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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

crise

Les Temps Sont En Train De Changer

19 Avril 2020, 06:55am

Publié par PCF Villepinte

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Les fondations du macronisme sont à terre.

19 Avril 2020, 06:51am

Publié par PCF Villepinte

Effondrement(s)

https://1.bp.blogspot.com/-c51B6qjU-zo/Xpk-zmVQtRI/AAAAAAAAGF8/zcgqq9PAK_0F9qABKU81RORhCCEkvW2CACLcBGAsYHQ/s320/MACRON.jpg 

Les fondations du macronisme sont à terre.

Revers. Vieux comme le monde, depuis que l’homme est homme de conscience. «L’extinction du biotope terrestre, le grand hiver nucléaire, la collision de l’astéroïde qui dépeuplera la planète, l’autodestruction de l’existence humaine, la bombe climatique à retardement, le point de non-retour: ces mots rouge et noir se dégustent comme des sucres dorge, dautant mieux quils aident, comme disait Gracq en 1940, à “triompher de l’angoissant par l’inouï”», écrivait Régis Debray dans Du bon usage des catastrophes (Gallimard, 2011).

Que de chemin, depuis. Seule manquait la référence pandémique, mais Régis pourrait encore écrire aujourd’hui: «Le vocabulaire cambré de l’ultime et de l’extrême a un pouvoir de dilatation jouxtant l’ivresse. Il se rumine avec orgueil parce qu’il nous met à part, sur un pic de lucidité, qui laisse aux médiocres les positions médianes.» Nous ne décrirons pas la médiocrité de Mac Macron, en jouant les héroïques amers, déjà après et au-dessus à ruminer dans un vestibule d’horreurs.

 Néanmoins, pas de bonne catharsis sans examen de réalité. Et celle-ci nous enseigne une vérité aussi limpide que cruelle pour l’intéressé: la crise sanitaire balaie tous les fondamentaux du macronisme. À commencer par ce qu’ils nous présentaient, il y a un mois encore, comme la «mère de toutes les réformes». Celle des retraites qui, on s’en souvient, avait engendré une grève historique et sur laquelle le gouvernement assurait qu’il ne lâcherait rien. Mais ce n’est pas, loin s’en faut, la seule «fondation» du prince-président sur le point de s’écrouler.

Nous pouvons même écrire que la spécificité de cette période historique est qu’elle prend Mac Macron à revers sur l’ensemble de sa doctrine politique constitutive. Il prônait la réussite individuelle, l’austérité budgétaire, la dévitalisation progressive des services publics et glorifiait les premiers de cordée. Or les citoyens ne parlent que des soignants, des caissières, des postiers, des éboueurs, des cols bleus, etc. Ces fameux «premiers de corvée» qui sauvent l’honneur de tout un pays…

 

Vaincu. Inutile de le constater de visu: la main de Mac Macron ne cesse de trembler. Il peut bien déclarer solennellement: «Sachons, dans ce moment, sortir des sentiers battus, des idéologies, nous réinventer – et moi le premier», nous savons tous désormais que les circonstances exceptionnelles l’ont d’ores et déjà vaincu. Et il le sait.

Son dilemme restera d’ailleurs dans les annales: soit il opère un changement à 100% de ses paradigmes et rompt brutalement et durablement avec les politiques conduites ces dernières décennies, soit il persiste en libéral trempé et ses postures opportunistes, qui le laissent presque apparaître comme un planificateur de l’union de la gauche d’antan, le perdront à jamais. Personne n’oublierait l’insincérité de ses mots. Au vrai, la mort politique est déjà là, sous nos yeux, confinée dans le tragi-comique de certaines de ses phrases ou allusions, dans l’aplomb avec lequel il ose les débiter. Car, cette fois, Mac Macron exalte les valeurs de la Révolution française et proclame: «Nous retrouverons les Jours Heureux.» 

Lisez bien. Dans le discours officiel qu’il a lu, lundi 13 avril, figurent bien les majuscules à «Jours Heureux». Qui ne se souviendra pas de cette comparaison explicite avec le Conseil national de la Résistance, avec cette symbolique, enracinée dans l’inconscient collectif, d’une certaine idée de la France? La référence – qui le dépasse totalement – devrait l’obliger.

 Mais ne rêvons pas. Mac Macron, accident de l’histoire, ne possède aucun élément de projection au-delà de l’horizon. Il nous avait vendu les premiers feux du monde d’après; il nincarne que la disparition de larrière-monde d’avant. 

