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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Le produit Sarkozy emballé pour 2012

22 Juillet 2010, 06:35am

Publié par PCF Villepinte

Politique - le 21 Juillet 2010
Thierry Saussez
Gouvernement et Élysée transforment la communication institutionnelle en outil de propagande pour vanter au mieux le bilan du candidat naturel de la droite.

Lundi 12 juillet, sur France 2, devant des millions de Français, Nicolas Sarkozy a nié s’intéresser à 2012. « Je travaille », précisait-il. En fait, le président et son entourage n’ont pas perdu 2012 de vue. À défaut de « gagner la bataille des idées », théorisée avant la campagne présidentielle de 2007, ils veulent intensifier la bataille de la communication.

Le Service d’information du gouvernement (SIG), remanié début 2008 pour être « plus politique », va être mis à contribution. L’organisme, que les conseillers politiques de la présidence ont tenté dès 2007 de rattacher à l’Élysée (selon la Constitution, seul le gouvernement dispose de l’administration – NDLR), est dirigé par Thierry Saussez, un ancien publicitaire proche de Nicolas Sarkozy. « Le SIG a tout à gagner à avoir à sa tête un profil plus politique », justifiait alors Franck Louvrier, conseiller en communication du Château. De fait, Saussez partage les mêmes vues que le chef de l’État.

Le chantier de l’ex-publicitaire : écrire la légende d’un président engagé, et, partant, du candidat idéal pour sortir la France de la crise. D’ici à 2012, Thierry Saussez entend faire une large place au « storytelling » – l’art de raconter des histoires – dans la 
communication gouvernementale, pour présenter le bilan du chef de l’État et du gouvernement sous un jour favorable, avant les élections cantonales de 2011, puis présidentielle de 2012.

Le storytelling est une technique éprouvée par le candidat Sarkozy. Pendant sa campagne présidentielle de 2007, il avait imputé « 10 % de la délinquance de Tarbes » à un jeune de quatorze ans pour présenter une loi sécuritaire sur les mineurs, ou justifié l’envoi de troupes en Afghanistan par le témoignage d’une jeune fille à qui les talibans auraient « coupé la main parce qu’elle s’était mis du vernis à ongles ». Affabulations reprises à l’époque en boucle sur les radios, puis démontées. Qu’importe, explique Christian Salmon, auteur d’un livre sur le storytelling (1) : « La transmissibilité des histoires est plus importante que leur ­véracité. »

L’appel d’offres lancé par le SIG aux sociétés de consultants en communication se place sur cette base : il prévoit la « production de contenus » qui permettraient « une visibilité et une perception différentes du message par le public, qui ne le considère alors pas comme de la publicité ». Un habillage destiné à faire passer la propagande gouvernementale auprès des masses, dans les médias d’images, de son, ou sur Internet (lire ci-dessous). L’offensive a déjà commencé : la seule campagne de publicité sur la « mère de toutes les réformes », celle des retraites, multidiffusée entre avril et juin, a coûté 7 millions d’euros...

(1)  Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, de Christian Salmon, 2007, Éditions La Découverte.

Grégory Marin

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