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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Une union populaire en gestation( article à méditer fortement)

21 Octobre 2010, 18:35pm

Publié par PCF Villepinte

Par Patrick Le Hyaric                                           jeudi 21 octobre 2010

 le hEn refusant de retirer son texte d’abrogation du droit à la retraite à 60 ans, le pouvoir sarkozyste creuse, chaque jour un peu plus, le fossé le séparant d’un peuple qui rejette majoritairement cette contre-réforme et soutient les mouvements sociaux.

Il n’y a qu’une issue possible : retirer ce texte et reprendre un grand débat public sur les enjeux en cause. Au lieu de la discussion, du dialogue, de l’écoute de la profondeur du rejet de son texte, le pouvoir utilise la force, la violence, la division et la peur. Or, il devrait se rendre à l’évidence. Depuis qu’a été annoncé ce projet, une majorité s’est construite et renforcée, au fil des semaines, contre l’abrogation du droit à la retraite à 60 ans. Les forces progressistes ont déjà gagné sur plusieurs questions fondamentales.

D’abord, grâce au travail des syndicats, à leur unité, à l’appel d’ATTAC et de Copernic, aux numéros spéciaux de l’Humanité, -qui a été le seul journal à publier les textes-, à l’action des parlementaires de gauche et écologistes à l’Assemblée Nationale et au Sénat, à la proposition alternative des groupes communistes et partis de gauche, les français ont maîtrisé et se sont appropriés les termes du débat comme ce fut le cas pour le traité de Lisbonne.

En second lieu, la conscience de l’injustice de ce projet s’est aiguisée. L’affaire Woerth-Bettencourt a accéléré le processus, mais il était en germe depuis le vote du bouclier fiscal, les stocks options, les retraites chapeaux, et les déclarations d’un Premier ministre annonçant que le pays est en faillite, quelques semaines avant qu’on ne trouve des centaines de milliards pour renflouer les banques. L’idée a grandi que le pillage du travail s’est accentué ces dernières années au seul profit du capital, contre l’intérêt général.

Cela amène à la troisième donnée fondamentale : plus ou moins confusément, une majorité prend conscience que la crise globale actuelle trouve sa source dans cette injuste répartition des richesses et aussi dans la manière de les produire. L’un des repères fédérateurs de la mise en mouvement des salariés, des retraités et des jeunes est l’aspiration à l’égalité, grand principe républicain et révolutionnaire. Ce marqueur français parcourt toutes les étapes des avancées sociales et politiques dans notre pays. Il est relié à celui de l’indispensable solidarité intergénérationnelle.

La force de ces valeurs, ancrées au plus profond du peuple, conduit le pouvoir et certains médias à cacher le sens et la portée des nouveaux engagements de la jeunesse. Elle sait qu’elle accèdera à la retraite aux alentours de 70 ans, avec le projet sarkozyste. Le taux de chômage moyen parmi les jeunes de 15 à 24 ans est de 23%. L’âge moyen de leur accès à un emploi stable est tardif : 27 ans. Avec le recul de l’âge de la retraite, ils risquent de connaître au moins deux années supplémentaires de précarité, dans un contexte où le soutien financier des parents et grands-parents sera amoindri car le nombre de retraités pauvres ne cesse d’augmenter. De plus en plus nombreux sont celles et ceux qui font le lien entre la nécessaire création d’emplois, le plein emploi et l’augmentation des rémunérations du travail, un nouveau partage des richesses, une nouvelle façon de les produire et une bonne retraite à taux plein à 60 ans. Le niveau d’exaspération populaire est de plus en plus élevé, dans un contexte où l’angoisse face à l’avenir ne cesse de s’aggraver. Une sorte de « crise de l’avenir ou de l’à-venir » tenaille nos concitoyens, toutes générations confondues. Un mouvement d’une telle ampleur et d’une telle qualité interpelle également les forces de gauche dans leur ensemble, à qui nos concitoyens réclament, au cœur de ce mouvement, l’unité pour un projet de société progressiste totalement neuf. Faute de répondre à cette aspiration, le risque d’impasse ou de solution populiste ou extrémiste existe. Il faut donc avoir l’audace du débat au cœur de cette unité populaire en germe.

La raison devrait commander au pouvoir d’écouter le peuple qui réclame le retrait immédiat de ce projet. Le pouvoir n’a aucune légitimité pour abroger la retraite à 60 ans, puisque M. Sarkozy avait déclaré solennellement, à plusieurs reprises, qu’il n’avait aucun mandat pour cela. Ces changements de langage, ces reniements sont partie intégrante du détournement des français, y compris les électeurs de droite. Mais peut-être apprendra-t-on demain que derrière cette contre réforme se cache un nouveau scandale. En effet le texte ouvre la porte à la retraite par capitalisation. Et un amendement centriste pousse à ce qu’il appelle une « réforme systémique ». En clair, cela veut dire qu’il faut abandonner le système par répartition. Mais voilà que le frère du Président de la République, M. Guillaume Sarkozy prépare avec sa société « Malakoff Médéric » un système d’alliance avec des filiales de la Caisse des Dépôts et de la Caisse d’Epargne pour créer… un système de retraite complémentaire privé, auquel seraient contraints de souscrire les salariés après l’actuelle contre-réforme, car leur niveau de pension baisserait forcément. Bref, le Premier ministre a tenté encore dimanche de faire croire qu’il veut sauver la retraite par répartition. En fait il est en train de servir les assurances privées et les marchés financiers. En qualifiant le projet de taxation du capital « d’escroquerie », il a révélé sa vraie nature.

Même voté, le parcours de ce texte n’est pas terminé. Il peut encore être retiré pour ouvrir enfin l’espace à une négociation approfondie avec les syndicats, la contribution des parlementaires après un débat public et une consultation populaire. En fait, il semblerait que la France n’ait plus de gouvernement. Un gouvernement gouverne en écoutant le peuple. Ici, nous avons à faire à une petite équipe, sorte de « directoire » réuni autour d’un monarque qui croit pouvoir manipuler les françaises et les français en n’écoutant que la petite minorité des grands fortunés. Ils se trompent et se perdent.

 

Retraites

 

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