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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

SECURITE

16 Avril 2010, 17:40pm

Publié par PCF Villepinte

La colère des chauffeurs de Tremblay
securite.jpgLes conducteurs des Courriers d’Île-de-France du dépôt de Tremblay sont en droit de retrait après le caillassage de trois bus. Ils n’attendent rien des propositions de Brice Hortefeux.

« Je ne vais pas au taf pour prendre une balle ! » Dans son uniforme des Courriers d’Île-de- France (CIF), c’est sur le ton de l’évidence et du bon sens que le conducteur de la ligne 15 lâche ce cri du coeur. Avec ses collègues du dépôt du Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), il fait valoir, depuis mercredi soir, son droit de retrait parce qu’il ne se sent plus, lui-même et les gens qu’il transporte, en sécurité dans son bus. Trois véhicules des CIF, de deux lignes différentes, ont été victimes, mercredi, de caillassages qui ont engendré des dégâts matériels mais pas de blessés. Hier matin, les 250 machinistes étaient tous dans la cour de leur dépôt, bien décidés à obtenir de leur patron et des pouvoirs publics des garanties pour enfin faire leur travail en toute sécurité.

L’INCOMPRÉHENSION EST TOTALE

Signe de la tension et de la peur qui règnent dans ce dépôt, alors qu’ils sont tous prêts à témoigner des difficultés de leur métier, aucun conducteur n’accepte de rendre publics son prénom, et encore moins son nom. Alors que l’enquête de police se poursuit pour connaître la nature des projectiles lancés sur les bus, plusieurs machinistes sont persuadés que l’un des véhicules a été la cible d’un tir d’arme à feu. « On ne va quand même pas conduire avec un casque intégral et un gilet pare-balles », lance une conductrice. L’incompréhension face à ces agressions, et face au jeune âge des personnes arrêtées à la suite de l’incendie d’un bus le 31 mars dernier, ne laisse pas de les interroger : « Nous transportons leurs parents, leurs familles… Pourquoi s’en prennent- ils à nous ? » Une femme, badgée CIF, avance une explication : « Dans ces quartiers, toute personne qui porte l’uniforme est vue comme un ennemi. »

LA PRÉSENCE POLICIÈRE N’A SERVI À RIEN

Tous sont d’accord pour dire que l’ampleur des difficultés est telle qu’aujourd’hui les solutions ne peuvent pas être trouvées dans le seul cadre de leur entreprise. Et tous sont d’accord pour dire que les récentes propositions du ministre de l’Intérieur – présence de policiers et vidéosurveillance dans les bus – n’apporteront aucune amélioration. « L’un des bus agressés était précédé d’une voiture de police, Cela n’a servi à rien et je crois même que ça a excité les jeunes », précise Wajid Ben Abdelmalek, délégué du personnel CGT. Autour de lui, les conducteurs assurent qu’ils ne reprendront pas le travail sans un « plan de sécurisation complet ». « La direction de l’entreprise ne prend pas du tout ses responsabilités et préfère se tourner vers l’État mais les pouvoirs publics ne prennent pas non plus toutes leurs responsabilités », avance le délégué du personnel, avant de réclamer la « tenue rapide d’une table ronde à la direction régionale du travail, regroupant les élus des communes desservies (Aulnay, Sevran, Villepinte, Tremblay), l’État, ainsi que la direction nationale des CIF, Keolis (propriétaire des CIF) et la SNCF (actionnaire majoritaire de Keolis) ». « Et les associations de quartiers », ajoute Idriss Talhi, élu CGT, persuadé qu’aucun progrès ne peut se faire sans la population. Un conducteur de la ligne 15, celle qui a subi l’incendie puis le caillassage, s’inquiète pour ses usagers. « Si, le week-end prochain, nous sommes toujours en droit de retrait, comment vont faire les familles qui font leurs courses au centre commercial de Sevran ? »

DANY STIVE

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