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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Retraites :

4 Mai 2010, 05:33am

Publié par PCF Villepinte

 Les masques
images-copie-2Il n’y a pas de hasard dans la « communication orchestrée » par ceux qui veulent susciter panique générale et résignation.

Par Jean-Emmanuel Ducoin

Il fallait s’y attendre. Quel autre organe de presse que le Figaro pouvait à ce point tordre la réalité, au lendemain du 1er Mai ? En titrant, hier, « Retraites : le flop syndical conforte le gouvernement », le petit-journal des idéologies illustrées de l’Élysée a franchi un cap dans le pathétique. Les 350 000 manifestants, recensés partout en France, n’étaient que des « professionnels de la contestation » « que leur échec devrait inciter à plus de modestie » et « à un exercice de lucidité ». Ainsi, ce 1er Mai aurait « adressé une fin de non-recevoir au discours pavlovien, stéréotypé et usé jusqu’à la corde des syndicats (…) sur les retraites ». Mieux : « La fable de la “casse sociale” ne trompe plus personne ». Vous avez bien lu…

De deux choses l’une. Ou nous ne vivons décidément pas dans le même pays (pour ne pas dire dans le même monde !), ou la grossièreté de la classe dominante n’a plus de limites. Entendons-nous bien : si nous ne sommes pas les derniers à admettre qu’en effet, la fréquentation de ce 1er Mai ne fut pas celle de l’an dernier, le flop imaginé par le Figaro témoigne d’un mépris mensonger qui en dit long sur l’épineux dossier des retraites, mère de toutes les batailles pour les uns, « réforme du quinquennat pour les autres »… Chacun l’a compris : il n’y a jamais de hasard dans cette “communication” bien orchestrée depuis quelques semaines par tous ceux qui veulent susciter panique générale et résignation aux dogmes libéraux. Rien d’étonnant donc d’apprendre le même jour, dans le Monde cette fois, fruit d’indiscrétions venues du Palais, que le pouvoir envisagerait de porter l’âge légal de la retraite à soixante et un ans en 2015, soixante-deux ans en 2020 et soixante-trois ans en 2030… Ballon d’essai ? L’Élysée a bien sûr « démenti » ces informations, répétant « qu’il n’avait pas de piste privilégiée »… Le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, a affirmé pour sa part que « le scénario » serait « différent ». Il oubliait juste que, la veille, il plaidait ouvertement pour un allongement de la durée de travail : « Il va falloir accepter de travailler plus longtemps. » Alors, qui avance masqué ?

À peine commencée, la grande concertation serait déjà achevée ? Après le pilonnage émotionnel dû au rapport du conseil d’orientation des retraites (COR), comment même s’en étonner ? La stratégie est double. D’abord, « vendre » l’inéluctabilité des « solutions » dictées par les marchands du libéralisme ; ensuite, donner des gages aux marchés financiers et autres agences de notation, capables désormais de dicter les politiques publiques. Alain Minc n’en doute pas. Le conseiller « spécial » de Sarkozy expliquait, vendredi, sur un mode badin, que « la question » était bel et bien de se « faire bien voir » des agences de notation, en renonçant à notre modèle social. Qui osera dire « Nous ne savions pas ? ».

Les jeux ne sont pas faits et le gouvernement aurait tort de confondre communication et concrétisation. Ceux qui ne se laisseront pas intimider sont plus nombreux et plus déterminés qu’on ne l’imagine. À propos, dix-neuf organisations de jeunesse viennent précisément de lancer un appel commun « pour une retraite à haut niveau, à soixante ans » Contestant un projet qu’on prétend mener en leur nom, les jeunes entrent dans la bataille pour ne pas être pris en otage. Que chacun médite un instant au monde qu’on leur promet : insertion professionnelle tardive, rendue plus difficile par le chômage et la précarité ; allongement de la durée de cotisation ; report de l’âge légal, etc. Une société en régression généralisée. Comme si l’espérance de vie , ce bel enjeu de civilisation vécu au positif, devait se transformer en cauchemar pour les générations futures ? « Les mots sont des planches jetées sur un abîme », écrivait Paul Valéry. Certains plus que d’autres !


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