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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Infamie(s): quand la haine se déverse sur Mélenchon...

8 Avril 2012, 06:50am

Publié par PCF Villepinte

Quand Laurence Parisot et Gérard Collomb attaquent le candidat, on ne sait plus qui parle et à qui l'on a affaire. Un cas typique de mimétisme et de défense du système.
Commun. Jamais le bloc-noteur n’aurait imaginé poser un jour cette question. La voici pourtant: qu’y a-t-il de commun entre Laurence Parisot et Gérard Collomb? Primo: la lecture du Figaro. Secondo: une certaine errance philosophique. Tercio: un goût prononcé pour la conformité langagière et les convenances idéologiques, quand le modèle reste le monde tel qu’il est, avec ses traiders, ses goldens boys, ses publicitaires, ses pitreries télévisuelles, ses réflexes d’autolégitimation du capitalisme, quand la porosité des idées atteint un tel degré de chevauchement qu’on ne sait plus qui parle et à qui l’on a affaire, bref, quand les puissants ne croient qu’en leur propre loi… et quand la gauche dite de «gestion» ne croit qu’en la loi des puissants. Curieux mélange. Étrange transition.

Parisot. Le mimétisme fabrique souvent des stupides. Ainsi, simultanément, Parisot et Collomb se sont singés l’un l’autre jusqu’à l’absurde. À savoir la haine de Jean-Luc Mélenchon et de ses idées. Parisot dans le texte: «Jean-Luc Mélenchon aime laisser entendre qu’il est un vrai révolutionnaire. On aime bien la révolution, il y a des choses sympathiques. Mais je trouve que Mélenchon est beaucoup plus l’héritier d’une forme de Terreur que l’héritier des plus belles valeurs de la Révolution.» Faut-il encore, ici-et-maintenant, répondre à ce genre d’argument avilissant? D’abord, un point de rappel: Jean-Luc Mélenchon ne «laisse» pas «entendre» qu’il se veut révolutionnaire: il l’est! Et puis il est aussi matérialiste, universaliste, républicain, socialiste de la sociale, redistributif, partageux et même, tenez-vous bien, fraternaliste et égalitariste à tout rompre.
Comment répondre à Madame Parisot, sinon en pillant l’Incorruptible lui-même. Robespierre: «Citoyens, vouliez-vous une révolution sans révolution?» Encore Robespierre: «Je ne suis pas le défenseur du peuple, je suis du peuple.» Toujours Robespierre: «Je suis du peuple, je n’ai jamais été que cela ; je méprise quiconque a la prétention d’être quelque chose de plus.» À défaut de la convaincre, souhaitons que de tels mots continuent de faire peur au Medef. Et outre-Manche aussi, du côté de la City. «We are dangerous, very dangerous!»
Collomb. Gérard Collomb, lui, est sénateur et maire socialiste de Lyon. Tellement taillé pour le rôle qu’il n’est pas absurde de se demander à quand remontent ses dernières lectures de Jaurès ou de Blum. Glacé d’effroi par la menace d’un Front de gauche rougissant à mesure que la température électorale monte, ce monsieur bien comme il faut, voulant par là montrer à quel point il se différenciait de son ancien ami du Parti socialiste, a lui aussi utilisé la violence toute personnelle pour exprimer à quel point, lui, se considère comme un modéré (sic). Collomb dans la langue: «Le modèle que défend Mélenchon, on l’a essayé en URSS, au Cambodge, ça ne marche pas.» Apprécions l’intelligence du propos et toute la mesure du mode comparatif. Mélenchon = Pol Pot. Pour le notable des Gaules, le candidat de la révolution citoyenne promet donc au peuple français le massacre de centaines de milliers de personnes. Au lendemain de cette confession de grand penseur, Collomb a évidemment rétropédalé en écrivant sur son blog que Mélenchon était un «démocrate» (ouf !) et un «républicain» (merci pour lui). Mais il a cru bon d’ajouter que son programme n’était «pas fait pour être appliqué mais pour frapper les esprits». Traduction: en plus d’être un assassin potentiel, Jean-Luc Mélenchon et tous les acteurs du Front de gauche sont de fieffés menteurs et osent promettre tout et n’importe quoi, surtout des choses irréalisables… Voilà où en est le débat d’idées avec certains socialistes. Nous pourrions en rire. Mais cette frénésie grotesque et infamante risque de se poursuivre jusqu’au 22 avril. Ne nous laissons pas impressionner.

A Limoges, des milliers de
personnes sont restées dehors...
Jaurès. D’où vient cette rage? L’autre soir, un socialiste de notre connaissance, pourtant «indigné» par les propos de Collomb, décrivait ainsi la situation politique: «Pour s’imposer dans la durée, Mélenchon a intérêt à voir Sarkozy gagner.» Certains n’ont décidément rien compris à l’insurrection civique en cours et à l’une des conditions de sa réussite: que Nicoléon soit archi-battu, pour qu’une brèche s’ouvre dans l’édifice ordo-libéral. Après, que cela plaise ou non à Parisot ou à Collomb (et à tous les autres), nous serons alors dans les pas de Jaurès: «Nous ne proposons pas seulement d’atténuer, de réformer les abus de la société, nous voulons réformer en son fond cette société même, transformer toute la propriété capitaliste en propriété sociale gérée.» Cette ambition s’imposera bientôt à toute la gauche. Car «le peuple en décidera par la force : la force de la loi». Encore Jaurès? Non, Mélenchon

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