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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Témoignage

21 Février 2010, 08:05am

Publié par PCF Villepinte

"Les MJC fabriquaient des hommes libres, là était peut-être le danger…"
soitAuteur, compositeur, chanteur de Marcel et son orchestre, candidat du front de gauche en région Nord-Pas-de-Calais, Franck Vandecasteele est l’invité de la semaine de l’Humanité.

J’ai été animateur puis travailleur social pendant dix-sept ans avant de faire Marcel à temps complet. Pour devenir animateur, comme tout le monde j’ai commencé par le Bafa. On l’obtient si on est capable de débarrasser la table, dire bonjour, donner la main et si on sait faire traverser la rue à un groupe. Le Bafa n’est pas un diplôme, c’est un brevet, mais il suffit pour que l’on vous confie des enfants. La plupart des animateurs n’ont pas d’autres qualifications. Tous les soirs dans les garderies et les centres sociaux, les mercredis, samedis et durant les vacances scolaires, on a besoin d’animateurs.

Le temps libre est plus important que le temps passé à l’école. Les diplômes dans le secteur de l’animation ne sont pas nombreux, pas très qualifiants et permettent rarement d’obtenir un emploi correct. La gestion du temps libre n’est pourtant pas une mince affaire. Savoir ne pas se faire chier n’est pas inné.

Dans les quartiers populaires, l’animateur est une personne référente et ne doit pas juste être un accompagnateur vers le bowling, le flash-ball où encore le cinéma. Il a un rôle social déterminant et doit avoir des compétences à transmettre pour aider les jeunes à trouver des satisfactions ailleurs que dans la consommation. J’ai cependant énormément de mal à comprendre comment des personnes très peu qualifiées, bien souvent en échec scolaire, peuvent se voir confier une charge aussi lourde.

Développer des métiers dans l’animation et redonner vie aux Maisons des jeunes et de la culture est une nécessité. Mettre de l’argent dans ce domaine, c’est investir pour l’avenir. Ce n’est pas avec des caméras de surveillance et une politique sécuritaire que l’on aidera les quartiers. Je dois énormément de choses aux mouvements d’éducation populaire. Dans le quartier où j’ai grandi, dans les années 1980, la Maison des jeunes a été un lieu formidable. J’y ai appris la photo, la sérigraphie, réalisé des fresques et débuté la musique. J’y ai appris à m’émanciper, à oser fréquenter les musées, les théâtres, à aller au concert, à lire la presse. 
Le danger était peut-être là  : 
les MJC fabriquaient des hommes libres.

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