 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 17 avril 2020]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

 

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L'improvisation totale de la réouverture des écoles le 11 mai

17 Avril 2020, 07:27am

Publié par PCF Villepinte

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Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Prime ?

17 Avril 2020, 07:19am

Publié par PCF Villepinte

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

 

« Le salaire des infirmier.e.s français.e.s se situe au 28e rang, sur 32, au sein des pays de l’OCDE.» © Albert Facelly

L'Humanité Vendredi, 17 Avril, 2020

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

« Ce gouvernement persiste dans son attitude de mépris des personnels hospitaliers. Il nous refait le coup de la prime, comme l’an dernier lors du mouvement des personnels des urgences. Nous lui avions clairement signifié que nous ne voulions pas de prime, mais des augmentations de salaire et une revalorisation des grilles des carrières.

À l’époque, les propositions de madame Buzyn avaient entraîné un élargissement du mouvement à l’ensemble de l’hôpital. Bien sûr, au regard de la faiblesse des salaires des personnels hospitaliers, une prime ponctuelle est toujours bonne à prendre et permettra à beaucoup de payer des factures en retard ou de réaliser des achats prévus et repoussés faute de moyens. Mais nous répétons aussi qu’il ne faut pas s’étonner si, avant la crise, près de 600 postes d’infirmier.e.s étaient vacants à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris.

 En effet, face à la pénibilité et la faiblesse des salaires, les candidat.e.s à l’embauche se faisaient rares et ne compensaient pas les démissions. Résultat, 400 lits fermés! Pour les aides-soignant.e.s, la situation est encore plus catastrophique, avec une chute, l’an dernier, de 40 % des inscriptions à l’entrée des écoles et des postes non pourvus, notamment dans les Ehpad. Un chiffre à lui seul met crûment en lumière cette situation: le salaire des infirmier.e.s français.e.s se situe au 28 e rang, sur 32, au sein des pays de l’OCDE.

 Nous ne voulons pas d’une aumône pour nous remercier de notre engagement, mais d’une véritable reconnaissance de nos qualifications et compétences. Cela passe par une augmentation visible sur la fiche de paye, non pas seulement au mois de mai, mais pour tous les mois de l’année.

Mais dans quel pays sommes-nous? Celui de la charité pour fournir du matériel aux hôpitaux et de la gratification exceptionnelle accordée au petit personnel pour le remercier de s’être bien comporté dans une période difficile? Il faut que le gouvernement se rappelle quaujourdhui encore, nos préavis de grève qui courent depuis un an nont pas été levés, que cette persistance dans la non-prise en compte des revendications des hospitaliers renforce leur colère.

 Colère froide et déterminée, car ce que nous voulons, ce ne sont pas seulement des applaudissements mais des moyens pour embaucher, augmenter les salaires et stopper les plans de «restructuration» qui se traduisent par des fermetures de lits, de services et d’hôpitaux. »

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

 

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Malgré un plan d’urgence à 110 milliards, le SAV de Macron patine

16 Avril 2020, 10:18am

Publié par PCF Villepinte

 

Olivier Véran, Bruno Le Maire, Édouard Philippe et Gérald Darmanin, le 15 avril, à l'issue du conseil des ministres (Photo : Michel Euler/Reuters)

L'Humanité Jeudi, 16 Avril, 2020

Malgré un plan d’urgence à 110 milliards, le SAV de Macron patine

Cyprien Caddeo

Après l’allocution présidentielle du 13 avril, les ministres ont eu à charge de détailler les mesures accompagnant le futur déconfinement, avec plus ou moins de clarté.

Le cap est fixé, l’engagement pris devant plus de 35 millions de Français devant leurs postes: la France entamera «progressivement» son déconfinement à partir du lundi 11 mai. Reste une tâche ingrate, un boulot de ministre en somme: préciser les contours des annonces dun chef de l’État ayant été, comme à son habitude, avare en détails lors de son allocution du 13 avril.

Donner plus de visibilité à l’action de l’exécutif, c’était l’objectif d’Édouard Philippe qui a annoncé, mercredi, à l’issue du Conseil des ministres et dans le cadre du second projet de loi de finances rectificative (PLFR) un grand plan d’urgence à hauteur de 110 milliards d’euros. «Ce plan devra être prolongé une fois la crise sanitaire maîtrisée, a précisé le premier ministre. Aujourd’hui, l’objectif est de sauvegarder, demain ce sera de relancer.»

