qui passe aussi par des prêts directs de la BCE aux Etats ! En tout cas, il n’est pas possible de poursuivre avec une banque indépendante qui cherche d’abord à protéger le secteur bancaire dans son ensemble. Il faut donc introduire la sphère politique au sein de la BCE, en prenant en compte des objectifs sociaux.

Pourtant, Dominique Strauss-Kahn, le directeur du FMI, a proposé une déflation générale en Grèce…

C’est la politique classique du FMI. Ils croient qu’une baisse drastique des salaires et des prix rendra à la Grèce sa compétitivité. Mais dans le passé, nous avons déjà vu différentes déflations. Leurs résultats étaient toujours les mêmes : les exportations n’ont pas augmenté, mais les prix, eux, oui. La dévaluation conduit en fait à une réorganisation des allocations, ce n’est pas la solution. On augmentera la compétitivité différemment, mais pas en diminuant les salaires et les dépenses sociales. Ce sont en fait les critères du pacte de stabilité que vous mettez en cause. Oui. Ils sont au cœur du problème. Bien sûr, les gouvernements des 20 dernières années ont mené des politiques catastrophiques. Nous payons aussi le prix de ces politiques. On nous dit que notre marché du travail est très strict. Ce n’est pas le cas, la flexibilité est déjà à l’œuvre : il n’y a qu’à regarder le taux de travailleurs à temps partiels et le chômage caché. Mais en devant respecter les critères du pacte, les Etats sont privés de leviers pour agir sur la relance de leur économie.

Entretien réalisé par Fabien Perrier

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Peuples de tous les pays européens unissons-nous !

24 Avril 2010, 06:34am

Publié par PCF Villepinte

Tous grecs !

Par Patrick Le Hyaric

grecDans chaque tragédie, il y a un prologue. On peut craindre que la grave situation que connaît la Grèce ne soit l’inquiétant prologue d’une tragédie pour toute l’Union européenne. Celle-ci est organisée depuis le jour où ceux qui se sont érigés comme les seuls détenteurs de l’idée européenne ont forcé la Grèce à adopter l’euro en lui permettant de camoufler l’ampleur de sa dette publique. Et aujourd’hui, des agences de notation privées, liées aux requins de la finance, émettent sur la Grèce des notes d’insolvabilité pour faire monter les enchères des taux d’intérêt des emprunts que ce pays est désormais contraint de contracter. Ces derniers ont dépassé les 8 %, quand l’Allemagne en dispose à 2,5 %. Qui profite de ce climat alarmiste ? Seules les grandes banques et compagnies d’assurances privées. Elles accumulent chaque jour avec de tels taux des profits colossaux qu’elles font payer au peuple grec en abaissement de salaires, en réduction de dépenses publiques utiles, en augmentation de différents impôts, en recul de l’âge de la retraite, en privatisations. Mais aucune décision n’est prise pour abolir les cadeaux fiscaux et sociaux aux grandes entreprises et aux classes les plus fortunées ; pour imposer les revenus du capital et de la rente ou encore pour réduire les dépenses d’armement.

La Banque centrale européenne qui a massivement prêté de l’argent aux banques privées n’est pas autorisée, en vertu de l’article 123 du traité de Lisbonne, à en faire autant pour les pays. C’est le comble ! C’est exactement le contraire des possibilités offertes à la Réserve fédérale américaine. Les mêmes banques, y compris grecques, qui ont reçu des milliards d’euros de fonds publics au titre de leur plan de sauvetage, spéculent aujourd’hui avec gourmandise sur la dette publique en toute impunité. Et pendant ce temps, MM Barroso ou Van Rompuy, Mme Merkel ou M. Sarkozy amusent la galerie, palabrent sans fin, laissant la Grèce et demain l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Irlande et toute l’Europe, dériver dans le marasme et la faillite pour leurs populations.

Tout être sensé ne peut être que révolté par cette situation. Le débat qui a eu lieu au moment du référendum sur le traité de Maastricht puis sur le projet de constitution européenne, trouve ici une résonance particulière. En effet, quelques mois seulement après la mise en place du traité de Lisbonne, on voit les méfaits d’une stratégie qui a conduit à créer, à marche forcée, une monnaie unique et une Banque centrale européenne indépendante des États, mais très dépendante des marchés financiers. L’accélération du climat de panique créé depuis hier matin ne vise qu’à camoufler cet échec lamentable ; à laisser les mains libres aux spéculateurs et surtout à préparer des mesures de super-austérité, de casse des systèmes sociaux et de retraite dans tous les pays de l’Union européenne. Maintenant ça suffit ! Avant qu’il ne soit trop tard, il faut que des voix s’élèvent contre cette Europe capitaliste et ses dirigeants qui nous mènent dans le mur.

