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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

« Nous voulons transformer la sanction en action »

28 Janvier 2010, 14:36pm

Publié par PCF Villepinte

Entretien avec Marie-George Buffet
 
Pour la secrétaire nationale du PCF, qui sera demain à Montpellier pour un grand meeting, la campagne pour les élections régionales est bien partie. « Le Front de gauche est ouvert à tous ceux qui partagent ses ambitions ».

Comment avez-vous réagi au discours très autosatisfait de Nicolas Sarkozy à la télévision, lundi ?
MARIE-GEORGE BUFFET. Sur tous les problèmes les plus urgents et les plus graves, le président n’avait rien à dire sauf : « Je compatis, mais je continue. » Sur les retraites, il veut, à travers son « travailler plus », faire tomber les Français dans un piège : les contraindre à partir le plus tard possible sous peine de voir leur pension réduite. Quant aux chômeurs en fin de droits, il ment en disant que personne ne sera laissé sur le côté, alors que des centaines de milliers d’entre eux seront écartés du RSA et se retrouveront démunis de toute ressource personnelle. Sur les salaires, il nous ressort la théorie du mérite : les grands patrons auraient le droit à des revenus indécents car ils sont compétents, compétence qui ne serait donc pas reconnue aux chercheurs, aux profs ou à l’ouvrier qualifié… Pas un mot par contre sur le projet industriel d’EDF : quels rapports entre deux entreprises comme EDF et Veolia ? Que se passe-t-il entre GDF, Areva et Suez ? En résumé, quelles sont les conséquences des privatisations dont il a été l’artisan  ? Les Français n’ont pas besoin des conseils moralisateurs du chef de l’État : le chômage a explosé, le pouvoir d’achat est en berne. Ce qu’il faut, c’est changer de politique.

Plus de quinze jours après le meeting au Palais des congrès de Paris, le Front de gauche est-il en campagne ?
MARIE-GEORGE BUFFET. Oui, une multitude d’initiatives sont programmées. J’étais avec Pierre Laurent en Île-de-France, à Toulouse avec Christian Picquet, je serai demain à Montpellier avec Jean-Luc Mélenchon. Cela bouge fort. Mais je le sens dans toutes les rencontres, beaucoup d’hommes et de femmes ne perçoivent pas encore le lien entre leurs difficultés, leurs luttes et l’utilité de voter le 14 mars. L’utilité de voter pour les listes du Front de gauche comme bulletin de vote « anti-sarkozyste » qui transforme la sanction en action. Nous avons donc besoin de faire connaître nos propositions, d’en débattre dans la proximité. Pour cela, il y a besoin d’un effort considérable des militants des forces qui composent ce front. Il est également indispensable que cet effort citoyen devienne le fait d’une multitude, de celles et ceux qui aujourd’hui relèvent la tête, sont dans la lutte. À nous de le permettre.

Le Front de gauche était présent lors de la journée d’action des fonctionnaires, le 21 janvier. Quel message a-t-il porté ?
MARIE-GEORGE BUFFET. Après s’être attaqué aux grands services publics, après avoir réduit les missions de l’État, le gouvernement veut mettre en laisse les collectivités. Aux côtés des fonctionnaires, dans les luttes, nous serons demain des élus qui agiront pour que les régions résistent à la RGPP et soient des espaces de l’action publique déployée pour répondre aux besoins des habitants.

Ne trouvez-vous pas inquiétant le « consensus » qui pourrait se former avec la droite après les propos de Martine Aubry sur le recul de l’âge de la retraite ?
MARIE-GEORGE BUFFET. Quand Sarkozy parle consensus, l’araignée tisse sa toile. En acceptant l’idée de reculer l’âge de départ à la retraite ou en admettant que la gauche ne doive pas revenir sur le changement de statut de La Poste, des dirigeants socialistes ne font preuve ni d’ouverture ni de modernité  : ils laissent au contraire les digues se briser sous l’effet de la tempête libérale. Pour résister à la tempête, il faut donner à voir d’autres choix que ces choix régressifs, oser une autre utilisation de l’argent, d’autres avancées de civilisation. C’est le chemin que doit prendre la gauche, c’est l’utilité des listes du Front de gauche. C’est ainsi que ceux qui ont intérêt au changement retrouveront espoir et dynamique.

Olivier Besancenot s’est finalement décommandé du meeting de la liste Front de gauche-NPA auquel vous participez demain, en Languedoc-Roussillon. Pourquoi s’allier dans cette région si vous n’êtes pas d’accord ?
MARIE-GEORGE BUFFET. Le Front de gauche est ouvert à tous ceux qui partagent l’ambition politique que je viens de rappeler. Ce n’est pas l’orientation choisie par le NPA, j’en prends acte. Mais je me félicite que, dans cette région, des hommes et des femmes se référant à cette organisation se retrouvent sur les objectifs du Front de gauche. En Languedoc- Roussillon, c’est un appel à se rassembler qui est lancé à toute la gauche pour donner à cette région une majorité porteuse de valeurs et de propositions réellement à gauche. Je serai à Montpellier avec le même enthousiasme qu’hier à Toulouse et demain aux quatre coins de la France. Chaque fois, je ressens le bonheur des hommes et des femmes rassemblés avec le Front de gauche, partageant la même colère face à la « bande du Fouquet’s  ». Je ressens les mêmes exigences, la même attention sur les contenus concernant l’emploi, mais aussi les droits, les libertés. J’observe que si, sur l’estrade, nos discours ne sont pas tous identiques, nous sommes tous porteurs d’idées et d’audaces propres à chacun. Je sens une très grande convergence, une très grande détermination, comme je l’ai dit à Toulouse, à former le « pack », à entrer dans la mêlée, à coller un timbre au pouvoir et à donner à Sarkozy un bon caramel électoral. Avec l’équipe du Front de gauche, nous voulons mettre la droite hors jeu et transformer l’essai à gauche.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SÉBASTIEN CRÉPEL

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