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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

communication

Propagande

29 Septembre 2022, 11:32am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 28/09/2022 par PCF

Le Service d’information du gouvernement (SIG) est chargé de vendre la politique de Matignon. Le plus souvent, elle sous-traite au privé ; actuellement elle cherche des agences pour assurer sa communication et l’achat d’espaces publicitaires, un contrat de quatre ans, à 116 millions d’euros par an, soit, pour la durée prévue, 465 millions (mais ça pourrait monter, dit-on, jusqu’à 800 millions).

Les partenaires éventuels sont des copains de copains, genre Mayada Boulos, de Havas, ex-collaboratrice de Castex ; ou Clément Léonarduzzi, de Publicis, ex-conseiller de Macron. Un demi-milliard de com (au bas mot), ça fait chère la propagande.

Gérard Streiff

 

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Ce qu'il ne fallait pas manquer dans l'Humanité

19 Décembre 2021, 08:55am

Publié par PCF Villepinte

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Petite histoire des journalistes et réalisateurs communistes à la radio-télévision (5)

2 Décembre 2021, 19:27pm

Publié par PCF Villepinte

Dès 1970, le PCF dépose à l’Assemblée nationale une proposition de loi concernant le statut de l’ORTF. « C’est la seule force politique d’opposition qui a un projet défini et cohérent pour la radio-télévision », note l’historienne Agnès Chauveau (L’audiovisuel en liberté ?, Presses de Sciences Po, 1997).

En 1971, dans « Changer de cap », le Parti met l’accent sur « la démocratisation des moyens modernes d’information et de diffusion » : création d’une société nationale de la radio et de la télévision, meilleure élaboration des programmes, part essentielle aux créations, place de la création contemporaine, droit des auteurs des émissions radio-télévisées.

Peu après (1972), le programme commun de la gauche reprend ces orientations et se propose d’œuvrer « pour le droit d’expression des courants d’opinion » et contre « la censure ». La question du pluralisme à la télé devient une des grandes questions du débat politique de la décennie. Les partis de gauche mettent sur pied un « comité de vigilance » présidé par Edmonde Charles-Roux. Giscard d’Estaing fait semblant de jouer l’ouverture : interrogé par René Andrieu lors d’une conférence de presse en 1978, il prétend vouloir mettre fin à l’ostracisme qui vise les journalistes communistes. Le PCF le prend au mot et dépose aussitôt une série de candidatures pour intégrer les chaînes : Martine Monod, Marcel Trillat, Roger Pourteau, François Salvaing. L’affaire n’a pas de suite.

L’élection de François Mitterrand suscite un vif espoir de libéralisation. Le premier ministre Pierre Mauroy critique le caractère monocolore des présentateurs de télé, appelle à des changements qu’il initie très lentement par ailleurs. Le PCF met l’accent sur le respect du pluralisme et revendique sa place dans les médias publics.

L’intégration de journalistes communistes va passer par plusieurs canaux. Il y a d’abord la réintégration des licenciés. Francis Crémieux par exemple retrouve son titre de rédacteur en chef. Marcel Trillat, licencié en 1968, et qui anima un temps la radio libre « Lorraine cœur d’acier », devient chef du service Société avec Pierre Desgraupes sur la deuxième chaîne. Outre ce retour des « anciens », le PCF réclame l’embauche de nouveaux journalistes. Ce sera l’objet de négociations interminables avec le Parti socialiste. Elles durent de l’automne 1981 à l’automne 1982. Georges Marchais aborde la question avec François Mitterrand, puis Pierre Juquin, chargé de la communication, et Jacques Bidou, son collaborateur, gèrent le dossier au quotidien. Côté PS, c’est Georges Fillioud qui dirige. Et qui résiste ! « Chaque nom (de nouveaux journalistes communistes) est arraché plutôt que concédé », selon Jacques Bidou. C’est ainsi que sont nommés à la rédaction de TF1 François Salvaing, Roland Passevant, Jean-Luc Mano, Victoria Llanso ; pour FR3 c’est le cas de Jean-Charles Eleb, Pierre Charpentier ou Michel Naudy, responsable du service politique. « Édouard Guibert négociera la venue à FR3 de onze journalistes sur un effectif de six cents », observe l’historien Jérôme Bourdon.