Une «aide exceptionnelle de solidarité» pour 4 millions de foyers

Parmi les autres annonces, l’État prévoit également une prime défiscalisée allant jusqu’à 1000 euros pour les agents de la fonction publique en première ligne dans la crise, et des dispositions particulières (jusqu’à 1500 euros de prime) pour les personnels soignants les plus exposés. Quatre millions de foyers devraient aussi bénéficier dune «aide exceptionnelle de solidarité» (voir page suivante). Pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI) les plus fragilisées par l’épidémie, le fonds de développement économique qui leur est dédié est porté de 75 millions, en temps normal, à un milliard d’euros, a également dévoilé le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin. Enfin, une enveloppe de 240 millions d’euros d’aides est allouée à la Nouvelle-Calédonie, qui accuse un abyssal manque de moyens matériels et de trésorerie pour faire face à la crise.

Masques, déconfinement progressif… de nombreuses questions sans réponse

Si ces annonces fortes sont relativement limpides, le gouvernement a beaucoup plus de difficultés à répondre sur d’autres volets, pourtant essentiels pour que la date du 11 mai décidée par Emmanuel Macron se concrétise en actes. Au rang des interrogations, les masques «grand public»: les Français auront-ils tous à en porter obligatoirement lorsquils sortiront? Ou encore: le chef de l’État ayant suggéré que les personnes âgées devraient rester confinées au-delà du 11 mai, comment cela se traduira-t-il dans le décret encadrant le confinement? Olivier Véran se contente pour le moment de botter en touche. «Le président de la République nous a donnés quinze jours pour que le gouvernement fasse des propositions pour lever progressivement le confinement au 11 mai. Laissez-nous le temps de planifier», a plaidé le ministre de la Santé et des Solidarités.

Une déclaration qui va dans le sens des tentatives de certains de ses homologues qui, au moment de faire le traditionnel service après-vente du discours présidentiel, ont surtout cherché à temporiser le discours du président. «Le confinement, on nest pas totalement sûrs quil soit fini le 11 mai», a préféré prévenir Gérald Darmanin, rejoint par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner: «Cest un objectif, pas une certitude.»

Crèches, écoles, collèges et lycées… des parents toujours perdus

Même flou artistique du côté du ministère de l’Éducation nationale. Interrogé, mardi soir, sur France 2, sur les conditions dans lesquelles les crèches, écoles, collèges et lycées rouvriront au 11 mai, le ministre Jean-Michel Blanquer déclarait que «l’école ne sera pas obligatoire au 11 mai, le retour sera progressif» avant de rétropédaler le lendemain: «L’école est obligatoire, la loi le dit.» Et a eu cette phrase lunaire: «On se donne deux semaines à partir daujourdhui pour définir ce que lon met derrière lexpression dun retour progressif» à l’école. Seule certitude: les vacances commenceront bien le 4 juillet. Pas sûr que les parents délèves y voient beaucoup plus clair.

La date du 11 mai crée donc davantage d’interrogations qu’elle n’en résout. A-t-elle été décidée avec précipitation, pour que les ministères aient à ce point l’air d’être pris au dépourvu? Cest en tout cas limpression que cela donne, et ce n’est pas bon signe pour un gouvernement auquel les Français reprochent déjà son impréparation et ses multiples changements d’avis et de doctrine.

 

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Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Déconfinement

16 Avril 2020, 10:03am

Publié par PCF Villepinte

Christophe Prudhomme est médecin au SAMU 93.

« Le nombre de patients en réanimation atteints de la maladie Covid-19 reste élevé et continue de mettre l’hôpital sous pression. Imaginez, un peu plus de 6500 patients atteints de cette maladie sont hospitalisés alors quavant la crise, nous ne disposions que de 5000 lits de réanimation. Le point positif est quau Samu, nous sommes moins surchargés et que lactivité habituelle que nous avions un peu oubliée, même si elle n’avait pas disparu, redevient plus visible.

 Hier, nous avons commencé la journée par un accouchement à domicile, puis enchaîné sur la prise en charge d’une patiente atteinte d’un infarctus du myocarde. Alors que notre volume d’activité reste très élevé, les équipes ont l’impression de souffler comparativement aux semaines précédentes. Si nous avons sûrement atteint ce qui est appelé la phase de plateau en Île-de-France, la vigilance reste de mise avec des signes de tension qui apparaissent en province, comme à La Rochelle, qui n’a pu accueillir, en fin de semaine dernière, les patients transférés de Paris.

