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Un budget de la Sécu entre chasse à la fraude et faux-semblants

27 Septembre 2022, 11:35am

Publié par PCF Villepinte

Le gouvernement a présenté ses orientations à l’horizon 2023. Entre les économies et la traque des abus, le compte n’y est pas pour redresser l’hôpital public et rénover le système de soins.

Cécile Rousseau L'Humanité

 27 Septembre 2022

Un projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) dans l’ombre de la réforme des retraites. Alors que l’exécutif décidera en fin de semaine s’il inclut ou non la réforme dans les textes budgétaires, ce faux suspense en aurait presque fait oublier le contenu du PLFFS pour 2023.

Présenté hier lors d’une conférence de presse au ministère de l’Économie et des Finances comme «posant pierre par pierre la rénovation du système de santé», son objectif reste pourtant avant tout de continuer à résorber le fameux «trou» de la Sécu. Le déficit sera ainsi en forte baisse pour l’année prochaine, à hauteur de 6,8 milliards d’euros(contre 17,8 milliards en 2022). La croissance et une pandémie moins agressive ont certes aidé au redressement des comptes, mais les tours de passe-passe vont aussi bon train.

La facture du coronavirus

Si l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie (Ondam) est affiché en hausse de 3,7 %(hors crise) pour 2023, à hauteur de 244 milliards deuros, dans les faits sa trajectoire est bien en baisse de 0,8 % par rapport à 2022 si on y inclut le Covid. Tablant sur une accalmie hasardeuse de la crise sanitaire, seul 1 milliard d’euros est budgété pour régler la facture du coronavirus, contre 11 milliards l’année passée. Une provision qui «risque de se révéler très insuffisante», selon l’avis du Haut Conseil des finances publiques.

Alors que l’hôpital public est au bord de l’implosion, le PLFSS ne prévoit pas d’économies supplémentaires sur ce secteur, mais pas non plus de rallonge de moyens, outre la continuité du Ségur de la Santé, désormais décrié par une majorité de syndicats. Mais le ministère des Comptes publics précise que les directeurs d’hôpitaux sont toujours invités à continuer de serrer leur budget localement… Pour les Ehpad, en revanche, ce sont 3000 postes dinfirmiers et daides-soignants qui sont annoncés, avec un objectif de 50000 dici la fin du quinquennat, quand la mission El Khomri en préconisait, elle, 18000 dici 2024.

Des coups de rabot

Si le gouvernement a mis en avant quelques mesures positives, comme son action pour renforcer la prévention et les dépistages d’infections sexuellement transmissibles gratuits pour les moins de 26 ans, il n’a pas manqué de préciser certains coups de rabot. Les laboratoires pharmaceutiques devront faire un effort à hauteur de 1,1 milliard d’euros. Tout comme les laboratoires d’analyses médicales (250 millions), l’imagerie médicale (150 millions) et les complémentaires santé (150 millions).

Espérant gagner les voix des députés de droite au moment du vote du texte, la lutte contre la fraude sociale a été martelée dans ce PLFSS. L’exécutif veut augmenter de 10 % les fraudes à la Sécurité sociale détectées (1,5 milliard d’euros cette année). Pour y parvenir, il est prêt à sortir le bâton et donner des pouvoirs de police judiciaire à certains «agents de contrôle», ou encore à autoriser le partage dinformations avec les tribunaux de commerce.

Dans cette même lignée suspicieuse, Gabriel Attal, le ministre des Comptes publics, avait annoncé dimanche que les arrêts maladie délivrés en téléconsultation ne seront plus remboursés s’ils ne sont pas délivrés par le médecin traitant ou un généraliste consulté dans les 12derniers mois. Lintérim médical en sortie d’étude, qui a explosé à lhôpital compte tenu du manque de personnel, sera aussi interdit. Sans jamais préciser comment le gouvernement compte s’y prendre pour trouver d’autres renforts.

Quant à l’internat des médecins généralistes, il sera allongé d’un an, avec des stages hors de l’hôpital et «en priorité» dans les déserts médicaux, ce qui a suscité une forte inquiétude dans leurs rangs.

 

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Le PCF dit non au nouveau plan d'austérité du gouvernement !

26 Juillet 2022, 09:06am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 22/07/2022 par PCF

Le ministère de l'Économie va transmettre le Programme de stabilité à la Commission européenne prévoyant notamment de contenir à 0,6 % par an la hausse de l'ensemble des dépenses publiques jusqu'en 2027, de reculer l'âge de départ en retraite ou encore de continuer à dégrader les droits des privés d'emploi.

Ce tour de vis financier a un nom : l'austérité !

L'austérité pour les dépenses utiles au pays, pour les services publics qui sont pourtant déjà en grande difficulté comme l'école ou la santé, pour les familles et le monde du travail, pour répondre au défi climatique.

L'austérité encore et toujours pour les collectivités territoriales et les services publics locaux qu'elles assurent. Déjà, le gouvernement se refuse à compenser le coût de l'augmentation du point d'indice des fonctionnaires sur les budgets locaux, alors que les agents publics des collectivités exercent leurs missions au nom de l'État. Comme il se refuse à compenser l'augmentation des dépenses de RSA engagées par les Départements, alors que l'État est responsable des politiques publiques en matière d'emploi.

Pas d'austérité par contre pour les grandes entreprises qui bénéficieront de nouvelles baisses des impôts de production et d'exonérations de cotisations sociales qui privent la sécurité sociale des ressources essentielles à son fonctionnement.