Combien sont-ils au total ? S’il est possible d’identifier aisément une quinzaine de noms dans les rédactions de TF1, A2 et FR3, soit les personnalités les plus médiatiques, Jacques Bidou parle d’une cinquantaine de cas (59 au total) pour les trois chaînes ainsi que Radio France et les radios et chaînes locales. Ce chiffre est somme toute limité. Si l’on évalue à 1 400 environ le nombre total de journalistes du secteur public d’alors, il s’agit de moins de 5 % de l’ensemble des journalistes. Ce qui n’empêche pas la droite de crier à « l’entrisme rouge ».


Gérard Streiff

 

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L'HUMANITE

19 Janvier 2020, 08:45am

Publié par PCF Villepinte

Bonjour à chacune et chacun,

 Une impressionnante panoplie idéologique est déployée pour faire taire le pays qui refuse une loi de destruction des retraites solidaires. Que dis-je, on a dépassé le débat idéologique au sens de la confrontation entre idées, entre projets, arguments contre arguments.

Non la panoplie dont je parle est celles de qualificatifs insultants contre le mouvement social et particulièrement contre les syndicats qui résistent, au premier rang desquels il y a la CGT. Quand ce n’est pas l’insulte, c’est le défilé d’experts en retraite, de sachants, de spécialistes et de journalistes de la bien-pensance généralement pour délivrer la bonne parole. On a beau être dans un prétendu « nouveau monde », on retrouve depuis quarante ans les mêmes qui nous expliquent ce qu’il faut penser.

Semaine après semaine, quand ils ont fini d’expliquer que le mouvement s’essouffle, les grévistes et leurs syndicats sont tour à tour qualifiés d’ « islamo-syndicalistes », ou de « preneurs d’otages », de gens « radicalisés » ou de « jusqu’au-boutistes ». Voilà le niveau ! Du contenu de la loi ? Pas un mot.

 Un seul journal a donné à ses lectrices et lecteurs le contenu de l’essentiel des articles du projet de loi et son décryptage. Un Seul : L’Humanité.

 

 

 

 

Contre-réforme des retraites : le décryptage

 

L'Humanité décrypte les principaux articles du projet de loi du gouvernement "instituant un système universel de retraite" par points.

 

Lire ici

 

 

À télécharger : le projet de loi en intégralité

 

L'Humanité met à votre disposition en intégralité le projet de loi sur la réforme des retraites. 141 pages 67 articles pour vous faire votre propre opinion.

 

Lire ici

 

 

Un seul journal montre chaque jour la diversité du mouvement, son élargissement à de nouvelles professions, les visages de la nouvelle France jeune, métissée, socialement diversifiée. De nouvelles jonctions se créent, de nouveaux croisements et nouvelles rencontres se produisent fortifiant dans l’action une unité populaire en germe. Un lien nouveau est vraisemblablement en train de se construire entre les classes populaires et des fractions importantes des classes moyennes. Lié à cette jonction entre le mouvement des gilets jaunes et le mouvement social et syndical.

 La conscience grandit d’un destin collectif pour aujourd’hui et pour les générations à venir. Grandit aussi la conscience que ces « contre-réformes » ne sont pas obligatoires mais destinées à servir les puissances financières au travers desdits « plans épargne retraite » doux nom pour dire que pour avoir une retraite demain il faudra d’abord donner notre argent aux fonds financiers ou aux fonds de pensions.

 

 

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"DEMANDEZ L'HUMA"

19 Avril 2013, 06:35am

Publié par PCF Villepinte

Journaux numeriques
  

Médias

 

- le 18 Avril 2013

 

 

 

 

Nous lançons les éditions numériques de l’Humanité, de l’Humanité Dimanche et de La Terre. Cette offre nouvelle s’inscrit dans les projets de développement et de modernisation de vos journaux, afin de mieux répondre à la diversité de vos usages et modes de lecture de la presse. Les éditions numériques de nos trois titres ne s’opposent pas à la diffusion des journaux papier. Elles renforcent et élargissent notre offre éditoriale au service des luttes sociales et des idées alternatives au capitalisme.