 Donc, pour nous les soignants, rien n’est gagné, même si pour ceux qui ont été fortement sollicités récemment, cette phase de répit est la bienvenue. Nous sommes ainsi particulièrement inquiets concernant les procédures du déconfinement. Allons-nous disposer de suffisamment de masques et de tests pour détecter et isoler les porteurs du virus? Cette question est essentielle et l’annonce du président de République, qui limite l’accès aux tests aux personnes présentant des symptômes, n’apparaît pas adaptée.

Bien au contraire, l’efficacité voudrait que nous puissions détecter les porteurs asymptomatiques, notamment ceux qui ont été en contact avec des malades, avant de reprendre une activité professionnelle ou autre. Nous risquons, sinon, une reprise de l’épidémie. Visiblement, ce ne sont encore une fois pas les priorités de santé publique qui ont motivé l’annonce de la date du 11 mai, mais bien un impératif de reprise économique, sans que la priorité ne soit donnée à la disponibilité de masques de protection de qualité et à un accès élargi aux tests.»

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

 

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« Santé, le jour d’après »

15 Avril 2020, 11:07am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 15/04/2020 par PCF

« Parler du jour d’après » en matière de politique de santé ouvre sur le projet d’une autre société. Au sortir de cette crise, rien ne sera plus comme avant, mais, si les peuples ne s’en mêlent pas, il n’y a aucune automaticité à ce que ce soit pour le meilleur. Les capitalistes veillent, s’adaptent et sont loin de vouloir lâcher leurs privilèges. En France, il n’y a qu’à entendre les déclarations d’un certain nombre de ministres pour en avoir confirmation !

Quant aux envolées du Président de la République sur les « héros en blouse blanche », il est à craindre qu’elles ne soient suivies d’aucun effet. Les mesures d’urgence contre le Covid-19 en sont une claire démonstration, l’argent annoncé pour répondre à la crise sanitaire n’est rien comparé à celui débloqué pour sauver les grands groupes. Deux poids, deux mesures !

Pourtant, le coronavirus révèle bel et bien l’absurdité et la dangerosité des politiques étatiques et austéritaires menées, dans le domaine de la santé, depuis les ordonnances Juppé. Et cette course aux restrictions budgétaires n’a fait que s’accélérer.

En 2004, la loi Bachelot introduit la tarification à l’activité (T2A) à l’hôpital mettant en concurrence cliniques privées et hôpitaux publics ! En vingt ans, 100 000 lits ont été fermés et en dix ans, ce sont 7 milliards d’euros qui ont été ponctionnés sur le dos des hôpitaux publics.

Les gouvernements successifs se sont éloignés de la conception de notre système de protection sociale solidaire et universelle pour considérer la santé comme une marchandise. L’hôpital devenait alors une entreprise avec, à sa tête, des technocrates obnubilés par la règle à calcul. Toutes les alertes lancées par les personnels, certaines forces syndicales et politiques ont été ignorées, voire moquées. Et de budget de la Sécurité sociale en budget de la Sécurité sociale, notre service public de santé a été mis à genoux.

« Tous les spécialistes en conviennent : le confinement total est le prix du manque de moyens, notamment à l’hôpital, dû à l’incurie des gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans. » (1)

Les mêmes politiques ayant été appliquées à l’échelle du monde, les conséquences de ces choix néo-libéraux sont identiques partout. Comment oublier que la Commission européenne ait demandé 63 fois, de 2011 à 2018, aux États membres de réduire leurs dépenses publiques en matière de santé ? Comment accepter le silence aujourd’hui de l’UE, incapable d’apporter une réponse de solidarité, laissant chaque pays s’enfermer à l’intérieur de ses frontières, se livrant à une concurrence impitoyable pour obtenir le matériel indispensable à sauver des vies ?

Alors « le jour d’après », c’est maintenant qu’il se réfléchit.

Les propositions sont nombreuses, les expert·e·s que sont les personnels les ont déjà soumises depuis plus d’un an au gouvernement, via leurs syndicats, leurs collectifs. Nous avons, nous les parlementaires communistes, présenté une proposition de loi sur des « Mesures d’urgence pour la santé et l’hôpital » après notre tour de France des hôpitaux et des Ehpad. Toutes ces propositions dessinent un autre projet de société qui place l’humain au cœur des politiques de santé et qu’il faut imposer maintenant !

