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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Rencontre des communistes pour un projet partagé

29 Novembre 2010, 23:25pm

Publié par PCF Villepinte

Photo : Patrick Nussbaum

Politique - le 29 Novembre 2010

Rencontres nationales du programme populaire et partagé

 

 

Le Parti communiste a réuni quatre cents personnes dont de nombreux acteurs de la société civile, ce week-end, 
à Paris, pour débattre de la démarche et du contenu d’un projet populaire de gauche en vue des élections de 2012.

Pas de projet ficelé et livré clé en main aux électeurs. Mais là n’était pas l’objectif des rencontres nationales du programme populaire et partagé organisées par le Parti communiste français, ce week-end, à son siège, à Paris. Au contraire, « à l’étape où nous sommes, l’enjeu n’est pas de sortir de ces rencontres avec un programme, mais d’engager le travail pour une véritable élaboration populaire du projet du Front de gauche. Ce processus de type nouveau est un enjeu en tant que tel », a souligné Pierre Laurent, en conclusion des travaux.

Tout au long des trois jours, les regards des militants, communistes ou non, se sont croisés avec ceux d’intellectuels, chercheurs, syndicalistes d’horizons très divers, pour tenter de répondre aux trois questions à l’ordre du jour des rencontres : quels sont les ingrédients essentiels d’une politique de gauche ? Quelles marges de liberté la France doit-elle conquérir ? Quels chemins pour construire un rassemblement majoritaire exprimant ces attentes ?

«Partir des attentes sociales»

La question de la démocratie politique et sociale comme moyen de mettre en cause la domination des marchés financiers a été traitée par de nombreux intervenants. Pour le syndicaliste Jean-Christophe Le Duigou, le mouvement des retraites a posé celle « du mode d’élaboration des décisions à partir des attentes sociales ». Sur ce point, « le syndicalisme ne peut pas aller au-delà d’un certain seuil, la question du politique se pose », estime-t-il, Catherine Peyge, maire de Bobigny, faisant de la démocratisation de la vie publique en y associant les habitants un impératif « à tous les niveaux de la prise de décision ».

Autre thème amplement débattu : celui de la réorientation de la construction européenne, qui touche aux marges de liberté à conquérir pour faire advenir un véritable changement politique en France. « Il y a contradiction entre un projet de gauche et la construction européenne actuelle », estime le député européen honoraire Francis Wurtz, pour qui, « si on ne touche pas aux traités, les marges sont insignifiantes. La crise de légitimité du modèle européen rend possible la sollicitation des citoyens pour réorienter l’Europe ». Pour Henri Sterdyniak, économiste de l’OFCE, il faut favoriser la recherche d’alliés en Europe et dans le monde, pour « faire payer la crise aux riches » et mettre en place « un impôt européen sur les banques ».

Des moratoires anti-licenciements

Comment réorganiser les temps de vie en dépassant la domination du travail par le capital ?

Le philosophe Patrick Viveret a invité à « penser la question du métier et pas seulement celle de l’emploi », c’est-à-dire celle du sens de l’activité et plus largement de la vie elle-même, et d’envisager le dépassement de l’exploitation salariale. Pour Paul Boccara, économiste communiste, la question urgente est de reprendre le processus de réduction du temps de travail, et de dépasser le marché du travail et son instrument de régulation, le chômage de masse, en impulsant une sécurisation de l’emploi et de la formation, par « des mesures cohérentes et graduelles », passant par des moratoires contre les licenciements, des mises en formation avec maintien du salaire…

Des thématiques qui se sont croisées avec bien d’autres : l’accès à la culture, la propriété publique et les nationalisations, la transformation de l’école, le débat entre croissance et décroissance, l’écologie, l’agriculture, la création de biens communs mondiaux…

Sébastien Crépel

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