Pour les communistes, à l'opposé des réformes programmées, le droit à la retraite à 60 ans à taux plein et la sécurisation de l'emploi et de la formation sont des chantiers urgents à ouvrir. Et les services publics ne sont pas un « coût » à réduire pour sortir le pays de la crise. Ils sont au contraire les garants de l'égalité des droits, quand les lois du marché ne garantissent que ceux des plus riches. Ils sont le levier pour affronter le défi climatique et pour faire face au chaos économique qui s'annonce, pour soutenir les TPE-PME et nos grandes filières. Ils sont indispensables pour sortir de l'ornière creusée par des décennies de politiques au service du capital.

Les Français et les Françaises peuvent compter sur le PCF pour combattre ce nouveau programme d'austérité et être une force de proposition pour mobiliser autrement les richesses, pour l'emploi, les salaires, pour l'extension et le développement des services publics, la reconquête industrielle et la révolution écologique.

Avec le financement par la BCE d'un fonds à 0 % pour ces objectifs, au lieu de continuer à déverser des centaines de milliards d'euros vers les marchés financiers.

Avec la remise à plat des 160 Mds d'aides aux entreprises, essentiellement accaparées par les multinationales et le rétablissement des impôts sur les grandes sociétés, supprimé pendant le précédent quinquennat.

Le PCF appelle, dès la rentrée, à la mobilisation la plus large pour mettre en échec gouvernement et Commission européenne sur leur projet d'austérité budgétaire.

 

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Entre Macron et la gauche, deux conceptions du pouvoir d’achat

9 Juillet 2022, 08:43am

Publié par PCF Villepinte

Analyse Élisabeth Borne a présenté le 6 juillet son paquet de mesures face à l’inflation. Des propositions avant tout destinées à ménager le patronat et le portefeuille des actionnaires, quand celles avancées à gauche visent à instaurer une autre répartition des richesses.

Diego Chauvet L'Humanité

Publié le Samedi 9 Juillet 2022

Quand l’exécutif entend faire appel à la bonne volonté des entreprises pour concéder de symboliques remises, la gauche réclame, elle, le blocage des prix. © Frederic Scheiber/HansLucas/AFP

Les mesures adoptées en faveur du pouvoir d’achat par Emmanuel Macron lors de son précédent quinquennat étaient déjà dénoncées par l’opposition comme insuffisantes. L’inflation les a rendues encore plus dérisoires. Entre mai 2021 et mai 2022, les prix ont grimpé de 5,2 % en moyenne. Dans les mois à venir, l’addition sera encore plus salée pour des millions de ménages, alors que les salaires, dans le privé comme ceux des fonctionnaires, stagnent depuis des années. La flambée des prix de l’énergie a particulièrement entamé le pouvoir d’achat des Français, dès 2021, et encore davantage depuis la guerre en Ukraine. En conséquence, au sommet de l’État, c’est le branle-bas de combat pour tenter d’éteindre l’incendie social qui menace.

La  Macronie  brandit chèques et boucliers

En difficulté depuis la perte de leur majorité absolue à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron et Élisabeth Borne ont présenté une série de mesures, le 6 juillet en Conseil des ministres, en vue d’une adoption rapide. Sans préjuger de la bataille parlementaire découlant de la nouvelle donne politique des législatives, il semble déjà évident que le président fait appel aux mêmes méthodes que celles utilisées lors de la flambée des prix des carburants ou, quelques années plus tôt, pour calmer les gilets jaunes.

En premier lieu, les «chèques», les «remises», et divers «boucliers». La remise de 18 centimes à la pompe devrait être prolongée jusqu’à fin août, ce qui coûterait aux finances publiques 2 milliards d’euros. Le «bouclier tarifaire» en vigueur pour le prix du gaz depuis lautomne connaîtrait une prolongation jusqu’à la fin de lannée. Côté chèque, ce sont 9 millions de foyers, selon le gouvernement, qui devraient percevoir 100 euros de «chèque alimentation», augmentés de 50 euros par enfant à charge. Il y a aussi quelques nouvelles variantes.

Quelques pirouettes verbales

D’abord, un «bouclier» pour les locataires: les loyers ne pourraient pas augmenter de plus de 3,5 % pendant un an, tandis que les APL seraient revalorisées du même taux, après une baisse de 10 % depuis 2017. 3,5 %, c’est aussi ce que toucheront en plus les fonctionnaires après de longues années de gel de leur indice. Compte tenu du niveau de l’inflation, ce n’est même pas une remise à niveau.

Pour faire face aux critiques sur son ménagement du patronat et des actionnaires, le gouvernement tente quelques pirouettes verbales. Ainsi, le ministre des Transports, Clément Beaune, a indiqué que l’exécutif comptait «demander un effort aux pétroliers pour faire baisser les prix à la pompe». Par ailleurs, le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a annoncé réunir dans la semaine un comité de suivi des négociations salariales avec les partenaires sociaux.

Pour autant, hors de question selon lui de toucher au Smic et de le porter à 1500 euros net . Cette mesure phare du programme de la gauche, quil qualifie de «démagogique», mettrait «à mal la compétitivité des entreprises, et donc laccès à lemploi», ose-t-il. Essayer d’éteindre l’incendie donc, tout en préservant les bénéfices des entreprises.

Porter le  smic à 1500 euros

C’est justement la différence fondamentale entre les objectifs de la majorité (et de la droite qui défend les mêmes positions) et les ambitions de la gauche. Le projet de loi gouvernemental sera vite absorbé par une inflation qui n’est pas près de ralentir, d’autant moins que l’exécutif refuse de s’attaquer à ses causes, en premier lieu la spéculation.

