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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Petite histoire d’une grosse arnaque: les marchés financiers

31 Janvier 2012, 07:37am

Publié par PCF Villepinte

  le 30 Janvier 2012

 

 

 

 

Extrait du nouveau hors-série spécial Crise, comment en sortir, de l'Humanité. À l’heure des nouvelles technologies, la finance s’est développée grâce au dessaisissement des salariés du pouvoir de décider de l’utilisation de leur argent et des richesses qu’ils créent.

 

Les marchés financiers sont la forme contemporaine de ce qu’Alexandre Dumas fils appelait «les  affaires» et qu’il définissait comme « l’argent des autres». Des «autres», mais de qui ? De vous, de nous, indirectement. De manière totalement contradictoire, les marchés financiers n’ont pu, au bout du compte, se développer que grâce, notamment, à la délégation aux banquiers, par la société tout entière, du pouvoir d’utilisation de l’argent des salariés et de leurs familles, celui de leurs paies déposées sur leurs comptes, de leur épargne. Et aussi, des fruits de leur travail. Dans un pays développé comme la France, la croissance de l’activité des banques est intimement liée à l’extension du salariat.

Mettre la main sur des marchés et des ressources humaines

Cette exclusion est d’autant plus intolérable que l’activité du salariat ne s’est pas seulement étendue,  elle a commencé à muter. Le déploiement des nouvelles technologies a fait des connaissances, de la qualification des collectifs de travail, l’élément décisif de l’efficacité productive et de la croissance économique. La capacité des banques à créer de la monnaie et à faire crédit a, dès lors, été mise au service des opérations financières des grands groupes, destinées à mettre la main à la fois sur des marchés et sur des ressources humaines à l’échelle internationale. Les OPA, prises de participation, exportations de capitaux, délocalisations ont fait monter comme jamais le soufflet boursier, en même temps que la mise en oeuvre des nouvelles technologies dans un but de rentabilité financière contribuait à faire pression sur l’emploi, les salaires, la demande.

Dans ce mouvement inédit de la société, le besoin de disputer à la grande bourgeoisie la maîtrise de la création monétaire et du crédit est devenu plus impératif que jamais. Parmi d’autres, il y a une raison simple : le capitalisme spontanément continue de privilégier l’accumulation de capital matériel et financier au détriment de la force de travail humaine, qui est pourtant seule créatrice de richesses. C’est la contradiction qui le mine, devenue explosive à l’heure des nouvelles technologies, et qui est à l’origine même de la crise qui secoue actuellement nos sociétés. Si la crise qui a éclaté en 2007 est d’une ampleur exceptionnelle, c’est aussi dans la mesure où le crédit a atteint des niveaux  jamais égalés auparavant, qu’il a été distribué sans contrôle populaire, sans conditionnement social. Or, l’excès de crédit, c’est aussi l’excès de dettes, de dettes privées d’abord. Des ménages dans des pays comme les États-Unis, l’Espagne… Des entreprises en France, dans l’Europe du Sud. Dettes également des États, partout, mais celles-ci  ont véritablement explosé lorsque la puissance publique a volé au secours des banques menacées d’effondrement, à partir de 2008.

Trop-plein de capitaux et d'exploitation du travail

On aboutit ainsi à un trop-plein de capitaux, d’un côté ; à un trop-plein d’exploitation du travail, de l’autre : forcément, cela devait disjoncter à un moment donné. Cette confiscation a en outre été poussée plus avant par les dirigeants du monde. Les marchés financiers se sont énormément développés à partir des années soixante-dix et de la décision des États-Unis, en 1971, de mettre un terme à l’indexation du dollar sur l’or. Il s’en est suivi un flottement généralisé des monnaies entre elles.

Cette incertitude institutionnalisée a donné naissance à la quintessence même de la spéculation : les produits dérivés. Dans ce nouveau contexte, un exportateur français vers les États-Unis devant être payé en dollars à l’échéance de trois mois, avait tout intérêt à acheter à une banque un contrat dit «produits dérivés » lui permettant de s’assurer, par exemple, contre une baisse de la monnaie américaine vis-à-vis du franc.

Afin de protéger les crédits qu’il a accordés à un certain taux contre une hausse des taux d’intérêt, un établissement bancaire va chercher une contrepartie en s’assurant, en achetant des dérivés de taux. Si les taux augmentent effectivement, la banque percevra des  indemnités de son assureur – une autre banque ou un assureur. Les spéculateurs ont ainsi fait leur lit dans cet océan d’incertitudes. C’est ainsi que le soufflet spéculatif a gonflé au point que, comme le note l’économiste François Morin dans son livre, Un monde sans Wall Street, « sur les marchés monétaires, les transactions concernant l’économie réelle représentent seulement 1,6 % des échanges interbancaires ». Le capitalisme financiarisé fait marcher le monde sur la tête, il est temps de le remettre sur ses pieds.

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  • A retrouver dans ce hors-série:

Pierre Ivorra

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