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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

SeaFrance, et voilà que le syndicalisme devient le bouc émissaire

6 Janvier 2012, 17:17pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 6 Janvier 2012

Mots clés : syndicat, cfdt, emplois, licenciement,

 

Le projet de coopérative ouvrière, défendu par la CFDT de SeaFrance et les responsables syndicaux qui le portent, est dans une posture délicate. Depuis l’intervention du président de la République dans ce dossier, les événements semblent précipiter l’entreprise vers la liquidation. Le piège était grossier, mais il est en train de se refermer sur les salariés.

En leur proposant d’investir leurs indemnités de licenciement dans l’aventure, sans aucune garantie, puisque la coopérative ouvrière aurait du louer les bateaux « au prix du marché » pour faire fonctionner l’entreprise, Nicolas Sarkozy a posé sur la table un deal « perdant perdant » pour les marins. Comprenant la menace, les salariés, qui risquaient de perdre leur boulot et leurs indemnités, n’avaient d’autres choix que de refuser. Et de se retrouver sur la défensive.
Restait alors à dégainer l’arme du discrédit. Le Figaro s’est est chargé, titrant son édition du vendredi 6 janvier : « La faillite de SeaFrance : un sabotage syndical ». Les marins deviennent des « pirates » dont « on ne souhaite pas la victoire ». Les syndicalistes développent des « méthodes qui relèvent de la voyoutocratie ».

La situation économique de SeaFrance est difficile depuis 10 ans sans que le propriétaire de la compagnie maritime, la SNCF, ni le propriétaire de la SNCF, l’Etat, ne s’agitent pour son redressement. Quand ils se sont inquiétés de la situation, le feu brûlait déjà ! Maintenant que la compagnie touche le fond, ce sont les syndicats qui sont montrés du doigt ! La ficelle est grosse. Surtout quand certains s’empressent de déterrer de vielles histoires pour alimenter leur thèse. La CFDT, majoritaire sur le port, est accusée de se livrer à des pratiques d’intimidation. Elle est l’objet de plaintes pour agression sur d’autres syndicalistes (CGT notamment). Elle est aussi sous le coup d’une enquête judiciaire pour « abus de confiance », plainte déposée par la direction de l’entreprise de ferries il y a deux ans et « personne depuis n’a été entendu par la police », a répliqué hier Didier Capelle, un des responsables du syndicat, qui dénonce « une campagne de calomnie.»

Le problème, c’est que d’un cas particulier, certains en arrivent vite aux généralités pour faire peser sur le syndicalisme les soupçons les plus sombres de pratiques mafieuses. Malheureusement, les épisodes en la matière se multiplient. Début décembre, à la suite du rapport Perruchot jamais publié, que n’a-t-on entendu sur « l’argent caché des syndicats », ces organisations qui vivraient aux crochets des contribuables etc. Sans compter les assauts réguliers contre les comités d’entreprises accusés de malversations ! Alors que le chômage explose et que des échéances électorales majeures se profilent à l’horizon, le futur candidat de l’UMP n’a pas envie de traîner le fardeau du crash des 880 emplois de la compagnie de ferries. Il faut détourner le débat, déplacer les responsabilités. Quoi de mieux pour cela que de trouver un bouc émissaire. 

Paule Masson

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