Ce que fait en revanche la gauche. Plutôt que de distribuer des chèques de 100 euros de temps en temps, il faut augmenter le Smic et engager des négociations salariales pour les autres salaires.  Pour cela, la gauche propose larme du blocage des prix. Avec une telle mesure, appliquée par exemple aux carburants et aux produits de première nécessité, plus besoin daller solliciter la bonne volonté des pétroliers comme tente de le faire Clément Beaune. Ils se retrouvent d’office mis à contribution, tandis que les spéculations qui font grimper les prix du gaz depuis bien avant la guerre en Ukraine se trouveraient enrayées.

Les sénateurs communistes demandent un mission d'information sur l'inflation

Car c’est un autre angle mort du projet de loi d’Élisabeth Borne: pourquoi les prix senvolent-ils à cette allure? Certes, la crise sanitaire puis la remise en route de la machine économique mondiale ont pu jouer, de même que la guerre en Ukraine et les sanctions décidées par les pays occidentaux contre la Russie.

Sauf que la spéculation joue, à l’évidence, également de ces événements exceptionnels. Les sénateurs communistes ont demandé la création «en urgence» dune mission dinformation de la commission des Affaires économiques du Sénat afin notamment, comme le précise la présidente du groupe, Éliane Assassi, d’examiner les origines de l’inflation «et son éventuel lien avec lanticipation et la spéculation».

Cette mission «flash» pourrait ainsi amener les parlementaires à amender le «paquet pouvoir dachat» d’Élisabeth Borne avant quil ne soit voté. De leur côté, les députés insoumis ont aussi demandé la création dune commission denquête sur «les causes de linflation».

«On ne relèvera pas la France avec des Français mal payés»

Le député communiste Fabien Roussel a pour sa part déposé un projet de loi visant à baisser de 35 centimes les prix à la pompe: le financement serait assuré par une taxe sur les dividendes des pétroliers. Pour les autres mesures, plutôt qu’un «bouclier», la gauche propose également un véritable encadrement des loyers, fustigé par l'ancienne ministre Amélie de Montchalin.

Quant aux fonctionnaires, le dégel proposé par la gauche se montait à 10 %, cest-à-dire au-delà de l’inflation. «On ne relèvera pas la France avec des Français mal payés», avait justifié le communiste Ian Brossat lors de la présentation du plan durgence de la Nupes. Macron essaie de maîtriser une crise en sauvant les dividendes de ceux qui sen nourrissent, quand la gauche propose de relancer l’économie en changeant la répartition des richesses.

 

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L'INSEE le confirme, en 2022, les Français vont encore perdre du pouvoir d’achat

27 Juin 2022, 08:50am

Publié par PCF Villepinte

Avec près de 7 % prévus dès septembre, le choc inflationniste est plus fort qu’attendu. Les mesures diffusées par l’exécutif dans la presse pendant les campagnes électorales sont insuffisantes. Le pouvoir d’achat des Français devrait baisser de 1 % cette année et le salaire mensuel de base de 1,4 %.

Clotilde Mathieu L'Humanité

Publié leVendredi 24 Juin 2022

Pour les plus démunis, les banques alimentaires deviennent l’ultime recours

. © Anne-Christine Poujoulat/AFP

Après la Banque de France, l’Institut national des statistiques et des études économiques (Insee) confirme le scénario d’une inflation forte - estimée à 2,3 % - associée à une croissance faible avec un rythme trimestriel compris entre 0,2 et 0,3 %, après un premier trimestre négatif. La France éviterait donc la récession.

Pour l’Insee, la faiblesse de l’activité serait liée à deux «chocs exogènes»: la poursuite de la guerre en Ukraine et la situation sanitaire en Chine, qui compte tenu de sa stratégie «zéro Covid» continue davoir un «fort impact sur les chaînes de valeur mondiales». Le scénario de croissance est donc «assez modéré par rapport à un scénario de reprise post-covid, mais correspond peu ou prou à la moyenne de la dernière décennie», analyse le chef du département conjoncture, Julien Pouget.

Un scénario assez optimiste, estime Frédéric Boccara. L’économiste communiste pointe notamment la remontée des taux d’intérêt impulsée par la Banque centrale européenne dès juillet pour lutter contre l’inflation qui «pourrait avoir un effet négatif plus important sur la croissance, voire même entraîner une récession».

Pour l’heure, l’inquiétude porte surtout sur le niveau de l’inflation jugé «préoccupant» qui «appelle à la vigilance». Selon lInsee, la hausse de prix se généraliserait et poursuivrait sa montée jusqu’en septembre avant de se stabiliser autour de 7 %. La poussée viendrait «majoritairement de celle des produits hors énergie», et particulièrement des produits alimentaires et manufacturés. Une prévision «entourée dincertitudes, concernant notamment la dynamique des cours du pétrole, du gaz et des matières premières dans les prochains mois».

Pour Frédéric Boccara, cette hausse des prix est bien plus systémique. Et de lister quatre causes importantes et profondes. D’une part, une «inadéquation entre la poussée de la demande, la réponse aux besoins face à une offre, une production très insuffisante». Mais aussi le fruit de l’énorme masse de liquidités qui est venue arroser le pays sans production, ce qui a développé «une gigantesque spéculation».

Preuve, «les capitalisations boursières, la valeur du capital, ont progressé en France de plus de 60 % par rapport à 2019», souligne-t-il. Troisièmement, poursuit le responsable du PCF, les comportements de marges des entreprises pour maintenir leur taux de profit contribuent à pousser les prix vers le haut. Sans oublier, «la structure de la production qui est très consommatrice en matières premières (lithium, cuivre, hydrocarbures)».