Cet espace va évoluer progressivement au fil des mois. Il va connaître des améliorations et des évolutions afin, notamment, d’enrichir les articles par des contenus digitaux. De nouveaux titres, exclusivement sur support numérique, vous seront bientôt proposés. Une offre tarifaire spéciale sera proposée dans les prochaines semaines aux abonnés de nos titres papier.
La liseuse numérique de l’Humanité.fr vous permet de feuilleter et lire en mode texte l’Humanité, l’Humanité Dimanche et La Terre depuis votre ordinateur, mais également depuis votre tablette ou votre smartphone. Il vous faut pour cela télécharger l’application mobile depuis les différents opérateurs. Vous pouvez également lire vos éditions achetées hors connexion, à l’aide de votre bibliothèque personnelle et vos identifiants de compte l’Humanite.fr
Nous vous invitons à découvrir via le kiosque numérique de l’Humanité.fr un exemplaire en démonstration.
Cette nouvelle étape pour l’Humanité.fr est une première pierre d’un projet ambitieux de développement de notre plateforme numérique, afin d’être toujours plus utile au rassemblement des forces populaires et citoyennes, intellectuelles et culturelles, de la transformation sociale et écologique, toujours plus utile au combat émancipateur contre toute forme de domination et d’exploitation : enrichissement des contenus éditoriaux, nouveaux outils numériques : “social média”, fil rouge géolocalisé de l’actualité politique, syndicale et associative…
L’Humanité travaille à s’adapter à vos besoins, à vos envies, à vos combats.  Aidez-nous à porter toujours mieux la confrontation d’idées, le refus du fatalisme, l’espoir d’une société plus humaine. Faites-nous part de nos remarques, achetez nos titres, partagez nos articles sur les réseaux sociaux, intervenez, commentez. Ensemble déployons l’Humanité au service de tous les débats et de tous les combats.

Merci par avance,

Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité

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En direct de Martigues à partir de 18h30

10 Avril 2013, 14:47pm

Publié par PCF Villepinte

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Oups ! L’austérité était une erreur (FMI)

7 Janvier 2013, 19:12pm

Publié par PCF Villepinte

Arrêt sur images 07/01/2013 à 10h14
Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images Baisse

 

Désolé d’interrompre la conversation nationale sur Depardieu, nouvelle idole des jeunes en Mordovie, mais je voudrais juste vous signaler une petite nouvelle, qui vous a peut-être échappé : l’austérité, c’était une erreur. Oui, je sais, rien de neuf, on n’arrête pas de le répéter ici, notamment dans les chroniques de l’éconaute. Mais cette fois, ce n’est pas seulement nous qui le disons.

Ce sont deux types nommés Olivier Blanchard et Daniel Leigh. Vous ne les connaissez pas, je sais bien. Et vous avez des excuses : ils n’ont jamais revêtu la blouse nationale de Mordovie, et ne se sont pas prononcés, à ma connaissance, sur l’euthanasie des éléphantes. Ils n’ont donc aucune raison de passer au 20 Heures. Mais l’un (Leigh) est économiste au FMI, et l’autre (Blanchard), chef économiste dans la même estimable institution.

Et donc, dans un colloque économique en fin de semaine dernière, ils ont admis un léger bug dans les calculs. En fait, voyez comme c’est ballot, au FMI, dans un moment de distraction, ils ont mal réglé leurs ordinateurs. Et ils avaient juste sous-estimé l’impact négatif des politiques d’austérité sur la croissance.

Faux coefficient de calcul

En gros, ils ne pensaient pas que l’austérité assécherait à ce point la demande, et donc l’économie. Si si, je vous jure que c’est vrai, leur coefficient de calcul était faux, la reconnaissance de la grosse boulette est attestée sur des sites sérieux, ici ou .

Ils ne savaient pas, comme le rappelle Paul Krugman dans le New York Times, qu’en économie, mes dépenses sont tes revenus, et mes revenus sont tes dépenses. Ça doit être une question de formation continue. Il faudrait accorder quelques jours par an de formation continue aux chefs économistes du FMI.

Evidemment, ce n’est pas le FMI, en tant qu’institution, qui reconnaît qu’elle s’est trompée. Ces choses-là ne se font pas. Blanchard et Leigh, ils ont bien pris soin de le préciser, s’expriment à titre personnel. Bien sûr, bien sûr. Et c’est forcément pour cette raison qu’à l’heure où j’écris, cette nouvelle a totalement échappé aux médias français (à quelques exception près, ndlr de Rue89), et accessoirement au gouvernement français (comment l’ai-je apprise moi-même ? Parce que je suis abonné au compte Twitter d’un spécialiste des petits Mickeys, voyez le sérieux de mes sources !).

