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Marie-Aleth Grard d'ATD-Quart Monde : « La misère est une grande violence »

19 Octobre 2012, 07:18am

Publié par PCF Villepinte

Société - le 18 Octobre 2012

Pauvreté

 

 

 

Éradiquer la pauvreté doit être un objectif affiché du gouvernement, réclame Marie-Aleth Grard (ATD-Quart Monde), à l’occasion de la Journée du refus de la misère. La célébration de la 25e Journée mondiale du refus de la misère a été l’occasion pour ATD-Quart Monde de rendre publique une étude mondiale sur la pauvreté, sur laquelle revient sa vice-présidente, Marie-Aleth Grard.

Votre étude fait le lien entre misère et violence. Pourquoi ?

Marie-Aleth Grard. Menée pendant deux ans avec des chercheurs et des personnes très pauvres, cette étude montre combien la misère constitue une violence quotidienne. Le mal-logement, la faim, l’exclusion, l’échec scolaire sont d’une telle violence qu’ils brisent des personnes pendant des années. C’est aussi le cas en France lorsque des enfants sont placés car leurs parents se retrouvent sans logement. Ils ne les voient qu’une seule fois par mois, uniquement parce qu’ils sont pauvres. Après avoir passé cinq ans à la rue, une jeune trentenaire accueillie dans une cité de promotion familiale de Noisy-le-Grand par ATD-Quart Monde a continué à dormir pendant trois mois dans le salon avec sa famille de peur qu’on vienne lui reprendre ses trois enfants. Il lui a fallu un an pour ouvrir sa porte à des bénévoles. Dans certaines communes, des personnes pauvres ne sont pas reçues par le service logement si elles ne sont pas accompagnées d’un militant d’ATD-Quart Monde. Un traitement différencié d’une extrême violence, au même titre que les enfants traités de SDF à l’école parce qu’ils vivent à l’hôtel.

Quel est le message de cette journée de mobilisation ?

Marie-Aleth Grard. Les derniers chiffres de l’Insee sont affolants, avec 8,6 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, un chiffre en hausse. Dans ce contexte, il faut absolument relever les minima sociaux, avec lesquels on ne peut plus vivre, ni survivre. Lorsque le RMI a été mis en place, les minima sociaux représentaient 50 % du salaire minimum, ils ne représentent plus que 43 % aujourd’hui, ne permettant plus d’avoir accès aux logements sociaux. Ce n’est plus possible.

Qu’attendez-vous 
de la conférence nationale 
de lutte contre la pauvreté et les exclusions organisée les 10 et 11 décembre prochains ?

Marie-Aleth Grard. Les ateliers préparatoires de cette conférence ont d’ores et déjà associé des personnes en situation d’exclusion. C’est une première que nous tenons à saluer. Sans cela, nous n’arriverons jamais à progresser sur cette question. Mais nous attendons du gouvernement qu’il prenne pour objectif d’éradiquer la misère lors de ce quinquennat. On en attend d’autres, comme des expérimentations pour montrer que l’on peut agir contre la pauvreté. Notre projet « Un emploi, un droit », par exemple, a démontré que des chômeurs de longue durée peuvent être employés en CDI.

Cécile Duflot avance le dispositif hivernal. En visite hier dans un centre d’hébergement d’urgence à Lyon, la ministre du Logement, Cécile Duflot, a annoncer le déclenchement anticipé du plan hivernal pour mobiliser des places supplémentaires sans attendre la baisse des températures. « Malgré les promesses », on s’oriente « une fois de plus » vers un dispositif provisoire, regrette le collectif des associations unies qui réclame un moratoire des expulsions locatives et « un plan d’action ambitieux ». Les 50 millions d’euros débloqués en urgence ne permettent pas de répondre aux besoins. De nombreux travailleurs sociaux ont décidé d’exercer leur droit de retrait.

  • Lire aussi :

Malades en sous-France
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Entretien réalisé par 
Pierre Duquesne

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