Si cette flambée des prix n’épargne personne, elle touche en revanche particulièrement les plus modestes, ceux vivant en zone rurale (+ 1 point), dans les petites villes (+0,4 point) les plus de 75 ans (+0,8 point) ou encore les agriculteurs (+ 1,1 point), liste l’Insee.

Face à cette montée des prix, les mesures gouvernementales ont également montré leurs limites. Selon l’Insee, le bouclier tarifaire et la remise à la pompe auraient permis de contenir l’inflation de 1,5 à 2 points. Autrement dit sans ces mesures, les prix auraient progressé en mai de 7 % contre les 5,2 % observés. Pourtant, estime Frédéric Boccara, «le bouclier tarifaire est une mauvaise solution qui ne permet pas de faire baisser les prix. Dans le sens où ce sont les classes moyennes qui in fine au travers de leurs impôts vont payer les marges de profits des grands groupes. Cela revient à ce que nous alimentions le capital».

L’Insee a également mesuré l’effet des mesures sur le revenu des ménages qu’Emmanuel Macron avait distillé dans la presse. L’Insee a pris en compte la reconduction et triplement de la prime Pepa, la revalorisation de 3 % du point d’indice dans la fonction publique, de 4 % des retraites et minima sociaux, prime d’activité, suppression de la redevance télé…

Ensemble, elle permettrait d’améliorer le revenu disponible brut des ménages d’un point seulement. Ce qui ne permettrait pas de compenser l’effet prix. Ainsi, le revenu des ménages baisserait de 1 % en 2022. D’autant que malgré la multiplication des luttes sur les salaires, le salaire mensuel de base devrait baisser de 1,4 % en 2022.

L’urgence est de les augmenter, bien au-delà du Smic, insiste Frédéric Boccara. Pour cela, «il est nécessaire de conduire en même temps des mesures durgences qui touchent la demande tout en réalisant des réformes structurelles qui modifient le comportement des entreprises».

L’économiste propose ainsi de revoir la conditionnalité de lensemble des aides aux entreprises (160 milliards deuros), afin de contraindre les entreprises à conduire une autre politique salariale. Il en va de même pour les formations et les normes de production. «La sélectivité devient la question majeure. Elle doit traverser toute la société, tous les niveaux, de la politique budgétaire à la politique monétaire».

 

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Inflation et pouvoir d’achat – Quelles causes et que faire ?

15 Juin 2022, 10:18am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 15/06/2022 par PCF

Une inflation qui n’est pas transitoire et exige de commencer à changer de logique

E. Macron, E. Borne, leurs ministres et les médias dominants prétendent que l’inflation et l’énorme souffrance du pouvoir d’achat est un problème transitoire qu’il suffit de régler avec quelques rustines et « chèques cadeaux » que, soit dit en passant, il fera payer par les couches moyennes salariées.

 

Au contraire, le pouvoir d’achat est une question politique qui nécessite de changer de logique par des mesures immédiates, mais ouvrant vers un changement de système. Au cœur de celles-ci, la question des salaires et de l’emploi, et donc des entreprises qu’on abreuve d’aides publiques en leur laissant « toute liberté ».

Mais c’est aussi la question des services publics et des revenus de « remplacement » écrasés (retraites, minima sociaux, allocations formation) car les entreprises refusent de les financer, d’embaucher et de payer correctement. Il faut s’opposer au capital en agissant sur les gestions des entreprises qu’il domine. On peut l’engager immédiatement.

Un pouvoir d’achat mis en cause par l’inflation et par des revenus insuffisants

Le pouvoir d’achat est attaqué à deux bouts : 1. la hausse des prix s’emballe et atteint des taux jamais vus depuis des décennies, 2. les revenus sont attaqués par le blocage salarial engagé depuis longtemps, par le mitage de l’emploi (chômage, précarité) et des dépenses sociales.

Le prix du carburant atteint des sommets ainsi que celui de l’électricité (+28 % en moyenne pour l’énergie à la consommation), certains produits alimentaires aussi (jusqu’à +40 % pour les pâtes), mais aussi pour les entreprises celui de l’électricité industrielle (+50 %) ou du lithium (x5 en un an !) ou du cuivre. En un mois, avec quatre pleins d’essence, une facture d’électricité, de gaz et un loyer, un Smic est quasiment absorbé.

Plus généralement, la hausse de l’ensemble des prix à la consommation (inflation) accélère et dépasse 5 % en France (5,2 %), dépasse les 8 % en Allemagne (8,7 %) et pourrait atteindre les 10 % aux États-Unis. Elle est très élevée dans les pays émergents et du Sud (et même 70 % en Turquie). Les prix industriels inter-entreprises ont augmenté de 30 % en un an (énergie +60 %).

Au total, l’inflation attaque le pouvoir d’achat « il a même reculé de 1,9 % au premier trimestre, d’après l’Insee, recul historique» car les salaires et les revenus de remplacement (retraites, minima sociaux…) progressent moins vite que les prix des biens (dont le carburant), des services (dont le logement et l’énergie). En outre, une part importante de la consommation échappe de plus en plus aux services publics gratuits (santé, éducation) ou bon marché (Sncf, Edf).

