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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Médicamenteurs (suite)

28 Janvier 2010, 14:46pm

Publié par PCF Villepinte

Grippe A. Le dossier à charge
 du député Wolfgang Wodarg
C’est sur les investigations du médecin épidémiologiste que le Conseil de l’Europe a convoqué une commission d’enquête sur l’influence des groupes pharmaceutiques dans la proclamation d’une alerte pandémique maximale à propos de la grippe A.

laboEn donnant abondamment la parole au député Wolfgang Wodarg, nous avions révélé (dans notre édition du 7 janvier) la teneur du dossier à charge qui a conduit le Conseil de l’Europe à lancer une commission d’enquête sur une éventuelle collusion entre les grands laboratoires et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou certains responsables des gouvernements des pays les plus puissants.

Point de départ  : la campagne de panique orchestrée dès l’apparition des premiers cas de grippe porcine au Mexique. « On a voulu faire du profit en diffusant de la peur », dénonce le docteur Wodarg, pointant que la gravité de la maladie a été sciemment exagérée. Rien ne justifiait de sonner à ce point le tocsin pour une affection bénigne qui « ne représente même pas un dixième des cas mortels habituels de la grippe saisonnière ».

Ce qui a permis l’intox, jusqu’à « la proclamation d’une fausse pandémie », c’est une véritable mise sous influence de l’OMS et de certains gouvernants. Wodarg relève une absence totale de transparence et la multiplication des conflits d’intérêts touchant des responsables de l’organisation onusienne ou des ministres de grands États. Et de pointer plusieurs décisions très troublantes  : la modification des règles justifiant la proclamation de la pandémie elle-même – la mortalité de la maladie partie du Mexique étant bien trop faible, selon les critères antérieurs de l’OMS  ; la consigne de n’utiliser que des vaccins brevetés, alors que des alternatives plus simples existaient  ; la recommandation de procéder à deux injections pour les vaccins, « alors qu’il n’y avait aucune justification scientifique à cela »…

L’opération grippe A, véritable jackpot pour les grands laboratoires, est à l’origine d’une extraordinaire gabegie d’argent public. Elle a grevé les budgets santé des États qui, bien souvent, comme en France, sont soumis à de terribles rationnements, pour des dizaines de milliards d’euros. Plus grave, souligne Wodarg, « les personnes vaccinées ont été mises en danger ». Car la volonté de diffuser très rapidement les vaccins, pour répondre à l’urgence de la menace représentée, a conduit à mettre sur le marché des produits insuffisamment testés. À chaque fois, ils ont franchi effectivement le cap de leur autorisation de mise sur le marché (donnée dans l’Union européenne par l’Agence européenne du médicament) et passé avec succès toutes les évaluations techniques. Mais pour gagner du temps, les tests cliniques – en direct sur des êtres vivants, et donc à l’aspect décisif du point de vue du fameux principe de précaution – ont été réduits à leur plus simple expression. Après la fausse alerte, le plus gros risque en matière de santé touche maintenant à la crédibilité même de l’OMS et des instances sanitaires internationales et nationales. D’où l’importance cruciale de s’engager dans un débat public en Europe et dans le monde sur la manière de gérer l’OMS et les autres instances. Une démocratisation de leur gestion, une surveillance publique bien plus efficace doivent être mises à l’ordre du jour si l’on veut une sortie par le haut de ce qui constitue, selon les mots de Wolgang Wodarg, « le scandale médical du siècle ».

Bruno Odent

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