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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Lutte des Cheminots

11 Avril 2010, 19:18pm

Publié par PCF Villepinte

Au sixième jour
Salaires en miettes, casse du fret, suppressions de postes par milliers, conditions de travail dégradées.

Par Michel Guilloux

couv moisAujourd’hui, le mouvement de grève à la SNCF en est à son sixième jour. Tout ce temps, au lieu d’être mis à profit pour négocier sérieusement, a été utilisé pour jouer l’épreuve de force sur le ton martial du «  on obtient tout avant la grève en négociant mais plus rien une fois que le conflit a démarré  ». À trop vouloir être «  droit dans ses bottes  », on peut parfois vendre la mèche. Ainsi du directeur des ressources humaines feignant de déplorer en milieu de semaine déjà que «  tout le monde constate qu’il y a trop de grèves à la SNCF  » avant d’ajouter que «  celles-ci sont mal comprises par l’opinion publique du fait de la diversité des motifs  ». «  Diversité des motifs  » : quelle joliesse d’expression pour avouer, à l’insu de son plein gré, l’état de colère qui règne parmi les cheminots et les raisons qu’ils ont d’être en grève. Salaires en miettes, casse du fret, suppressions de postes par milliers, conditions de travail dégradées, en un mot un service et une entreprise publics mis à l’heure du libéralisme et de la concurrence libre et non faussée.

Oui, il y a de quoi discuter. Mais pour cela il faut être deux. Il ne sert à rien de passer des heures en réunion, si ce n’est pour ne jamais aboutir. On peut se voiler la face en se livrant à un déferlement d’attaques antisyndicales ciblées sur la seule CGT, qui, avec le temps, vire à l’hommage du vice à la vertu… Ainsi d’un secrétaire d’État aux Transports parlant d’une «  grève inutile  » en même temps qu’il doit recevoir des élus inquiets des risques de fermetures de dessertes transrégionales. Ou bien d’un secrétaire général de l’UMP, ancien ministre du Travail, qui ne trouve rien d’autre à dire que «  c’est un changement sans nom (si des trains circulent), seulement aujourd’hui plus personne ne reconnaît que c’est grâce au service minimum que ça fonctionne, eh bien moi je le dis  », puisque c’est lui qui l’a fait. À ce sixième jour, parlera-t-on encore d’un mouvement circonscrit à une seule région, lors que toutes sont touchées et que l’Île-de-France va l’être encore plus fortement que les jours précédents ? Va-t-on encore se satisfaire de pourcentages de trains «  oubliant  » de mentionner la mise en place de bus de substitution ou les liaisons supprimées au dernier moment et les voyageurs obligés de s’entasser dans des wagons, comme ce week-end ? Ou bien va-t-on prendre en compte les revendications avancées par les cheminots en grève et négocier ?

Les cheminots portent l’intérêt de l’entreprise lorsqu’ils dénoncent la stratégie de démantèlement du fret, responsable à elle seule de plus de la moitié du déficit annoncé pour cette année. La direction elle-même, dans une note interne que l’Humanité a révélée mercredi dernier, est bien obligée de constater que, si sa concurrente allemande s’en sort bien mieux qu’elle sur ce point, c’est parce que cette dernière valorise de nouveau le remplissage de ses trains là où la SNCF abandonne des milliers de clients dits «  en wagons isolés  ». Il en va de même pour les lignes autres que les TGV : le gouvernement ne peut se laver les mains des effets dévastateurs de la concurrence européenne qu’il avalise, sans même y être contraint ! Certains voudraient ériger un mur du silence et du mensonge sur le conflit en cours. Les cheminots ne s’en laisseront pas conter. Les élus non plus qui, comme les vice-présidents communistes délégués aux transports de onze régions de France, ont lancé un appel «  aux usagers du transport, aux citoyens attachés à la défense et à la promotion des services publics à se mobiliser  ». Les uns et les autres ne manquent pas de souffle.


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