Une inflation du capital et de l’insuffisance de développement humain et écologique

Cette inflation est une inflation du capital, des profits et de l’insuffisance de développement des capacités humaines (emploi, services publics) et écologiques :

1. La valeur du capital est hyper-gonflée financièrement (+60 % en 2 ans, pour le CAC 40) et il est suraccumulé.

2. Pour maintenir son taux de profit, il demande donc plus de profit, en augmentant ses marges.

3. En spéculant.

4. L’insuffisance de la production (PIB) devient patente face à l’énormité de la masse de monnaie qui a été créée.

5. Cette production insuffisante est liée à l’insuffisance criante d’embauches et d’emploi et aux pénuries de certains composants

. 6. Elle se conjugue avec l’insuffisance des services publics.

7. Tandis que la production est plus que jamais consommatrice de matières premières (lithium, cuivre, hydrocarbures…).

Une exaspération de la crise

Après une longue période d’inflation financière (capital, immobilier) depuis le milieu des années 1980, mais dont l’effet sur les prix a été masqué par la déflation salariale et sociale, on a une sorte d’emballement structurel des prix. On ne renoue pas avec l’inflation des débuts de la crise systémique de suraccumulation des années 1970. L’emballement semble être en partie d’une nouvelle nature car l’insuffisance de développement humain et écologique s’exaspère, ainsi que les limites de la globalisation néolibérale, tandis que le gonflement du capital par toutes sortes d’aides et par la spéculation financière atteint des niveaux inouïs. Cela fait exploser les prix.

S’y concentrent l’ensemble des maux systémiques de la crise, d’autant plus que les salaires et revenus de remplacement ne suivent pas. La réponse à la pandémie et à la crise a considérablement élargi le déséquilibre entre l’excès d’offre de monnaie soutenue par les banques centrales et l’inefficacité sociale de l’offre de biens et services utiles engendrée par l’obsession de rentabilité financière déchainée par le choc pandémique. La course des multinationales pour financer leur R&D par des marges accrues de profits, la R&D pour des sauts technologiques dans plusieurs secteurs (aéronautique, automobile, semi-conducteurs, IA, médicament, etc.), vient encore envenimer les choses.

1. Causes (résumé)

• Déclenchement de l’inflation :

- Sortie des confinements : Chaînes mondiales d’activités désorganisées + production insuffisante car on n’embauche pas et on ne forme pas assez.

- Spéculation sur les matières premières (pétrole, gaz, lithium, cuivre) et alimentaires (démultipliée par la guerre en Ukraine)

• Explication

- Les masses d’argent (aides + création monétaire BCE) sont allées aux profits, pas à l’emploi, très peu à la production. Or, beaucoup plus de monnaie pour la même production entraîne, toutes choses égales par ailleurs, des prix plus élevés de cette production.

- Une production qui consomme toujours plus de matières premières, parce que les entreprises n’ont pas engagé de véritable transformation productive

• Raison profonde : la domination du capital

- L’envolée de sa valeur (+60 % en 2 ans) exige que, pour au moins maintenir son taux de profit, il augmente ses profits, gonfle ses marges.

- Ses pouvoirs dans les entreprises, les banques et sur les aides d’État lui permettent de s’opposer à une utilisation de l’argent (aides publiques, crédit) pour l’emploi, les salaires, le pouvoir d’achat, les services publics.

- Il spécule, délocalise, investit contre l’emploi, accumule toujours plus.

2. Remèdes de fond (que viser) :

Augmenter l’ensemble des salaires (dont le SMIC, mais pas seulement).

Développer l’emploi. En obtenant des entreprises qu’elles créent des emplois et développent la formation des salariés, ce seront des centaines de milliards de richesses supplémentaires qui seront créées, et qui permettront d’augmenter les salaires sans risque inflationniste.

- Qualifier, former et rémunérer la formation.

- Développer les services publics (santé, éducation, transports, énergie, logement social…).

- Engager un tout autre type de production, écologique et sociale.

3. Propositions. Réponses

Immédiates qu’un gouvernement peut mettre en œuvre dès l’été.

- Salaires et revenus publics + Smic : Augmenter le Smic (1 900 euros brut, 1 500 net, en mensuel).

- Augmenter le point d’indice des fonctionnaires (+10 % tout de suite, aller vers +30 %).

- Augmenter les minima sociaux et les retraites, faire bénéficier les plus de 18 ans des mêmes droits que tous les adultes (RSA…).

Jeunes

- Instaurer un revenu d’autonomie-formation supérieur au seuil de pauvreté, pour tous les jeunes de plus de 18 ans s’engageant dans un projet de formation.

- Rémunérer les stagiaires et apprentis à 80 % du Smic horaire.

Financement et leviers

- Salaires des entreprises : Conditionner les aides publiques aux entreprises (100 à 200 Md€, selon les estimations) à des augmentations salariales conséquentes, nettement supérieures à l’inflation, et à l’instauration de l’égalité salariale femmes-hommes. Cette mesure peut être appliquée immédiatement, par décret, plus rapidement que les conclusions de négociations salariales. Exemple : Carrefour bénéficie de 700 millions d’exonérations sociales issues de l’ex-CICE, soit 7 000 euros par salariés !

- PME-TPE : Mobiliser le système de bancaire (notamment public) pour appuyer les TPE/PME dans cette augmentation des salaires, avec des taux de prêt d’autant plus bonifiés que leurs investissements développent les salaires et l’emploi.

- Emploi : Engager immédiatement des « pré-recrutements » de jeunes à l’hôpital (jusque 100.000) et à l’éducation nationale (jusque 60.000), dans un cadre revalorisé (salaires temps et conditions de travail) : c’est-à-dire une entrée en formation spécifique, un présalaire durant cette formation et un engagement d’emploi après la formation, en contrepartie d’un engagement du jeune à y travailler un certain nombre d’années.