Sinon, on imagine bien qu’on ne s’écharperait pas sur le nombre de demandes de naturalisations belges, sur le régime fiscal en Russie et sur l’euthanasie des éléphantes. Franchement, je ne vois aucune autre raison.

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Pierre-Louis  Basse : "Dans notre société, les journalistes doivent s’engager"

23 Décembre 2012, 08:49am

Publié par PCF Villepinte

Médias - le 21 Décembre 2012

l'Humanité des débats. L'entretien

 

 

 

 

Entretien. Pierre-Louis Basse a remporté un succès critique et public avec son livre Gagner à en mourir. De retour à l’antenne sur la chaîne Sport 365, sur Internet, il livre avec gourmandise son actualité. Et pose un regard sans complaisance sur les médias français.

Vous avez deux livres en écriture…

Pierre-Louis Basse. Je travaille sur deux livres. Le premier est un roman, à partir d’une histoire d’amitié de Jesse Owens avec le sauteur en longueur Lutz Long, le héros allemand que toute l’Allemagne d’Hitler attendait. C’est une histoire extraordinaire en noir et blanc. Mon second ouvrage m’excite, il portera sur les racines familiales, industrielles et politiques de l’extrême droite.

 

 

Et la chaîne Sport 365

Pierre-Louis Basse. C’est une très belle aventure, qu’il faut mettre au crédit de Patrick Chêne, et de toute l’équipe autour d’Arnaud de Courcelles, le rédacteur en chef. Il avait envie de mettre en place un grand magazine, chaque soir de la semaine, avec quatre présentateurs différents (Philippe Vandel le lundi, Jean-Philippe Lustyk le mardi, Benoît Maylin le mercredi et Pierre-Louis Basse, de 22 heures à minuit le jeudi – NDLR). Ce qui m’intéressait, c’est de travailler autour de la mémoire du sport. Depuis trois mois, j’ai reçu Bernard Chambaz, Bernard Pivot, Philippe
 Bordas, Finkielkraut. Nous avons abordé le sport sous le nazisme, splendeur et misère du sport au cinéma… Ma vie, c’est la radio et l’écriture, je ne suis pas un homme de télé, d’image. Mais je suis heureux le jeudi soir, l’équipe est très jeune et très curieuse, très chouette. J’y ai carte blanche. Un an après avoir quitté Europe 1, c’est une vraie belle lumière. Je n’oublierai jamais la main que m’a tendue Patrick Chêne et la liberté que j’ai. J’invite vraiment tous ceux qui aiment le sport, qui ne se satisfont pas du bruit, de la seule répétition des matchs et surtout de la vulgarité des commentaires sportifs, à regarder cette chaîne sur Internet. Où ce sont des valeurs de dignité, de sens, qui nous guident. Patrick voulait faire ça, et il est en train de réussir son pari.

Parce que ça a été un gros désert après 
votre départ d’Europe 1 ?

Pierre-Louis Basse. Je suis très heureux et je vis très bien sans Europe 1. Il n’y a aucun souci, je ne suis plus fâché. Un gros désert ? Non. J’écris, on publie mes livres, le dernier a très bien marché auprès du public. Je ne suis pas comme les filles de Moulinex, qui se font jeter à soixante ans et qui n’ont ni argent ni travail. Mais la radio, c’est ma vie.

Dans vos dernières interviews, vous donnez 
le sentiment de ne retenir des médias existants que du bruit et de la confusion…

Pierre-Louis Basse. Pas partout. Il y a des choses qui restent encore dignes. Par exemple, le matin, je me gave du journal de Patrick Cohen sur France Inter, qui est remarquable, du travail de Pascale Clarke. Il y a plein de très belles émissions sur le service public. J’aime bien le travail de Franck Ferrand sur Europe 1, c’est très digne, et avec un contenu de haute volée. Il ne s’agit pas de dire que tout vaut tout. Mais on a abdiqué, il y a quinze ou vingt ans, une partie de notre devoir. On n’est pas journaliste uniquement pour montrer sa gueule ou donner sa voix à entendre. On est dans une société qui bouge, qui vit, ça veut dire de l’engagement, une prise de risque. Ou alors, on sera éternellement dans la pâmoison devant Zola, devant Hugo. Mais avec nos contemporains ?

