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Meeting à Metz ce soir: le Front de gauche et les salariés en lutte joignent leurs voix

23 Janvier 2013, 12:36pm

Publié par PCF Villepinte

Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon et Christian Picquet à la Fête de l'Humanité 2012

Politique - le 23 Janvier 2013

Campagne

 

 

 

Le mouvement lance, ce soir, sa campagne pour rassembler autour de « l’alternative à l’austérité », à l’occasion d’un meeting à Metz.  Au-delà des forces politiques, l’invitation s’adresse aux salariés mobilisés. Ce soir, ils auront la parole.

Augmentation du Smic à minima, ratification du traité budgétaire européen, pacte de compétitivité, adoption d’un budget de rigueur… Alors que les signes d’une politique d’austérité émanant du gouvernement se multiplient, le Front de gauche a décidé de relever les manches. C’est le sens de la campagne – « L’alternative à l’austérité, c’est possible » – que le mouvement lance, ce soir, par un meeting au parc des expositions de Metz (Moselle), à partir de 19 heures.

« Nous voulons non seulement rassembler à gauche, mais aussi au-delà des forces politiques, en particulier ces centaines de milliers de syndicalistes acteurs du mouvement social qui aujourd’hui se battent mais attendent une autre perspective », a prévenu Christian Picquet (Gauche unitaire), lors d’une conférence de presse à Paris la semaine dernière. Sans attendre, le Front de gauche est donc passé aux travaux pratiques. À l’instar du Front des luttes, qui lui a permis lors de la campagne électorale de nombreux échanges avec les salariés mobilisés, le mouvement a décidé de donner la parole ce soir à des travailleurs et syndicalistes en pleine bataille chez ArcelorMittal, Sanofi ou encore Virgin, avant les interventions de plusieurs de ses membres, dont l’ancien candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon.

Ces salariés y voient d’abord une tribune pour leur combat, mais « la bataille que nous menons pour le maintien de l’industrie, de nos emplois participe de la lutte contre l’austérité », estime Jacky Mascelli, de la CGT Arcelor à Gandrange. Et de détailler ce lien « évident » : « La politique d’ArcelorMittal pour 2013, c’est aucune augmentation générale de salaires alors que les actionnaires vont empocher plus de 1 milliard de dividendes. Depuis 2007, ce sont 19 milliards qui auraient pu aller aux salaires, à la formation, à l’investissement productif… » Même constat chez Sanofi, confie Laurence Millet, syndicaliste SUD, qui montera ce soir à la tribune : « L’austérité que le gouvernement a choisi de mener dans le secteur public, elle s’applique aussi dans le privé. Sanofi se porte très bien du côté de l’actionnariat, par contre, dans notre quotidien de salariés, on connaît des restrictions à tous les niveaux. » C’est une autre dimension du problème que relève Yaël Konforti, qui s’exprimera au nom des salariés en lutte de Virgin : « Le lien de cause à effet n’est sans doute pas direct, prévient-elle, mais l’austérité se répercute sur nous, car si le pouvoir d’achat est réduit, la consommation aussi, et donc nous avons moins d’activité. »

«Lutter contre le fatalisme et la peur»

Salariés et syndicalistes en lutte comptent bien poursuivre leurs propres actions : ceux d’Arcelor devaient se rendre ce matin même à l’Élysée pour y remettre une pétition de 30 000 signatures en faveur de la nationalisation, ceux de Sanofi défileront contre les licenciements à Paris, le 29 janvier, tandis que ceux de Virgin, le même jour, feront valoir leurs revendications lors d’une marche au départ des Champs-Élysées. Pour autant, même s’il n’est pas question de « prendre pour argent comptant » l’ensemble de ses propositions, Laurence Millet reconnaît au Front de gauche sa volonté de « lutter contre le fatalisme et la peur ». « Aujourd’hui, on s’aperçoit qu’il n’est pas seulement un appareil électoral mais qu’il soutient les salariés », ajoute Jacky Mascelli, qui porte avec ses collègues de Gandrange un projet alternatif jugé viable mais pour lequel la seule réponse du gouvernement se résume à « un silence complet ». Alors, pour lui, le côté politique a toute son importance : « Si la majorité de gauche avait adopté une loi pour donner plus de droits aux salariés, les grands groupes auraient une autre attitude et ça, c’est possible tout de suite », insiste-t-il. Plus méfiante à l’égard des « discours politiques », Yaël Konforti, de Virgin, redoute qu’une telle mobilisation ne soit trop lente pour « arriver à ses fins suffisamment tôt » et « sauver » les entreprises menacées aujourd’hui.

La CGT et FO contre l’accord CFDT-Medef

Luttes syndicales et politiques parviendront-elles à converger ? C’est en tout cas l’ambition affichée par le Front de gauche. « Si ceux qui ont voulu le changement au printemps dernier, les salariés, le monde du travail, ne se mêlent pas à grande échelle du débat politique et ne portent pas ensemble des alternatives aux logiques d’austérité et de compétitive, alors la politique du gouvernement conduira à la déception, à la démobilisation, à l’échec », a prévenu Pierre Laurent (PCF) lors de la présentation des « 25 premières mesures pour changer d’orientation » proposées par le Front de gauche. Et un premier combat commun pourrait vite s’inscrire à l’agenda. La CGT et FO s’étant engagées contre l’accord CFDT-Medef, tout comme les parlementaires du Front de gauche, qui refuseront, ont-ils promis, sa « transcription au parlement ».

  • A lire aussi:

Front de gauche, 2014 en débat

"La sidérurgie pâtit aussi de l'austérité", entretien avec Christophe Jacquemin, délégué CGT d'ArcelorMittal Gandrange, présent à Metz

Julia Hamlaoui

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