- Financement : Mobilisation du pôle public bancaire existant déjà (à élargir par la suite avec des nationalisations) pour alimenter un Fonds national, puis européen, de développement des services publics pour les financer par des avances à 0 % issus des crédits de la BCE. Ces avances financeraient notamment les pré-recrutements et le Fonds reprendrait les dettes passées (hôpital, Sncf…) pour que ses intérêts tombent à 0 %.

Réunion d’une conférence salaires, emploi, formation et transformation productive (et pas seulement salaires), instaurant des conférences permanentes de suivi (puis à terme d’élaboration).

Prix

- Bloquer les loyers et les prix d’un certain nombre de produits de première nécessité.

- Instaurer une transparence sur la formation des prix et des marges (il ne s’agit pas de figer certaines marges de la grande distribution au détriment des petits producteurs), avec des comités de suivi par département munis de pouvoirs contraignants, une obligation d’information des travailleurs dans les entreprises par le patron, un droit de saisine de ces comités par les représentants élus des travailleurs ou les représentants de la population (cf. projet de loi Chassaigne « visant à encadrer les marges de la grande distribution et à garantir le revenu des agriculteurs »).

Spéculation et marchés

- Suspendre et remettre en cause le fonctionnement du « marché » européen de l’électricité (aujourd’hui tarifée en instantané au prix de l’énergie la plus chère !).

- Interdire l’achat à terme « à découvert » de matières premières et alimentaires, en France ; porter cette mesure dans l’UE et au niveau mondial (comme une mesure temporaire pour permettre son application immédiate).

- Mobiliser les stocks alimentaires européens et mondiaux existants.

Dollar

- Porter la proposition de ne plus libeller les achats internationaux en dollar, mais dans une monnaie commune mondiale nouvelle, non soumise au dollar.

Moyen terme

- Le financement de ces mesures se fait par des avances qui seront recouvrées sur la croissance d’activité à venir, et ne nécessite pas d’impôts spécifiques en regard.

- Nationalisation d’entreprises stratégiques et de poids.

- Une autre politique du crédit.

- Engager une véritable transition écologique et sociale des entreprises et de la production.

- Institutions de suivi et de planification décentralisée, sociale et écologique : des conférences permanentes démocratiques « Emploi, salaires, formation, transformation productive » nationale et décentralisées dans tous les territoires, où sont pris des engagements, qui disposent d’un levier financier (crédit + aides publiques) et organisent un suivi du respect des engagements, avec la possibilité de pénaliser ou de renforcer les aides.

4. Initiatives (du PCF)

- Conférences de presse dans tous les départements, qu’ils aient des candidats communistes ou pas, selon les cas, faisant connaître nos propositions et celles déposées par nos députés durant la mandature précédente.

1. Interpellation de l’État (préfets, délégation nationale ?) pour exiger une autre conditionnalité des aides publiques.

2. Interpellation des banques pour exiger d’autres critères à leurs prêts.

3. Interpellation de l’État et des ARS pour engager des pré-recrutements immédiats.

4. Interpellation pour la création d’un Fonds de financement des services publics, français puis européen, à 0%, avec le pôle public bancaire et les crédits du la BCE.

- Un appel national (sur change.org) à soutenir ces quatre points.

- AG des communistes pour les mobiliser, les outiller, les former et tenue d’une campagne nationale du PCF qui ira au-delà des législatives.µ

 

Frédéric Boccara et Commission économique

le 29 mai 2022

 

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Inflation : agir vite pour les étudiants !

19 Mai 2022, 06:47am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 18/05/2022 par PCF

De nouveau, nous voyons de plus en plus d’étudiants et d’étudiantes au sein des files de distribution alimentaire. L’inflation de ces dernières semaines a fait exploser les prix des produits de première nécessité, alors que l’alimentation représente le second poste de dépense pour les étudiants.


Le coût de la vie étudiante ne cesse d’augmenter, et une nouvelle hausse des prix est à craindre du fait du contexte international. Le prix des pâtes a augmenté de 15,3 % sur l’année (42,8 % pour les    marques premiers prix), celui de l’huile a pris 10 %. Il devient difficile pour les étudiants et les étudiantes de remplir le frigo sans vider leurs porte-monnaie.


La crise sanitaire avait déjà lourdement attaqué les finances des jeunes en formation et la solidarité était devenue la seule solution pour survivre. Nous refusons de revoir les images de files sans fin devant les banques alimentaires. Nous ne voulons plus des miettes d’un gouvernement qui ignore la précarité des jeunes et en particulier des étudiants et des étudiantes.


Pour que les étudiants et les étudiantes puissent vivre et étudier dignement, l’Union des étudiants communistes revendique des mesures d’urgence pour stopper l’hémorragie : nous revendiquons un blocage des prix et la remise en place des repas CROUS à 1 € pour toutes et tous.


Mais les actions d’urgence ne suffisent pas. Il faut des solutions à long terme qui garantissent le droit d’étudier dans les meilleures conditions possibles. C’est pour cela que nous demandons la mise en place d’un revenu étudiant d’un montant minimum de 850 € par mois, la construction de 350 000 logements étudiants et de nouveaux restaurants universitaires afin que chaque étudiant puisse vivre dignement.


Alors qu’un étudiant sur deux est déjà dans l’obligation de se salarier pour financer ses études, et que 20 % des étudiants vivent déjà sous le seuil de pauvreté, l’inflation risque de propulser nombre d’étudiant·e·s dans l’extrême précarité. La société ne peut pas laisser les étudiant·e·s étudier dans la précarité et dans des conditions indignes ! Exigeons les conditions adéquates à la réussite de nos études !