Mais il y a un credo, depuis au moins deux décennies, sur la prétendue objectivité, 
voire neutralité du journaliste…

Pierre-Louis Basse. C’est une illusion, ça. Nous avons tous notre propre subjectivité. C’est ce que je défends, et qui m’a coûté ma place à Europe 1. L’objectivité, c’est déjà un engagement sourd et plein d’hypocrisie. Je veux citer un seul exemple : si les journalistes n’avaient pas abdiqué, nous n’aurions pas cédé à la monomanie de l’expert. Qui sont des gens qui viennent vous voir le lundi et disent rouge, le mardi violet, le mercredi rose bonbon… Si l’on veut comprendre le monde, il faut pouvoir s’appuyer sur des gens qui en ont une lecture, des historiens, des philosophes, des écrivains. Le métier a abdiqué de ce point de vue.

Qui dans le métier ? Les gens qui dirigent l’audiovisuel ? Le journaliste de base ? 
Est-ce que les conditions économiques désastreuses dans lesquelles s’exerce notre métier ne participent pas, aussi, à une mise sous pression des individus ?

Pierre-Louis Basse. C’est un mélange de tout ça. C’est une pipolisation. Ce sont des connivences de réseau, de salon, les jeux de chaise musicale : un jour tu fais de la radio, le lendemain de la télé. Il y a une nomenklatura. Ceux qui dénonçaient l’Union soviétique ont créé la même structure dans nos sociétés hyperlibérales : il ne s’agit plus de la qualité au service du plus grand nombre, mais de quelques-uns qui se gavent. Et qui exploseront. Ce sont des signes que nous avons dans l’audiovisuel, mais aussi dans l’économie et le social. Ça ne pourra pas durer. Le FN naît aussi de ce qu’on offre du point de vue intellectuel et politique. Il n’est pas normal par exemple de voir très peu de gens de l’Huma, depuis des années, sur les plateaux ou dans les studios ? Ils ont peur de quoi ? De quelle parole ?

Vous critiquez beaucoup le recours systématique aux chroniqueurs, qui induisent selon vous une certaine forme d’hystérie.

Pierre-Louis Basse. On est passé d’un rire subversif à la Desproges, à une galerie des grimaces. Et le rire, dans l’émission, est tellement fort qu’il finit par pratiquement mordre sur l’éditorial. Et c’est aussi vrai avec le sport, la politique. Pour moi, ça s’appelle le fascisme froid, ça. L’expression est de Houellebecq et elle est tout à fait juste.

Et Internet ?

Pierre-Louis Basse. Il y a un flux d’infos. Il y a toute une jeunesse malicieuse qui va chercher du contenu culturel en ligne. On l’a vu dans les révolutions arabes, d’ailleurs. Certains blogs n’ont rien à envier à ce qui se passe sur certains plateaux de télévision. La télévision, c’est tellement effrayant qu’il ne restait qu’à décider comme Pflimlin : mettre Taddeï sur France 2... À l’inverse, lors de la campagne de pub de D8, j’ai quand même vu des slogans comme « se distraire ou mourir » ! Au secours ! D’où le besoin d’inventer encore et encore.

Portrait d’un révolté. Pierre-Louis Basse a été, vingt-cinq ans durant, une des grandes voix d’Europe 1. Spécialiste du sport, il a animé sur la station privée des émissions sportives qui ne se contentaient pas de commenter des matchs, mais se mêlaient aussi de littérature, de cinéma, de politique. Bienvenue chez Basse, la dernière en date, c’était une émission vivante, qui se proposait aussi de réfléchir sur la place du sport dans 
la société. La direction d’Europe 1 a interrompu cette intéressante expérience à la rentrée 2011. Pierre-Louis Basse, qui a aussi, au fil de sa carrière, travaillé pour Canal Plus, France 5, ou l’hebdomadaire Marianne, a profité de ce temps pour se consacrer à sa seconde passion : l’écriture. Auteur d’ouvrages remarqués, dont 
le fameux Guy Môquet, une enfance fusillée, 
il associe désormais ses deux passions : le sport et la littérature. Avide de connaissances toujours nouvelles, Pierre-Louis Basse allie un esprit frondeur à une réelle générosité.

