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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Sarkozy et Jésus

8 Janvier 2010, 08:42am

Publié par Daniel JUNKER

sarkoko.jpgIl paraît que le chef de l’État va foncer, le 27 janvier, vers le site de Davos, en Suisse, où seront réunis, comme tous les ans, les maîtres suprêmes des affaires du monde. Il paraît même que, devant ce cénacle de financiers, de banquiers et d’industriels, qui tiennent les rênes du business planétaire, l’hôte de l’Élysée va prononcer le discours inaugural. Ce sera la première fois qu’un président de la République française va endosser ce costume de théâtre du Capital. Il est vrai qu’à Davos il y aura le gotha de ceux qui ont plongé le monde dans le fossé de la crise, il y a un peu plus d’un an  : ils sont toujours là. Les hommes de l’ombre à l’Élysée jurent leurs grands dieux que M. Sarkozy va leur tirer les oreilles  : il se présentera en justicier contre « les dérives du capitalisme »…

On se demande toujours s’il faut rire ou pleurer de ces comédies de bateleurs… Il vaut peut-être mieux en rire  : parce que le « moraliste » en chef de Davos est un moraliste en peau de lapin… Le plus drôle, c’est qu’il y a un an, en janvier 2008, Nicolas Sarkozy s’était agacé du petit tour qu’avait fait le premier ministre en Suisse, sans discours inaugural ni spectacle grand format  : « Mais qu’est-ce que Fillon est allé faire à Davos  ? Ça ne sert à rien  ! »

Pour ce qui est du travail de colosse de moralisation du capitalisme entrepris par le chef de l’État dans son propre pays, la messe est dite  : un an et plus après la crise, les banquiers jubilent et… il y a des gens qui volent de quoi manger dans les supermarchés  ! Les banquiers  ? Que dis-je  ? Toute une cohorte de hauts personnages les accompagne dans l’extase financière  : ainsi le Figaro titrait mardi : « Le CAC 40 franchit le seuil des 4 000 points, début d’année en fanfare »… ! Comme si ces gens-là avaient vaincu l’Annapurna… Il faut dire que le « bouclier fiscal », si cher à tous ceux qui gouvernent, met les athlètes de la Bourse à l’abri des mauvaises surprises de l’impôt. Bref, la crise continue de ravager le cœur même de la société  : pour ceux qui n’ont que leur travail pour vivre – quand ils en ont un –, l’horizon ne cesse de s’assombrir. Ah, je lisais aussi dans un journal que le fameux groupe Nestlé amasse un fabuleux trésor de guerre de plusieurs dizaines de milliards d’euros… Nestlé a de fortes positions dans L’Oréal, de Mme Bettencourt, qui a peut-être ses entrées à l’Élysée, n’est-ce pas, ou à Matignon, ou à Bercy. Elle ou d’autres…

Et puis le prestigieux voyageur pourrait profiter de son séjour sur la terre helvétique pour ramener dans ses valises quelques dizaines de milliards. Après tout, les hôpitaux et les écoles en ont cruellement besoin. Je veux parler des milliards de l’évasion fiscale, qui ont trouvé refuge dans les forêts helvètes, les milliards des « planqués de l’arrière », comme on disait pendant la guerre… D’autant qu’il ne nous semble pas que M. Woerth, le secrétaire d’État, soit habité, pour ce travail, par une ardeur conquérante… Et, au fond, le président de la République pourrait être flanqué pour cette tâche de M. Besson, qui dispose du mètre-étalon de l’identité nationale sous son crâne  : après tout, ceux qui mettent leur « grisbi » à l’abri à l’étranger sont-ils de bons Français  ?

Et, à propos de morale, un mot de Jésus devrait retenir l’attention du moraliste galonné  : « Il sera plus facile de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille que de faire entrer un riche au royaume des cieux. »

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