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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Syrie: un conflit qui peut embraser la région

19 Octobre 2012, 07:15am

Publié par PCF Villepinte

Lakhdar Brahimi avec Bachar al-Assad

 - le 18 Octobre 2012

Syrie

 

 

 

Le médiateur de l’ONU, Lakhdar Brahimi, a mis en garde la communauté internationale et propose une trêve aux combats. La France dit aider les « zones libérées » mais ignore les Kurdes.

«Cette crise ne peut pas rester confinée indéfiniment au territoire syrien. Soit elle est réglée, soit elle s’aggravera, débordera, et mettra (la région) à feu et à sang. » Ainsi s’exprime Lakhdar Brahimi, le médiateur international, qui effectue depuis une semaine une tournée régionale auprès des pays influents dans le dossier. À Téhéran, le médiateur a appelé à la mise en œuvre d’un cessez-le-feu à l’occasion de l’Aïd al Adha, une des fêtes musulmanes les plus sacrées, qui sera célébré du 26 au 28 octobre.

une « tension sectaire »

Damas a fait part de sa volonté de discuter de cette proposition, à condition que les rebelles respectent la trêve, tandis que les insurgés ont réclamé la fin des bombardements en premier. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, demandait cependant, en faisant allusion à la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite : « Vont-ils faire pression sur les groupes armés qu’ils hébergent, financent et arment, de façon qu’ils respectent le cessez-le-feu ? » De son côté, le chef du Conseil ­national syrien (CNS), fortement soutenu par les Occidentaux, Abdel Basset Sayda, a déclaré que les rebelles ne font « que se défendre et il est ­normal qu’ils arrêtent les hostilités quand la machine de guerre du régime l’aura fait ».

La commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie, présidée par Paulo Pinheiro, s’est dite très préoccupée par la présence de « centaines de militants étrangers, islamistes radicaux ou djihadistes », qui ne se battent pas pour la ­démocratie et la liberté. « Ils ont leur propre agenda » et risquent de radicaliser certains membres de l’opposition. La « tension sectaire » s’est également beaucoup aggravée, a constaté Paulo Pinheiro. Il a précisé que la commission a des raisons de croire que les forces gouvernementales et les groupes d’opposition auraient commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Pour ce diplomate onusien, « il n’y a pas de solution militaire et il faut impérativement trouver un règlement politique, dans l’intérêt de toutes les victimes ».

répression des kurdes

On en est loin. Sur le terrain, les combats ne faiblissent pas. Dans la province d’Idleb, l’armée régulière mène depuis dimanche une contre-attaque pour reprendre des positions clés, surtout la ville de Maaret al-Noomane située sur l’autoroute Damas-Alep et prise le 9 octobre. Mais l’attitude des grandes puissances pose des questions politiques, même si elles affirment ne s’occuper que d’humanitaire. La France a ainsi fourni une aide financière et médicale de 1,5 million d’euros depuis fin août à quinze comités civils syriens censés agir dans les zones « libérées » de Syrie (la charia y est maintenant enseignée dans les écoles !) et espère entraîner d’autres pays dans ces programmes. Mais, étrangement, le plan français néglige totalement les zones kurdes, pourtant elles aussi hors du contrôle de Damas. Est-ce pour laisser le champ libre à la Turquie, prête à ­intervenir pour empêcher toute autonomie kurde à ses portes, tout en continuant la répression contre les représentants et les populations kurdes sur son propre sol ? On est en droit de le penser.

Manifestations de solidarité. « Au-delà de l’impérieuse nécessité que l’ONU classe officiellement la Syrie en crise humanitaire, la solidarité avec le peuple syrien en lutte doit s’exprimer par une forte mobilisation des sociétés civiles à travers le monde afin d’apporter sans délai une aide concrète aux populations syriennes et de mettre les instances représentatives de la Communauté internationale face à leurs responsabilités. » 
À l’appel du collectif Urgence solidarité Syrie, dans des dizaines 
de villes à travers le monde, le samedi 20 octobre seront organisées des manifestations. À Paris elle partira à 15 heures de la place 
de la Nation pour se rendre à Bastille.

  • A lire aussi:

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Pierre Barbancey

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