  • Vidéo : Pierre-Louis Basse raconte le match de l'horreur 

  • Lire aussi :

Pierre-Louis Basse comme chez lui à la Fête
« Il faut s'emparer de la lettre de Guy Môquet et l'expliquer » Par Pierre-Louis Basse, journaliste et écrivain (*).

Entretien réalisé par Caroline Constant

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Le groupe France Télévisions est un grand corps malade

15 Décembre 2012, 08:00am

Publié par PCF Villepinte

Médias - le 14 Décembre 2012

Le modèle économique de la télé publique est-il gravement déstabilisé ?

 

 Tribune de Marc Chauvelot, secrétaire général SNRT CGT à France Télévisions. Le 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy lançait l’idée saugrenue (tirée du livre blanc de TF1) de supprimer la publicité sur les chaînes publiques. Cette soudaine, lubie eut pour effet de déstabiliser gravement le modèle économique de France Télévisions (FTV). Cette initiative qui ne correspondait à aucune demande sociale (la loi Trautmann avait déjà réduit la publicité à huit minutes par heure en 2001) a été le point de départ de bien des ennuis pour l’entreprise.

À ce jour, rien n’est réglé. La compensation n’a jamais été intégralement versée par l’État et la taxe censée l’alimenter risque d’être censurée par Bruxelles. Conséquence, la France pourrait devoir rembourser 1,3 milliard d’euros et trouver 350 millions d’euros par an pour compenser l’absence de publicité après 20 heures.

C’est donc un dossier brûlant dont a hérité le PS en arrivant au pouvoir et l’attente était grande pour corriger les aberrations de la réforme. Or, six mois après les élections, non seulement la nouvelle majorité n’a pas réglé les problèmes, mais elle a, sous couvert de la crise financière, ouvert de nouvelles brèches, peut-être fatales à la survie du groupe public.

La décision de réduire de 200 millions d’euros le montant de la compensation au budget de FTV tombe au pire moment puisque le retard sur les recettes publicitaires frôlera les 60 millions d’euros, fin 2012. Une équation insoluble, un recul budgétaire de près de 7 % d’une année sur l’autre et qui conduira l’entreprise au déficit et au plan social.

La direction évoque déjà 1 000 suppressions de postes, soit 10 % des effectifs. Le plan de réduction d’emplois frappe déjà des centaines de non-permanents, priés d’aller se faire précariser ailleurs, parfois après des années de collaboration, un plan de licenciement de grande ampleur qui ne dit pas son nom.

La seule orientation fixée par l’État c’est un plan d’économies drastiques. Parmi les idées qui circulent, la fermeture de stations ultra-marines, la réduction des programmes régionaux hors info, la fusion des rédactions nationales, un grand Soir 3 au rabais, des rediffusions à gogo… Une vraie politique d’abandon.

François Hollande aurait-il été élu pour achever le démantèlement de FTV initié par Nicolas Sarkozy ? On a dû manquer un épisode.

Il est plus que temps d’arrêter la spirale et de refonder le modèle économique de France Télévisions. La question du financement devra être au cœur de la prochaine loi sur l’audiovisuel annoncée pour le printemps. Ce modèle doit être fondé sur un panachage de ressources ayant pour socle la redevance, progressivement réévaluée, et complétée de recettes additionnelles.

Parmi elles, la publicité qu’il faudra bien rétablir après 20 heures car, cinq ans après, le principe de réalité s’impose à tous : personne n’a trouvé le moyen de compenser sa suppression. De plus, sa disparition en prime time pénalise gravement la régie pour vendre ses écrans en journée. C’est donc une mesure nécessaire mais non suffisante car FTV ne récupérera pas les recettes publicitaires de 2009.

Seconde piste : revoir les relations avec les producteurs privés, ces fameux décrets sur la production qui privent le groupe public de tout droit d’exploitation sur les œuvres qu’il finance et qui lui interdisent de produire en interne plus de 5 % de ce qu’il diffuse.

La possibilité pour FTV d’utiliser son outil de production est entravée par une réglementation absurde. Aujourd’hui, le secteur est bloqué par le lobby des producteurs privés qui exerce son influence au plus haut niveau de l’État.