Léna Raud
UEC

 

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Sujet d’inquiétude

5 Mai 2022, 07:01am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 04/05/2022 par PCF

Les élections passent, les soucis restent : selon le sondage CSA pour le JDD, réalisé le 27 avril, à la question : « Parmi les sujets suivants, quels sont ceux qui vous préoccupent le plus personnellement ? », 46 % répondent le pouvoir d’achat.

« C’est une préoccupation transversale, estime une directrice du CSA. Quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle, il apparaît comme un sujet d’inquiétude majeur pour les Français. » Loin devant la guerre en Ukraine ou la santé, loin devant aussi l’insécurité.

À propos de ce dernier sujet, le JDD a ce curieux commentaire : « L’insécurité est pourtant une préoccupation qui est très sensible aux séquences électorales, mais la sauce n’a pas pris pendant la campagne. »

Gérard Streiff

 

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LE DÉBAT Comment garantir l’épargne populaire ?

2 Février 2022, 07:41am

Publié par PCF Villepinte

Alors que les taux des livrets ont légèrement remonté au 1er février 2022 et que l’encours total des différents livrets augmente fortement, la part de l’épargne des plus modestes marque, elle, le pas.

Publié le Mardi 1 Février 2022 L'Humanité 

Pierre Chaillan

La question aujourd’hui est celle de savoir si les plus démunis auront les capacités d’épargner dans un contexte où leur pouvoir d’achat recule.

Véronique Riches-Flores, économiste indépendante chez RF Research

Le livret A n’est pas un produit d’accumulation d’épargne pour les plus modestes. Sur les 343 milliards de ses encours, pas loin des deux tiers (64 %) sont détenus par les 17 % des catégories de Français les plus aisés. Autant dire que les plus démunis profiteront peu de la remontée de son taux de rémunération. Quand bien même ils pourraient retirer davantage du livret d’épargne populaire (LEP), dont le taux d’intérêt passe à 2,2 %, la vraie question n’est pas tant la rémunération de l’épargne populaire que sa constitution. Or, la capacité d’épargne des ménages les moins aisés s’est considérablement réduite ces dernières décennies.

Cela tient en priorité à la longue période de restriction salariale qui a pesé sur le pouvoir d’achat des salariés les moins qualifiés et, par là-même, sur leur capacité d’épargne. S’est ajouté à ce phénomène le fait que les dépenses incompressibles occupent une place de plus en plus importante dans le budget des ménages, tout particulièrement pour les moins aisés. L’augmentation du coût du logement locatif en est la principale cause, mais c’est également le cas du coût des assurances ou des frais de transport et de scolarité, quand un certain nombre de dépenses, hier accessoires, sont devenues incontournables, tels les équipements informatiques et de communication. En grevant une proportion croissante des revenus, ces dépenses ont confisqué, pour beaucoup, leur capacité d’épargner.

L’épargne populaire s’est donc érodée avec le temps, ce qui s’accompagne d’une plus grande insécurité et réduit l’accès aux ressources financières qu’elle pourrait procurer.

Dans un régime équilibré, le surcroît de revenus non consommés doit permettre la constitution d’un capital synonyme d’un certain enrichissement au fil de la vie. C’est ainsi qu’au cours des Trente Glorieuses, l’ascenseur social a pu fonctionner. Plus récemment, dans de nombreux pays émergents, des centaines de millions de personnes déshéritées ont pu accéder par leur travail à la constitution d’un patrimoine dont la première utilité est de protéger des aléas de la vie. On évoque généralement ces périodes de l’histoire comme des phases de prospérité.

La disparition de cette possibilité d’épargner pour une proportion croissante de la population a de profondes conséquences sur nos sociétés, sur la relation au travail et la relation à l’autre, avec pour effet de fractionner de plus en plus les populations entre les possédants et les non-possédants, pour lesquels l’espoir de parvenir à posséder est d’autant plus réduit que le prix des actifs, financiers ou immobiliers, s’est fortement renchéri au fil du dernier quart de siècle éloignant le plus grand nombre de possibilités d’acquérir.

Garantir l’épargne populaire est indissociable de la question du niveau de vie des populations les plus fragiles, de leur pouvoir d’achat et de la répartition qu’en fait notre modèle économique.

Le système financier entend mettre hors jeu les salariés de la gestion et de l’utilisation de leur argent. Il faut au contraire créer une nouvelle maîtrise sociale.

Jean-Marc Durand, membre de la commission économique du PCF

L’épargne populaire est confrontée au défi considérable de l’inflation. Au rythme de 2021 (2,8 %), avec le taux que propose le livret A comme celui du livret de développement durable et solidaire (LDDS, ancien Codevi), certes porté à 1 %, ainsi que celui du LEP (2,2 % en février), on sera loin du compte.

En tout cas, bien loin du rendement des placements en actions! Pourtant, lexonération fiscale dont bénéficient ces livrets est vilipendée au prétexte quune famille de deux parents et deux enfants peut épargner sur ceux-ci jusqu’à 116000 euros hors toute fiscalité et prélèvements sociaux. Précisons que le livret A et le LDDS sont respectivement plafonnés à 22950 euros et 12000 euros, et que le LEP est, lui, plafonné à 7700 euros.

Que sont ces placements, sauf une épargne de précaution permettant de faire face à des coups durs? Et, même pour cela, le système bancaire nassurerait pas un rendement permettant de récupérer sa mise! Au cours des dernières années, on a assisté à une concentration et à un gonflement de leur encours total.

