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ANI bis

5 Mars 2013, 07:40am

Publié par PCF Villepinte

Accord emploi: mobilisation contre cet ANI qui vous veut du mal

 

 

Ce mardi, la CGT et FO, rejointes par la FSU et Solidaires, appellent à une journée d’action contre l’accord national interprofessionnel dit de sécurisation de l’emploi et sa transposition en un projet de loi, qui faciliterait les licenciements.

Consultez ici la carte des 170 manifestations et rassemblements prévus dans toute la France ce mardi

C’est d’ores et déjà une première. Demain, la CGT et FO, rejointes par des dizaines d’organisations, appellent à « créer les conditions de la mobilisation la plus large possible », à travers des manifestations et des arrêts de travail. Cette démarche, inhabituelle de la part de deux « frères ennemis » habitués à se combattre depuis plus de soixante ans, vise à dissuader le gouvernement de « retranscrire dans la loi un mauvais accord pour les droits sociaux ». Ce mauvais accord, c’est l’accord national interprofessionnel (ANI) du 11 janvier dernier « pour un nouveau modèle économique et social, au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels des salariés », signé par le patronat, avec la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC. Le gouvernement, qui s’est engagé à le transformer en loi, doit en adopter l’avant-projet en Conseil des ministres, le 6 mars.

« Engager un bras de fer »

Alors que les ministres martèlent que « l’équilibre » du texte doit être maintenu, les deux confédérations n’ont eu de cesse de faire monter la pression. L’actuel numéro un de la CGT, Bernard Thibault, répète que le gouvernement ne peut pas « dans le même temps adopter une loi qui accélère les procédures de licenciement et dire on va adopter un autre texte qui va permettre d’imaginer la reprise des sites rentables ». « Nous sommes contraints d’engager un bras de fer et d’engager la riposte pour que ce projet de loi tel qu’il est transmis aux députés n’aboutisse pas en l’état, a expliqué le futur secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon. Nous souhaitons que cette mobilisation soit de nature à inverser la politique telle qu’elle est voulue par le Medef et décidée par le gouvernement, qui tourne véritablement le dos aux engagements qu’il avait pris devant les Français lors de la campagne électorale. »

Selon lui, la journée du 5 mars n’est « pas du tout » dirigée contre le gouvernement, mais « contre la manière dont le gouvernement entend transcrire dans la loi un accord qui comporte des dangers graves et imminents pour les salariés ». Il s’est d’ailleurs réjoui que d’autres forces syndicales, notamment le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature, aient pris position contre cet accord. « La manifestation du 5 mars contribuera à ­accroître la pression. Nous allons continuer sur notre ligne : non à l’accord et à sa transposition », réaffirmait ­encore, ce week-end le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. En revanche, la tension monte avec la CFDT, qui, dans un tract, appelle les salariés à ne pas être victimes de ce qu’elle qualifie de « vaste opération d’intox » contre l’accord. Les négociations ont en effet ravivé la tension entre la CFDT et la CGT. Depuis l’accord, la CFDT critique vertement la stratégie de certains militants cégétistes d’Aulnay (PSA) ou Goodyear, tandis que la CGT conteste la légitimité de l’accord en répétant que les trois signataires sont « minoritaires ».

Une conscience collective

Sur le terrain, les réactions sont plus nuancées. « Il y a une espèce de conscience collective que l’enjeu est ultra important », raconte Jacqueline Doneddu, secrétaire adjointe de l’union départementale CGT du Val-d’Oise, qui n’a pas vu une « telle mobilisation » depuis longtemps. « Et cela dépasse la CGT. Dans notre département, deux des trois organisations signataires (CFDT et CFE-CGC) se sont exprimées en public en disant qu’elles ne partageaient pas la position de leur confédération. Les militants du terrain voient bien la différence. » ­Secrétaire général CFDT des Métallos de la vallée de la Seine et de l’Oise, Jean-Pierre Ottavi, en témoigne, lui qui vient de quitter son syndicat par désaccord. « Les salariés se font avoir sur toute la ligne. Si rien n’est fait, c’est une vraie révolution du Code du travail qui va se jouer. Les salariés et les syndicalistes n’auront plus aucun moyen de se battre contre les licenciements », s’explique-t-il, en précisant que demain, il sera « bien évidemment dans la rue »

170 manifestations en France. Plus de 170 manifestations et rassemblements sont prévus (voir la carte des rassemblements ici), selon la CGT. Des appels à cesser le travail ont été lancés dans de nombreux secteurs. À Paris, le cortège partira à 14 heures du Châtelet vers l’Assemblée nationale. À Marseille, départ prévu à 10 h 30, au Vieux-Port. À Lyon, départ à 9 h 30, à la Manufacture des tabacs à Bellecour. À Lille, manifestation régionale à 14 h 30, départ porte de Paris. À Rennes, départ à 11 heures, place de la Mairie. À Bordeaux, départ à 11 h 30, place de la République.

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Alexandra Chaignon

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