FTV est soumis à un système de commandes obligatoires en fictions, documentaires et animations qui s’élèvent à 420 millions d’euros auxquels s’ajoutent 60 millions d’euros pour le cinéma. Les commandes en émissions de flux s’élèvent à 500 millions d’euros par an.

Ce système, vieux de plus de vingt ans, a prouvé ses limites en plaçant la France dans le peloton de queue des pays européens en matière de production audiovisuelle. Il n’a pas empêché la délocalisation des tournages et entraîne un coût considérable de dépréciation pour les programmes qui ne trouvent pas place sur nos antennes. La filiale commerciale du groupe, FTD, privée de droits, est structurellement déficitaire.

À son arrivée, Rémy Pflimlin a encore aggravé les choses. La suppression du guichet économique unique et le pseudo-retour à l’identité des chaînes qu’il a souhaité auront coûté cher en augmentant les prix d’achat des programmes et en alourdissant l’organisation.

FTV doit avoir l’ambition d’être la locomotive d’une filière française de production des contenus audiovisuels, à l’instar de ce qu’est la BBC outre-Manche. Le contexte a changé. Dans l’économie numérique, il y a l’économie des contenus, et FTV doit pouvoir y occuper toute la place qui lui revient.

La CGT revendique le développement d’une filière de création dans tous les genres et sur tous les supports, une ouverture renforcée sur la proximité en région et dans les outre-mers. Seul un projet de cette envergure, assis sur un modèle économique refondé, pourra redonner sa vitalité à ce grand corps malade, notre télévision de service public.

Les députés ont voté jeudi soir une hausse de six euros de la redevance audiovisuelle, contre une augmentation de quatre euros en première lecture. La contribution à l'audiovisuel public, nom officiel de la redevance, passera ainsi à 131 euros en métropole, tandis qu'en outremer, elle augmentera de cinq euros, à 85 euros. C'est le gouvernement qui a proposé cette augmentation supplémentaire de deux euros, qu'il avait pourtant refusée en première lecture, et qui rapportera 49 millions d'euros à France Télévisions. Elle est destinée à atténuer l'impact pour les chaînes publiques d'une diminution des dotations publiques de 2,3% et de la baisse des ressources publicitaires, a expliqué pour le gouvernement le ministre de l'Economie solidaire Benoît Hamon. Mais, a-t-il ajouté, "cette situation conjoncturelle ne doit évidemment pas exonérer l'entreprise des efforts de long terme".

Lire aussi :

Aurélie Filippetti tacle durement Rémy Pflimlin
Tensions entre France Télé et les producteurs

France 2 contrainte à 30 millions d’économies

Marc Chauvelot

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Mélenchon et les médias: et si, comme Bourdieu, on chaussait les bonnes lunettes

5 Novembre 2012, 23:01pm

Publié par PCF Villepinte

 

Un livre à paraître ce lundi, Mélenchon 
et les médias, décrypte 
le traitement médiatique 
du leader du Parti 
de gauche et candidat 
du Front de gauche 
à l’élection présidentielle 
et ses rapports 
avec la télévision 
et la presse.  

Déjà en 1996, Pierre Bourdieu évoquait la « violence symbolique » du système médiatique (Sur la télévision, par Pierre Bourdieu, Éditions Liber). « Cette violence invisible tacitement admise par ceux qui la subissent et souvent par ceux qui l’exercent. » « À propos du candidat du Front de gauche, on a parlé de “relations houleuses” avec les médias, ce qui n’est pas exagéré… », notent Denis Sieffert et Michel Soudais, respectivement directeur et rédacteur en chef de Politis et auteurs de cet ouvrage, Mélenchon et les médias (Éditions Politis, 96 pages, 8 euros).

"Colères jupitériennes"

Combien de dîners en ville évoquent cette “violence” de Mélenchon à l’égard des journalistes, s’appuyant sur des scènes diffusées en boucle sur Internet. Mais s’interroge-t-on sur le système médiatique et sur « les médiacrates, représentants zélés d’une machine à fabriquer du consentement à l’ordre social ? » C’est tout l’intérêt de ce livre qui n’est pas un livre sur Mélenchon et ne le dédouane pas de certaines « colères jupitériennes » et autres coups de gueule, qui peuvent aussi agacer, mais un livre sur son rapport aux médias.

