Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Concorde, la maintenance d' Air France mise en cause.

1 Février 2010, 23:04pm

Publié par PCF Villepinte

Concorde, la théorie de la lamelle mise en cause concorde.jpgDix ans après le drame qui a coûté la vie à 113 personnes, un procès tentera, pendant quatre mois, d’en déterminer les causes et les responsabilités. La défense remet en question le scénario officiel et demande la nullité de la procédure.

25 juillet 2000. Le vol Air France à destination de New York s’écrase peu après son décollage à Gonesse (Val-d’Oise), sur un hôtel. Bilan, 113 morts, soit les 109 passagers et 4 occupants de l’hôtel. Cette catastrophe précipitera la fin de la carrière du Concorde, qui a connu son dernier vol en 2003, après plus d’un quart de siècle de traversées supersoniques. Dix ans plus tard, la justice se donne pour mission de trancher sur les responsabilités en cause dans le crash. Un procès de quatre mois s’ouvre aujourd’hui, animé par une question centrale : y aurait-il eu accident si un DC10 de Continental Airlines, qui venait de décoller peu avant, n’avait pas perdu une lamelle en titane ?

Pour les partisans de cette théorie, cette lamelle en titane de 43,5 cm dite « bande d’usure », qui n’aurait pas été fixée correctement et qui serait tombée sur la piste, aurait provoqué l’éclatement d’un pneu avant droit du Concorde. Des débris de ce pneu projetés contre l’aile et dans le réacteur auraient ensuite endommagé la propulsion et provoqué une perforation d’un réservoir, ainsi qu’une fuite de kérosène et, enfin, le crash. La compagnie Continental Airlines, qui nie toute responsabilité, a de son côté développé un autre scénario. Pour elle, le Concorde aurait pris feu avant même de rouler sur la fameuse lamelle.

Pour appuyer sa théorie, Continental Airlines, défendue par maître Olivier Metzner, s’appuie sur 28 témoins oculaires, dont des pompiers et des pilotes. Cette théorie, détaillée dans un documentaire récemment diffusé sur Canal Plus, impute la responsabilité à Air France et stipule qu’un pneu, fragilisé par la surcharge de l’avion et par l’oubli d’une pièce, aurait été endommagé après avoir franchi un raccord entre deux portions de la piste.

D’après cette seconde théorie, c’est la maintenance de la compagnie Air France qui est en cause. En conséquence, maître Metzner devrait demander aujourd’hui, à l’ouverture du procès, la nullité de la procédure. « Air France est partie civile alors qu’elle devrait être sur le banc des prévenus », justifie-t-il, arguant que « tout a été fait, tant par les enquêteurs du BEA que par les experts judiciaires, pour ne pas prendre en compte la vérité ». Le transporteur n’a pas été mis en cause, bien qu’il ait été découvert qu’une pièce manquait sur le train d’atterrissage du Concorde, en raison d’un oubli. Ce point a été jugé sans conséquence par l’instruction, qui a, par ailleurs, retenu comme cause indirecte de l’accident la négligence de l’avionneur et des autorités de contrôle à imposer des modifications de la structure du Concorde. La dangerosité de cet avion a été en effet connue peu après sa mise en service, en janvier 1976, par Air France et British Airways, les deux seules compagnies à l’avoir adopté : près de 80 incidents de pneumatiques ont été répertoriés entre 1979 et 2000 sur cet avion, avec 7 cas de perforation de réservoirs. Le 14 juin 1979, à Washington, aux États-Unis, une catastrophe avait ainsi été évitée de justesse. Selon l’accusation, les modifications nécessaires auraient été envisagées mais pas mises en œuvre, pour des raisons financières.

Anne Roy

Commenter cet article