Bolivie : périlleux exercice démocratique pour Morales
Une route de 300 km doit traverser une réserve écologique où vivent des Indiens. Après de rudes contestations, Morales intervient, suspend les travaux et propose un référendum régional pour trancher le problème.
"Tant que ce débat national se tient et afin que les provinces (concernées par le parc) en décident, le projet de route
dans le Territoire indigène et parc national Isiboro Secure (TIPNIS) est suspendu" a déclaré lundi Evo Morales. Le président est bien gêné : dimanche, les forces de l’ordre ont assez
violemment réprimés les manifestations d’Indiens d’Amazonie qui protestaient contre ce projet, à renfort de gaz lacrymogènes et d’interpellations.
Morales a clairement condamné ces violences et a du coup suspendu les travaux. Ceux-ci ne repartiront que si les
habitants des deux régions concernées, les provinces de Beni (nord) et Cochabamba (centre), le décident. La consultation pourrait prendre un an, mais les 50 000 Indiens y vivant pourront
voter.
"Que le peuple décide, particulièrement les provinces concernées", a réaffirmé lundi soir Morales. Ces dernières semaines il avait suggéré que l'opposition à la route était le fait d'une minorité. Quelques centaines d’Indiens s’étaient lancés dans une marche de protestation depuis 40 jours jusqu’à La Paz. Le président socialiste, premier Indien à diriger la Bolivie, espère ainsi ne pas trop se mettre à dos les communautés indiennes qui l’ont porté au pouvoir.
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