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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Europe les enjeux

5 Décembre 2010, 22:51pm

Publié par PCF Villepinte

Le parti de la gauche européenne face à de nouveaux défis
Espagne, Portugal, Italie... alors que les luttes contre l’austérité se multiplient, le 3e Congrès du Parti de la gauche européenne (PGE) se tient à Paris, et doit décider d’initiatives politiques pour réorienter l’Europe sur une voie moins libérale.

 «La tragédie grecque est maintenant suivie par la tragédie irlandaise. Donc, nous devons agir tous ensemble », prévient Panos Trigazis, le responsable du secteur de politique internationale de la formation antilibérale grecque, Synaspismos. Comme des centaines de délégués venant d’une trentaine de partis progressistes européens, dont le Parti communiste français (PCF), il participera, de vendredi à dimanche, au 3e Congrès du Parti de la gauche européenne (PGE), qui se tient à Paris. Créé il y a six ans, le PGE a pour ambition de rassembler les formations communistes, socialistes, de gauche verte nordique, qui, à la gauche de la social-démocratie, prônent une transformation sociale de la construction européenne. Et c’est bien de cela qu’il s’agira, cette fin de semaine, sous l’Arche de la Défense. « Nous allons parler d’une refondation de la construction et de l’intégration européenne, annonce Panos Trigazis. Une refondation que seule peut mener la gauche européenne. » Le congrès doit en effet adopter une « feuille de route pour une Europe sociale ». L’idée est de coordonner l’action des partis nationaux pour arriver à cette fin. Alors que la crise financière fait sentir ses effets dévastateurs sur les systèmes sociaux et sur la vie des citoyens, la résistance commence à se faire entendre en Europe. Preuve que l’austérité ne passe pas. La France a connu un mouvement social massif contre la réforme des retraites, cet automne. Les grèves générales en Espagne, le 29 septembre, au Portugal le 24 novembre, ont été particulièrement suivies et marquées par la présence de syndicats qui soutiennent d’ordinaire les partis sociaux-démocrates, au pouvoir dans ces deux pays. L’Italie connaît un mouvement social important dans les secteurs de l’éducation et de l’industrie. La Cgil et sa fédération de la métallurgie (Fiom) ont organisé chacune leur manifestation nationale à Rome, rassemblant à chaque fois 500 000 personnes. La Grèce a connu de nombreuses journées d’action. En Roumanie, la manifestation, fin octobre, contre le plan du Fonds monétaire international, a été l’une des plus importantes depuis 1989. « Toutefois, ces protestations resteront infructueuses sur le long terme sans action politique à l’échelle de l’Europe et sans un changement profond de la politique et des institutions européennes », note le texte d’orientation qui sera examiné lors du congrès. La perspective politique, là est toute la problématique sur laquelle devront plancher les délégués. Une bonne part du congrès portera sur « l’analyse de la situation : la crise, et les résistances », prévient Olivier Dartigolles, responsable aux questions européennes pour le Parti communiste français (PCF). Il y sera aussi question de bilan. Mais, au PCF, on insiste surtout sur le besoin de s’affirmer dans le débat européen. « Nous envisageons une initiative politique et militante », dont les formes seront définies par le congrès, annonce Olivier Dartigolles. Cette initiative, qui prendrait la forme de rendez- vous dans différents pays européens, permettrait d’avancer une autre construction européenne, et des éléments pour faire reculer le poids des marchés financiers. On sait d’ores et déjà, à la lecture du document d’orientation, que le PGE se prononce, entre autres, pour la « transformation des missions de la Banque centrale européenne » (BCE), qui accorderait des « crédits à taux très bas aux États membres pour financer le développement social » (tout l’inverse des politiques d’austérité promues par l’institution de Francfort), la « taxation des transactions financières spéculatives », de nouvelles recettes publiques grâce à « la taxation des revenus financiers », en vue d’augmenter de manière importante le budget de l’UE. Le PGE travaille également à un plan antidumping social, avec des propositions en matière de réglementation sociale. Par ailleurs, c’est un « nouveau modèle de développement » que l’organisation européenne appelle de ses voeux. Pour la France, ce sera le premier congrès pour deux organisations, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon et la Gauche unitaire de Christian Picquet. Le Parti communiste français, adhérent du PGE depuis ses débuts en 1994, devrait être amené à jouer un rôle important sur la scène européenne. Pierre Laurent, son secrétaire, pourrait être élu président du PGE, avec à coeur d’impulser une nouvelle phase de développement mise sous le signe du militantisme. .

GAËL DE SANTIS

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