Une évolution qui suit celle de l’héritage et qui tend à s’éloigner de la notion d’«épargne populaire» au sens de celle des moins fortunés. Cela se comprend. Les moins fortunés le sont encore davantage quil y a dix ou quinze ans. Seul le haut de ce panier a continué à épargner et de plus en plus. Mais on est encore loin des rendements du CAC 40!

Et un fait ne change pas. Cette épargne est de l’argent gratuit pour les banques, qui l’utilisent comme matelas pour accorder du crédit, voire se lancer dans des opérations financières. Des sommes auxquelles s’ajoutent celles provenant des salaires et des pensions, et dont les banques font en grande partie ce qu’elles veulent, appliquant Agios et frais de gestion bancaire, et décidant quasiment du paiement des factures à la place des intéressés eux-mêmes. Une manière comme une autre de mettre la main sur l’argent des salariés, fruit de leur travail, et de les mettre hors-jeu de la gestion et de l’utilisation de leur argent. Un grand bond démocratique est urgent en ce domaine.

Au cœur des capacités d’épargne sont les rémunérations. Comment épargner lorsqu’on n’arrive pas à boucler les fins de mois? Par ailleurs, vivre dans de bonnes conditions, est-ce forcément épargner, surtout si on dispose de services publics garantissant un libre et égal accès pour tous à tout ce qui concerne les biens communs de la vie?

Enfin, sagissant des capacités de financement des banques, ont-elles besoin de l’épargne populaire pour cela? Ne disposent-elles pas d’autres moyens comme l’argent de la Banque centrale européenne (BCE) qui les alimente et qu’elles devraient utiliser pour financer des investissements créateurs de richesses à partir de critères sociaux et environnementaux, au lieu soit de replacer cet argent soit de l’utiliser dans des opérations douteuses? Une nouvelle maîtrise sociale de largent, de sa création à son utilisation en passant par sa répartition, est une urgence!

 

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Silence total d'Emmanuel Macron sur la hausse des salaires et des pensions de retraite

12 Novembre 2021, 10:27am

Publié par PCF Villepinte

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Dernier budget du quinquennat – Le président des riches fidèle à ses valeurs

2 Novembre 2021, 12:36pm

Publié par PCF Villepinte

Le dernier budget du quinquennat porte, comme les précédents, la signature du président des riches. En 2022, la baisse des impôts se poursuivra, pour le plus grand profit des premiers de cordée : 5 milliards avec le dégrèvement de la taxe d’habitation pour les plus aisés, 3 milliards pour les grandes entreprises avec la baisse à 25 % du taux supérieur de l’impôt sur les sociétés.

 

Pour les plus jeunes, pour les plus fragiles, pour les retraités ? Toujours rien. Aucune mesure de justice fiscale ou de solidarité, en dépit d’une crise qui a aggravé les inégalités. Notre pays, l’un des plus riches du monde, recense désormais une personne sur cinq en situation de pauvreté, selon une étude de l’Insee, publiée le 1er septembre 2021.

Le pouvoir d’achat des Français s’effondre, laminé par les hausses successives des prix de l’énergie, des produits alimentaires, des carburants, des mutuelles et de tant d’autres biens de première nécessité. Et pendant ce temps-là, les actionnaires du CAC 40 engrangent sans vergogne des milliards de dividendes, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes s’envole de 30 % en un an, tandis que le ruissellement tant promis fait figure de conte pour enfants, comme vient de le démontrer le récent rapport de France Stratégie.

Voilà le bilan accablant d’une politique budgétaire entièrement dédiée aux nantis et aux multinationales. D’un côté, la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune, de l’ « exit tax », la mise en place de la « flat tax », c’est-à-dire le plafonnement des impôts sur les revenus du capital, soit au moins 4 milliards d’euros de cadeaux annuels. De l’autre, la baisse de 5 euros des APL, la hausse de la CSG pour les retraités, le refus de l’extension du RSA pour les jeunes, la réforme de l’assurance-chômage…

Mais au-delà de la diminution des impôts pour les plus riches, la véritable obsession de ce gouvernement est de réduire la place de l’État dans l’économie. Pour parvenir à ses fins, il le prive méthodiquement de ses moyens. En cinq ans, ce ne sont pas moins de 50 milliards d’euros qui auront manqué chaque année au budget.

Conjuguée au chantage sur la dette publique, cette perte intentionnelle de recettes fiscales ouvre grand la voie à une baisse drastique des dépenses sociales, présentée comme inévitable. Rien de plus facile, dans un système soi-disant déficitaire, que de faire passer de véritables régressions sociales, comme la réforme des retraites, heureusement avortée ou celle, hélas mise en œuvre, de l’assurance-chômage.

Dans ce contexte, inutile d’espérer des mesures à la hauteur des enjeux, pour assurer la transition écologique, redonner des moyens à notre système de santé, un nouveau souffle au logement, une ambition élevée pour l’éducation de nos enfants.

Des marges budgétaires conséquentes sont pourtant à portée de main pour construire un autre modèle de société. Le scandale des Pandora Papers, avec ses 11 300 milliards d’euros détournés dans les paradis fiscaux, soit un peu moins que le PIB de l’Union européenne, souligne l’ampleur du vol commis au détriment des États.

Nous, communistes, portons une autre vision de la société, plus équilibrée, où chacun participe et paie sa juste part d’impôt, avec une progressivité réaffirmée, une imposition du capital et les moyens pour lutter contre la fraude fiscale. C’est cela que nous proposerons lors des prochains mois.

Fabien Roussel, député du Nord

candidat à la Présidence de la République

 

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