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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Hommage

13 Février 2010, 18:51pm

Publié par PCF Villepinte

Une immense dame si petite par la taille mais qui fit trembler tant de procureurs et de juges vient de nous quitter.

 N Dreyfus nd.jpgNicole Dreyfus, Maitre Nicole Dreyfus est décédée ce jeudi. La maladie l'a vaincue. Pour les plus jeunes, ce nom ne parlera pas spontanément.

  D'autres que moi diront mieux ce que fut la vie de cette avocate communiste qui décida de son métier toute enfant et qui y parviendra en 1946 à moins de vingt trois ans.

Imaginez! Un an après la suppression de ce Vichy qui la conduisit à se cacher, une jeune femme, portant ce nom emblématique de Dreyfus (parente éloignée du capitaine) prête serment et s'engage dans le combat anticolonialiste.

Une femme qui fut parmi ceux qui prirent les risques les plus grands pour défendre les patriotes algériens. Et dire qu'elle culpabilisait parce que trop jeune et hors des circuits  qui lui aurait permis de l'être elle n'avait pas été résistante. La suite de son parcours témoigne de cette frustration et de quelle manière elle l'a par ses actes dépassée.

  A ceux qui disent que les communistes des années 50, internationalistes d'alors n'ont pas été aux côtés du peuple algérien, elle en est le démenti personnifié. Image de cet engagement qui conduira Ch. Lerderman, alors coordonnateur de l'activité des avocats communistes à la faire rapatrier de façon énergique et discrète pour éviter qu'elle ne soit exécutée par les factieux colonialistes qui n'étaient pas que de l'OAS.

  Cette femme qui ne s'en laissait pas compter était respectée en cette Algérie indépendante pour qui elle a tant donné. Sans jamais concéder de terrain aux idées contraires à son engagement d'avocate, de militante, de femme libre, elle y retournait pour dire. A de nombreuse reprise, elle participera à partir de ses compétences juridiques et son expérience de terrain, rencontre après rencontre, colloque après  colloque, elle participera jusqu'à la fin de ses forces à nourrir la connaissance historique et sa popularisation de ce qui de Sétif,  Guelma à Kherrata, cette ignoble répression du 8 mai 1945 jusqu'à à mars 1962 conduiront un peuple à imposer son indépendance.
Je garde le souvenir de cette joie qu'elle avait de se retrouver à Alger jusqu'à son dernier voyage où sa lucidité et son autorité lui permettait de montrer leurs contradictions à ses interlocuteurs, elle, une femme, avocate, en 2009, à Alger.

  Plus tard, dans d'autres espaces juridiques de sa carrière, pour défendre l'honneur du Professeur Jacques Roux ce grand médecin résistant impliqué malgré ses actes et dénonciations dans l'affaire du "sang contaminé", sa plaidoirie bousculera jusqu'aux plus hautes sphères de l'état et innocentera le professeur J. Roux.

  La presse relatera sa prise en otage et comment elle sauvera celui qui la détient des balles du GIGN qui venait la délivrer. Il y a quelques semaines, à l'évoquer, elle en souriait encore.

  Cette femme qui faisait autorité dans les différentes salles d'audiences, droit du travail, aides aux municipalités, droits des locataires mettait tout son honneur à être du bon côté de la barricade, contre les réactionnaires de quelque nature et d'engagement qu'ils affichent  au point que les avocats des parties adverses venaient la saluer, je peux en témoigner.

  J'ai eu la chance de la côtoyer ces dernières années. Militante inlassable pour faire la clarté sur l'assassinat du jeune mathématicien communiste Maurice Audin, prenant sa canne, de sa démarche voutée par les ans et la vue meurtrie par le travail sur ses dossiers pour la méticulosité se ses plaidoiries, elle témoignait de la Sorbonne à Alger.

  Sa voix devenait parfois un peu rauque lorsqu'elle se laissait aller à dire combien elle souffrait de voir que certains de ses camarades, devenus anciens par leurs choix, l'oubliaient dans des initiatives où elle aurait pourtant aimé témoigner de leurs engagements communs.

 

Un grand acteur de ces juristes démocrates, ces progressistes, parce que communistes internationalistes vient de nous quitter.

  Par canaille le rouge - Publié dans : Mémoire et Histoire

 

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