Peuples européens, donnons-nous la main pour que la Communauté européenne porte vraiment et d’urgence secours à la Grèce. Rassemblons-nous pour changer les traités, exiger une autre répartition des richesses, l’augmentation des salaires, un autre crédit public, la sécurisation du travail, de la sécurité sociale et des retraites, pour réduire les dépenses d’armement.

Peuples d’Europe, unissons-nous pour renverser les tables de la loi de l’argent roi et pour construire l’Europe sociale, solidaire et écologique. C’est le sens de l’initiative que prend l’Humanité d’une grande campagne de solidarité avec le peuple grec et pour transformer l’Europe.

Signez notre pétition en ligne


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Besoin d’idées neuves pour relancer l’économie

15 Avril 2010, 13:42pm

Publié par PCF Villepinte

 Dans cette situation pleine d’incertitudes où, en dépit d’une intervention sans précédent des États et des banques centrales, la croissance marque le pas en Europe et particulièrement en France, on voit bien qu’il faut chercher des idées neuves pour relancer nos économies.

Pour sauver les banques et leurs enfants naturels, les marchés financiers, les États de la zone euro se sont lourdement endet­tés et maintenant ce sont ces mêmes ban­ques et 
ces marchés financiers qui spécu­lent et réalisent d’énormes profits sur des dettes publiques dont ils sont en grande partie responsables.

Cela souligne qu’il faut à la fois déconnecter le financement des dépenses et des services publics des marchés financiers et réformer 
le système bancaire afin que la Banque centrale euro­péenne et les banques commerciales jouent un tout autre rôle.

Cela suppose d’appliquer autre chose que les vieilles recettes mises en œuvre par les libéraux et les sociaux-libéraux depuis un quart de siècle. La crise impose de faire preuve de novation. C’est dire que tous ceux qui veulent agir pour dépasser le capitalisme ont une véritable opportunité historique. L’opinion et certains cercles dirigeants de gauche peuvent être plus facilement sensibles à des idées nouvelles.

Ainsi, l’un des responsables des questions économiques du Parti socialiste, Liem Hoang Ngoc, vient de reprendre à son compte la proposition des économistes communistes d’engager une réforme déci­sive de la BCE lui permettant de financer à taux réduit la dette 
des États membres de la zone euro. Certes, il faut évaluer cette démarche à 
sa juste mesure. Pour Liem Hoang Ngoc, cette proposition ne s’imposerait que dans les situations où « les primes de risque sur les emprunts d’État, exigées par les marchés, devien­nent excessives ».

Il est vrai que le taux des emprunts grecs est aujourd’hui supé­rieur à 6 %, alors que la BCE prête aux banques à 1 %. Par ailleurs, il ne s’agit que d’une position personnelle. Le Parti socialiste ne remet pas 
en cause l’action et le rôle de la BCE, pas plus que le traité de Lisbonne.

Le dialogue doit donc se poursuivre et le mouvement social, les citoyens, ont tout intérêt à s’en mêler. La transformation du rôle de la BCE serait en effet un atout décisif pour mettre enfin la construction européenne au service des peuples.

La mobilisation permanente de sa capacité de création monétaire en faveur du finance­ment des dépenses et des services publics permettrait de donner un essor considéra­ble au développement des hommes et, dans les conditions de la révolution infor­mationnelle actuelle, à la croissance et 
à l’efficacité économique et sociale

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Communiqué de Patrick Le Hyaric, Député européen (PCF) :

30 Mars 2010, 18:11pm

Publié par PCF Villepinte

"Comment se fait-il qu’au G20 on puisse sauver les banques et pas l’emploi ?

 

 


29 mars 2010

Le G20 devrait inciter à mobiliser le secteur bancaire international pour un crédit sélectif qui servirait l’emploi, les investissements créateurs d’emploi et promoteur d’une nouvelle économie favorable à l’environnement. De même, les mouvements de capitaux spéculatifs doivent être taxés pour être réorientés vers la lutte contre la pauvreté.

