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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Solidarité pour sauver Sakineh

27 Août 2010, 07:04am

Publié par PCF Villepinte

Il y a urgence à empêcher la lapidation de cette femme iranienne. De nombreuses personnalités, dont le directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, se joignent à la campagne internationale demandant sa libération.

 

Monde - le 26 Août 2010

Sakineh Mohammadi-Ashtiani, quarante-trois ans, mère de deux enfants, condamnée à la lapidation, attend la mort dans la prison de Tabriz, dans le nord de l’Iran. À chaque lever de soleil, Farid et Sajjad, ses enfants, ont « peur d’apprendre que leur mère est morte ». Ils vivent « depuis cinq ans avec ce cauchemar », comme ils l’ont écrit au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Selon le rite barbare de la lapidation, inscrite précisément dans le Code pénal de la République islamique d’Iran : le condamné est « enterré jusqu’à la taille, la femme jusqu’à la poitrine, les pierres sont choisies de manière à n’être ni trop petites, ni trop grosses, à peu près la taille d’une mandarine ».

Sakineh a d’abord été jugée en mai 2006 pour «relation illicite » avec deux hommes. Elle a été condamnée à la flagellation et a reçu 99 coups de fouet. Après avoir purgé sa peine, elle a été libérée.

Quatre mois plus tard, elle a de nouveau été mise en cause par un autre tribunal. Celui-ci l’a condamnée à mort par lapidation pour « adultère commis en étant mariée » (sic). 

le mouvement de solidarité s’amplifie

La Cour suprême iranienne a confirmé la sentence en mai 2007. Sakineh n’a plus aucun recours, seule l’intensification de la campagne internationale peut obliger le régime iranien à renoncer à cette sentence d’un autre âge et déboucher sur sa libération. Depuis la mort de Jafar Kiani, lapidé durant l’été 2007, la pression de l’opinion internationale est parvenue à faire qu’aucune autre exécution de ce type n’ait lieu en Iran.

L’urgence est grande cependant, car la Cour suprême iranienne a approuvé la sentence. Le mouvement de solidarité qui s’amplifie heureusement aujourd’hui émane principalement de personnalités politiques et du monde du spectacle, en particulier des États-Unis et du Royaume-Uni. L’émouvant appel des enfants de Sakineh (voir notre encadré) à la fin du mois de juillet a relancé la campagne. Au 13 août, il avait rassemblé près d’un demi-million de signatures.

Plusieurs chefs d’État demandent la libération de la détenue. Lula Da Silva, président du Brésil, qui a opéré un rapprochement diplomatique avec la République islamique dans l’affaire du nucléaire, a notamment accordé à Sakineh le statut de réfugiée politique, et est intervenu auprès du guide de la révolution… mais sans succès.

En France, cette sentence inhumaine est dénoncée par la presse, les milieux intellectuels, associatifs et les partis politiques progressistes. Le PCF et de nombreuses organisations l’ont vigoureusement condamnée et réclament la libération de Sakineh. L’appel des enfants de Sakineh a été signé, entre autres personnalités, par Élisabeth Badinter, Juliette Binoche et… il continue de recevoir maintenant des signatures de personnes de tous horizons et de toutes opinions.

Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député au Parlement européen, l’un des premiers signataires de l’appel, a ainsi déclaré : « Laisser lapider Sakineh en silence, ce serait, malgré soi, laisser reculer l’humanité, la liberté pour toutes et tous. Par-delà nos opinions, empêchons le retour à l’âge de pierre et faisons savoir à ceux qui préparent ce crime que le monde les regarde et les jugera sévèrement. »

Le PCF a exprimé sa « révulsion et sa condamnation devant l’arbitraire, la violence et les tortures dont est victime cette femme que le régime cherche à exécuter ». Martine Aubry dénonce « la condamnation barbare dont elle est l’objet » et invite à une mobilisation pour l’ensemble des femmes iraniennes victimes de ce régime.

Le monde du spectacle a également largement pris part à ce mouvement de protestation et d’indignation. Isabelle Adjani s’est ainsi adressée à Sakineh : « Votre nom bat dans mon cœur, et mon cœur bat en vous écrivant », ou encore Jane Birkin, pour qui sa « mort serait insupportable ».

Carla Bruni-Sarkozy promet quant à elle dans une lettre : « Mon mari plaidera votre cause sans relâche et la France ne vous abandonnera pas. »

L’indignation provoquée en France et dans le monde par le sort cruel infligé à cette femme peut déboucher aussi sur une mobilisation des opinions publiques en faveur des démocrates et des progressistes d’Iran touchés à des degrés divers par une répression implacable.

L’APPEL DES ENFANTS DE SAKINEH

Abrahim Saravaki

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