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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Expulsion de Bagnolet

12 Février 2010, 17:32pm

Publié par PCF Villepinte

Témoignage de Rosa Moussaoui habitante de bagnolet, journaliste à l’Humanité

vendredi 12 février 2010

logement-ba.jpgRue Victor Hugo, Bagnolet. Je passe chaque semaine dans cette rue. Elle se trouve dans le quartier des Coutures, à la frontière entre Bagnolet et Montreuil. Le quartier change, évolue, mais il compte encore de très nombreux immeubles insalubres, des habitats indignes, dangereux pour leurs occupants, prêts à flamber en quelques minutes. De ceux qui font la fortune des marchands de sommeil.

Le squat de la rue Victor Hugo relève d’une situation encore plus complexe. La bâtisse grisâtre, laissé de longue date à l’abandon, est à moitié en ruine. Le lieu abrite toutes sortes de trafics, en particulier de drogues dures. A ses abords, toujours beaucoup d’hommes, dehors, la plupart défoncés, souvent agressifs, parfois violents.

Lieu de proxénétisme, aussi : des hommes qui exploitent des femmes sans ressources, sans protection. Des armes de poings ont déjà été saisies dans cette immeuble. Un lieu inhumain, en somme, à vous serrer le cœur, un lieu comme on aimerait qu’il n’en existe plus. Depuis des années, je passe devant chaque semaine, et chaque semaine je me demande ce que l’on attend pour le détruire.

L’immeuble, laissé à l’abandon par un propriétaire véreux, a été préempté par la mairie en juin 2009, avec l’objectif d’y construire 50 logements sociaux. C’est peu, dans une ville qui, malgré ses 40% de logements sociaux, compte 2700 demandeurs. Mais c’est déjà ça.

Mercredi 10 février à 6h00 du matin, les forces de police sont intervenues, sur ordre de la préfecture, pour exécuter la décision de justice ordonnant l’évacuation du squat. Un constat a été fait par un huissier : il n’y avait aucun enfant. Les affaires de la vingtaine d’occupants, dont une femme, ont été sorties avant que l’immeuble ne soit muré. Je déplore la date choisie par l’Etat pour faire exécuter cette décision de justice par un froid glacial. Mais je ne déplore pas la destruction partielle de l’immeuble, intervenue le lendemain.

Contrairement au mensonge relayé dès la première dépêche AFP (écrite sans vérification sur place) et repris en boucle, là encore sans vérification, par les rédactions, la « mairie communiste » n’a pas jeté d’honnêtes familles sans défense à la rue sous la menace d’un « bulldozer ».

Mais qu’importe, il faut du sensationnel. Et l’entrée en scène du DAL va en donner aux médias. Dans son premier communiqué, l’association parle de 80 occupants, avec femmes et enfants. Soit dit en passant, le lendemain, le DAL n’en évoquait plus que 40 et, le surlendemain, 29.

Mais qu’importe l’approximation, tant que les caméras sont là. De même, le DAL évoque d’abord des familles. Puis nuance son diagnostic le lendemain, en reconnaissant les trafics de stupéfiants et le proxénétisme.

Pendant ce temps, les vilains communistes de la mairie de Bagnolet ont négocié, avec la préfecture, des solutions de relogement provisoire dans l’attente de mieux. Refusées par les occupants sur les conseils du DAL, qui les enjoint à ne pas « se disperser ». A la rue, sous la neige, avec des tentes rouges, c’est tellement plus photogénique.

Qu’importe. Cette situation incombe aux vilains communistes. Surtout par cette température et à un mois d’élections régionales. D’ailleurs, NPA, MODEM, Parti de gauche et autres écologistes ne se privent pas pour rivaliser d’émotion, pour exploiter une situation dont ils ne savent rien, pondant des communiqués bien indignés, complaisamment repris par les médias. Le filon politicien est bon, pourquoi s’en priver ?

Bagnolet à la une des médias. Nous n’avons jamais eu cet honneur pour les parrainages de familles sans papiers. Ni lorsque la municipalité a pris à bras le corps la situation des locataires de la rue Marie-Anne Colombier logés dans un immeuble déclaré en péril, et dont le propriétaire tarde à faire les travaux qui lui incombent.

Nous n’avons pas eu cet honneur lors du relogement des familles Roms Bulgares dont le campement avait été incendié. Relogement que la municipalité a assumé contre vents et marées, malgré l’hostilité d’une partie de la population prompte à stigmatiser cette minorité accusée par la vox populi de tous les maux. Bagnolet accueillera Slavoj comme jadis elle a accueilli Giovanni, Tassadit ou Touré, avait alors argumenté la municipalité.

Emballement médiatique, manipulation politique, mensonges, le traitement de l’affaire du squat de la rue Victor Hugo en dit long sur la fabrique de l’information et sur le fond de commerce de certaines associations.

Sur une certaine petite bourgeoisie, aussi, qui se lamente en permanence sur les « violences » et « l’insécurité » dans le quartier des Coutures, mais qui s’émeut au quart de tour, à la première caméra en vue. Qui s’étrangle lorsqu’un dangereux jeune de banlieue lui demande une clope un peu vivement, et croit se donner bonne conscience en soutenant le DAL. Qui craint que la construction de logement sociaux ne dévalue le joli loft, mais défend la pérennité de squats. Il y a quelques années, dans le même quartier, des bobos, emmenés par les Verts, s’étaient opposés à la destruction d’un vieil immeuble au 182 rue Étienne Marcel, à l’emplacement duquel devaient se construire des logements sociaux.

Argument : la cour de l’immeuble abritait un vieux chêne. Il ne fallait pas le couper. Résultat : le projet n’est pas allé au bout. Pas de logements sociaux, mais un « jardin partagé ». C’est à dire semi-privé. Clos. Un jardin public, ouvert à tous et à tous vents ? Vous plaisantez ? On ne sait jamais. C’est tellement mal famé, dans le quartier. Surtout rue Victor Hugo.

 

 

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C
<br /> ce n'est pas un témoignage d'une "habitante de bagnolet" ! rosa est la compagne de l'adjoint au maire qui dirigé la manoeuvre ! ce n'est qu'un plaidoyer pour défendre son compagnon...<br /> <br /> carlos, vieux coco du 93<br /> <br /> <br />
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C
<br /> J'ai souvenir d'avoir été stigmatisé pour avoir dénoncé la complaisance du groupe communiste au conseil régional et celui de Paris avec le DAL, invité comme grand témoin ou coorganisateur à de<br /> multiples initiatives alors que le modeste administrateur de l'OPAC sur mandat syndical dénonçait les magouilles médiatisées et électoralistes de certaines organisations qui faisaient que des<br /> familles en attentes de logements sociaux depuis des années se voyaient à chaque fois rejetées des attributions par ces pratiques cautionnées par ceux qui faisaient le choix du DAL pour des raisons<br /> qui leur appartiennent.<br /> Il a fallu attendre les assises du logement de Bobigny pour qu'une distanciation (très localisée) se mettent en place mais sur le fond la complaisance perdure encore<br /> <br /> Enfin un témoignage qui remet les choses en place. plus de douze années de perdues.<br /> <br /> <br />
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