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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Les 35 heures ont dix ans

18 Janvier 2010, 17:40pm

Publié par Daniel JUNKER

35heures.jpgLes 35 heures ont dix ans, mais plus toutes leurs dents…
On ne se presse pas au portillon pour célébrer l’anniversaire de la dernière réduction collective du temps de travail. Trop dévoyée, trop détournée ? En Belgique, la plus puissante centrale syndicale vient, face à la crise, de proposer de passer à la « semaine de quatre jours », sans perte de salaires.

« Il faut passer à la semaine de quatre jours. » Imaginez le pavé dans la mare : la crise économique cogne dur, les déficits budgétaires se creusent, les emplois perdus se ramassent à la pelle, les salaires stagnent, le chômage partiel crève les plafonds, les conditions de travail sont dégradées, le travail fait souffrir aussi… Et un dirigeant syndical vient proposer de réduire drastiquement le temps de travail en passant à 32 heures par semaine sans perte de salaire.

Décalé ? Pas en Belgique en tout cas, où Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB (syndicat d’obédience socialiste, 1,4 million d’adhérents), plaide, depuis le début de l’année 2010, pour une mesure de cette ampleur afin de « partager le temps de travail » et de « réduire le chômage ». « Ce qui nous interpelle, c’est le fatalisme qui semble s’emparer du monde politique et socio-économique, justifie-t-elle. Avec les mesures de relance, on reste sur la défensive. Nous, ce que nous voulons, c’est passer à l’offensive, qu’on prenne des mesures concrètes, non seulement pour maintenir l’emploi, mais aussi pour en créer. La semaine de quatre jours, cela résoudrait un grand nombre de problèmes liés à la mobilité, cela permettrait aussi de mieux concilier le travail et la vie privée. »...
L’effet miroir s’avère saisissant quand, en France, justement, on célèbre dans l’indifférence générale les dix ans de la mise en oeuvre des 35 heures : la seconde loi Aubry sur la réduction du temps de travail avait été votée au Parlement le 15 décembre 1999 et, au 1er février 2000, toutes les entreprises de plus de 20 salariés devaient y être passées. Hormis Lionel Jospin, en tournée nostalgie ces derniers jours, il n’y a plus guère que Nicolas Sarkozy pour ne pas manquer une occasion d’évoquer les 35 heures… Comme un fléau, évidemment. « Nous avons mis fin au carcan des 35 heures, se vantait-il, par exemple, le 6 janvier à Cholet (Maine-et-Loire) lors de ses voeux aux forces économiques. Ce n’est pas une question idéologique. Le problème de la France n’est pas que nous travaillons trop, mais qu’on ne travaille pas assez. »...

Alors que, dans le dernier baromètre BVA publié le 12 janvier, 53 % des Français jugent que les 35 heures ne constituent pas un « handicap pour les entreprises », peut-être l’heure est-elle venue de reprendre l’offensive pour que la réduction du temps de travail soit un « atout pour les salariés  ». La voie est étroite, peut-être, mais en France, elle est libre…

THOMAS LEMAHIEU

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