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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

2009 : année noire pour l’emploi

9 Août 2010, 16:05pm

Publié par PCF Villepinte

256 100 postes de travail ont été détruits en 2009,
du jamais-vu depuis 1945 !
Les entreprises du CAC 40 affichent d’insolents bénéfices, multipliés par 2 en un an, largement dopés par les fonds publics, au détriment de la croissance et de l’emploi. La super-austérité à venir est dangereuse.

Comme si une usine employant 700 personnes avait fermé tous les jours. En 2009, la France a détruit 256 100 postes de travail. Du jamais-vu depuis la Seconde Guerre mondiale, a expliqué Pôle emploi en rendant ces chiffres publics jeudi soir. Sans surprise. L’industrie est le secteur le plus sinistré, avec 168 200 postes perdus en 2009. Un secteur dans lequel travaillent 19 % des salariés. Un secteur qui a perdu plus de la moitié de ses effectifs depuis le choc pétrolier des années 1970. Suivi par la construction dont les postes diminuent de 2,9 %, soit une réduction de 43 800 emplois. Le secteur tertiaire, qui regroupe près de 71,9 % de la population française salariée, perd 0,4 % de ses emplois.

 

Hausse des marges contre

suppressions d’emplois

Christian Estrosi, ministre de l’Industrie, y voit du positif. « C’est deux fois moins que la moyenne de l’ensemble des pays de l’Union européenne, s’est-il empressé de préciser sur France Info. Je pense que la sortie de crise est en train de se profiler. Je suis optimiste parce que les chiffres sont bons. » Songeait-il plutôt aux résultats des entreprises du CAC 40 au deuxième trimestre ? Il est vrai qu’ils sont pour le moins surprenants, et dépassent de loin les attentes des marchés financiers. Selon le calcul du Figaro du samedi 7 août, les profits ont été multipliés par 2,25 en moyenne pour les 28 entreprises cotées qui ont publié leurs résultats trimestriels en fin de semaine dernière, soit 33,1 milliards d’euros de résultat net cumulé, contre 14,7 milliards un an auparavant. Une amélioration des marges qui tient plus à un strict contrôle des coûts et des suppressions d’emplois qu’à une reprise des commandes et de la production. À cela s’ajoutent les aides publiques : 360 milliards d’euros dans le plan d’aide au secteur bancaire ; 9 milliards d’euros pour celui de l’automobile.

Forts de leur croissance comptable, dirigeants politiques et grands patrons avancent l’idée d’une reprise potentielle qui aurait lieu plus vite que prévu. À l’instar de Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, qui a annoncé jeudi dernier « un très bon deuxième trimestre et un troisième trimestre meilleur que prévu ». Pourtant, les signes de cette reprise sont à courte vue. Les États-Unis et la Chine, qui tiraient jusqu’alors la croissance mondiale, recommencent à s’essouffler. Pour le deuxième mois consécutif, l’économie américaine a détruit plus d’emplois qu’elle n’en a créé. De son côté, la croissance de l’industrie manufacturière chinoise a continué de ralentir en juillet.

 

Toutes les conditions

d’un retour en récession

Cette semaine, l’Insee doit publier les chiffres de la croissance au deuxième trimestre. Une statistique sur laquelle reposera la révision de croissance du gouvernement, annoncée par François Fillon en juin pour la fin août afin de « réviser » ses projets de « rigueur ». Sur la base des chiffres livrés par le ministère de l’Économie, le premier ministre disait attendre une croissance de 2,5 % pour l’année 2010, quand toutes les études menées tablent plutôt pour 1,4 %. De facto, cette correction à la baisse permettrait l’annonce de mesures de super-austérité supplémentaires. Dans ce contexte, les ménages et les entreprises ne seront pas en capacité de dépenser davantage. Et adopteront un comportement de précaution. Investissement et consommation en berne, austérité pour le plus grand nombre : ces choix créent les conditions d’un dangereux retour en récession dès 2011.

Clotilde Mathieu

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