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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

l'Humanité des débats

8 Novembre 2010, 06:40am

Publié par PCF Villepinte

La « révolution citoyenne » de Mélenchon qui « veut donner envie de changer »

 

114 pages - 10 euros
Ed. Flammarion

Qu’ils s’en aillent tous ! de Jean-Luc Mélenchon. Éditions Flammarion, 10 euros.

Extrait du contexte latino-américain, dont il s’inspire, le titre est déroutant. Qu’ils s’en aillent tous ! Ne court-il pas le risque, volens nolens, de réduire le peuple à une entité homogène face à une « élite » comprenant pêle-mêle les grands patrons, le monde politique, les journalistes… Jean-Luc Mélenchon pèche-t-il alors par « populisme » ? Il serait injuste de dire que son dernier essai étaye pareil reproche, et on espère que le président du Parti de gauche saura rejeter, avec toute la vigueur dont il est capable, ce marqueur « populiste » dont l’affublent les grands médias. Il en aura l’occasion ce week-end, dans l’émission de Michel Drucker, Vivement dimanche, sur France 2. Parmi les invités choisis par Jean-Luc Mélenchon, plusieurs personnalités de gauche : Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, la députée Martine Billard, Clémentine Autain et Sabine Salmon, de Femmes Solidaires... De ces grands médias, que le président du PG égratigne régulièrement, il en est évidemment question dans cet ouvrage. Il leur reproche, entre autres, de privilégier « l’émotion au raisonnement, puis la pulsion à l’émotion ». Quant aux journalistes, « rares sont [ceux] libres de s’émanciper », ajoute le leader du PG. 
Au titre du livre, nous préférons le sous-titre : Vite la révolution citoyenne ! Ce concept participe du débat, 
qui doit être mené au sein de la gauche, sur l’articulation entre l’action d’un gouvernement de gauche et la mobilisation des citoyens. Cette « révolution citoyenne » devra mettre sur pied une « Assemblée constituante » pour refonder la République. Mélenchon dresse un réquisitoire sévère contre l’iniquité croissante du partage des richesses, créées par le monde du travail et absorbées par les actionnaires. Il propose un plafond des revenus : 350 000 euros par an. Il soutient une position commune au PCF et au PG, d’un pôle financier public assurant une bonne circulation de l’argent et mettant fin « au vol vibrionnant d’un essaim de banques prédatrices ». L’eurodéputé a partagé avec les communistes, contre la majorité du PS – son parti d’alors –, une analyse lucide du traité européen : un carcan enfermant l’UE dans la contrainte de la concurrence libre et non faussée érigée en Table de la Loi. Aujourd’hui, la mise sous tutelle des budgets nationaux des 27 conforte le diagnostic des militants du « non » de gauche de 2005. L’ancien fédéraliste qu’il fut, approuvant en 1992 le traité de Maastricht, « jette l’éponge sur son rêve européen » et propose la sortie de la France du traité de Lisbonne après un référendum national. Le moment est venu pour les peuples européens d’agir ensemble pour l’abrogation du traité et son remplacement par un nouveau texte qui promeuve le progrès social partagé, le développement des services publics et de la protection sociale. Sortie unilatérale ou refondation collective ? Cela mérite débat, comme sur d’autres questions – le nucléaire dont il veut sortir, ou les crises régionalistes européennes – que l’auteur expose avec l’enthousiasme d’un homme qui veut « donner envie de changer ». Un livre utile au débat sur une alternative de gauche.

 

Jean-Paul Piérot

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