Pour y parvenir, les décisions ne peuvent pas être prises par un exécutif aux ordres de la finance. Il faut que la démocratie s’exerce à tous les niveaux en conférant des pouvoirs à celles et ceux qui travaillent dans les hôpitaux, les maternités, les Ehpad, les centres de santé, les cabinets de ville… Le budget de la Sécurité sociale ne doit plus être voté par la représentation parlementaire mais revenir, comme lors de sa création en 1945, dans le giron des partenaires sociaux et doit reposer sur les cotisations patronales et salariales. L’objectif doit être la prise en charge des soins à 100 % par la Sécu.

Mais il faut, en urgence, un plan massif d’investissements pour la santé et les hôpitaux à hauteur de 10 milliards d’euros pour embaucher, former les équipes, augmenter les salaires et rouvrir les lits qui ont été fermés ! Un moratoire sur les fermetures d’établissements et de services doit être voté, comme le stipule l’une de nos propositions de loi présentée, dès 2014, et rejetée par le Sénat. Pour réduire les déserts médicaux, des centres de santé doivent être ouverts sur l’ensemble du territoire. Un véritable partenariat médecine hospitalière et médecine de ville doit être encouragé afin de développer une politique de prévention et d’éducation à la santé.

La crise vécue dans les Ehpad, le mouvement des personnels, bien en amont, pour dénoncer l’indignité infligée à bon nombre de résident·e·s au nom de la rentabilité, doivent contraindre la société à repenser l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie en répondant d’abord à leurs besoins quels que soient leur situation ou leur âge. On l’a vu, cette pandémie a révélé de grandes tensions sur les matériels de protection mais également les médicaments. Il est regrettable que le Conseil d’État ait rejeté les référés d’associations qui demandaient la « réquisition des moyens de production » pour y faire face.

Il est inacceptable que la France, 6e puissance économique mondiale, ne soit pas en capacité de produire ses propres médicaments et que les grands groupes pharmaceutiques utilisent les pays, en voie de développement, pour se faire un maximum de profits ! Plus généralement, il est impératif de sécuriser à nouveau l’approvisionnement des biens nécessaires à nos besoins vitaux par des filières publiques. D’où notre proposition de mettre en place un pôle public du médicament et de la recherche au plan national et européen. Dans l’immédiat, nous proposons de nous appuyer sur les pharmacies centrales de l’AP-HP et du service des armées pour assurer une production nationale, en leur donnant les moyens financiers et humains indispensables.

Toutes ces mesures sont immédiatement finançables, à condition d’en avoir la volonté politique : fin des exonérations patronales et des allègements sociaux, lutte contre l’évasion fiscale, fin du Crédit impôt recherche (CIR), rétablissement de l’ISF !

Nos sociétés viennent d’être ébranlées, nos vies quotidiennes sont bouleversées, le monde entier est à l’arrêt, tout autant qu’il est en ébullition. Profitons de ce moment inédit pour, dès à présent, travailler à la société de demain, avec toutes celles et tous ceux qui aspirent à une nouvelle humanité.

Laurence Cohen, sénatrice, membre du CN.

 

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Traçage numérique lors du déconfinement

15 Avril 2020, 09:12am

Publié par PCF Villepinte

PCF   Yann Le Pollotec, commission Révolution numérique.

 

Comme dans toutes les crises et en partant de problèmes réels, il y a la tentation pour le pouvoir politique en place de restreindre les droits et libertés publiques bien au-delà des mesures sanitaires légitimes, et de mettre en place des systèmes surdimensionnés de surveillance de la population. Dans ce contexte, les grands acteurs des services et de l’industrie du sécuritaire font feu de tout bois pour imposer et vendre leurs solutions technologiques.

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Ils s’appuient sur l’idéologie libérale du solutionnisme technologique : c’est-à-dire qu’au lieu de chercher des solutions et d’affronter la crise dans un cadre politique collectif, on va chercher à dépolitiser les questions, à interdire le débat démocratique et mettre en avant des technologies qui vont faire tout reposer sur la responsabilité individuelle des personnes.

Ce processus a été à l’œuvre à la suite des attentats de 2015. Il a conduit à l’état d’urgence permanent, la dépolitisation des questions, sous couvert de « guerre au terrorisme » (ce qui ne veut rien dire) et d’« essayer de comprendre, c’est excuser, justifier… », tout en investissant massivement dans des technologies de surveillance dont l’efficacité globale est fortement à discuter.