Je propose de faire mettre à l’étude et à l’expérimentation un projet nouveau de sécurité sociale professionnelle, et de formation pour les métiers de demain combiné avec le développement de la recherche publique indispensable à une nouvelle économie durable et soutenable."


Il n’y aura pas de solution durable au chômage et au sous emploi, sans inverser les logiques actuelles où l’on privilégie d’abord le capital au lieu du travail, sans une nouvelle répartition des richesses qui implique une augmentation des salaires, des niveaux de protection sociale et des allocations minimums.

C’est cela qui permettra une relance durable, riche en emploi. Le progrès social est la condition pour sortir de la crise économique.

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Europe

29 Mars 2010, 20:36pm

Publié par PCF Villepinte

Ils ne sauvent pas la Grèce, ils étranglent les peuples, par Patrick Le Hyaric.

 

Contrairement à ce qui se dit depuis des heures, le Conseil européen n’a pas décidé de sauver la Grèce. Il veut serrer encore plus le garrot qui étrangle le peuple grec, avec la baisse des salaires, le recul de l’âge de départ à la retraite, la casse des services publics.

Et les Grecs sont les premières victimes d’un processus dévastateur qui a vocation à s’appliquer à d’autres pays. En un tour de passe-passe, ces éminences européennes mettent de l’argent fictif sur la table pour n’avoir rien à débourser.

Et, décision gravissime, pour la première fois dans l’histoire, la superaustérité européenne sera pigmentée du mortel venin du Fonds monétaire international.

Tout soutien, comme le dit le communiqué des chefs d’État, sera « soumis à de fortes conditionnalités ». Ce qui veut dire : renforcement de l’austérité, pression sur les salaires, démolition des acquis sociaux, privatisation des services publics, augmentation des impôts des particuliers.

Tout ce tralala tourne le dos à un financement à un taux d’intérêt européen raisonnable. Il sert à masquer le véritable objectif poursuivi : « Des incitations à retourner vers des financements de marché le plus vite possible, par une tarification adéquate du risque. »

En bon français, cela veut dire que les peuples seront encore plus volés de leur travail et de leur retraite pour payer les intérêts de la dette.

Rien n’est dit sur ces requins de la finance qui réassurent la dette des États. Ces derniers agissent comme une assurance incendie que vous contracteriez sur la maison de votre voisin. Vous auriez tout intérêt à y mettre le feu pour toucher le pactole…

Ce qui vient de se passer à cette réunion du Conseil européen est donc grave, inquiétant, révoltant ! Ce que nous n’avons cessé de dénoncer lors des débats sur les traités de Maastricht et de Lisbonne, se révèle rigoureusement exact.

L’ultralibéralisme financier est incompatible avec la solidarité européenne, avec l’idée même d’une Europe unie. Encore moins d’une Europe des peuples. Tous ces gens ont menti sur la nature de l’euro, sur l’idée européenne. Une commissaire européenne, Viviane Reding, déclare même que nous sommes au « début d’un tsunami ».

Des risques gravent pèsent en effet sur le Portugal, l’Espagne, l’Italie et la France. Et c’est aux populations qu’ils font payer la crise, au prix du sang et des larmes. L’euro ne doit plus être un outil de spéculation, mais un moyen de coopération. Le pacte dit de stabilité doit être changé en un nouveau pacte solidaire et écologique pour l’emploi, le développement durable, la formation.

Grave est la décision induite par le Conseil européen de placer les budgets des États, des services sociaux, des sécurités sociales et des régimes de retraite sous la tutelle de la Banque centrale. Une Banque centrale utile devrait pouvoir aider à des refinancements à taux d’intérêt nuls pour défendre les finances publiques, l’emploi, les services publics et sociaux, les petites et moyennes entreprises.

Il faut dire « non » à ces étrangleurs, à ces briseurs de vies humaines. Le Parlement a voté, jeudi, un texte permettant une initiative citoyenne de pétition. Dans l’unité la plus large des citoyens et des organisations progressistes, utilisons ce mécanisme pour lancer une grande pétition européenne afin de changer les traités.

Dans l’unité, agissons ici, du quartier à l’Union européenne, contre la superaustérité, le blocage des salaires, pour le droit au travail et à la retraite.


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