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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Pierre SEMARD( 15 février 1887- 7 mars 1942)

7 Mars 2013, 11:05am

Publié par PCF Villepinte

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Pierre Semard est né le 15 Février 1887. Son père était cantonnier au chemin de fer, sa mère a travaillé comme garde-barrières. En 1898, à 11 ans, certificat d’étude en poche, il commence à travailler pour un notaire dans l’Yonne.

Après avoir occupé divers emplois, notamment à Paris, il entre au chemin de fer en 1912. Il est alors employé à Valence au secrétariat du chef de gare. C’est au contact du monde cheminot que Pierre Semard rejoint l’action syndicale.

Pierre Semard est tombé à Evreux le 07 Mars 1942 sous les balles d’un peloton d’exécution sur décision de l’occupant nazi après une succession de mesures répressives prises à son encontre.

Ses combats, ses actions.

Pierre Semard, homme de Paix. Fondateur parmi d’autres du « comité d’action contre l’impérialisme et la guerre », il anime la lutte contre l’occupation de la Ruhr par les troupes françaises et sera arrêté en 1923, avec d’autres militants, puis incarcéré plusieurs mois.

La même procédure se renouvelle à son encontre en 1927 pour son action contre la guerre au Maroc. Dans un moment où les périls qui pèsent sur la Paix n’ont jamais été aussi lourds, il est des références bonnes à citer et des exemples à suivre.

Pierre Semard était un homme politique attaché à l’indépendance et à la reconnaissance de la spécificité du syndicalisme, prônant l’indépendance entre parti et syndicat, tout en refusant que le syndicalisme, plus largement le mouvement ouvrier, soit subordonné au système capitaliste. Il était soucieux de préserver l’originalité et la spécificité de lutte syndicale et politique dans chaque pays.

1936, le Front populaire triomphe. Pierre Semard en négociant avec Léon Blum, obtient que ce dernier fasse pression auprès des compagnies de chemin de fer pour l’obtention de 21 jours de congés payés et la semaine de 40 heures. Le 1er janvier 1938, lors de la création de la SNCF, Pierre Semard, devient l’un des quatre administrateurs salariés, pour une courte durée. En décembre 1938, il est révoqué de son poste pour avoir appelé à une grève.

Un visionnaire…

Pierre Semard proposait, dès la création de la SNCF en 1937 et dans les mois qui suivirent une réorganisation des réseaux, accompagnée d’une coordination de tous les moyens de transport, dans l’intérêt des usagers et de la collectivité, avec une répartition du trafic en considération du rôle primordial du rail et une égalisation des charges sociales dans tous les transports.

Il n’a cessé de plaider pour l’établissement de solidarités entre les salariés de la route et du rail afin de mieux défendre leurs revendications mais aussi celles des usagers. A cet égard, il aimait rappeler que notre fédération avait à l’époque déposé un projet de statut des personnels routiers dont le contenu était équivalent à celui des cheminots.

Des idées révolutionnaires…

Au moment où la France, l’Europe, le monde sont affectés par les conséquences de la crise du système capitaliste, la lutte pour défendre le concept de service public qui a toujours été au centre de l’action syndicale de la Fédération CGT des Cheminots français prend, une dimension nouvelle. Cette conception du syndicalisme CGT où le fait syndical est indépendant mais pas neutre, donc pas spectateur, est un des héritages de Pierre Semard tout comme l’était son exigence marquée d’harmoniser par le haut les conditions de l’intermodalité dans les transports et de s’opposer à la remise en cause des acquis sociaux, à la détérioration du Service Public, à la fermeture de lignes, en recherchant l’implication des citoyens dans la démarche.

Le combat et l’engagement de Pierre Semard, celui de la classe ouvrière, portés par la CGT et le PCF interdits se retrouvent dans le programme du Conseil National de la Résistance baptisé «Les jours heureux». Ce programme porté par les forces rassemblées de la résistance intérieure et présidé par Jean Moulin, outre le plan d’action militaire pour libérer le pays, prévoyait le programme économique, politique social et démocratique pour la reconstruction du pays. Un pays ruiné par 6 années de guerre mais qui a mis en place sur plusieurs années la nationalisation des entreprises dont les patrons avaient collaboré, (Renault en tête), la création des comités d’entreprise, la création de la sécurité sociale, la retraite par répartition, le retour à la semaine de 40h (abolie par Pétain), la nationalisation du gaz et de l’électricité, le droit de vote des femmes, 3e puis extension de la 4e semaine de congés payés, la création du SMIG, des ASSEDICS, du Statut de la Fonction Publique, le prélèvement exceptionnel des hauts revenus financiers, l’augmentation immédiate de 18% des salaires.

TOUJOURS D’ACTUALITE

Souvenons-nous : à peine Sarkozy était-il élu que Kessler, alors numéro 2 du MEDEF, lui traçait sa feuille de route en prônant l’abrogation de tous les textes législatifs issus du Conseil National de la Résistance et lui demandant de tourner définitivement la page de mai 68.

 

Aujourd’hui les déclarations du président de la République concernant « Le changement, c’est maintenant » ont bien du mal à trouver  un chemin car son gouvernement social démocrate continue de mettre en œuvre une politique libérale au service des grandes fortunes. Il faut mener une bataille très rude pour obtenir l’amnistie des syndicalistes sanctionnés parce qu’ils défendent leurs droits. La bataille contre l’accord sur l’emploi honteusement signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC devra être ardente également pour imposer aux parlementaires, majoritairement de gauche de rejeter  ce projet honni.

 

La reconduction à son poste du président Guillaume Pépy qui n’a eu de cesse d’affaiblir  et  d’éclater l'entreprise  nationale SNCF n’est pas un signe favorable alors que vient le débat sur la réforme de structure de la SNCF. Cette reconduction est d’autant plus inappropriée  après l’attitude et les propos du Président de la SNCF sur le territoire américain mais aussi à Bobigny.

Ces discours ont choqué à juste titre de nombreux militants CGT. Il est scandaleux que Guillaume PEPY soit allé présenter ses excuses aux Etats-Unis pour le rôle tenu par les chemins de fer français dans l’acheminement des déportés vers les camps de la mort sans évoquer la place prise par les cheminots - et notamment les militants CGT et communistes - dans la résistance française contre l’occupant nazi et le gouvernement de Vichy.

Dans ce domaine aussi, ce sont uniquement des objectifs financiers et le marché de la grande vitesse ferroviaire dans l’ouest des Etats-Unis qui l’ont conduit à prendre de telles positions. Pas un mot pour les 8 938 cheminots morts dans des actes de résistance, pas un mot pour les 15 977 blessés dont nombre d’entre eux furent amputés dans cette guerre de l’ombre, pas un mot pour quelques 2 000 cheminots morts en camps de concentration.

A travers cette exigence réclamée à la Direction de la SNCF, c’est le service public répondant aux besoins de tous qui est visé, c’est le statut social des cheminots et l’entreprise publique qui sont dans le collimateur des puissances financières et de certains lobbyings très conservateurs, c’est aussi la place et le rôle de la CGT dans le paysage social en France et à la SNCF , qui viennent d’être confortés lors des élections au conseil d’administration, qui leur sont intolérables.

Alors OUI, honorer la mémoire de Pierre SEMARD en 2013, 71 ans après son assassinat, n’a rien d’archaïque ou de passéiste comme certains pourraient le laisser penser. Bien au contraire, se souvenir de ce combattant, de ce militant syndical et politique , c’est s’engager à poursuivre les mêmes combats.

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