D’une certaine manière le même scénario se reproduit autour de l’épidémie de Covid-19 et en particulier des perspectives de déconfinement. Ainsi, au mépris de l’esprit du règlement général sur la protection des données personnelles, Orange a traqué numériquement les Parisiens qui avaient fui à la campagne, alors qu’une simple mesure de la baisse du nombre de connexions aux antennes-relais de la capitale aurait suffi pour arriver à la même évaluation. Outre l’opération de culpabilisation de comportements individuels critiquables pour mieux cacher l’incurie de l’action gouvernementale, avec cette opération de traçage de masse, Orange s’est positionné sur le marché potentiel des applications numériques de surveillance liées au déconfinement, et bien sûr il n’est pas le seul.

Pour valoriser une opération de traçage numérique des personnes atteintes du Covid-19, on met en avant la réussite de Singapour dans la maîtrise de la pandémie. C’est oublier un peu rapidement que cette réussite repose essentiellement, non pas sur le traçage numérique mais sur un dépistage massif, une prise en charge systématique en quarantaine des personnes positives, un port du masque généralisé, et un nombre de lits, y compris de réanimation, par habitant très supérieur à celui de la France.

Ce qui ne veut pas dire qu’il ne soit pas nécessaire de compléter cet arsenal par une application de traçage numérique, mais celle-ci doit respecter strictement le principe de la protection des données personnelles et du consentement. Ce qui implique de ne pas centraliser les données. Ainsi, pour reprendre l’exemple de Singapour, le traçage numérique s’est organisé autour d’une application sur Smartphone permettant de garder une trace des personnes croisées à faible distance dans la journée et qui utilisent aussi l’application. La détection de ces individus se fait par « Bluetooth1 » donc sans avoir recours aux données de géolocalisation. Si après un test ou des symptômes significatifs, vous apprenez que vous avez le Covid-19, vous pouvez alors prévenir les personnes rencontrées afin qu’à leur tour elles se mettent en quarantaine et se fassent tester. Reste que le gouvernement singapourien avait promis la publication du code source de l’application sous licence logiciel libre ; or, pour l’instant il ne l’a pas fait, ce qui pose un grave problème de confiance. En France, une telle application ne pourrait être utile que si elle respectait le consentement individuel et la protection des données personnelles, si elle protégeait le secret médical. Son usage devrait être limité dans le temps et l’espace, et son code sous licence logiciel libre. Elle ne devrait être en aucun cas un outil de relégation sociale ou de discrimination. Elle ne pourrait être qu’un complément résultant d’un choix volontaire et individuel aux mesures fondamentales présidant au déconfinement et non un cache misère technologique de l’absence de tests, de masques, de structures d’accueil des personnes en quarantaine…

Il ne s’agit pas de refuser des mesures exceptionnelles justifiées et proportionnées ; mais la condition de l’efficacité et de la réussite de telles mesures est qu’elles soient consenties car exceptionnelles et limitées dans le temps, dans l’espace. Si notre pays est en situation particulièrement difficile face à cette pandémie, il ne le doit pas à un excès de démocratie et de transparence mais, au contraire, au refus de la démocratie sociale et de l’intervention citoyenne collective. Les enjeux de santé publique comme ceux du numérique et de la donnée ne sont pas technocratiques, ils sont politiques.

Plutôt que de prendre la voie libérale du solutionnisme technologique – tracer, gérer, culpabiliser individuellement, dénoncer à la vindicte populaire les moutons noirs – qui revient à privilégier le capital, les communistes font le choix de l’humain, de la solidarité, et du respect de chacune et chacun. Tisser et promouvoir des réseaux de solidarité avec les livreurs, tous les travailleurs des services publics, les privés d’emploi et de revenu, les migrants, les sans-abri, les soignants, augmenter le nombre de lits à l’hôpital, des masques pour toutes et tous, des tests massifs pour permettre à chacun de connaître son état, prendre soin de soi-même et de son entourage, en se faisant confiance les uns les autres, voilà la seule stratégie gagnante face au Covid-19. Cela passe bien sûr, à terme, à l’opposé de la startup nation, par une renaissance industrielle de notre pays dans tous les domaines.

Yann Le Pollotec, commission Révolution numérique.

 

1. Bluetooth est une norme de communication permettant l’échange bidirectionnel de données à très courte distance en utilisant des ondes radio UHF sur une bande de fréquence de 2,4 GHz. Sa destination est de simplifier les connexions entre les appareils électroniques en supprimant des liaisons filaires.