Un fait édifiant sert d’introduction à Denis Sieffert et Michel Soudais. Il est éloquent. Le 30 septembre dernier, 80 000 personnes manifestaient à Paris contre le traité budgétaire européen. France 2 y consacra un sujet dans son JT du soir. Que vit-on ? Qu’entendit-on ? « On y voit évidemment des images colorées du défilé. Il fait beau et le rouge est triomphant. » La caméra se porte en tête du cortège sur Mélenchon. Les auteurs racontent : « Le commentaire off, comme l’on dit, n’évoque pas directement le rassemblement. Il nous parle de Mélenchon “sur tous les fronts”, “tête d'affiche de la manifestation”. Mélenchon, nous dit le journaliste, est remonté sur son cheval. Dans une brève interview, celui-ci estime que François Hollande “ne pourra plus considérer que le traité européen est une formalité à expédier”. On le voit ensuite allant d’usine en usine. Résumé haletant de la semaine d’un activiste. Fin du reportage. » Mais pas la fin du sujet. Brice Teinturier, directeur général de l’institut Ipsos, en plateau, a cette formule : « Pour retrouver sa popularité, il fallait que Mélenchon essaye d’incarner cette nouvelle opposition critique à l’égard du gouvernement. » « Fermez le ban », ponctuent les auteurs.

Vision manipulatoire

Et Sieffert-Soudais de commenter : « L’exemple est édifiant à plus d’un titre. D’abord parce que nous n’avons pas affaire ici à l’un des reportages venimeux comme nous en avons tant vu à propos du Front de gauche. Dans l’esprit des journalistes en tout cas, il n’est pas acrimonieux. » Alors qu’est-ce qui cloche ? Et c’est là qu’il faut chausser les bonnes lunettes chères à Bourdieu. Que peut retenir le téléspectateur de ce mode de traitement ? Que Mélenchon a mis 80 000 personnes dans la rue pour soigner sa seule popularité. Une starisation qui oublie au passage les autres composantes de la manifestation ce qui, pour Sieffert et Soudais, est « une vision manipulatoire de l’histoire qui occulte la dimension sociale et engendre la dépolitisation ». On imagine aisément les réactions des trois publics qui auront regardé cette séquence, chacun avec sa paire de lunettes, expliquent-ils. Les journalistes auront trouvé le sujet réussi, les militants auront éprouvé, comme souvent, de la frustration, et le grand public aura pu penser que « les politiques sont tous les mêmes, qui ne pensent qu’à leur cote de popularité ».

Résister à cet ordre-là est pour Mélenchon et les responsables du Front de gauche un état d’esprit. On se souvient de la lettre ouverte de Pierre Laurent à Yves Calvi, journaliste à France Télévisions, où, dans les colonnes de l’Humanité, le secrétaire national du PCF protestait avec force contre le fait que l’animateur de C dans l’air n’invitait jamais de représentants du Front de gauche dans ses émissions.

"Evaluation consternante de l'intelligence populaire"

Le livre de Denis Sieffert et Michel Soudais évoque bien évidemment toutes ces petites histoires qui ont fait le buzz, et il lève le voile sur certaines pratiques. « Mon regard critique sur les médias s’est renforcé, explique le candidat du Front de gauche, à quelques jours du premier tour de la présidentielle. Alors qu’ils (les journalistes) ont la possibilité de structurer la discussion, ils ne l’ont fait à aucun moment. Ils ont passé leur temps derrière les balles qui leur paraissaient intéressantes, sur la base d’une évaluation consternante de l’intelligence populaire. »

Sont évoqués son accrochage avec Demorand sur Europe 1, l’épisode de l’étudiant de Science-Po venu le questionner.

 

Est aussi évoqué l'épisode du Petit Journal de Canal Pus venu filmer l’université du Parti de gauche à Grenoble, en août 2011, mais qui quitta la salle au moment où Mélenchon allait commencer à parler. Les équipes de Yann Barthès (qui se fait épingler beaucoup ces temps-ci) étaient venues filmer « les gueules cassées de la vie ». Entendez les pauvres. Ce livre décortique aussi l’offensive du Nouvel Obs, de Laurent Joffrin, inquiet de la montée du Front de gauche. Cette centaine de pages est un plaidoyer pour la liberté de la presse et pour un pluralisme qui intègre le journaliste dans sa citoyenneté.

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Claude Baudry

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