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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Non à la marchandisation de l’éducation nationale

8 Mars 2010, 18:58pm

Publié par PCF Villepinte


19852560 jpeg preview medium- Quels sont les dangers des partenariats publics-privés  ?

Par Émilie Lecroq, PCF 93, candidate aux élections régionales sur la liste Front de gauche.

Alors que BNP Paribas a versé, il y a quelques jours, un milliard d’euros à ses traders les plus méritants, le conseil général de la Seine-Saint-Denis signe, avec cette même société, un mécénat. Le but affiché de ce dispositif, Odyssée, est de financer une politique d’insertion et de formations des jeunes Séquano-dionysiens, avec comme objectif immédiat l’envoi de 12 000 collégiens en voyages scolaires sélectionnés par un comité formé d’enseignants, de parents d’élèves, de collégiens et de membres de l’inspection académique, de la Fondation BNP Paribas et de la Fondation de France.

Selon Baudouin Prot, administrateur général de la BNP, «  les entreprises, notamment les banques, ont le devoir d’être solidaires de l’environnement dans lequel elles se développent. Devenu en dix ans le premier employeur de Seine-Saint-Denis, BNP Paribas entend contribuer activement à l’effort de ce département pour lutter contre le chômage, améliorer l’accès des jeunes à l’éducation et développer le lien social  ». Pour résumer  : solidaire oui, mais à condition de fixer le prix et les conditions  !

Loin du principe de solidarité nationale et de répartition des richesses, que mettait en place l’impôt et donc pour une part la taxe professionnelle, le conseil général de Seine-Saint-Denis, avec ce partenariat, envoie un coup dur à la notion de services publics en s’attaquant directement à leur mode de financement.

Laissant libre choix aux entreprises de développer les secteurs qui leur sont favorables, cette logique renvoie au second plan les besoins de la population moins rentables sur le marché (transport, crèche, santé…).

Sans remettre en cause le rôle d’une entreprise pour la vie du territoire auquel elle appartient, nous affirmons qu’elle ne peut imposer sa loi et ses conditions, sous peine de dérives plus grandes encore. Cette logique que nous dénonçons au travers de la convention entre le conseil général et la BNP Paribas, c’est la même que tente de mettre en place le gouvernement depuis de nombreuses années à travers l’autonomie de financement des universités ou des lycées.

À l’inverse de cette emprise du privé sur le public, la proposition des Fref (Fonds régionaux pour l’emploi et la formation) consiste, en une autre forme de coopération, à accorder des crédits sur des critères sélectifs (emploi, formation, social).

Contrairement aux affirmations de Claude Bartolone, «  la clé de cet avenir réside dans notre capacité à respecter le pacte républicain d’égalité à l’école et sur le marché de l’emploi  », cette convention institutionnalise une inégalité entre les territoires, les établissements, les régions, qui porte déjà aujourd’hui trop préjudice à notre département (stigmatisation…).

Nous ne sommes pas là pour redorer le blason des entreprises qui spéculent sur la crise. Effrontément populaire, la population de la Seine-Saint-Denis ne veut pas se plaindre, elle veut porter plainte et revendiquer son droit à la dignité et au respect.

D’autant que le projet banlieue de la BNP est celui du microcrédit, c’est-à-dire de l’endettement et de l’exploitation de l’emprunt des pauvres avec des taux de remboursement frôlant l’usure. On voit bien l’action idéologique qui contamine l’école en sponsorisant les projets des jeunes pour leur inculquer les valeurs de la «  bonne gestion libérale  » au service de «  l’esprit d’entreprise  » et de la concurrence entre projets dont quelques-uns seulement seraient retenus.

Dans la liste conduite par Pierre Laurent aux élections régionales, nous nous engageons à ce que les futurs élus régionaux refusent ces logiques de soumission des établissements du service public d’éducation nationale aux logiques marchandes, leur préférant une démarche de service public. Les sondages donnent la droite battue dans les urnes le 14 mars, ce qui laisse le choix du bulletin à gauche  : en votant Front de gauche, nous pouvons aussi battre l’application des idées de la droite et exprimer la volonté citoyenne de faire le pari du service public, que ce soit pour la formation, le transport, avec le passe Unigo, ou les logements sociaux, avec 50 000 constructions par an.

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