 

 

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Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Des actes !

15 Avril 2020, 09:06am

Publié par PCF Villepinte

 

Mercredi, 15 Avril, 2020

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai écouté le président Macron lundi soir à la télévision. Long discours au ton compassionnel, ne voulant oublier personne dans ses longs remerciements, peut-être, si on veut y croire, teintés d’une légère pointe d’autocritique mais vite tempérée par l’affirmation que d’autres pays sont dans la même situation, donc que ce n’est pas «de notre faute» si nous manquons de masques et de tests. Puis, comme d’habitude, des platitudes et des banalités avec un seul chiffre précis, répété de nombreuses fois: une date, celle du début du déconfinement.

Mais, Monsieur Macron, je souhaite vous rappeler avec mes collègues que votre discours intervient un an après le début du mouvement de protestation des hospitaliers, qui a débuté aux urgences de l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Mouvement qui s’est élargi autour d’un socle revendicatif commun, et nous aurions aimé cette fois-ci entendre des réponses précises et chiffrées à nos revendications. Il ne suffit pas de remercier les «héros» et de répéter à l’envi de vagues promesses concernant les moyens pour l’hôpital. Vous savez être précis et aligner les milliards quand il s’agit d’aider vos amis des entreprises et des banques. Alors je vais répéter quelques-unes de nos demandes: une augmentation des salaires immédiate de 300 euros par mois pour l’ensemble des personnels; lannulation de la totalité de la dette des hôpitaux, qui se monte aujourdhui à 30 milliards deuros; lembauche de 100000 agents dans les hôpitaux et de 300000 dans les Ehpad; lannulation, et non la suspension comme l’a énoncé votre premier ministre, des plans de restructuration des hôpitaux et des fermetures de lits… J’arrête là ma liste, sinon mon billet serait trop long.

Alors, Monsieur le président, nous ne pouvons nous contenter de vagues déclarations d’intention et de votre annonce en fin d’intervention des futurs «jours heureux». Citation du titre du programme du Conseil national de la Résistance à la limite de l’indécence dans votre bouche. Nous, hospitaliers, nous voulons et nous nous battons pour un changement radical de politique pour l’hôpital public. Ce qui passe par une réponse immédiate aux revendications très précises que nous portons depuis maintenant un an. Assez de promesses, des actes, Monsieur le président.

Lire aussi le précédent billet du Dr Prudhomme :  Changement ?

Et en direct sur l’Humanité.fr : Covid-19, déconfinement, chômage partiel... notre point sur la situation en France

 

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Emmanuel Macron prolonge le confinement jusqu’au 11 mai

14 Avril 2020, 11:19am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité

Le président de la République a annoncé la prolongation du confinement jusqu’au 11 mai, date à laquelle les écoles ouvriront à nouveau, mais pas les restaurants. Emmanuel Macron a aussi évoqué de nouvelles aides, sans les préciser. Il a reconnu des insuffisances de l’État, et enfin évoqué une refondation à venir, sans plus de détails...

...Le déconfinement sera ensuite progressif, car si les crèches, les écoles, les collèges et les lycées doivent ouvrir leurs portes dès le 11 mai, ce ne sera pas le cas des établissements d’enseignement supérieur. Les musées, les restaurants, les salles de spectacle, de concert ou de cinéma «resteront fermés à ce stade», a prévenu le chef de l’État, qui précise que les grands festivals ne pourront pas se tenir «jusqu’à la mi-juillet». «Nous aurons plusieurs mois à vivre avec le virus», prévient-il, appelant les personnes vulnérables à rester chez elles, mêmes après le 11 mai.

Cette date constituera cependant une «nouvelle étape». Il sagira de «permettre au plus grand nombre de Français de retourner travailler», prévoit Emmanuel Macron, qui renvoie à de nouvelles «règles pour protéger les salariés». Pour ceux qui pensent aux vacances, il nen a pas été fait mention, en dehors du maintien de la fermeture des frontières. Le président craint une possible deuxième vague du virus. Des pays qui pensaient lavoir vaincu «à nouveau décident de refermer leurs économies», argumente-t-il.

