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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

VILLEPINTE aricle paru dans le Parisien du 28 décembre

30 Décembre 2010, 13:56pm

Publié par PCF Villepinte

Il veut restituer la carte d’état-major du tsar
René Magne, ancien résistant communiste, veut rendre à la Russie un document militaire que lui a confié, le 31 décembre 1939 à Paris, le dernier chef d’état-major de Nicolas II.
CAROLE STERLÉ | 28.12.2010, 07h00

Deux heures suffisent à peine pour approcher le secret de René Magne. Comme un livre ouvert, cet ancien résistant communiste, 90 ans en mai prochain, n’en finit pas de citer des dates et des noms qui expliquent son combat. Son secret tient en une carte de 2,20 m sur 1,90 m, immense morceau de papier tissé, abîmé par le temps et précautionneusement rangé sous clé à la mairie de Villepinte.

C’est une carte d’état-major militaire d’Europe du tsar Nicolas II (dernier tsar de Russie, de 1894 à 1917), « authentifiée », assure René Magne, qui voudrait la voir officiellement restituée à la Russie.
C’était il y a presque soixante et onze ans jour pour jour. Le 31 décembre 1939, quelques mois après le début de la guerre avec l’Allemagne. Il neigeait, René Magne avait 18 ans et vivait à Paris. Il fréquente le milieu des Russes blancs expatriés. Et ce soir de réveillon, le jeune Magne est invité par sa prof de russe, mariée à un officier ukrainien, pour la Saint-Sylvestre. « Au salon, on me présente le dernier chef d’état-major de Nicolas II. Il m’a confié cette carte et m’a demandé de la garder précieusement et surtout de ne jamais la remettre à la police. Il refusait que cette carte serve à attaquer son pays. » Il se souvient de cette soirée avec précision. « On a tous mis nos mains au centre et crié en russe Malheureux ennemi. » Le pacte était scellé et le secret bien gardé.
Cette carte, explique René Magne avec force détails, était des plus stratégiques. Spécialement imprimée en 1915 pour le tsar, elle avait été utilisée juste après la Première Guerre mondiale par le général français Weygand, envoyé à Varsovie pour soutenir les Polonais contre les Soviétiques. Il avait souligné de traits rouges une vingtaine de noms de villes, autant d’objectifs de combats. Les batailles s’étaient conclues par l’annexion de territoires biélorusses et ukrainiens, ce que les Russes blancs ont toujours reproché à Weygand. Dix-neuf ans plus tard, ces derniers ne voulaient surtout pas que Weygand, chargé d’attaquer les champs de pétrole vers Bakou, puisse utiliser de nouveau cette carte. Un autre temps qu’en 2010, à l’heure d’Internet, on peine à imaginer.
Si René Magne accepte aujourd’hui de dévoiler ce secret, c’est que 2010 a été consacrée année croisée de la France et de la Russie, signe, selon l’infatigable communiste écolo, que « la guerre froide est enfin terminée ». Pour remettre ce document diplomatique, il aimerait une cérémonie officielle, entre chefs d’Etat. Il peut compter sur le soutien de la ville de Villepinte, qui appuie sa demande. Par la même occasion, il aimerait aussi qu’on lui reconnaisse officiellement ce grade de « général de la résistance franco-russe », confié par ce chef d’état-major, ce soir du 31 décembre 1939, dans le huis clos d’un appartement parisien.
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