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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Battre le pavé et réhabiliter la République

27 Février 2010, 18:06pm

Publié par PCF Villepinte


Aujourd’hui, la manifestation pour la suppression 
du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale constitue le point d’orgue de la Semaine anticoloniale. À l’appui d’une pétition, ses organisateurs dénoncent « la machine à exclure et 
à stigmatiser ».


En dépit de l’enterrement en catimini du débat sur l’identité nationale, le ministère d’Éric Besson est toujours à pied d’œuvre et la parole raciste semble plus que jamais libérée. Pas un jour ou presque sans qu’un ministre ou un élu de la République ne se vautre dans la stigmatisation. D’Ali Soumaré, tête de liste du PS dans le Val-d’Oise, jusqu’au Quick halal, érigé en symbole du communautarisme rampant, en passant par les musulmans de Nadine Morano priés de remettre leur casquette à l’endroit, « ces propos sont empreints de stéréotypes. Ils donnent caution à une banalisation des préjugés et à une libération de la parole stigmatisante », estime Arielle Schwab, la présidente de l’Union des étudiants juifs de France. Dernièrement, en Franche-Comté et en Lorraine, des listes anti-minarets ont été déposées et validées pour les élections régionales afin de dénoncer « l’islamisation » de l a France.

« Les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité au fondement de notre pacte républicain sont aujourd’hui mises en cause par l’instrumentalisation de la nostalgie coloniale et la création du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale », analyse Djamila Sonzogni, porte-parole des Verts. La mobilisation pour la suppression du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale rassemble une vingtaine de chercheurs, autant d’associations, des syndicats, l’ensemble des partis de gauche et le Modem. Tous pointent du doigt le climat instauré depuis le lancement de ce débat qui, pour certains, fleure bon l’ordre colonial. Ainsi les héritiers de l’immigration se voient-ils classés en deux ensembles : d’un côté, les méritants, qui peuvent bénéficier d’un coup de pouce avec, notamment, les conventions ZEP de Sciences-Po et, de l’autre, ceux dont on ne pourrait rien tirer.

En quelque sorte, la version nationale du discours de Dakar de Nicolas Sarkozy qui, endossant les habits du gouverneur, assénait, devant une assemblée d’étudiants stupéfaits, que « l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire ». Confortant ainsi le retour à une époque où Ferry et Kipling insufflaient la civilisation aux sauvages et confortaient la supériorité de l’homme blanc.

« Le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, véritable ministère de la “propagande coloniale” est la pièce maîtresse de cette stratégie identitaire et de réhabilitation du mythe colonial permettant de détourner l’attention des difficultés sociales et de continuer ailleurs les politiques néocoloniales », note le collectif de la Semaine anticoloniale. L’agitation de ce « refoulé colonial » va de pair avec la mise en place d’une politique d’immigration « choisie ».

Les sans-papiers, dont aucun secteur de l’économie ne peut aujourd’hui se passer, contraints de s’exiler, sont tour à tour exploités puis traqués jusqu’à l’expulsion. L’un des grands absents du débat sur l’identité nationale fut sans conteste Ernest Renan. Dans sa tentative pour définir la nation au XIXe siècle, ce philosophe et historien suggérait qu’elle naissait du « désir de vivre ensemble, de la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu ».

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