Un changement de ton notable

Au-delà de ses annonces, le président, qui répète que ce virus était «imprévisible» et que les «premières décisions ont été dans le bon sens», sest tout de même livré à une forme de mea culpa. «Le moment, soyons honnêtes, a révélé des insuffisances, des failles. Nous avons manqué de blouses, de masques, de gants, de gel», a-t-il reconnu. «Comme vous, jai vu des ratés, des faiblesses dans notre logistique», ajoute-t-il. Exit le discours guerrier, le chef de l’État a opté pour l’humilité, avouant, c’est un minimum, «qu’à l’évidence nous n’étions pas assez préparés».

...Même son de cloche pour son appel à ce que les banques «puissent décaler les échéances» pour les artisans, les indépendants, pris à la gorge par les emprunts ou les loyers. Idem pour le «plan spécifique» annoncé pour le tourisme, lhôtellerie, la restauration, la culture et l’événementiel. Ou encore autour de cette promesse: «Les assurances doivent être au rendez-vous de cette mobilisation économique.» Oui, mais comment?

Au sujet des tests, des masques, des vaccins et du traçage numérique

Le président a de nouveau, et logiquement, rendu hommage aux soignants et à tous ceux qui sont en première ligne. Il a vanté le «doublement du nombre de lits en réanimation» effectué, la multiplication par cinq de la production de masques sur place, et la livraison de «10000 respirateurs de plus produits sur notre sol dici quelques semaines». Mais il na pas réellement pointé la situation de perte de souveraineté sanitaire du pays, dépendant des commandes passées à l’étranger.

La France est aussi très en retard sur la question du dépistage du Covid-19, et pratique beaucoup moins de tests que l’Allemagne, par exemple. «Tester tous les Français, ça naurait aucun sens», a pourtant déclaré Emmanuel Macron, alors qu’en réalité le pays est pour l’instant démuni et n’a pas les moyens de le faire. Le président reconnaît d’ailleurs qu’une «utilisation la plus large possible des tests est une arme privilégiée pour sortir du confinement», et a annoncé que «tous les laboratoires publics et tous les laboratoires privés» seront mis à contribution afin d’être en «mesure de tester toutes les personnes qui auront des symptômes» à partir du 11 mai, afin de les mettre «en quarantaine» si elles sont positives.

Le chef de l’État a précisé qu’une application numérique dédiée, «sur la base du volontariat et de lanonymat», permettra de savoir pour ceux qui linstallent sils ont été «en contact avec une personne contaminée». Une question sensible, qui fait craindre un traçage numérique et une restriction des libertés publiques et individuelles. «Je souhaite quavant le 11 mai nos assemblées puissent en débattre», défend le président.

Au sujet du port du masque, il n’a pas souhaité le rendre obligatoire mais appelle à un usage «systématique» pour les professions «les plus exposées et pour certaines situations comme les transports en commun». «L’État, à partir du 11 mai, devra permettre à chaque Français, en lien avec les maires, de se procurer un masque grand public», souhaite-t-il, estimant que cela sera possible grâce à une hausse des importations et un regain de la production en France grâce au concours notable «dentrepreneurs».

Des mots pour l’après…

Emmanuel Macron sera enfin à prendre au mot pour le «jour daprès». Le président souhaite «un moment de refondation». «Sachons sortir des sentiers battus, sachons nous réinventer, moi le premier», a-t-il annoncé. Des pistes? Le chef de l’État veut «aider nos voisins d’Afrique en annulant massivement leur dette» et développer des «coopérations nouvelles». Il a aussi évoqué «des femmes et des hommes» indispensables à la nation «que nos économies reconnaissent et remunèrent si mal». Il prétend vouloir «bâtir une stratégie où nous retrouvons le temps long, la possibilité de planifier», et vante une «sobriété carbone». La crise en cours constitue «un ébranlement intime et collectif. Elle nous rappelle que nous sommes vulnérables, nous lavions sans doute oublié», développe-t-il.

Dans sa conclusion, il a dit vouloir «garder notre indépendance financière», ce qui dans le jargon macronien est habituellement une promesse daustérité budgétaire drastique. Il entend également «rebâtir une indépendance agricole et industrielle». Soit linverse de ce qui a été fait depuis 2017. «Nous aurons des jours meilleurs et nous retrouverons les jours heureux», promet-il enfin, reprenant le nom du programme du Conseil national de la Résistance, quil sest jusqu’à présent obstiné à tenter de détruire. S’il s’agit d’une rédemption, il faudra être vigilant. Si c’est une provocation finement glissée, et en définitive un mensonge de plus, il faudra le combattre.

Cyprien Caddeo et Aurélien Soucheyre

 

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