Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Luttes à la SNCF

21 Avril 2010, 06:29am

Publié par PCF Villepinte

« Une négociation en rapport avec le conflit »

couv mois-copie-1Le secrétaire général de la CGT cheminots, Didier Le Reste, demande que les revendications des cheminots soient au cœur de la négociation qui doit s’ouvrir aujourd’hui à la SNCF. Il tire un premier bilan de la grève.

Où en est le conflit social ?

 

DIDIER LE RESTE. Tout d’abord, il aurait pu être évité, si la SNCF n’avait pas retiré sa proposition de négociation transverse faite le 31 mars et que nous avions acceptée. De la même manière, ce conflit aurait pu être écourté si la direction avait accepté de négocier dès le début.

À la SNCF, on discute et on bavarde mais on ne négocie plus. Cette stratégie est préjudiciable à tous. Il est regrettable que certaines organisations se complaisent dans ce simulacre de dialogue social.

Elles prennent une lourde responsabilité en accompagnant les choix patronaux et gouvernementaux qui consistent à faire éclater l’entreprise publique et les garanties sociales des cheminots. Le mouvement a permis de faire sauter un verrou puisque, contrairement à la fermeté affichée, les directions ont été contraintes de s’asseoir autour de la table.

Dans tous les cas, les cheminots avec leurs délégués et leurs syndicats décident des suites à donner à l’action en fonction de l’avancée des discussions.

Dans ce processus et depuis le début de cette grève que nous conduisons quasiment seuls, la CGT est et demeure aux côtés des cheminots.

Qu’est-ce que la grève a permis d’obtenir ?

DIDIER LE RESTE. Dans un contexte difficile, mais avec un rapport de forces certain, le processus de discussions et de négociations a commencé le 15 avril. Il n’est pas terminé mais a d’ores et déjà permis d’obtenir des recrutements supplémentaires, le maintien de postes, en particulier à la traction, qui devaient être supprimés, le gel de la fermeture d’unités de production et opérationnelles, la réinternalisation de certaines tâches… Malheureusement, nous n’avons pas obtenu suffisamment de décisions probantes sur la situation du fret en proie à une stratégie de casse et d’abandon. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

La CGT ne lâchera rien de ce point de vue. Des tables rondes doivent se tenir dans un certain nombre de régions où les directions disent vouloir faire « des propositions notables ». Nous y veillerons sous le contrôle des cheminots. Enfin, il n’est pas inintéressant de souligner que, depuis le début du conflit, 107 cheminots ont rejoint la CGT.

 Pourquoi la CGT participe-telle à cette table ronde ?

DIDIER LE RESTE. Partout où les intérêts des cheminots sont en jeu, la CGT se doit d’être présente pour porter leurs revendications, leurs préoccupations et des propositions alternatives aux stratégies contestées.

Quels sont les points que vous souhaitez inscrire à l’ordre du jour ?

DIDIER LE RESTE. La table ronde d’aujourd’hui ne sera pas suffisante. La CGT n’entend pas se laisser corseter par le calendrier et le programme du président de la SNCF. Si on veut une véritable négociation en rapport avec les raisons du conflit, alors il faut traiter autrement de la question de l’emploi, des restructurations, de la situation du fret, de la politique salariale et de la revalorisation des primes de travail et des revendications spécifiques à chaque métier. Il faudra donc plusieurs rendez-vous placés au cœur d’un environnement revendicatif.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR

PIERRE-HENRI LAB

 

Commenter cet article